Conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage

8421 - Conducteurs/conductrices de scies à chaîne et d'engins de débardage
Textes de la profession

Nature du travail

Les conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage abattent, ébranchent et tronçonnent les arbres, et déplacent ou transportent les arbres du chantier à l'aire de déchargement aux fins de traitement ou d'expédition.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=8421 

Exemples de titres professionnels

Abatteur - exploitation forestière;
bûcheron;
conducteur de débusqueuse;
conducteur de débusqueuse à pinces;
déchargeur;
opérateur de scie à chaîne;
ouvrier aux pièces - exploitation forestière;
travailleur forestier - exploitation forestière;
tronçonneur.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : avril 2011)

Le nombre de conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage a augmenté dans la deuxième moitié des années 1990, pour ensuite diminuer fortement. Cette évolution dépend principalement des tendances qui influencent l'industrie de la forêt. Compte tenu de l'éloignement des sources d'approvisionnement, des pressions du public sur les questions environnementales et des perspectives dans le secteur de la forêt, leur nombre devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les conducteurs qui prendront leur retraite. En effet, environ 33 % d'entre eux étaient âgés de 55 ans et plus en 2006, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (15 %). Quelques débouchés s'ajouteront en raison des besoins de remplacement des conducteurs qui obtiendront des promotions à des postes de supervision et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux conducteurs en chômage et aux membres d'autres professions du secteur de la forêt qui satisfont aux exigences des employeurs. Même si ce bassin comprend également les titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en abattage manuel et débardage forestier, l'embauche de diplômés n'est pas encore très courante dans cette profession. En effet, la proportion des membres de cette profession qui étaient titulaires d'un diplôme d'études postsecondaires en 2006 était très faible (29 % par rapport à 64 % dans l'ensemble des professions), même si elle a augmenté quelque peu depuis 1991 (10 %), selon les données des recensements. En plus, le nombre de débutants à ce DEP est en forte baisse depuis quelques années, ayant diminué de près de 80 % entre 2000-2001 et 2007-2008. Notons que très peu de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 très faible, selon les données du recensement (moins de 4 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions).

Même si ce bassin semble assez vaste à première vue, on observe dans certaines régions des difficultés de recrutement. Ces difficultés proviennent surtout des conditions de travail difficiles. Ces conducteurs sont en effet nombreux à devoir quitter leur domicile familial pour de longues périodes pour pouvoir exercer leur métier dans des endroits de plus en plus éloignés des zones habitées.

Les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport sur la situation sur le marché du travail des diplômés du DEP en abattage manuel et débardage forestier ne peuvent servir à évaluer la pertinence de ce programme. D'une part, ce DEP permet d'accéder à d'autres professions de la forêt. D'autre part, cette enquête se tient toujours en mars, un des mois où le chômage saisonnier est le plus important. Ainsi, le fort taux de chômage observé chez ces diplômés ainsi que la faible proportion de leur taux de placement dans des emplois en rapport avec leur formation résultent en premier lieu du faible nombre d'emplois disponibles à cette période de l'année.

Industries

Selon les données du recensement, environ 78 % des conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage travaillaient en mai 2006 dans le secteur de la forêt. On en trouvait aussi en nombre significatif dans la fabrication de produits en bois (6 %) et dans l'agriculture (6 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent le secteur de la forêt, mais aussi de la mécanisation des activités d'abattage.

- Secteur de la forêt

L'évolution de l'emploi dans cette industrie dépend en premier lieu de la demande de matière ligneuse (arbres) et de la disponibilité des sources d'approvisionnement.

- Demande de matière ligneuse

La demande de matière ligneuse provient principalement des industries de la fabrication de produits en bois et de la fabrication du papier. L'industrie de la fabrication du papier a perdu beaucoup de terrain au cours des dernières années, tant face à la concurrence internationale qu'en raison de la baisse de demande de papier journal, surtout aux États-Unis. D'autre part, la demande de papier a au contraire augmenté de façon notable au cours de la même période. Une autre tendance plus récente est la hausse de la demande de papier dans les pays émergents, surtout en Chine et en Inde. Même s'il est un peu tôt pour conclure sur la durabilité et l'ampleur de cette hausse, le fait que la consommation de papier dans ces pays est encore beaucoup plus basse que dans les pays industrialisés permet d'y voir un nouveau débouché prometteur. Compte tenu de l'incertitude dans l'évolution de ces tendances, on s'attend à ce que la demande de matières ligneuses provenant de cette industrie ne diminue que légèrement au cours des prochaines années, soit à un rythme beaucoup moins rapide que par les années passées.

L'industrie de la fabrication de produits en bois a bénéficié fortement de la croissance des exportations aux États-Unis au cours des années 1990 et a pu maintenir et même augmenter sa production jusqu'en 2004 en raison de la vigueur de la construction résidentielle au Québec. Entre 2004 et 2009, la valeur réelle (après inflation) des exportations s'est effondrée (baisse de 70 %), tandis que celle des ventes domestiques a diminué de 30 %, pour une baisse combinée de la valeur de toutes les livraisons de 50 %. Compte tenu de ce niveau de production très faible en termes historiques et de la reprise économique attendue au Québec et aux États-Unis, la valeur des livraisons devrait repartir en faible hausse au cours des prochaines années.

Comme les effets de la diminution de la demande de matières ligneuses par l'industrie de la fabrication du papier devrait atténuer ceux de la hausse de la demande dans l'industrie de la fabrication de produits en bois, on s'attend à ce que cette demande n'avantage que légèrement la production et l'emploi dans le secteur de la forêt au cours des prochaines années.

- Disponibilité des sources d'approvisionnement

Les sources d'approvisionnement sont de plus en plus éloignées des usines de transformation. Malgré cela, les activités de récolte se sont maintenues à un niveau historiquement élevé jusqu'en 2004-2005, selon les données du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Face à cette apparente contradiction et aux pressions du public et des groupes environnementaux pour préserver les forêts et dénoncer le niveau trop élevé de la récolte par rapport aux possibilités de régénération des forêts, le gouvernement a mandaté la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique pour étudier cette situation. Le rapport de la commission, communément appelé rapport Coulombe, a été déposé en décembre 2004 et a recommandé une diminution de la récolte de 10 % dans les forêts et même une réduction de 20 % des allocations de bois résineux aux exploitants de la forêt boréale.

À la fin de 2006, le forestier en chef, fonction créée à la suite des recommandations du rapport Coulombe, a rendu publics les résultats de ses premiers calculs de la possibilité forestière. Ses données indiquent une baisse de 22 % de la possibilité forestière pour les années 2008 à 2013 par rapport à celle établie pour la période 2000-2008, soit une baisse un peu plus élevée que ne l'évaluait le rapport Coulombe. Le niveau de cette baisse varie toutefois énormément d'une région à l'autre.

En fait, la diminution de la demande de matières ligneuses a entraîné une baisse encore plus forte de la récolte que ce que recommandait le forestier en chef. En effet, le volume de récolte a diminué de plus de 45 % entre son niveau de 2004-2005 et celui de 2008-2009. Compte tenu de ce niveau de récolte très bas en termes historiques, il sera possible de satisfaire la légère hausse de la demande de matières ligneuses.

- Conclusion sur le secteur de la forêt

Compte tenu de la légère hausse de la demande de matières ligneuses, le nombre d'emplois dans l'industrie de la forêt devait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

- Mécanisation des activités d'abattage

Au cours des années 1970, la mécanisation des activités du secteur forestier a fait perdre de nombreux emplois aux bûcherons, mais a créé parallèlement de nombreux emplois de conducteurs de machines d'abattage (voir 8241). L'abattage à la scie mécanique est donc devenu de moins en moins répandu, souvent confiné aux endroits difficilement accessibles à la machinerie, comme les terrains en pente, et à l'abattage d'espèces spécifiques. Face aux conséquences importantes des accidents de travail, ces conducteurs doivent par ailleurs suivre une formation en techniques d'abattage sécuritaires pour obtenir un certificat d'abatteur professionnel.

La tendance qui favorisait l'embauche de conducteurs de machines d'abattage et désavantageait celle des conducteurs de scies à chaîne a perdu beaucoup d'ampleur récemment. En effet, les machines d'abattage sont maintenant bien implantées là où elles sont plus efficaces que les scies à chaîne. Ce facteur devrait donc perdre encore de l'ampleur au cours des prochaines années.

Du côté des conducteurs d'engins de débardage, il y a eu quelques changements technologiques qui ont apporté des modifications et des adaptations aux débardeurs et aux débusqueuses, par exemple par l'ajout d'éléments électroniques et hydrauliques. Ces changements ont eu un certain impact sur les besoins en main-d'œuvre par le passé, mais, là aussi, en auront peu à l'avenir, puisqu'ils sont maintenant bien implantés.

- Autres tendances

La plupart des entreprises des secteurs du bois et du papier sous-traitent les activités forestières à des entrepreneurs, à des coopératives ou à des conducteurs payés à forfait et responsables de leur propre équipement. Cette tendance explique que la proportion de travailleurs autonomes a augmenté fortement au cours des dernières années dans cette profession et qu'elle atteignait 36 % en 2006 (par rapport à 20% en 1996), soit plus du triple de la proportion observée dans l'ensemble des professions (11 %).

Notons finalement que, étant directement associée aux activités de récolte, cette profession fut une des plus touchées par la diminution de la demande de matières ligneuses, l'éloignement des sources d'approvisionnement et la baisse de la possibilité forestière. Comme on prévoit une certaine croissance dans l'industrie de la forêt, l'emploi dans cette profession devrait augmenter à un rythme assez semblable à celui de l'ensemble des professions du secteur de la forêt. C'est pourquoi le nombre de conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Les données présentées dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» sont tirées du recensement de 2006. La plupart d'entre elles concernent les personnes qui occupaient un emploi dans cette profession au cours de la semaine de référence du recensement, soit au début de mai 2006. Or, le mois de mai est un des mois où le chômage saisonnier est à son maximum dans cette profession. D'ailleurs, le recensement dénombrait presque deux fois plus de personnes qui ont travaillé dans cette profession en 2005 (près de 4 500) que de personnes qui travaillaient effectivement dans cette profession en mai 2006 (environ 2 500).

Selon les données des recensements, les femmes occupaient seulement 1 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (23 360 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 20 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait à 17 268. Selon les régions, ils travaillaient en 2005 de 25 à 40 semaines par année, pour une moyenne de 32 semaines. La période où le chômage est le plus élevé correspond aux mois de dégel, soit avril et mai. Les mois les plus actifs s'étendent de juillet à novembre. Par exemple, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est cinq fois plus élevé en avril et en mai qu'en septembre.

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent aimer travailler dehors, dans des régions éloignées des zones urbaines, et apprécier le travail physique. Ils doivent posséder des connaissances en mécanique, en secourisme et en santé et sécurité au travail, et des habiletés en calcul, en analyse et en résolution de problèmes. Le sens de l'observation, la minutie, la dextérité et l'autonomie sont les principales qualités exigées.

Études et formation

Il est possible d'accéder à cette profession sans formation spécifique. Selon les données du recensement, à peine 29 % des membres de cette profession possèdaient en 2006 une formation postsecondaire (par rapport à 64 % dans l'ensemble des professions). En outre, environ 53 % d'entre eux avaient une scolarité inférieure au diplôme d'études secondaires (DES, par rapport à 14 % dans l'ensemble des professions).

Les employeurs exigent généralement quelques années d'expérience dans le secteur de la forêt. Une formation en secourisme représente un atout. On offre parfois une formation en cours d'emploi. Certains conducteurs doivent également suivre une formation en technique d'abattage sécuritaire pour obtenir un certificat d'abatteur professionnel.

Il est possible d'obtenir un certificat de qualification professionnelle en abattage manuel. Ce certificat est parfois exigé et représente de toute façon un atout.

Le diplôme d'études professionnelles (DEP) en abattage manuel et débardage forestier représente un atout pour les nouveaux candidats à cette profession.

Références utiles

Les forêts - Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
http://www.mrn.gouv.qc.ca/forets/

Fédération des producteurs de bois du Québec
http://www.fpbq.qc.ca/

Comité sectoriel de main-d'œuvre en aménagement forestier
http://www.csmoaf.com/

Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF)
http://www.fqcf.coop/

Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique
http://www.commission-foret.qc.ca/

Apprentissage en milieu de travail - abatteur manuel
http://emploiquebec.net/guide_qualif/apprentissage-qualification/apprentissage-travail/metiers/abatteur.asp 

Considérations importantes

Compte tenu de l'éloignement des sources d'approvisionnement, des pressions du public sur les questions environnementales et des perspectives dans le secteur de la forêt, le nombre de conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Il est possible d'accéder à cette profession sans formation spécifique.

Le bassin de main-d'œuvre semble assez vaste à première vue, mais on observe dans certaines régions des difficultés de recrutement, surtout en raison des conditions de travail difficiles.

8421 - Conducteurs/conductrices de scies à chaîne et d'engins de débardage
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 8421 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 2 450 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 550 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,3 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 10 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 150 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 160 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 8421 Ensemble des
professions
Hommes 98,8 % 52,7 %
Femmes 1,2 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 8421 Ensemble des
professions
15- 24 ans 7,5 % 14,1 %
25- 44 ans 33,7 % 45,1 %
45- 64 ans 50,6 % 38,8 %
65 ans et plus 8,1 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 8421 Ensemble des
professions
Plein temps 81,7 % 79,2 %
Temps partiel 18,3 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
8421 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 20,2 % 53,2 %
Moyen 23 360 45 157
0 à 19 999 $ 44,8 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 45,9 % 52,4 %
50 000 $ et plus 9,3 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
8421 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 53,2 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 17,8 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 25,9 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 3,2 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 8421 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 4,7 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 13,1 % 2,5 %
Capitale-Nationale 4,1 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 17,3 % 5,4 %
Estrie 12,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 4,7 % 2,9 %
Montérégie 3,6 % 18,7 %
Montréal 2,6 % 24,1 %
Laval 0,7 % 5,0 %
Lanaudière 2,8 % 5,8 %
Laurentides 5,9 % 7,0 %
Outaouais 7,3 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 6,6 % 1,8 %
Mauricie 2,3 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 8,8 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 3,4 % 1,7 %


8421 Ensemble des
professions
Travail autonome 36,0 % 11,2 %


8421 Ensemble des
professions
Immigration 3,6 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Agriculture, foresterie, pêche et chasse 84,4
- exploitation forestière 73,6
- fermes 6,1
Fabrication 7,1
- fabrication de produits en bois 6,1