Finisseurs de béton

7282 - Finisseurs/finisseuses de béton
Textes de la profession

Nature du travail

Les finisseurs de béton lissent et finissent le béton fraîchement coulé, appliquent des produits de cure et de traitement de surface, installent, entretiennent et remettent à neuf diverses structures maçonnées, comme des fondations, des planchers, des plafonds, des trottoirs, des routes et des terrasses extérieures.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7282 

Exemples de titres professionnels

Maçon en béton;
maçon-cimentier;
finisseur de béton préfabriqué;
finisseur de béton.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : mai 2011)

Au cours des dernières années, le nombre de nombre de finisseurs de béton a augmenté fortement. Cette croissance est directement liée aux tendances de l'industrie de la construction. Compte tenu de leur présence importante dans le secteur du génie et de la voirie, où on prévoit un niveau de croissance intéressant, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les finisseurs de béton qui prendront leur retraite, qui quitteront la profession et qui obtiendront des promotions à des postes d'entrepreneurs et contremaîtres en lissage du béton ou du ciment ou, s'ils possèdent les compétences requises, de directeurs de la construction (voir 0711 et 0712).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu à des personnes qui satisfont aux conditions d'obtention du certificat d'apprenti sans posséder de diplôme (voir la section Formation), mais aussi aux finisseurs de béton expérimentés qui sont très nombreux à être en chômage ou qui travaillent maintenant dans d'autres professions, et aux titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en préparation et finition de béton. Il est en effet possible d'obtenir un certificat d'apprenti cimentier-applicateur émis par la Commission de la construction du Québec (CCQ) sans être titulaire du diplôme d'études professionnelles (DEP) en préparation et finition de béton en cas de pénurie régionale. La proportion des nouveaux apprentis qui ne sont pas titulaires de ce diplôme est très élevée. En effet, entre 1998 et 2010, environ 81 % des nouveaux apprentis cimentiers-applicateurs n'étaient pas titulaires de ce diplôme. Cette situation semble étrange compte tenu de la politique de la CCQ de favoriser l'acquisition d'une formation professionnelle pour accéder aux métiers de la construction. Elle pourrait s'expliquer par le manque d'intérêt des jeunes pour la formation ou par le manque de places dans les écoles de formation professionnelle. En effet, malgré la faible proportion de diplômés parmi les apprentis, le réseau de l'éducation a accueilli moins de 50 débutants en 2008-2009, alors que plus de 200 apprentis ont joint cette profession en 2009. Chose certaine, les employeurs n'hésitent pas à embaucher des non-diplômés pour pourvoir les postes vacants. En plus, un bon nombre de débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession en 2006 montrait que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants (16 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement).

Les emplois qu'occupent les totulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en préparation et finition de béton sont nettement plus rémunérateurs que ceux de l'ensemble des diplômés de la formation professionnelle, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Toutefois, en raison de la très forte saisonnalité de l'emploi dans cette profession, leur taux de placement est assez faible et leur taux de chômage très élevé, puisque ces enquêtes sont tenues en mars, un des mois où le chômage saisonnier est à son maximum. Notons que le nombre de diplômés de cette formation est très peu élevé, avec une moyenne d'environ 35 de 2000 à 2009.

Industries

Selon les données du recensement, environ 76 % des finisseurs de béton travaillaient en 2006 dans l'industrie de la construction. Dans cette industrie, on utilise plutôt l'appellation «cimentier-applicateur». On en retrouvait aussi en nombre significatif dans le secteur manufacturier (16 %), surtout dans la fabrication de ciment et de produits en béton (13 %) et dans les municipalités (5 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement des tendances dans l'industrie de la construction.

- Industrie de la construction

Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :

- des taux d'intérêt peu élevés;

- une croissance importante des investissements privés et publics;

- une création d'emplois soutenue;

- quelques baisses de taxes et d'impôts;

- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;

- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).

Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.

Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009. La situation sera fort différente selon les secteurs de la construction.

Le secteur de la construction institutionnelle et commerciale fournit près de la moitié des heures travaillées dans la construction réglementée et évolue en général au même rythme que l'ensemble du secteur. Avec de nombreux projets gouvernementaux, la construction institutionnelle devrait connaître une bonne croissance à l'avenir. Le secteur commercial, qui a subi durement les effets de la dernière récession, devrait rebondir. Au total, l'emploi dans le secteur de la construction institutionnelle et commerciale devrait continuer à augmenter au même rythme que l'ensemble du secteur de la construction au cours des prochaines années.

Fournissant en 2009 un peu plus de 20 % des heures travaillées, le secteur de la construction résidentielle réglementée est le secteur qui a le plus bénéficié de la croissance observée entre 1998 à 2008, avec une croissance de 170 % des heures travaillées. Un tel niveau d'activité ne pouvait pas se maintenir. Ce secteur a d'ailleurs connu un léger recul en 2009. D'ailleurs, le nombre de mises en chantier a diminué de plus de 25 % entre son sommet de 2004 et 2009, et devrait continuer à diminuer, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement. En conséquence, on s'attend à ce que l'emploi dans ce secteur diminue légèrement au cours des prochaines années.

Avec plus de 20 % des heures travaillées en 2009, une première depuis 1998, le secteur du génie civil et de la voirie est celui qui présente les meilleures perspectives, surtout en raison des investissements dans les infrastructures gouvernementales (routes, égouts, aqueduc, etc.), de la construction d'éoliennes et des investissements en construction et en entretien d'Hydro-Québec. Le niveau de ces investissements, déjà élevé en termes historiques en raison des programmes de relance gouvernementaux mis sur pied pour combattre la récession, devrait continuer à croître. On estime donc que l'emploi y augmentera fortement.

Le secteur de la construction industrielle, avec moins de 8 % des heures travaillées en 2009, un niveau plancher depuis 1994, subit depuis plusieurs années les effets de la baisse de l'activité dans le secteur manufacturier. Cela dit, les investissements en hausse dans le secteur des mines et les effets de la reprise après la récession pourraient permettre une certaine augmentation du nombre d'emplois dans le secteur de la construction industrielle au cours des prochaines années.

Le secteur non réglementé de la rénovation a bénéficié d'une forte croissance au cours des dernières années, en grande partie en raison de l'augmentation très nette du taux d'accessibilité à la propriété au Québec. Les dépenses réelles (après inflation) en rénovation ont en effet augmenté en moyenne de 8 % par année entre 1998 et 2009. Malgré le niveau très élevé de ces dépenses en termes historiques, la vigueur du marché immobilier, l'augmentation prévue du taux d'accessibilité à la propriété et l'âge moyen assez élevé du parc immobilier devraient permettre une certaine croissance de l'emploi dans la rénovation au cours des prochaines années.

- Autres facteurs

Environ 47 % des «cimentiers-applicateurs» assujettis à la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction (appelée couramment «décret de la construction») travaillaient en 2009 dans le secteur de la construction commerciale et institutionnelle. On en retrouvait aussi environ 26 % dans le secteur du génie civil et de la voirie, 20 % dans le secteur de la construction résidentielle et 7 % dans celui de la construction industrielle. En outre, un certain nombre de finisseurs de béton travaillent dans le secteur vigoureux de la rénovation des domiciles des propriétaires occupants, non assujetti au décret. Ils seront donc favorisés par les tendances généralement positives dans les secteurs où ils sont présents, d'autant plus qu'ils sont proportionnellement moins présents que la moyenne des travailleurs de la construction dans le secteur de la construction résidentielle où on prévoit la croissance la plus faible, et plus présents dans le secteur du génie et de la voirie, où on prévoit la croissance la plus forte.

Ces besoins supplémentaires ne se traduiront pas tous en nouveaux emplois. En effet, l'accroissement de la mécanisation de la finition du béton et le développement de nouvelles technologies pour pomper le béton et le niveler permettent une hausse notable de la productivité. Par contre, la popularité croissante des finis décoratifs pourrait les avantager quelque peu.

Compte tenu de ces facteurs, le nombre de finisseurs de béton devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient moins de 1 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en baisse depuis 1991 (2,5 %). La donnée sur le revenu moyen d'emploi indiquée à la section «Caractéristiques» des «Statistiques» (43 415 $) doit être analysée avec prudence. En effet, elle ne concerne que les 23 % de finisseurs de béton qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait tout de même à 30 325 $.

Même si la grande majorité des finisseurs de béton étaient salariés en 2006, on y trouvait la même proportion de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (11 %), probablement des sous-traitants. En raison du resserrement des conditions d'accès à cette profession, le niveau de scolarité des finisseurs de béton s'est amélioré de façon très nette entre 1991 et 2006. La proportion de finisseurs de béton titulaires d'au moins un diplôme d'études postsecondaires est ainsi passée de 19 % à 57 %, tandis que le pourcentage de ceux qui ne possèdent pas au moins un diplôme d'études secondaires (DES) a baissé de 56 % à 24 %. On observe un chômage saisonnier très important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est selon les années de cinq à dix fois plus élevé de janvier à mars qu'en août.

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui travaillent bien et qui possèdent les connaissances de bases du métier. Ces candidats doivent être en mesure de travailler dehors, pouvoir résister à la chaleur et au froid, posséder une bonne condition physique et une bonne vision, faire preuve de dextérité et avoir le sens de l'organisation et du travail d'équipe. La faculté de s'adapter à divers environnements et à de nouveaux équipements, la minutie et l'initiative sont les qualités les plus recherchées.

Études et formation

Au Québec, l'obtention des certificats de compétence «apprenti» et «compagnon» de la Commission de la construction du Québec (CCQ) est obligatoire pour travailler sur les chantiers de construction. Pour obtenir le certificat d'apprenti cimentier-applicateur, il faut :

- posséder un diplôme d'études professionnelles (DEP) en préparation et finition de béton et obtenir d'un employeur une garantie d'emploi de 150 heures; ou

- en cas de pénurie régionale, soit quand les données de la CCQ démontrent que moins de 5 % des titulaires de certificat d'apprenti d'une région sont disponibles, fournir une garantie d'emploi de 150 heures, avoir suivi un cours de sécurité et satisfaire aux conditions d'admission du cours de préparation et finition de béton. Les apprentis non diplômés sont en outre tenus de participer à une activité de formation pour obtenir le renouvellement de leur certificat.

Pour accéder au statut de compagnon, l'apprenti doit compléter une période d'apprentissage de 4 000 heures (y compris la formation du DEP, s'il y a lieu) et réussir les examens de qualification de la CCQ. Ce certificat est renouvelé automatiquement chaque année si le nom de son titulaire est apparu sur un rapport mensuel d'employeur au cours des 14 mois précédant la date de renouvellement. Sinon, il doit renouveler son certificat.

Pour accéder aux emplois de finisseurs de béton non assujettis au décret de la construction, les employeurs exigent habituellement un DEP en préparation et finition de béton ou le certificat d'apprenti ou de compagnon.

Références utiles

Commission de la construction du Québec
http://www.ccq.org/ 

Considérations importantes

Compte tenu de leur présence importante dans le secteur du génie et de la voirie, où on prévoit un niveau de croissance intéressant, le nombre de finisseurs de béton devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Le chômage saisonnier est très élevé, particulièrement de décembre à avril.

À peine 19 % des nouveaux apprentis cimentiers-applicateurs sont titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en préparation et finition de béton. En raison de la très forte saisonnalité de l'emploi dans cette profession, leur taux de placement est assez faible et leur taux de chômage très élevé.

7282 - Finisseurs/finisseuses de béton
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 7282 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 2 050 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 250 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,4 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 30 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 45 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 75 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 7282 Ensemble des
professions
Hommes 99,3 % 52,7 %
Femmes 0,7 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 7282 Ensemble des
professions
15- 24 ans 9,2 % 14,1 %
25- 44 ans 56,2 % 45,1 %
45- 64 ans 32,6 % 38,8 %
65 ans et plus 1,9 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 7282 Ensemble des
professions
Plein temps 91,1 % 79,2 %
Temps partiel 8,9 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
7282 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 22,6 % 53,2 %
Moyen 43 415 45 157
0 à 19 999 $ 9,3 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 61,1 % 52,4 %
50 000 $ et plus 29,6 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
7282 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 24,1 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 19,0 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 55,2 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 1,7 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 7282 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,1 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,8 % 2,5 %
Capitale-Nationale 12,4 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,6 % 5,4 %
Estrie 1,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,5 % 2,9 %
Montérégie 19,4 % 18,7 %
Montréal 19,2 % 24,1 %
Laval 4,4 % 5,0 %
Lanaudière 11,3 % 5,8 %
Laurentides 6,4 % 7,0 %
Outaouais 4,9 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,3 % 1,8 %
Mauricie 3,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,1 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,3 % 1,7 %


7282 Ensemble des
professions
Travail autonome 11,5 % 11,2 %


7282 Ensemble des
professions
Immigration 16,3 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Construction 75,7
- travaux de fondations, de structure et d'extérieur de bâtiment 45,1
- construction résidentielle 10,4
- routes, de rues et de ponts 5,1
- construction non résidentielle 4,6
- travaux de finition de bâtiments 4,1
Fabrication 16,3
- fabrication de produits minéraux non métalliques 13,1