Mineurs d'extraction et de préparation, mines souterraines

8231 - Mineurs/mineuses d'extraction et de préparation, mines souterraines
Textes de la profession

Nature du travail

Les mineurs d'extraction et de préparation, mines souterraines, font des travaux de forage et de dynamitage, conduisent du matériel d'extraction et exécutent des tâches connexes pour extraire le charbon et le minerai des mines souterraines et pour construire des tunnels, des passages et des puits qui facilitent l'exploitation minière.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=8231 

Exemples de titres professionnels

Abatteur - exploitation de mines de charbon;
boutefeu - exploitation de mines souterraines;
conducteur de chargeuse;
conducteur de chargeuse à pelle;
dynamiteur de cheminées;
foreur - exploitation de mines souterraines;
foreur au diamant - exploitation de mines souterraines;
inspecteur de puits - mines souterraines;
mineur;
mineur d'exploitations par descenderie;
mineur en montant;
opérateur de jumbo;
opérateur de machine de traçage;
opérateur de mineur;
opérateur de treuil - exploitation de mines souterraines.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : avril 2011)

Après un fort ralentissement au cours des années 1990, le nombre de mineurs d'extraction et de préparation, mines souterraines a connu une bonne progression depuis les années 2000, si ce n'est un léger ralentissement lors de la récession de 2009. Cette évolution s'explique en premier lieu par les tendances du secteur minier, industrie sensible aux aléas de la conjoncture économique internationale. Compte tenu de la croissance prévue dans le secteur minier, le nombre de mineurs d'extraction et de préparation des mines souterraines devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les mineurs qui prendront leur retraite. D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi et de l'obtention de promotions à des postes de surveillants de l'exploitation des mines (voir 8221) par les mineurs plus expérimentés. Enfin, quelques postes seront libérés par des mineurs qui quitteront la profession en raison des conditions de travail difficiles qu'on y observe : longue période sous terre à des températures humides, tâches physiquement très exigeantes, territoires exploités parfois éloignés des régions urbaines, quarts de travail couvrant jusqu'à 11 heures par jour, risques pour la santé bien que les conditions sanitaires et la sécurité des mineurs se soient nettement améliorées au cours des années, etc.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux mineurs en chômage et aux personnes qui possèdent de l'expérience dans le secteur minier, notamment comme manœuvre des mines (voir 8614). Ils seront aussi accessibles aux diplômés de quelques programmes d'études professionnelles (DEP) du secteur des mines et travaux de chantier, plus particulièrement des programmes en extraction de minerai et en forage au diamant. D'ailleurs, ces diplômes semblent de plus en plus pertinents pour accéder à cette profession. Reflet de cette tendance, la proportion des membres de cette profession qui sont titulaires d'un diplôme de niveau postsecondaire est passée de 16 % en 1991 à 41 % en 2006, selon les données des recensements. Notons finalement que très peu de débouchés devraient être pourvus par des immigrants. En effet, la proportion d'immigrants est très faible et beaucoup moins élevée que dans l'ensemble des professions (1% par rapport à 12% en 2006, selon les données du recensement).

Selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, la situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en extraction de minerai, programme qui forme le plus de travailleurs pour cette profession, est dans l'ensemble meilleure que pour la moyenne des diplômés. En effet, et ce jusqu'en 2008, l'enquête a montré pour ces diplômés un meilleur taux d'emploi en rapport à la formation, un taux de chômage comparable et un salaire nettement supérieur à l'ensemble des diplômés de la formation professionnelle.

Par contre, la situation des diplômés s'est dégradée considérablement en 2009 et en 2010. Cette dégradation peut aussi bien s'expliquer par la récession que par la très forte augmentation du nombre de diplômés, celui-ci ayant plus que quadruplé entre 2006-2007 et 2008-2009. Il faudra attendre les données des prochaines enquêtes Relance pour savoir si cette détérioration est temporaire ou si elle est due au fait qu'on a formé plus de diplômés que le marché du travail ne peut en accueillir.

Industries

Selon les données du recensement, environ 58 % des mineurs d'extraction et de préparation, mines souterraines travaillaient en 2006 dans le secteur de l'industrie de l'extraction de minerais métalliques, 20 % dans les activités de soutien à l'extraction minière et plus de 11% dans l'extraction de minerais non métalliques.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui prévalent dans le secteur minier, lequel est particulièrement sensible à la conjoncture économique internationale.

Après avoir diminué de moitié au cours des années 1990, le nombre d'emplois dans le secteur minier a augmenté d'au moins 25 % entre 2001 et 2008, avant de replier d'au moins 10 % en 2009 en raison de la récession. Ces mouvements s'expliquent en premier lieu par l'évolution du prix des matières premières.

La baisse du prix des matières premières au début des années 1990 a incité les entreprises à ralentir la production des mines existantes et à diminuer de façon importante leurs investissements en exploration. Depuis le début des années 2000, la demande mondiale de matières premières a connu une croissance remarquable. Cette demande provient entre autres de la Chine qui a de plus en plus besoin de matières premières pour soutenir la croissance effrénée de son secteur manufacturier. La hausse de cette demande a entraîné une forte augmentation du prix des matières premières, avantageant l'emploi dans le secteur minier. Cela explique bien sûr en grande partie la reprise de l'emploi dans ce secteur.

L'ampleur de cette croissance de l'emploi dans le secteur minier a toutefois été atténuée par la faiblesse des dépenses d'exploration et de mise en valeur au cours des années 1990. Si la valeur de ces dépenses a quadruplé entre 2000 et 2007, il peut par contre s'écouler plusieurs années entre le début d'une exploration et la mise en activité d'une mine. D'ailleurs, la forte croissance de la valeur réelle (après inflation ) des livraisons entre 2003 et 2009 (près de 60 %) n'est due qu'à l'augmentation des prix, le volume de production ayant continué à diminuer.

En raison de la baisse du prix des métaux due à la récession, l'activité minière a ralenti en 2008 et 2009. Ce ralentissement devrait être bien temporaire. Notons que, contrairement au prix des autres métaux, celui de l'or n'a jamais faibli, continuant même à augmenter puisque l'or sert souvent de valeur refuge en période de récession. Son prix devrait continuer à augmenter après la récession, car beaucoup de pays qui possèdent d'importantes réserves de dollars américains, dont la Chine, continueront à accumuler d'importantes quantités d'or pour diversifier leurs réserves, craignant une baisse à moyen et long terme de la valeur du dollar américain. En outre, la hausse des dépenses d'exploration et de mise en valeur au cours des toutes dernières années commencera à produire ses effets au cours de notre période de prévision (2010-2014). C'est pourquoi on prévoit que l'emploi dans le secteur minier augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Étant donné que l'emploi dans cette profession évolue au même rythme que l'emploi dans le secteur minier, on prévoit que le nombre de mineurs d'extraction et de préparation des mines souterraines augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, moins de 1 % des femmes occupaient des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (70 886 $) présentée dans la section " Caractéristiques " des " Statistiques " doit être interprétée avec prudence. Elle ne concerne que les 52 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait tout de même à 46 050$. Il n'y avait presque pas de travailleurs autonomes dans cette profession en 2006 (moins de 1%).

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent aimer travailler physiquement, être capables de le faire dans un environnement parfois exigu et dans des conditions atmosphériques et d'ambiance déplaisantes (écart de température, humidité, poussière, bruit, vibrations, etc.). Une force physique suffisante pour manipuler le matériel, une résistance au stress, une préoccupation de la sécurité liée aux risques de la profession et une adaptation aux horaires de travail variables sont aussi exigées. Les candidats à la profession doivent aussi démontrer de l'autonomie, un intérêt pour le travail mécanique et d'équipe, un sens de l'observation et une bonne dextérité.

Études et formation

Historiquement, il était possible d'accéder à cette profession sans formation spécifique. Selon les données du recensement, environ 39 % des membres de cette profession possédaient en 2006 une scolarité inférieure au diplôme d'études secondaires (DES), par rapport à 14 % dans l'ensemble des professions. Cette proportion a toutefois diminué légèrement depuis 1991 où elle était de 54 %. De nos jours, le DES est habituellement une exigence de base.

Il est possible d'obtenir un certificat de qualification professionnelle de mineur. Ce certificat est parfois exigé et représente de toute façon un atout. Une expérience de manœuvre des mines est habituellement exigée et un certificat provincial de dynamiteur peut être à l'occasion demandé. Une formation en secourisme représente aussi un atout et est parfois obligatoire.

Les programmes d'études professionnelles (DEP) en extraction du minerai et en forage au diamant représentent également des atouts pour les nouveaux candidats à cette profession.

Références utiles

Comité sectoriel de main d'œuvre de l'industrie des mines
http://www.csmomines.qc.ca/ 

Association minière du Québec (AMQ)
http://www.amq-inc.com 

Les mines - Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
http://www.mrnf.gouv.qc.ca/mines/ 

Emploi-Québec, certificat de qualification professionnelle de mineur
http://emploiquebec.net/guide_qualif/apprentissage-qualification/apprentissage-travail/metiers/mineur.asp 

Association de l'exploration minière du Québec (AEMQ)
http://www.aemq.org 

Considérations importantes

Étant donné que l'emploi dans cette profession évolue au même rythme que l'emploi dans le secteur minier, on prévoit que le nombre de mineurs d'extraction et de préparation des mines souterraines augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

La profession de mineur d'extraction et de préparation, mines souterraines comporte des risques, s'exerce dans des conditions de travail difficiles et exige en plus de devoir s'éloigner des zones urbaines. Les bons salaires versés dans la profession font contrepoids à ces désagréments.

La situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en extraction de minerai, programme qui forme le plus de travailleurs pour cette profession, est habituellement meilleure que pour la moyenne des diplômés. Cette situation s'est toutefois détériorée en 2009 et 2010. Il est possible que ce programme forme plus de diplômés que le marché du travail ne peut en accueillir.

8231 - Mineurs/mineuses d'extraction et de préparation, mines souterraines
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 8231 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 750 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 400 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,9 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 70 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 100 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 170 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 8231 Ensemble des
professions
Hommes 99,2 % 52,7 %
Femmes 0,8 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 8231 Ensemble des
professions
15- 24 ans 6,7 % 14,1 %
25- 44 ans 46,6 % 45,1 %
45- 64 ans 45,9 % 38,8 %
65 ans et plus 0,8 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 8231 Ensemble des
professions
Plein temps 96,9 % 79,2 %
Temps partiel 3,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
8231 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 52,1 % 53,2 %
Moyen 70 886 45 157
0 à 19 999 $ 2,3 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 15,0 % 52,4 %
50 000 $ et plus 82,7 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
8231 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 38,8 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 19,4 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 41,7 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 0,0 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 8231 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,7 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 3,9 % 2,5 %
Capitale-Nationale 1,2 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 2,9 % 5,4 %
Estrie 2,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 0,0 % 2,9 %
Montérégie 2,2 % 18,7 %
Montréal 1,5 % 24,1 %
Laval 0,0 % 5,0 %
Lanaudière 1,0 % 5,8 %
Laurentides 2,2 % 7,0 %
Outaouais 1,2 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 66,8 % 1,8 %
Mauricie 0,0 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,7 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 9,6 % 1,7 %


8231 Ensemble des
professions
Travail autonome 0,5 % 11,2 %


8231 Ensemble des
professions
Immigration 0,5 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Extraction minière et extraction de pétrole et de gaz 95,3
- extraction de minerais métalliques 58,2
- activités de soutien à l'extraction minière et à l'extraction de pétrole et de gaz 19,6
- extraction de minerais non métalliques 11,2