Opérateurs de machines à coudre industrielles

9451 - Opérateurs/opératrices de machines à coudre industrielles
Textes de la profession

Nature du travail

Les opérateurs de machines à coudre industrielles cousent à la machine des tissus, du cuir, de la fourrure ou des matières synthétiques afin de fabriquer ou de réparer des vêtements et autres articles.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=9451 

Exemples de titres professionnels

Confectionneur d'échantillons;
couseur de chaussures;
couseur d'échantillons;
opérateur de machine à coudre;
opérateur de machine à coudre industrielle;
opérateur de machine à coudre la fourrure;
opérateur de machine à coudre les articles en cuir;
opérateur de surjeteuse;
piqueur de doublures.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : mai 2011)

Le nombre d'opérateurs de machines à coudre industrielles a diminué fortement lors de la récession du début des années 1990, est reparti en hausse jusqu'au début des années 2000 et a chuté brutalement par la suite. Ces mouvements dépendent principalement des tendances dans l'industrie de la fabrication de vêtements. Compte tenu des perspectives dans cette industrie, le nombre d'opérateurs de machines à coudre industrielles devrait diminuer de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les opérateurs de machines à coudre industrielles qui seront très nombreux à prendre leur retraite. D'ailleurs, le taux de personnes âgées de 55 ans et plus était en 2006 nettement élevé que l'ensemble des professions (26 % par rapport à 15 %, selon les données du recensement). D'autres débouchés découleront des postes qui seront libérés par ceux qui obtiendront des promotions à des postes de contremaîtres (voir 9225) ou qui accéderont à des postes d'échantillonneurs, de couturiers ou de tailleurs (voir 7342) et, avec la formation adéquate, de patronniers (voir 5245) et de designer (voir 5243).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles à des personnes qui possèdent de l'expérience dans la couture ou qui satisfont aux exigences des employeurs, à des opérateurs en chômage et à des manœuvres d'usines de fabrication de vêtements (voir 9619). Cela dit, une grande partie des débouchés sont pourvus par des immigrants. D'ailleurs, les immigrants occupaient environ 47 % des emplois de cette profession en 2006, selon les données du recensement, classant à ce chapitre cette profession au deuxième rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec (12 % dans l'ensemble des professions). Cette proportion atteint 77 % dans la région de Montréal, tandis qu'elle est négligeable (3 %) ailleurs au Québec. Cette profession représente une des principales possibilités d'emploi pour les femmes immigrantes peu scolarisées de la région de Montréal.

Ce bassin tend toutefois à se tarir. D'une part, le niveau de scolarité des immigrants récents est beaucoup plus élevé qu'auparavant. D'autre part, les immigrants de deuxième génération et les non immigrants peu scolarisés sont peu attirés par cette profession, sûrement en raison des conditions de travail (ateliers bruyants, travail répétitif, quotas de production et salaire peu élevé) et de la mauvaise image de l'industrie de la fabrication de vêtements.

Officiellement, ce bassin comprend également les titulaires des diplômes d'études professionnelles (DEP) en confection de vêtements et d'articles de cuir, et en production industrielle de vêtements. L'embauche de diplômés est toutefois très rare dans cette profession. En fait, presque aucun diplômé de ces DEP n'a accédé à cette profession depuis quelques années, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Autre illustration du peu de pertinence de la formation professionnelle, à peine 23 % des membres de cette profession possédaient une formation postsecondaire en 2006 (par rapport à 64 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement). De même, environ 50 % de membres de cette profession avaient en 2006 une scolarité inférieure au diplôme d'études secondaires (par rapport à 14 % dans l'ensemble des professions).

Tout cela confirme que l'apprentissage en milieu de travail de personnes qui possèdent les qualités recherchées par les employeurs (dextérité, précision, rapidité et coordination visuelle manuelle) est le mode d'accès le plus répandu.

Industries

Selon les données du recensement, environ 75 % des opérateurs de machines à coudre industrielles travaillaient en 2006 dans la fabrication de vêtements. On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les industries du textile et des produits textiles (7 %) et dans la fabrication de produits en cuir (3 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend surtout des tendances de l'industrie de la fabrication de vêtements et, dans une bien moindre mesure, de l'industrie de la fabrication de chaussures.

- Industrie de la fabrication de vêtements

Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois lors de la récession du début des années 1990, l'industrie de la fabrication de vêtements a connu une période de croissance entre 1992 et 2000, une accalmie de 2000 à 2002, puis un fort déclin par la suite. De 1992 à 2002, cette industrie a pu surpasser ses pertes sur le marché local par une croissance effrénée de ses exportations. Leur valeur réelle (après inflation) était en effet cinq fois plus élevée en 2002 qu'en 1992 !

Mis à part la forte augmentation des exportations, la période de croissance observée de 1992 à 2002 se caractérise par l'abandon graduel aux pays à bas salaires de la confection de vêtements bas de gamme et par la concentration de l'industrie dans la production de vêtements de milieu et de haut de gamme. La stabilisation et le déclin plus récents (2002 à 2010) s'expliquent par la conjugaison de plusieurs facteurs :

- l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à la fin de 2001;

- l'élimination par le Canada des tarifs et des contingents sur les importations de vêtements de 48 pays moins avancés (PMA) au début de 2003;

- le niveau élevé de la valeur du dollar canadien depuis 2003;

- la disparition graduelle, puis complète depuis janvier 2005, des contingents (quotas) à l'importation.

L'ensemble de ces facteurs a eu un impact considérable sur cette industrie :

- en 2010, environ 62 % des importations provenaient de la Chine, alors que ce pays ne fournissait que 22 % de nos importations en 1992;

- entre 2002 et 2010, cette industrie a subi des pertes sous tous les plans, avec des baisses variant selon les sources de 55 % à 70 % du côté de l'emploi et de plus de 75 % du côté de la valeur réelle (après inflation) de ses livraisons et de ses exportations;

- comme une bonne partie de la baisse de l'emploi résulte de la sous-traitance des activités de confection à des pays à bas salaires comme la Chine, elle a davantage touché les professions de la production, surtout les opérateurs de machines à coudre industrielles (voir 9451), que celles de la pré-production et de la commercialisation : patronniers (voir 5245), dessinateurs et designers (5243) et représentants aux ventes (voir 6411), par exemple.

En plus, les détaillants auront toujours besoin d'une base manufacturière au Québec pour permettre de les approvisionner rapidement pour remplacer leurs stocks vendus. Il est donc probable que la chute d'emplois à laquelle on assiste depuis 2002 prenne fin sous peu. C'est pourquoi on prévoit que l'emploi dans l'industrie de la fabrication de vêtements continuera à diminuer à court terme, mais demeurera assez stable par la suite.

- Changements technologiques

Malgré l'introduction de quelques sortes de machines à coudre qui effectuent automatiquement une partie des tâches de ces opérateurs (pose de poches, rebords de pantalons et de chandails, etc.) et qui améliorent leur productivité, la confection demeure une opération qui exige beaucoup de main-d'œuvre. Les changements technologiques les plus importants des dernières années dans l'industrie de la fabrication de vêtements ont davantage touché les étapes de préproduction, comme le dessin, la création de patron, la gradation, le placement des patrons et la coupe.

- Fabrication de chaussures

Si moins de 5 % des opérateurs de machines à coudre industrielles travaillaient dans l'industrie de la chaussure en 2006, selon les données du recensement, il n'en demeure pas moins que cette profession était proportionnellement la deuxième plus importante de cette industrie.

Anciennement une industrie manufacturière d'importance au Québec, l'industrie de la chaussure a connu des pertes d'emplois majeures au cours des 20 dernières années au moins. Si la forte croissance de la valeur des exportations dans les années 1990 a pu lui donner un certain regain de vie et permettre une bonne croissance de ses livraisons et de l'emploi, cette embellie fut bien temporaire. La valeur des exportations de chaussures a en effet commencé à diminuer vers 2001. Cette baisse, mais surtout la forte croissance de la valeur des importations de chaussures, surtout chinoises, sur le marché québécois, a conduit à une diminution de 55 % à 60 % de l'emploi et de la valeur réelle (après inflation) des livraisons entre leur sommet de 2001 et 2010.

Conséquence de la baisse de la valeur des livraisons québécoises et de la hausse de la valeur des importations, la part des importations sur le marché québécois de chaussures est passée de 50 % en 1992 à près de 85 % en 2010. Face à cette concurrence, l'industrie québécoise semble de plus en plus confinée à la fabrication de bottes, produit qu'elle maîtrise mieux grâce à sa meilleure connaissance de l'hiver et des besoins des consommateurs. Mais, même dans ce créneau, rien n'est assuré à moyen et à long terme. Les perspectives semblent donc bien moroses pour cette industrie.

Les pertes d'emplois dans cette industrie désavantagent bien sûr cette profession, mais ne comptent que pour une fraction minime des pertes d'emplois provenant de l'industrie de la fabrication de vêtements. Elles ont donc peu d'influence sur les perspectives globales dans cette profession.

- Conclusion

Étant donné que les facteurs qui désavantagent la croissance de l'emploi dans l'industrie de la fabrication de vêtements touchent tout particulièrement les professions de la production comme celle-ci, le nombre d'opérateurs de machines à coudre industrielles devrait diminuer de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 89 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991 (91 %). Même s'ils étaient en très grande majorité salariés, on retrouvait en 2006 un bon nombre de travailleurs autonomes (9 % par rapport à 11 dans l'ensemble des professions), souvent des personnes qui travaillent à domicile. D'ailleurs, le travail à domicile y était en 2006 nettement plus fréquent que pour la moyenne des professions (13 % par rapport à 7 %). Le travail au noir est encore assez répandu, mais fait l'objet d'enquêtes de plus en plus serrées de la part du ministère du Revenu du Québec. Le salaire moyen est nettement inférieur à la moyenne des salaires versés dans le secteur manufacturier, mais demeure plus élevé que pour d'autres professions qui requièrent un niveau de scolarité comparable. En outre, la grande majorité des emplois étaient à temps plein (87 % en 2006). Toutefois, le travail saisonnier est fréquent. Les saisons les plus occupées varient selon les entreprises en fonction du type d'article produit. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (19 423 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 41 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 11 930 $.

Exigences

La dextérité, la précision, la rapidité, la coordination visuelle manuelle et la capacité de travailler sur plusieurs types de machines sont les principales qualités recherchées par les employeurs. La connaissance du français ou de l'anglais et des habiletés de communication pour le travail d'équipe sont de plus en plus demandées.

Études et formation

Aucune formation scolaire n'est exigée par les employeurs. Selon les données du recensement, environ 50 % des membres de cette profession avaient en 2006 une scolarité inférieure au diplôme d'études secondaires (par rapport à 14 % dans l'ensemble des professions) et à peine 24 % possédaient une formation postsecondaire (par rapport à 64 % dans l'ensemble des professions).

Les diplômes d'études professionnelles (DEP) en confection de vêtements et d'articles de cuir et en production industrielle de vêtements sont conçus pour accéder à cette profession, mais sont peu considérés par les employeurs.

Références utiles

Conseil des ressources humaines de l'industrie du vêtement
http://www.apparelconnexion.ca 

Considérations importantes

Compte tenu des perspectives plutôt sombres dans l'industrie de la fabrication de vêtements, le nombre d'opérateurs de machines à coudre industrielles devrait diminuer de façon notable au cours des prochaines années.

L'apprentissage en milieu de travail de personnes qui possèdent les qualités recherchées par les employeurs (dextérité, précision, rapidité et coordination visuelle manuelle) est le mode d'accès à cette profession le plus répandu.

9451 - Opérateurs/opératrices de machines à coudre industrielles
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 9451 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 11 050 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 700 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 -1,7 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 -200 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 700 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 500 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 9451 Ensemble des
professions
Hommes 10,8 % 52,7 %
Femmes 89,2 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 9451 Ensemble des
professions
15- 24 ans 4,1 % 14,1 %
25- 44 ans 33,1 % 45,1 %
45- 64 ans 61,3 % 38,8 %
65 ans et plus 1,5 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 9451 Ensemble des
professions
Plein temps 86,7 % 79,2 %
Temps partiel 13,3 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
9451 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 41,4 % 53,2 %
Moyen 19 423 45 157
0 à 19 999 $ 58,0 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 40,9 % 52,4 %
50 000 $ et plus 1,1 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
9451 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 49,8 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 27,1 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 21,2 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 1,8 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 9451 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,1 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,5 % 2,5 %
Capitale-Nationale 2,9 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 9,7 % 5,4 %
Estrie 7,3 % 3,9 %
Centre-du-Québec 5,0 % 2,9 %
Montérégie 11,0 % 18,7 %
Montréal 43,8 % 24,1 %
Laval 6,2 % 5,0 %
Lanaudière 4,4 % 5,8 %
Laurentides 3,5 % 7,0 %
Outaouais 0,4 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,6 % 1,8 %
Mauricie 2,7 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 0,8 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,3 % 1,7 %


9451 Ensemble des
professions
Travail autonome 9,0 % 11,2 %


9451 Ensemble des
professions
Immigration 47,5 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Fabrication 93,1
- vêtements 74,9
- usines de produits textiles 4,5
- meubles et produits connexes 3,6
- produits en cuir et produits analogues 3,0
Commerce 3,7