Carreleurs
7283 - Carreleurs/carreleuses
Textes de la profession
Nature du travail
Les carreleurs couvrent les murs extérieurs et intérieurs, les planchers et plafonds de carreaux de céramique, de marbre, de grès cérame ou de mosaïque.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7283
Exemples de titres professionnels
Apprenti carreleur;
carreleur;
installateur de carreaux;
installateur de carreaux de céramique;
ouvrier spécialisé en granito;
polisseur de terrazzo;
poseur de marbre.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont limitées.
(Mise à jour : mai 2011)
Le nombre de carreleurs a diminué au cours de la récession du début des années 1990 et dans les années qui ont suivi, pour ensuite augmenter de façon notable. Ces mouvements sont directement liés aux tendances de l'industrie de la construction. Compte tenu des perspectives dans cette industrie, leur nombre devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les carreleurs qui quitteront la profession et qui obtiendront des promotions à des postes d'entrepreneurs et contremaîtres en carrelage ou, s'ils possèdent les compétences requises, de directeurs de la construction (voir 0711 et 0712). Quelques débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu à des personnes qui satisfont aux conditions d'obtention du certificat d'apprenti sans posséder de diplôme (voir la section Formation), mais aussi aux carreleurs expérimentés qui sont en chômage et aux titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en carrelage. Il est en effet possible d'obtenir un certificat d'apprenti carreleur émis par la Commission de la construction du Québec (CCQ) sans être titulaire du DEP en carrelage en cas de pénurie régionale. La proportion des nouveaux apprentis qui ne sont pas titulaires de ce diplôme est très élevée. En effet, entre 1998 et 2010, environ 71 % des nouveaux apprentis carreleurs n'étaient pas titulaires de ce diplôme. Cette situation semble étrange compte tenu de la politique de la CCQ de favoriser l'acquisition d'une formation professionnelle pour accéder aux métiers de la construction. Elle l'est d'autant plus que le nombre de débutants à ce DEP a quintuplé entre 1999-2000 et 2009-2010 passant d'une trentaine à environ 150. Malgré cela, moins de 100 des quelque 255 apprentis qui ont joint cette profession en 2010 étaient titulaires de ce DEP. Chose certaine, les employeurs n'hésitent pas à embaucher des non-diplômés pour pourvoir les postes vacants. En plus, un bon nombre de débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (17 % par rapport à 12 %), selon les données du recensement.
Selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, le taux de placement des diplômés du DEP en carrelage est habituellement relativement élevé, leur taux de chômage acceptable et les emplois qu'ils occupent nettement plus rémunérateurs que ceux de l'ensemble des diplômés de la formation professionnelle, même si ces enquêtes sont tenues en mars, un des mois où le chômage saisonnier est à son maximum. Cela dit, cette situation s'est grandement détériorée en 2010, la proportion de chômeurs étant nettement plus élevée et celle de diplômés ayant trouvé un emploi qui travaillait dans un poste en rapport avec leur formation ayant chuté à seulement 40 %. Il faudra attendre les prochaines données de cette enquête afin de savoir s'il s'agit d'une situation temporaire ou si cette détérioration est un signe qu'on forme maintenant plus de diplômés que la profession n'est en mesure d'accueillir.
Industries
Selon les données du recensement, environ 86 % des carreleurs travaillaient en 2006 dans l'industrie de la construction, surtout dans la finition de bâtiments (70 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans le commerce (7 %) et le secteur manufacturier (4 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement des tendances dans l'industrie de la construction.
- Industrie de la construction
Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :
- des taux d'intérêt peu élevés;
- une croissance importante des investissements privés et publics;
- une création d'emplois soutenue;
- quelques baisses de taxes et d'impôts;
- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;
- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).
Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.
Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).
Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009. La situation sera fort différente selon les secteurs de la construction.
Le secteur de la construction institutionnelle et commerciale fournit près de la moitié des heures travaillées dans la construction réglementée et évolue en général au même rythme que l'ensemble du secteur. Avec de nombreux projets gouvernementaux, la construction institutionnelle devrait connaître une bonne croissance à l'avenir. Le secteur commercial, qui a subi durement les effets de la dernière récession, devrait rebondir. Au total, l'emploi dans le secteur de la construction institutionnelle et commerciale devrait continuer à augmenter au même rythme que l'ensemble du secteur de la construction au cours des prochaines années.
Fournissant en 2009 un peu plus de 20 % des heures travaillées, le secteur de la construction résidentielle réglementée est le secteur qui a le plus bénéficié de la croissance observée entre 1998 à 2008, avec une croissance de 170 % des heures travaillées. Un tel niveau d'activité ne pouvait pas se maintenir. Ce secteur a d'ailleurs connu un léger recul en 2009. D'ailleurs, le nombre de mises en chantier a diminué de plus de 25 % entre son sommet de 2004 et 2009, et devrait continuer à diminuer, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement. En conséquence, on s'attend à ce que l'emploi dans ce secteur diminue légèrement au cours des prochaines années.
Avec plus de 20 % des heures travaillées en 2009, une première depuis 1998, le secteur du génie civil et de la voirie est celui qui présente les meilleures perspectives, surtout en raison des investissements dans les infrastructures gouvernementales (routes, égouts, aqueduc, etc.), de la construction d'éoliennes et des investissements en construction et en entretien d'Hydro-Québec. Le niveau de ces investissements, déjà élevé en termes historiques en raison des programmes de relance gouvernementaux mis sur pied pour combattre la récession, devrait continuer à croître. On estime donc que l'emploi y augmentera fortement.
Le secteur de la construction industrielle, avec moins de 8 % des heures travaillées en 2009, un niveau plancher depuis 1994, subit depuis plusieurs années les effets de la baisse de l'activité dans le secteur manufacturier. Cela dit, les investissements en hausse dans le secteur des mines et les effets de la reprise après la récession pourraient permettre une certaine augmentation du nombre d'emplois dans le secteur de la construction industrielle au cours des prochaines années.
Le secteur non réglementé de la rénovation a bénéficié d'une forte croissance au cours des dernières années, en grande partie en raison de l'augmentation très nette du taux d'accessibilité à la propriété au Québec. Les dépenses réelles (après inflation) en rénovation ont en effet augmenté en moyenne de 8 % par année entre 1998 et 2009. Malgré le niveau très élevé de ces dépenses en termes historiques, la vigueur du marché immobilier, l'augmentation prévue du taux d'accessibilité à la propriété et l'âge moyen assez élevé du parc immobilier devraient permettre une certaine croissance de l'emploi dans la rénovation au cours des prochaines années.
- Autres facteurs
Environ 68 % des carreleurs assujettis à la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction (appelée couramment «décret de la construction») travaillaient en 2009 dans le secteur de la construction institutionnelle et commerciale. On en retrouvait aussi environ 31 % dans le secteur de la construction résidentielle. Ils étaient à l'opposé à peu près absents des secteurs de la construction industrielle (1 %) et du génie civil et de la voirie (moins de 1 %). En outre, on en retrouve en nombre significatif dans le secteur vigoureux de la rénovation des domiciles des propriétaires occupants, non assujetti au décret. Les effets de la croissance prévue dans la construction institutionnelle et commerciale, secteur où ils sont, et de loin, les plus présents, devrait être partiellement annulé par ceux de la baisse de l'emploi dans la construction résidentielle. Ces tendances ne favoriseront donc que légèrement la croissance de l'emploi dans cette profession.
Compte tenu des perspectives dans l'industrie de la construction, le nombre de carreleurs devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 4 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991 (5 %). La majorité des travaux de carrelage est effectuée à l'intérieur, dans une position accroupie. La donnée sur le revenu moyen d'emploi indiquée à la section «Caractéristiques» des «Statistiques» (31 973 $) doit être analysée avec prudence. En effet, elle ne concerne que les 33 % de carreleurs qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 25 464 $.
Même si la majorité des carreleurs étaient salariés en 2006, on y trouvait une proportion trois fois plus élevée de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (34 % par rapport à 11 %), probablement des sous-traitants ou des travailleurs en rénovation. En raison du resserrement des conditions d'accès à cette profession, le niveau de scolarité des carreleurs s'est amélioré de façon très nette entre 1991 et 2006. La proportion de carreleurs titulaires d'au moins un diplôme d'études postsecondaires est ainsi passée de 28 % à 64 %, tandis que le pourcentage de ceux qui ne possèdent pas au moins un diplôme d'études secondaires (DES) a baissé de 54 % à 19 %. On observe un chômage saisonnier important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est selon les années de deux à trois fois plus élevé de janvier à mars que de mai à octobre.
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui travaillent bien et qui possèdent les connaissances de bases du métier et des compétences en mathématiques. Ces candidats doivent posséder une bonne condition physique, savoir bien distinguer les couleurs, faire preuve de dextérité et avoir le sens de l'organisation. La propreté, la minutie, la précision, le sens de l'esthétique et l'initiative sont les qualités les plus recherchées. Les travailleurs autonomes doivent en plus posséder des aptitudes en gestion et de la facilité à négocier. Le bilinguisme représente un atout, surtout pour ceux qui effectuent des travaux chez des particuliers.
Études et formation
Au Québec, l'obtention des certificats de compétence «apprenti» et «compagnon» de la Commission de la construction du Québec (CCQ) est obligatoire pour travailler sur les chantiers de construction. Pour obtenir le certificat d'apprenti carreleur, il faut :
- posséder un diplôme d'études professionnelles (DEP) en carrelage et obtenir d'un employeur une garantie d'emploi de 150 heures; ou
- en cas de pénurie régionale, soit quand les données de la CCQ démontrent que moins de 5 % des titulaires de certificat d'apprenti d'une région sont disponibles, fournir une garantie d'emploi de 150 heures, avoir suivi un cours de sécurité et satisfaire aux conditions d'admission du cours de carrelage. Les apprentis non diplômés sont en outre tenus de participer à une activité de formation pour obtenir le renouvellement de leur certificat.
Pour accéder au statut de compagnon, l'apprenti doit compléter une période d'apprentissage de 6 000 heures (y compris la formation du DEP, s'il y a lieu) et réussir les examens de qualification de la CCQ. Ce certificat est renouvelé automatiquement à chaque année si le nom de son titulaire est apparu sur un rapport mensuel d'employeur au cours des 14 mois précédant la date de renouvellement. Sinon, il doit renouveler son certificat.
Pour accéder aux emplois de carreleurs non assujettis au décret de la construction, les employeurs exigent habituellement un DEP en carrelage ou le certificat d'apprenti ou de compagnon.
Une formation en estimation de travaux de soumissions offerte par les services aux employeurs des commissions scolaires représente un atout pour les travailleurs autonomes ou pour obtenir une promotion.
Références utiles
Commission de la construction du Québec
http://www.ccq.org/
Considérations importantes
Compte tenu des perspectives dans l'industrie de la construction, le nombre de carreleurs devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Le chômage saisonnier est assez élevé, particulièrement de janvier à mars.
De 1998 à 2010, à peine 29 % des nouveaux apprentis carreleurs étaient titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en carrelage. Leur situation sur le marché du travail est habituellement acceptable, mais elle s'est grandement détériorée en 2010. Il faudra attendre les prochaines données de cette enquête afin de savoir s'il s'agit d'une situation temporaire ou si cette détérioration est un signe qu'on forme maintenant plus de diplômés que la profession n'est en mesure d'accueillir.
7283 - Carreleurs/carreleuses
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 7283 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 1 600 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 200 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,6 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 10 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 25 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 35 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 7283 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 96,0 % | 52,7 % |
| Femmes | 4,0 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 7283 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 10,7 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 56,6 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 31,5 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,2 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 7283 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 86,1 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 13,9 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
7283 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 33,0 % | 53,2 % |
| Moyen | 31 973 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 22,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 61,9 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 16,1 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
7283 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 18,6 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 16,9 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 61,3 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 3,2 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 7283 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,2 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 8,2 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,4 % | 5,4 % |
| Estrie | 4,9 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,3 % | 2,9 % |
| Montérégie | 21,9 % | 18,7 % |
| Montréal | 18,9 % | 24,1 % |
| Laval | 12,8 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 5,5 % | 5,8 % |
| Laurentides | 9,0 % | 7,0 % |
| Outaouais | 4,4 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,5 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,5 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 1,1 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,5 % | 1,7 % |
| 7283 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 34,2 % | 11,2 % |
| 7283 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 16,9 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | (%) | (%) |
|---|---|---|
| Construction | 85,6 | |
| - travaux de finition de bâtiments | 70,0 | |
| - construction résidentielle | 9,8 | |
| Commerce | 6,9 | |
| Fabrication | 4,3 |