Manoeuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains

8612 - Manoeuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains
Textes de la profession

Nature du travail

Les manoeuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains exécutent des travaux manuels afin de collaborer à l'aménagement paysager et à l'aménagement des structures connexes ainsi qu'à l'entretien de pelouses, de jardins, de terrains d'athlétisme, de terrains de golf, de cimetières, de parcs, d'aménagements intérieurs et autres endroits aménagés.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=8612 

Exemples de titres professionnels

Aide-jardinier;
coupeur d'herbe;
manœuvre de cimetière;
ouvrier à l'entretien de parcs;
ouvrier de terrain de golf;
planteur de bulbes;
poseur de plaques de gazon;
préposé à l'aménagement paysager;
préposé à l'entretien de terrains;
transplanteur.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables. Ce verdict est lié aux perspectives moyennes d'emploi au cours d'une année. Comme cette profession est fortement saisonnière, il n'est pas exclu que les possibilités d'accéder à un emploi dans cette profession soient bonnes au cours des mois où le niveau d'activité est le plus élevé, soit de mai à octobre.

(Mise à jour : avril 2011)

Au cours des dernières années, le nombre de manœuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique surtout par la croissance de la demande en aménagement paysager. Compte tenu des tendances positives dans le secteur de l'aménagement paysager, on prévoit que le nombre de manœuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu du fort roulement de personnel dans cette profession, car de nombreux manœuvres quittent cette profession chaque année en raison des efforts physiques exigés, du milieu de travail salissant et des revenus peu élevés, surtout chez ceux qui occupent des emplois saisonniers. En plus, d'autres quittent la profession parce qu'ils ne satisfont pas aux exigences des employeurs. D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par ceux qui prendront leur retraite ou qui obtiendront des promotions dans ce domaine. En effet, l'expérience dans cette profession permet d'accéder à des postes techniciens et spécialistes de l'aménagement paysager (voir 2225) et d'entrepreneurs, gestionnaires ou surveillants de l'aménagement paysager, de l'entretien des terrains et de l'horticulture (voir 8254, 8255 et 8256).

Bassin de main-d'œuvre

Il n'est pas toujours nécessaire de posséder une formation spécifique pour accéder à cette profession. De nombreux débouchés seront pourvus par des personnes peu scolarisées, des jeunes surtout, mais aussi des adultes comme deuxième ou troisième carrière, qui sont attirées par un travail proche de la nature qui s'exerce à l'extérieur. D'autres débouchés pourront être pourvus par les nombreux manœuvres expérimentés en chômage ou par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs. En effet, quoique moins élevée que dans l'ensemble des professions, la proportion d'immigrants qu'on y trouvait en 2006 (9 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement) montre que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants. Finalement, les diplômés des nombreux programmes de formation professionnelle et technique qui mènent aux professions de l'aménagement paysager (voir la section Formation) pourvoiront une autre part de ces débouchés.

Cette profession sert souvent de porte d'entrée pour les professions plus spécialisées et mieux rémunérées du secteur de l'aménagement paysager. Reflet de ce phénomène, la proportion de jeunes âgés de 15 à 24 ans y était en 2006 deux fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (27 % par rapport à 14 %, selon les données du recensement). Notons en outre que, le recensement se tenant en mai, cette proportion ne tient pas compte des nombreux étudiants qui travaillent dans cette profession durant l'été.

Les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport sur la situation sur le marché du travail des diplômés des programmes de formation qui mènent aux professions de l'aménagement paysager doivent être interprétées prudemment. En effet, cette enquête se déroule au mois de mars, mois où le chômage saisonnier est à son maximum dans les professions des domaines de l'aménagement paysager. Il n'est donc pas étonnant de constater que le taux de chômage de ces diplômés est beaucoup plus élevé que dans les autres programmes de la formation professionnelle et technique.

Ce vaste bassin de main-d'œuvre nous montre que cette profession attire beaucoup de candidats. Toutefois, la croissance de l'emploi et surtout le roulement de personnel très élevé semblent permettre à la majorité de ces candidats d'accéder à cette profession.

Industries

Selon les données du recensement, près de 51 % des manœuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains travaillaient en 2006 dans des services d'aménagement paysager et 17 % dans des terrains de golf. On en retrouvait aussi en nombre significatif au service des municipalités (5 %), dans les parcs pour véhicules de plaisance et camps de loisirs (4 %), dans l'agriculture (3 %), dans la construction (3 %) et dans les cimetières (2 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de la demande en aménagement paysager. Une partie importante de cette demande est générée par le secteur de la construction.

- Industrie de la construction

Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :

- des taux d'intérêt peu élevés;

- une croissance importante des investissements privés et publics;

- une création d'emplois soutenue;

- quelques baisses de taxes et d'impôts;

- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;

- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).

Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.

Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009.

- Demande en aménagement paysager hors construction

Les manœuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains

travaillent à des projets liés aux espaces publics, tels que les parcs urbains et régionaux, les places publiques, les autoroutes, les aires de récréation, de stationnement et de conservation de la nature, les jardins privés et publics, les espaces récréatifs et sportifs, les voies piétonnières et cyclables, les golfs, les cimetières, les sites résidentiels, institutionnels, commerciaux et industriels, etc. Les bonnes perspectives dans les domaines du développement des infrastructures touristiques et l'accroissement des pressions des citoyens pour l'aménagement d'espaces verts en milieu urbain devraient donc favoriser l'emploi de ces manœuvres au cours des prochaines années. En effet, les créneaux d'intervention tendent à se développer et à s'éloigner des projets directement liés à la construction. Si la protection du patrimoine et la préservation de l'environnement continuent à influencer positivement l'emploi dans cette profession, la mise en valeur des paysages s'ajoutera à ces tendances dans un contexte de croissance de la concurrence dans le secteur du tourisme et comme élément majeur de la stratégie des municipalités pour retenir et attirer des citoyens et des entreprises dans leur localité. Notons finalement les besoins de réaménagement des sites industriels contaminés et en préservation et restauration de sites culturels et historiques.

Étant donné que les tendances seront positives dans le secteur de l'aménagement paysager et un peu moins dans le secteur de la construction, on prévoit que le nombre de manœuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 11 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse légère depuis 1991 (9 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (27 066 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» doit être interprétée avec prudence, car elle ne concerne que les 18 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 11 550 $. Ce revenu très faible, jumelé à la forte présence de jeunes, d'emplois à temps partiel et d'emplois qui ne durent qu'une partie de l'année, découle en grande partie de la forte présence des étudiants dans cette profession. On observe un chômage saisonnier très important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est plus de dix fois plus élevé de décembre à mars que de juin à août.

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent aimer travailler à l'extérieur. Ils doivent également avoir une bonne forme physique et un niveau de dextérité manuelle élevé. L'esprit d'équipe, l'autonomie, l'initiative, la minutie et la fiabilité sont d'autres qualités recherchées.

Études et formation

Pour accéder à la majorité des postes dans cette profession, il n'est habituellement pas nécessaire de posséder une formation spécifique. D'ailleurs, plus de 37 % des manœuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains avaient une scolarité inférieure au diplôme d'études secondaires (DES) en 2006 (par rapport à 14 % dans l'ensemble des professions) et environ 65 % ne possédaient pas de formation de niveau postsecondaire (par rapport à 36 % dans l'ensemble des professions), selon les données du recensement. D'autres employeurs exigent en plus le diplôme d'études secondaires (DES). Cela dit, certains employeurs préfèrent recruter des diplômés des nombreux programmes de formation qui mènent à cette profession ou à d'autres professions de l'aménagement paysager. Qu'ils soient exigés ou non, ces diplômes représentent de toute façon un atout pour accéder à cette profession et pour obtenir des promotions.

Les principaux programmes qui mènent à cette profession sont :

- les diplômes d'études professionnelles (DEP) en arboriculture-élagage, en horticulture et jardinerie, et en réalisation d'aménagements paysagers;

- l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en spécialités en horticulture;

- le diplôme d'études collégiales (DEC) en paysage et commercialisation en horticulture ornementale;

- et les programmes menant à un métier semi-spécialisé, soit les attestations de formation professionnelle (AFP) manoeuvre en aménagement paysager, manoeuvre en émondage et préposé, préposée à l'entretien de terrain de golf.

Il existe aussi d'autres programmes qui favorisent l'accès à cette profession, dont des attestations d'études collégiales (AEC) dans le domaine de l'aménagement paysager. Des organismes communautaires offrent aussi des programmes d'insertion professionnelle dans ce domaine.

Références utiles

Association des paysagistes professionnels du Québec (APPQ)
http://www.appq.org/

Conseil québécois de l'horticulture
http://www.cqh.ca/

Comité sectoriel de main-d'oeuvre en horticulture ornementale
- commercialisation et services
http://www.horticompetences.ca

Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec
http://www.fihoq.qc.ca 

Considérations importantes

Étant donné que les tendances seront positives dans le secteur de l'aménagement paysager et un peu moins dans le secteur de la construction, on prévoit que le nombre de manœuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Il n'est pas toujours nécessaire de posséder une formation spécifique pour accéder à cette profession. Elle attire beaucoup de candidats, mais la croissance de l'emploi et surtout le roulement de personnel très élevé semblent permettre à la majorité de ces candidats d'accéder à cette profession.

8612 - Manoeuvres en aménagement paysager et en entretien des terrains
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 8612 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 8 800 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 1 750 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,8 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 70 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 200 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 270 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 8612 Ensemble des
professions
Hommes 88,9 % 52,7 %
Femmes 11,1 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 8612 Ensemble des
professions
15- 24 ans 26,9 % 14,1 %
25- 44 ans 37,6 % 45,1 %
45- 64 ans 32,7 % 38,8 %
65 ans et plus 2,8 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 8612 Ensemble des
professions
Plein temps 73,6 % 79,2 %
Temps partiel 26,4 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
8612 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 18,3 % 53,2 %
Moyen 27 066 45 157
0 à 19 999 $ 38,9 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 51,5 % 52,4 %
50 000 $ et plus 9,6 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
8612 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 37,5 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 27,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 31,8 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 3,4 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 8612 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,1 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 3,0 % 2,5 %
Capitale-Nationale 8,6 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,7 % 5,4 %
Estrie 4,9 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,8 % 2,9 %
Montérégie 21,3 % 18,7 %
Montréal 16,2 % 24,1 %
Laval 3,9 % 5,0 %
Lanaudière 6,5 % 5,8 %
Laurentides 11,7 % 7,0 %
Outaouais 6,6 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,3 % 1,8 %
Mauricie 3,1 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,1 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,2 % 1,7 %


8612 Ensemble des
professions
Travail autonome 18,1 % 11,2 %


8612 Ensemble des
professions
Immigration 9,1 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Services relatifs aux bâtiments et aux logements (y compris les services d'aménagement paysager) 51,2
Autres services de divertissement et de loisirs (y compris les terrains de golf) 17,5
Administration publique locale 5,4
Agriculture, foresterie, pêche et chasse 5,3
- fermes 3,4
Parcs pour véhicules de plaisance et camps de loisirs 4,2