Mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs

7315 - Mécaniciens/mécaniciennes et contrôleurs/contrôleuses d'aéronefs
Textes de la profession

Nature du travail

Les mécaniciens d'aéronefs entretiennent, réparent, révisent, modifient et testent les structures d'aéronefs et leurs systèmes mécaniques et hydrauliques. Les contrôleurs d'aéronefs vérifient les aéronefs et leurs systèmes à la suite de travaux de fabrication, de modification, d'entretien, de réparation ou de révision.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7315 

Exemples de titres professionnels

Contrôleur à la réparation et à la révision d'aéronefs;
contrôleur d'atelier de réparation d'aéronefs;
contrôleur d'essais en vol;
contrôleur de systèmes de bord d'aéronef;
mécanicien d'aéronefs;
mécanicien de circuits hydrauliques d'aéronef;
technicien breveté d'aéronefs;
technicien d'atelier de pièces mécaniques aéronautiques;
technicien d'entretien d'aéronefs (TEA) (sauf avionique);
technicien de turbines à gaz d'aéronef;
technicien en réparations structurales d'aéronef;
vérificateur d'aéronefs.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : mai 2011)

Malgré de très fortes variations annuelles, le nombre de mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs a au bout du compte augmenté fortement au cours des dernières années. L'emploi dans cette profession a bénéficié de la croissance de l'industrie de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces et, dans une moindre part, de l'industrie du transport aérien. Les effets de cette croissance ont toutefois été légèrement atténués par l'importance accrue de l'avionique dans la construction et dans les travaux d'entretien des aéronefs. Compte tenu des tendances qui influencent les industries de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, et du transport aérien, on prévoit que le nombre de mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs augmentera fortement au cours des prochaines années, tout en continuant à connaître d'importantes variations annuelles.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs qui prendront leur retraite et qui obtiendront des promotions à des postes de techniciens en avionique (voir 2244) et de supervision, mais aussi de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux diplômés de la formation collégiale (voir la section Formation) et aux ouvriers spécialisés du secteur de l'aéronautique qui auront suivi une formation pertinente, aux chômeurs expérimentés, dont le nombre a triplé en 2009 en raison de la récession de 2009 et a continué d'augmenter en 2010, et à des immigrants. En effet, ceux-ci occupaient 19 % des postes dans cette profession en 2006, proportion nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (12 %), selon les données du recensement.

Habituellement, cette profession n'attire pas suffisamment de candidats. En effet, mise à part les périodes où les industries de la fabrication de produits aérospatiaux et du transport aérien connaissent de graves problèmes (voir la section Tendances), soit de 2002 à 2005 et en 2009 et 2010, la situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de maintenance d'aéronefs est nettement meilleure que celle de l'ensemble des diplômés de la formation technique, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Compte tenu de nos prévisions de croissance et de la baisse du nombre de débutants (baisse de 40 % entre 2001-2002 et 2009-2010), cette situation devrait redevenir bonne après la récession.

Industries

Selon les données du recensement, environ 40 % des mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs travaillaient en 2006 dans les industries du transport aérien, 37 % dans la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, et 7 % dans les activités de soutien au transport aérien. On en retrouvait également 5 % dans la fabrication de machines.

Tendances

Les tendances dans cette profession dépendent en grande partie de la vitalité des industries de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, et du transport aérien.

- Industrie de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces

Au cours des années 1990, cette industrie a connu un fort taux de croissance, tant du côté des manufacturiers que des sous-traitants. Reflet de cette croissance, la valeur réelle (après inflation) des livraisons a presque quadruplé et celle des exportations a sextuplé entre 1992 et 2001.

La situation de cette industrie s'est modifiée considérablement à partir de 2001. Entre 2001 et 2008, seule la vigueur étonnante du marché canadien a permis une certaine augmentation de la valeur réelle (après inflation) des livraisons, car la valeur réelle des exportations a, elle, diminué de 35 %. Cette baisse s'explique en partie par des événements imprévus, telles la crainte du terrorisme entourant le transport aérien à la suite des événements du 11 septembre 2001, la guerre en Irak et l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), mais aussi par la concurrence étrangère et par la hausse de la valeur du dollar depuis 2003. Par la suite, la récession de 2009 a provoqué une nouvelle baisse de près de 15 % de la valeur réelle des exportations entre 2008 et 2010 et un quasi effondrement (baisse de près de 60 %) de la valeur des livraisons sur le marché canadien, pour une baisse de plus de 30 % de la valeur des livraisons totales. L'emploi, lui, n'a baissé que de 15 % entre 2001 et 2010, une partie du personnel étant affecté au développement de nouveaux modèles.

Les effets de la récession de 2009 devraient continuer de limiter les possibilités de croissance au début de notre période de prévision (2010-2014). Par la suite, les facteurs de fond devraient reprendre leurs effets fort positifs. En effet, en plus du vieillissement de la flotte mondiale d'aéronefs, le renforcement des règlements en matière de sécurité et de protection de l'environnement favorisera la demande d'aéronefs. Compte tenu de ces facteurs, de la qualité de la production et de l'appui des gouvernements, l'emploi dans cette industrie devrait connaître une croissance notable au cours des prochaines années. Par contre, la valeur relativement élevée du dollar canadien, le prix élevé du pétrole et la forte concurrence étrangère pourraient ralentir quelque peu cette tendance à la hausse. Notons que les principaux effets de la décision de Bombardier de construire les avions de la série C à Mirabel se feront sentir après notre période de prévision. Si cette décision permettra des embauches d'ingénieurs en aéronautique pour la mise au point de l'appareil, on prévoit que l'activité liée à la construction de ces avions n'atteindra son sommet qu'en 2017.

- Industrie du transport aérien

Après quelques années de forte croissance de l'emploi vers la fin des années 1990, l'industrie du transport aérien a connu depuis 2000 une baisse importante de ses effectifs. La forte croissance de la fin des années 1990 reposait sur des facteurs de fond : amélioration générale de l'économie, hausse du commerce international, déréglementation du transport aérien avec les États-Unis, demande non satisfaite dans le transport aérien régional et, dans une moindre mesure, hausse du nombre de jeunes retraités. Ainsi, le nombre de passagers embarqués et débarqués au Québec a augmenté de 17 % entre 1995 et 2000, selon la publication «Trafic des transporteurs aériens aux aéroports canadiens» de Statistique Canada.

La baisse de 12 % du nombre de passagers embarqués et débarqués au Québec observée entre 2000 et 2002 s'explique en partie par le ralentissement de la croissance économique aux États-Unis, mais aussi par des événements imprévisibles : événements du 11 septembre 2001, guerre en Irak, syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), etc. De fait, en l'absence de nouveaux événements de ce type depuis 2002, le nombre de passagers embarqués et débarqués au Québec a augmenté de 44 % entre 2002 et 2008.

Puis est arrivée la récession, qui a entraîné une baisse de 3 % du nombre de passagers embarqués et débarqués au Québec et une baisse au moins proportionnelle des emplois. Après cette baisse, on s'attend à une reprise dès 2010. Si les facteurs de fond décrits plus tôt favoriseront le retour à la croissance, la hausse des prix du pétrole qui l'accompagnera risque d'en restreindre l'ampleur. De même, les rationalisations des entreprises et l'implantation de changements technologiques, tels le paiement et l'émission des billets par Internet et l'automatisation des cartes d'embarquement, limiteront les possibilités d'augmentation de l'emploi dans les professions de bureau et de gestion.

Dans ce contexte, les transporteurs aériens continueront à maximiser l'utilisation de leurs équipements en visant une augmentation du taux d'occupation des avions. Ainsi, l'augmentation du nombre de passagers de 2002 à 2008 ne s'est pas traduite par une augmentation proportionnelle du nombre de travailleurs. Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'emplois dans l'industrie du transport aérien devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années. Notons que l'évolution des facteurs mentionnés dans ce paragraphe, dont le niveau des prix du pétrole, aura une influence déterminante sur cette prévision.

Ces tendances influenceront de façon bien différente les principales professions de cette industrie. Elles devraient faire diminuer de façon notable le nombre d'agents à la billetterie et aux services aériens (6433) et faire augmenter légèrement le nombre de pilotes (2271). Les directeurs des transports (0713), les commissaires et agents de bord (6432) et les agents de piste (7437) devraient en bénéficier de façon notable, tandis que les professions directement liées à l'entretien des avions comme les mécaniciens et techniciens (2244 et 7315), devraient être les plus avantagées.

- Autres tendances

Par ailleurs, les ententes internationales de déréglementation des espaces aériens entraînent aussi une plus grande concurrence entre les entreprises spécialisées dans les services d'entretien. Les transporteurs canadiens, qui possèdent leurs propres services d'entretien, obtiennent certains contrats d'entretien de transporteurs étrangers. Si les firmes canadiennes spécialisées en services d'entretien ont profité de la faiblesse du dollar canadien jusqu'en 2003, elles ont par la suite fait face à un dollar plus élevé et à une concurrence accrue de la part des grandes entreprises américaines qui, en raison de leur grande taille, bénéficient d'économies d'échelle importantes. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.

En outre, l'implantation de nouvelles technologies sur les nouveaux comme sur les anciens aéronefs influe directement sur la demande de mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs. Par contre, les employeurs recherchent de plus en plus des mécaniciens qui possèdent également des connaissances en avionique pour pouvoir travailler sur les composants électroniques des nouveaux aéronefs, et à leur installation et à leur entretien sur les anciens. Cette tendance explique que la demande est un peu plus forte pour les mécaniciens, techniciens et contrôleurs d'avionique et d'instruments et d'appareillages électriques d'aéronefs (voir 2244) que pour les mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre de mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs devrait augmenter fortement au cours des prochaines années, tout en connaissant d'importantes variations annuelles.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 5 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (4 %). Plus de 75 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On y trouvait en 2006 peu de travailleurs autonomes (à peine 2 % des emplois par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions). Les horaires le soir, la nuit et le week-end sont fréquents.

Exigences

Les mécaniciens d'aéronefs doivent faire beaucoup d'entretien sur la piste et à bord des aéronefs et effectuer les réparations et l'entretien des structures d'aéronefs et de leurs systèmes mécaniques et hydrauliques. Pour ce, les employeurs recherchent des candidats qui connaissent les systèmes d'aéronefs, les principes de l'aérodynamique, les structures d'aéronefs et la mécanique fondamentale appliquée. Ces candidats doivent savoir lire et interpréter des manuels et des dessins techniques, posséder la capacité de diagnostiquer et de résoudre les problèmes, une bonne dextérité manuelle et le souci de la précision. Puisque beaucoup de manuels sont écrits en anglais, la connaissance de l'anglais est souvent obligatoire.

Études et formation

Les employeurs demandent habituellement un diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de maintenance d'aéronefs ou, parfois, en techniques d'avionique. Seul le Cégep Édouard-Montpetit offre les programmes en maintenance d'aéronefs et en avionique. Les employeurs offrent généralement de la formation en cours d'emploi. Après avoir acquis de l'expérience en travaillant un certain nombre de mois, ils peuvent se présenter aux examens de Transports Canada pour l'obtention d'une licence d'Entretien d'aéronefs.

Références utiles

Comité sectoriel de main-d'œuvre en aérospatiale (CAMAQ)
http://www.camaq.org/

Association des industries aérospatiales du Canada
http://www.aiac.ca/

Transports Canada
http://www.tc.gc.ca/

Collège Édouard-Montpetit
Techniques de maintenance d'aéronefs
http://www.college-em.qc.ca/?B62F1CE8-3ADD-44CA-B635-5A0C322CD689 

Considérations importantes

Compte tenu des tendances qui influencent les industries de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, et du transport aérien, on prévoit que le nombre de mécaniciens et contrôleurs d'aéronefs augmentera fortement au cours des prochaines années, tout en connaissant d'importantes variations annuelles.

Habituellement, cette profession n'attire pas suffisamment de candidats. Même si elle fut mauvaise en 2009 et 2010, la situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de maintenance d'aéronefs devrait s'améliorer au cours des prochaines années.

7315 - Mécaniciens/mécaniciennes et contrôleurs/contrôleuses d'aéronefs
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 7315 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 2 650 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 250 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 60 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 90 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 150 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 7315 Ensemble des
professions
Hommes 95,3 % 52,7 %
Femmes 4,7 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 7315 Ensemble des
professions
15- 24 ans 5,1 % 14,1 %
25- 44 ans 46,8 % 45,1 %
45- 64 ans 47,1 % 38,8 %
65 ans et plus 0,9 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 7315 Ensemble des
professions
Plein temps 97,9 % 79,2 %
Temps partiel 2,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
7315 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 76,2 % 53,2 %
Moyen 61 823 45 157
0 à 19 999 $ 3,1 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 19,4 % 52,4 %
50 000 $ et plus 77,4 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
7315 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 5,1 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 11,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 78,8 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 4,8 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 7315 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,0 % 2,5 %
Capitale-Nationale 3,3 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 0,6 % 5,4 %
Estrie 0,4 % 3,9 %
Centre-du-Québec 0,0 % 2,9 %
Montérégie 26,2 % 18,7 %
Montréal 31,7 % 24,1 %
Laval 8,4 % 5,0 %
Lanaudière 4,4 % 5,8 %
Laurentides 19,7 % 7,0 %
Outaouais 0,4 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,7 % 1,8 %
Mauricie 1,2 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,9 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,0 % 1,7 %


7315 Ensemble des
professions
Travail autonome 2,0 % 11,2 %


7315 Ensemble des
professions
Immigration 19,3 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Transport aérien et activités de soutien au transport aérien 47,0
Fabrication 44,7
- fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces 37,5
- moteurs, turbines et matériel de transmission de puissance 4,1
Administration publique 4,2