Mécaniciens et monteurs de machines dans l'industrie du textile

7317 - Mécaniciens/mécaniciennes et monteurs/monteuses de machines dans l'industrie du textile
Textes de la profession

Nature du travail

Les mécaniciens et monteurs de machines dans l'industrie du textile installent, entretiennent, réparent, remettent en état et règlent les machines de fabrication du textile notamment, les métiers, les machines à tricoter, les métiers à filer et les cardes.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7317 

Exemples de titres professionnels

Affûteur de cardes;
mécanicien de machines à tricoter;
mécanicien de machines textiles;
monteur-ajusteur de métiers à tisser;
réparateur de cardes;
réparateur de machine textile;
réparateur de métiers de filature;
technicien de machines de filature à fibres libérées;
technicien de métiers à tisser.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : mai 2011)

Le nombre de mécaniciens et monteurs de machines dans l'industrie du textile a diminué très fortement depuis le tournant du siècle. Cette chute s'explique par les tendances qui influencent les industries des textiles, des produits textiles et de la fabrication de vêtements, et par les besoins de ces industries en matière d'entretien et de réparation de la machinerie industrielle. Même si on prévoit que le niveau de la décroissance dans ces industries ralentira quelque peu, le nombre de mécaniciens et monteurs de machines dans l'industrie du textile devrait diminuer légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront essentiellement des postes qui seront libérés par les mécaniciens et monteurs qui prendront leur retraite, qui quitteront la profession et qui obtiendront des promotions à des postes de contremaîtres ou, s'ils possèdent la formation et les compétences requises, de technologues des matières textiles et de technologues de la production textile (voir 2233).

Bassin de main-d'œuvre

Par le passé, les postes de ces mécaniciens et monteurs étaient pourvus à l'interne, par des promotions à des employés de production expérimentés. D'ailleurs, leur taux de scolarité et leur revenu moyen d'emploi sont beaucoup moins élevés que ceux des mécaniciens industriels (voir 7311) qui ont pourtant des fonctions similaires dans d'autres industries du secteur manufacturier. Toutefois, bien qu'il soit toujours relativement faible, leur niveau de scolarité a augmenté nettement entre 1991 et 2006, selon les données des recensements. Ainsi, la proportion de ces mécaniciens titulaires d'au moins un diplôme d'études postsecondaires est passée de 20 % à 32 %, tandis que le pourcentage de ceux qui ne possèdent pas au moins un diplôme d'études secondaires (DES) a baissé de 56 % à 41 %. Cette augmentation semble refléter la hausse des exigences des employeurs.

En conséquence, même si un certain nombre de débouchés continueront à être pourvus par des employés de production expérimentés et des mécaniciens et monteurs de machines en chômage, la majorité des débouchés des prochaines années devraient l'être par des finissants du diplôme d'études professionnelles (DEP) en mécanique industrielle de construction et d'entretien. En plus, on peut s'attendre à ce qu'une proportion importante des débouchés soient pourvus par mécaniciens et monteurs expérimentés qui sont nombreux en chômage et par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 très élevée, selon les données du recensement (23 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions).

Industries

Selon les données du recensement, près de 70 % de ces mécaniciens et monteurs de machines travaillaient en 2006 dans les industries des textiles (55 %) et des produits textiles (14 %), et environ 12 % dans le secteur du vêtement.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent l'industrie des textiles et des produits textiles, et, dans une moindre mesure, l'industrie de la fabrication de vêtements, et des besoins de ces industries en matière d'entretien et de réparation.

- Industrie des textiles et des produits textiles

Après une décennie de forte croissance basée essentiellement sur l'augmentation spectaculaire de la valeur réelle (après inflation) des exportations (hausse annuelle moyenne de près de 18 % entre 1992 et 2000), la situation de cette industrie a commencé à se détériorer sérieusement à partir de 2001. Tout d'abord, l'important ralentissement économique aux États-Unis en 2001 et la lente reprise qui l'a suivi ont limité considérablement les possibilités de croissance des exportations dans ce pays. Ensuite, l'adoption en 2000 d'une loi qui favorise l'importation aux États-Unis de vêtements fabriqués dans les Caraïbes, l'Afrique sub-saharienne et la communauté andine lorsque ces vêtements sont confectionnés avec des matières textiles provenant des États-Unis a pu fournir un argument supplémentaire à un certain nombre de fabricants de textiles vestimentaires pour déménager aux États-Unis et ainsi profiter de cette loi. D'ailleurs, la valeur réelle des exportations et des livraisons, et l'emploi dans cette industrie ont diminué de 70 % à 75 % entre 2002 et 2010. Finalement, le déclin de l'industrie de la fabrication de vêtements (voir plus loin) a fait diminuer fortement la valeur des livraisons québécoises destinées au marché canadien (baisse de 70 % entre 2002 et 2010), et même la valeur des importations (baisse de 55 %).

Même avec la reprise qui suivra la récession de 2009, il n'est pas certain que cette industrie pourra bénéficier de la croissance aux États-Unis, destinataires de près de 85 % de nos exportations de textiles et de produits textiles, car les marchés du textile et du vêtement du Québec, du Canada et des États-Unis sont de plus en plus satisfaits par la production des pays à bas salaires, principalement par les produits chinois. Cela dit, l'avenir de l'industrie semble liée au développement de produits à plus forte valeur ajoutée, notamment aux «textiles techniques» (matériaux dérivés de polymères et de fibres textiles qui servent pour produire des feutres, des géotextiles, des vêtements ignifuges ou de protection, des produits hygiéniques, etc.). Toutefois, comme la majeure partie des effets des facteurs qui ont causé le déclin de cette industrie sont derrière nous, le rythme de décroissance devrait ralentir nettement.

Compte tenu de ces facteurs, l'emploi et la production dans l'industrie des textiles et des produits textiles devraient diminuer légèrement au cours des prochaines années.

- Industrie de la fabrication de vêtements

Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois lors de la récession du début des années 1990, l'industrie de la fabrication de vêtements a connu une période de croissance entre 1992 et 2000, une accalmie de 2000 à 2002, puis un fort déclin par la suite. De 1992 à 2002, cette industrie a pu surpasser ses pertes sur le marché local par une croissance effrénée de ses exportations. Leur valeur réelle (après inflation) était en effet cinq fois plus élevée en 2002 qu'en 1992 !

Mis à part la forte augmentation des exportations, la période de croissance observée de 1992 à 2002 se caractérise par l'abandon graduel aux pays à bas salaires de la confection de vêtements bas de gamme et par la concentration de l'industrie dans la production de vêtements de milieu et de haut de gamme. La stabilisation et le déclin plus récents (2002 à 2010) s'expliquent par la conjugaison de plusieurs facteurs :

- l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à la fin de 2001;

- l'élimination par le Canada des tarifs et des contingents sur les importations de vêtements de 48 pays moins avancés (PMA) au début de 2003;

- le niveau élevé de la valeur du dollar canadien depuis 2003;

- la disparition graduelle, puis complète depuis janvier 2005, des contingents (quotas) à l'importation.

L'ensemble de ces facteurs a eu un impact considérable sur cette industrie :

- en 2010, environ 62 % des importations provenaient de la Chine, alors que ce pays ne fournissait que 22 % de nos importations en 1992;

- entre 2002 et 2010, cette industrie a subi des pertes sous tous les plans, avec des baisses variant selon les sources de 55 % à 70 % du côté de l'emploi et de plus de 75 % du côté de la valeur réelle (après inflation) de ses livraisons et de ses exportations;

- comme une bonne partie de la baisse de l'emploi résulte de la sous-traitance des activités de confection à des pays à bas salaires comme la Chine, elle a davantage touché les professions de la production, surtout les opérateurs de machines à coudre industrielles (voir 9451), que celles de la pré-production et de la commercialisation : patronniers (voir 5245), dessinateurs et designers (5243) et représentants aux ventes (voir 6411), par exemple.

Si les perspectives pour cette industrie ne sont guère plus reluisantes pour les premières années de notre période de prévision (2010-2014), l'emploi devrait cesser de diminuer par la suite. En effet, la grande majorité des entreprises vulnérables à la concurrence des pays à bas salaires ont déjà fermé leurs portes. Les autres entreprises, qui offrent des vêtements de plus haute gamme ou occupant des niches bien particulières, seront en mesure de conserver leur place sur le marché intérieur et aux États-Unis. En plus, les détaillants auront toujours besoin d'une base manufacturière au Québec pour permettre de les approvisionner rapidement pour remplacer leurs stocks vendus. Il est donc probable que la chute d'emplois à laquelle on assiste depuis 2002 prenne fin sous peu. C'est pourquoi on prévoit que l'emploi dans l'industrie de la fabrication de vêtements continuera à diminuer à court terme, mais demeurera assez stable par la suite.

- Besoins en matière d'entretien et de réparation

Dans ces deux industries, mais surtout dans celle des textiles et des produits textiles, la productivité, la compétitivité et la survie des entreprises dépendent grandement du niveau des investissements en machines et équipement. Même si la valeur réelle (après inflation) de ces investissements a chuté de plus de 75 % entre 1998 et 2010, les entreprises ont besoin d'une main-d'œuvre qualifiée en mesure d'utiliser efficacement ces nouveaux outils qui permettent de mettre au point et de fabriquer des produits bien différenciés à plus forte valeur ajoutée et mieux adaptés aux besoins du marché. L'importance de ces investissements favorise l'emploi des mécaniciens et des monteurs de machines qualifiés et explique que l'emploi dans cette profession devrait diminuer à un rythme un peu moins rapide que l'emploi dans les autres professions de ces industries.

- Conclusion

Malgré l'importance croissante de l'entretien et de la réparation de la machinerie, la décroissance prévue dans les industries des textiles, des produits textiles et de la fabrication de vêtement devrait entraîner une légère baisse du nombre de mécaniciens et monteurs de machines dans l'industrie du textile au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 8 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (6 %). Environ 67 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53%). On y trouvait en 2006 peu de travailleurs autonomes (moins de 3 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions). Les horaires le soir, la nuit et le week-end sont fréquents.

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent des compétences en santé et en sécurité au travail, en mathématiques, en métrologie, en lecture de plans, en électronique, en informatique, en hydraulique, en pneumatique, en électricité, en électromécanique, en robotique et en fabrication assistée par ordinateur. es capacités à se tenir à jour, à communiquer, à analyser et à résoudre des problèmes ainsi qu'à travailler en équipe, la dextérité, la polyvalence et la rapidité d'exécution sont les principales qualités recherchées.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, on exige habituellement un diplôme d'études professionnelles (DEP) en mécanique industrielle de construction et d'entretien. Les attestations d'études professionnelles (ASP) en mécanique d'entretien en commandes industrielles et en mécanique d'entretien préventif et prospectif industriel, le DEP en électromécanique de systèmes automatisés ainsi que le diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de maintenance industrielle représentent des atouts pour accéder à la profession et pour obtenir une promotion.

Les employeurs exigent habituellement, soit jusqu'à trois ans de formation en cours d'emploi, soit plusieurs années d'expérience en tant que mécanicien dans d'autres industries, associées à une formation supplémentaire dans la transformation du textile. Ils peuvent aussi exiger de l'expérience en tant que conducteur de machine de fabrication du textile, tel que des machines à tisser ou à faire des tapis tuftés.

Pour obtenir des promotions à des postes de technologue des matières textiles, de technologue de la production textile ou de superviseur dans la transformation des produits textiles, les DEC en technologie des matières textiles et en technologie de la production textile représentent des atouts importants. Ces programmes ne sont offerts qu'au Cégep de Saint-Hyacinthe.

Références utiles

Exploretextiles.ca
http://www.exploretextiles.ca/

Conseil des ressources humaines de l'industrie du textile
http://www.thrc-crhit.org/

Cégep de Saint-Hyacinthe
Design de matériaux souples :
http://hy-web.cegepsth.qc.ca/dms.html 

Considérations importantes

Compte tenu de la décroissance prévue dans les industries des textiles, des produits textiles et de la fabrication de vêtement, le nombre de mécaniciens et monteurs de machines dans l'industrie du textile devrait diminuer légèrement au cours des prochaines années.

Même si un certain nombre de débouchés seront pourvus par des employés de production expérimentés et des mécaniciens et monteurs de machines en chômage, la majorité des débouchés des prochaines années devraient l'être par des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en mécanique industrielle de construction et d'entretien et par des immigrants.

7317 - Mécaniciens/mécaniciennes et monteurs/monteuses de machines dans l'industrie du textile
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 7317 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 450 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 35 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 -0,7 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 -5 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 25 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 20 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 7317 Ensemble des
professions
Hommes 92,0 % 52,7 %
Femmes 8,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 7317 Ensemble des
professions
15- 24 ans 5,1 % 14,1 %
25- 44 ans 36,5 % 45,1 %
45- 64 ans 56,2 % 38,8 %
65 ans et plus 2,2 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 7317 Ensemble des
professions
Plein temps 94,0 % 79,2 %
Temps partiel 6,0 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
7317 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 67,5 % 53,2 %
Moyen 37 811 45 157
0 à 19 999 $ 3,9 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 79,4 % 52,4 %
50 000 $ et plus 16,7 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
7317 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 41,2 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 27,2 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 31,6 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 0,0 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 7317 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,3 % 2,5 %
Capitale-Nationale 0,0 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 8,4 % 5,4 %
Estrie 17,4 % 3,9 %
Centre-du-Québec 7,1 % 2,9 %
Montérégie 21,3 % 18,7 %
Montréal 21,3 % 24,1 %
Laval 9,0 % 5,0 %
Lanaudière 2,6 % 5,8 %
Laurentides 10,3 % 7,0 %
Outaouais 0,0 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,0 % 1,8 %
Mauricie 1,3 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 0,0 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,0 % 1,7 %


7317 Ensemble des
professions
Travail autonome 2,6 % 11,2 %


7317 Ensemble des
professions
Immigration 23,2 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Fabrication 93,5
- usines de textiles 55,1
- usines de produits textiles 14,5
- fabrication de vêtements 11,6