Ébénistes

7272 - Ébénistes
Textes de la profession

Nature du travail

Les ébénistes fabriquent et réparent des meubles, des accessoires en bois et des articles semblables.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7272 

Exemples de titres professionnels

Apprenti ébéniste;
ébéniste;
ébéniste de meubles;
fabricant de meubles en bois hors série.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : mai 2011)

Après avoir diminué fortement au cours de la récession du début des années 1990, le nombre d'ébénistes a augmenté de façon notable par la suite. Ces mouvements s'expliquent par l'évolution de la croissance économique et des exportations générées par les industries dans lesquelles les ébénistes travaillent. Étant donné que les perspectives sont mitigées dans ces industries, le nombre d'ébénistes ne devrait augmenter que légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des ébénistes qui prendront leur retraite. Quelques débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi et des besoins de remplacement de ceux qui obtiendront une promotion à des postes de supervision dans les industries dans lesquelles ils travaillent.

Bassin de main-d'œuvre

Les débouchés seront accessibles en premier lieu aux titulaires des diplômes qui mènent à cette profession (voir la section Formation). D'autres débouchés pourront être pourvus par des personnes qui auront bénéficié d'un apprentissage auprès d'un ébéniste reconnu, ou qui possèdent de l'expérience dans des professions connexes : charpentiers-menuisiers (voir 7271), monteurs et contrôleurs de meubles et d'accessoires (voir 9492), conducteurs de machines à travailler le bois (voir 9513), artisans ébénistes (voir 5244), etc. En plus, un certain nombre de débouchés pourront être pourvus par des ébénistes expérimentés en chômage et par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, quoique moins élevée que dans l'ensemble des professions (9 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

Malgré une augmentation importante du nombre de diplômés (de 170 de 1999-2000 à près du triple, soit 475, en 2005-2006), le taux de placement et le taux de chômage des diplômés du programme qui forme le plus de candidats à cette profession, soit le diplôme d'études professionnelles (DEP) en ébénisterie, se comparent en général assez bien à ceux de la moyenne des diplômés de la formation professionnelle, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Cette situation, déjà acceptable, s'est améliorée en 2008 pour les diplômés de 2006-2007, sûrement parce que leur nombre a soudain diminué du tiers (de 475 à un peu plus de 300). Même si ce nombre a encore baissé de 10 % en 2007-2008 et de 8 % en 2008-2009, leur situation s'est détériorée grandement en 2009 et en 2010, sûrement en raison de la récession. Compte tenu d'une récente remontée du nombre de débutants à ce programme, leur situation sur le marché du travail demeure incertaine pour les prochaines années.

Notons qu'une forte proportion des diplômés en emploi travaillent dans des postes qui ne sont pas liés à leur formation. En plus, un bon nombre de ceux qui travaillent dans des postes qui sont liés à leur formation occupent des emplois dans d'autres professions de l'industrie du meuble.

La situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques du meuble et d'ébénisterie et de l'option ébénisterie artisanale du DEC en techniques de métiers d'art varie beaucoup d'une année à l'autre, certaines années bonne, d'autres moins bonne. Cette situation s'explique entre autres par le faible nombre de diplômés (une moyenne annuelle d'environ 35 dans chacun de ces programmes).

Notons que les emplois en industrie sont souvent spécialisés (travail en série) tandis qu'un bon nombre de diplômés préfèrent des emplois qui comportent des tâches plus variées, conformément à la formation qu'ils ont reçue.

Industries

Selon les données du recensement, environ 68 % des ébénistes travaillaient en 2006 dans l'industrie de la fabrication de meubles et de produits connexes, surtout dans la fabrication de meubles de maison et d'établissement institutionnel, et d'armoires de cuisine (61 %), mais aussi dans la fabrication de meubles de bureau (7 %). On en trouvait aussi un nombre significatif dans la construction (10 %), principalement dans la finition intérieure de bâtiments (7 %), dans la fabrication de portes et fenêtres en bois (5 %) et dans la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces (4 %).

Malgré cette apparente variété de milieux de travail, les ébénistes travaillent tous à la fabrication et à la réparation de meubles, d'accessoires de bois et d'articles semblables. La plus grande distinction dans leur travail se situe plutôt du côté du travail salarié en usine (en général en série) par rapport au travail autonome en atelier (en général à l'unité). Ainsi, plus de 28 % des ébénistes étaient en 2006 des travailleurs autonomes, en forte majorité sans personnel rémunéré, proportion près de trois fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (11 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de la demande intérieure et extérieure de fabrication de meubles et de produits connexes. Elle est en plus influencée par les changements dans le mode de production adoptés dans les industries dans lesquelles les ébénistes travaillent.

- Fabrication de meubles et de produits connexes - demande intérieure

La demande intérieure de meubles a connu une forte croissance à partir de la deuxième moitié des années 1990. Cette demande reposait en grande partie sur la création de ménages, qu'elle provienne des jeunes qui quittent le foyer parental, des immigrants de plus en plus nombreux ou de la baisse du nombre de personnes par ménages. Le nombre de ménages a en effet augmenté de 13 % entre 1996 et 2006 (moyenne de 1,3 % par année). Cette augmentation du nombre de ménages a non seulement stimulé la construction domiciliaire et le marché de la revente de maisons, mais a aussi entraîné une forte augmentation de la demande de meubles et d'accessoires d'ameublement.

De 1996 à 2002, la forte croissance de la demande intérieure a en grande majorité été satisfaite par les producteurs locaux. En raison de la hausse du dollar canadien et de la concurrence croissante des pays à bas salaires, la croissance de la demande intérieure a davantage bénéficié aux producteurs étrangers qu'aux producteurs locaux depuis 2002. En effet, la valeur réelle (après inflation) des importations de meubles et accessoires a augmenté de plus de 65 % entre 2002 et 2010, dont une part sans cesse croissante a été produite en Chine (de 25 % à 54 % de la valeur des importations entre 2002 et 2010). La part des importations sur la demande intérieure de meubles est ainsi passée de 16 % en 2002 à 23 % en 2010, accaparant une partie importante de la croissance de la demande intérieure.

Comme on prévoit que le niveau de croissance du nombre de ménages observé depuis 1996 se maintiendra, la demande intérieure de fabrication de meubles et de produits connexes devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années. Par contre, on s'attend à que cette croissance bénéficiera davantage aux producteurs étrangers qu'aux producteurs locaux.

- Fabrication de meubles et de produits connexes - demande extérieure

La demande extérieure correspond aux exportations générées par l'industrie de la fabrication de meubles et de produits connexes. De 1992 et 2002, la valeur de ces exportations a véritablement explosé passant d'environ 260 millions $ à 1 800 millions $ (environ 7 fois plus). La demande extérieure s'est toutefois essoufflée depuis, la valeur réelle (après inflation) des exportations ayant diminué de près de 70 % de 2002 à 2010. Cet essoufflement résulte en bonne partie de l'important ralentissement économique aux États-Unis en 2001, destinataires de 95 % de ces exportations, mais aussi de la valeur élevée du dollar canadien et de la concurrence de plus en plus forte des meubles chinois sur le marché des États-Unis. En effet, la valeur des exportations de meubles chinois aux États-Unis était près de 40 fois plus élevée en 2010 qu'en 1992. Elle était en 2010 plus de cinq fois plus élevée que celle des meubles canadiens, alors que le Canada était le plus important importateur de meubles aux États-Unis jusqu'en 2000.

Au cours des prochaines années, les effets de la concurrence chinoise et du niveau élevé du dollar canadien devraient continuer de limiter les possibilités de croissance des exportations québécoises de meubles aux États-Unis. Les importations étrangères, surtout chinoises, devraient aussi continuer à accaparer une part importante de la demande intérieure. En conséquence, on prévoit que le nombre d'emplois dans l'industrie de la fabrication de meubles et de produits connexes n'augmentera que très légèrement au cours des prochaines années.

- Fabrication de portes et fenêtres en bois

Même si l'industrie de la fabrication de portes et fenêtres en bois embauche beaucoup moins d'ébénistes que celle de la fabrication de meubles, il faut toutefois souligner la croissance spectaculaire de la valeur réelle des exportations dans cette industrie. Elle est en effet passée d'à peine 6 millions $ en 1992 à plus de 180 millions $ en 2006 (environ 30 fois plus) avant de chuter de 55 % à moins de 85 millions $ en 2010. Malgré certaines variations annuelles, la valeur réelle des livraisons destinées au marché domestique est demeurée relativement stable au cours de cette période. L'effet de ces mouvements sur l'emploi des ébénistes étant limité, la croissance (ou la décroissance) de cette industrie devrait toutefois avoir peu d'impact sur l'emploi dans cette profession.

- Changements dans le mode de production

Au cours des années de croissance, l'évolution de l'emploi dans ces industries a moins bénéficié aux ébénistes qu'à d'autres professions. En effet, cette croissance a touché beaucoup plus la production en série que la production unitaire, davantage associée aux tâches des ébénistes. En outre, le travail des ébénistes dépend beaucoup plus de la demande intérieure, qui a crû légèrement, que des exportations, qui ont connu une croissance spectaculaire. D'ailleurs, de 1996 à 2002, le rythme d'augmentation du nombre d'ébénistes, quoique intéressant, a été beaucoup moins élevé que celui des monteurs et contrôleurs de meubles et d'accessoires (voir 9492), des vernisseurs en finition et en réparation de meubles (voir 9494) et des opérateurs de machines à travailler le bois (voir 9513), trois professions davantage associées à la production en série. Par contre, la baisse de l'emploi depuis 2002, occasionnée par la concurrence étrangère sur le marché local et aux États-Unis, a aussi nui en premier lieu aux professions liées à la production en série et beaucoup moins aux ébénistes. En conséquence, l'emploi des ébénistes devrait croître au même rythme que les autres emplois dans l'industrie de fabrication de meubles et de produits connexes au cours des prochaines années.

Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, on prévoit que le nombre d'ébénistes n'augmentera que légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 10 % des postes dans cette profession en 2006, proportion beaucoup plus élevée qu'en 1991 (3 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent environ 30 % des diplômés du DEP en ébénisterie. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (28 233 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 59 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 18 308 $. On observe un certain chômage saisonnier de janvier à mars, le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi étant au cours de cette période de l'année environ 75 % plus élevé que de juin à novembre. Cette saisonnalité de l'emploi semble correspondre aux périodes les plus actives du secteur de la construction. Les ébénistes travaillent habituellement dans des milieux bruyants et poussiéreux. Leur travail se fait souvent debout ou dans des positions inconfortables, ce qui demande une bonne résistance physique.

Exigences

En plus de la maîtrise des techniques propres à cette profession, les candidats doivent posséder de la facilité en mathématiques, de la dextérité et un bon sens artistique. La minutie, la facilité à communiquer, le sens de l'organisation et l'esprit d'observation sont les principales qualités recherchées. Des compétences en gestion et la capacité d'estimer les coûts de production des meubles et d'utiliser les logiciels qui permettent d'effectuer cette tâche représentent un atout, surtout pour les ébénistes qui travaillent à leur compte.

Études et formation

Il est possible de devenir ébéniste sans formation spécifique. En 2006, seulement 31 % des ébénistes possédaient une formation postsecondaire dans le domaine du travail de précision, domaine dont les programmes de formation en ébénisterie et en fabrication de meubles font partie. L'apprentissage auprès d'un ébéniste reconnu et la formation en cours d'emploi représentent un mode d'accès à cette profession assez répandu. Toutefois, différents programmes de formation permettent de faciliter l'accès à cette profession et représentent donc un atout important.

Les principaux programmes qui permettent de faciliter l'accès à cette profession sont le diplôme d'études secondaires (DEP) en ébénisterie, les diplômes d'études collégiales (DEC) en techniques du meuble et d'ébénisterie, et en techniques de métiers d'art (option ébénisterie artisanale), et l'attestation d'études collégiales (AEC) en ébénisterie. Les titulaires du DEP en ébénisterie peuvent se perfectionner grâce à l'attestation d'études professionnelles (ASP) en gabarits et échantillons.

Il est possible d'obtenir un certificat de qualification professionnelle en ébénisterie. Ce certificat est parfois exigé et représente de toute façon un atout.

Les ébénistes qualifiés peuvent obtenir le Sceau rouge, qui leur permet de travailler dans cette profession partout au Canada.

Références utiles

Comité sectoriel de main-d'œuvre des industries des portes et fenêtres, meubles et armoires de cuisine
http://www.clicemplois.net/

Association des fabricants de meubles du Québec
http://www.afmq.com/ 

Considérations importantes

Étant donné que les perspectives sont mitigées dans les industries dans lesquelles ils travaillent, le nombre d'ébénistes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

La situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en ébénisterie se compare habituellement assez bien à celle de la moyenne des diplômés de la formation professionnelle. Compte tenu d'une récente remontée du nombre de débutants à ce programme, elle demeure toutefois incertaine pour les prochaines années.

7272 - Ébénistes
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 7272 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 8 250 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 400 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,3 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 30 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 150 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 180 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 7272 Ensemble des
professions
Hommes 90,0 % 52,7 %
Femmes 10,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 7272 Ensemble des
professions
15- 24 ans 10,8 % 14,1 %
25- 44 ans 50,8 % 45,1 %
45- 64 ans 36,6 % 38,8 %
65 ans et plus 1,9 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 7272 Ensemble des
professions
Plein temps 91,1 % 79,2 %
Temps partiel 8,9 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
7272 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 58,7 % 53,2 %
Moyen 28 233 45 157
0 à 19 999 $ 27,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 65,6 % 52,4 %
50 000 $ et plus 7,0 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
7272 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 20,3 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 18,8 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 57,8 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 3,1 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 7272 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,6 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,9 % 2,5 %
Capitale-Nationale 7,4 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 8,7 % 5,4 %
Estrie 5,1 % 3,9 %
Centre-du-Québec 6,4 % 2,9 %
Montérégie 18,6 % 18,7 %
Montréal 15,0 % 24,1 %
Laval 3,1 % 5,0 %
Lanaudière 9,9 % 5,8 %
Laurentides 9,1 % 7,0 %
Outaouais 3,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,2 % 1,8 %
Mauricie 3,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,0 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,7 % 1,7 %


7272 Ensemble des
professions
Travail autonome 28,2 % 11,2 %


7272 Ensemble des
professions
Immigration 8,8 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Fabrication 81,0
- fabrication de meubles et de produits connexes 68,0
- fabrication d'autres produits en bois (y compris les portes et fenêtres en bois) 5,3
- fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces 4,2
Construction 10,0
- travaux de finition de bâtiments 6,5