Soudeurs et opérateurs de machines à souder et à braser

7265 - Soudeurs/soudeuses et opérateurs/opératrices de machines à souder et à braser
Textes de la profession

Nature du travail

Les soudeurs utilisent du matériel et des machines pour souder les métaux ferreux ou non ferreux. Ce groupe de base inclut aussi les opérateurs de machines à souder et à braser à commandes réglables.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7265 

Exemples de titres professionnels

Apprenti soudeur;
compagnon soudeur;
opérateur de machine à basage tendre;
opérateur de machine à braser;
opérateur de machine à souder au laser;
régleur de machines à braser;
soudeure;
soudeur à l'arc électrique;
soudeur de réservoirs pour fluides sous pression;
soudeur par points;
soudeur-monteur;
technicien en soudures aéronautiques.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : avril 2011)

Le nombre de soudeurs et opérateurs de machines à souder et à braser a diminué au cours de la récession du début des années 1990 et dans les années qui ont suivi, pour ensuite augmenter fortement. Ces mouvements correspondent assez bien aux tendances qui influencent les industries dans lesquelles ils travaillent. Même si ces industries devraient connaître une croissance un peu plus faible qu'au cours des dernières années, on prévoit que le nombre de soudeurs et opérateurs de machines à souder et à braser augmentera tout de même de façon notable au cours des prochaines années, soit à un rythme un peu moins rapide qu'auparavant.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les membres de cette profession qui prendront leur retraite, qui quitteront la profession et qui obtiendront des promotions à des postes de supervision, mais aussi de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Le bassin de main-d'œuvre peut varier considérablement selon les exigences des postes. Cela explique qu'on observe simultanément dans cette profession un fort taux de chômage et un manque de main-d'œuvre.

Pour les postes qui exigent le moins de compétences, par exemple les postes d'opérateurs de machines à souder et à braser, ou de soudage peu spécialisé, ce bassin est formé de personnes qui possèdent de l'expérience dans le secteur de la métallurgie et qui ont reçu une formation interne en l'entreprise, par exemple des aides soudeur-monteur (voir 9612, manœuvres en métallurgie) et des soudeurs et aides soudeurs expérimentés qui sont nombreux à chômer. C'est d'ailleurs dans ce bassin qu'on observe le taux de chômage le plus élevé.

Par contre, le bassin de main-d'œuvre est beaucoup plus restreint pour les postes plus spécialisés qui exigent des compétences en assemblage (ou montage), la maîtrise de plusieurs techniques de soudage (FCAW, GMAW, SMAW, GTAW, etc.), la connaissance des propriétés des métaux et des aptitudes élevées en lecture de plans.

Les titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en soudage-montage et de l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en soudage haute pression représentent un bassin potentiel pour les postes plus spécialisés, mais ne possèdent pas tous la maîtrise et l'expérience recherchées par les employeurs. Cela pourrait expliquer que la situation sur le marché du travail des diplômés de ces deux programmes est en général bien moyenne, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Elle fut même mauvaise en 2009 et en 2010 en raison de la récession de 2009.

Notons finalement qu'un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences mentionnées ci-dessus. En effet, quoique moins élevée que dans l'ensemble des professions (7 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants. Selon leurs compétences, ces immigrants peuvent aussi bien faire partie du bassin de main-d'œuvre pour les postes peu spécialisés que pour les postes plus spécialisés.

Industries

Selon les données du recensement, environ 57 % des soudeurs et opérateurs de machines à souder et à braser travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, avec une certaine concentration dans la fabrication de produits métalliques (21 %), la fabrication de machines (11 %) et la fabrication de matériel de transport (9 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans l'industrie de la réparation et de l'entretien (22 %, industrie qui comprend les ateliers de soudage) et dans la construction (8 %).

Tendances

Comme les emplois dans les ateliers de soudage sont en grande partie générés par les secteurs manufacturier et, dans une moindre mesure, de la construction, l'évolution de l'emploi dans cette profession dépend surtout des tendances qui influencent l'emploi dans ces secteurs, mais aussi de la demande en travaux de soudage dans ces industries.

- Secteur manufacturier

Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois au début des années 1990, le secteur manufacturier a connu une croissance remarquable de 1994 à 2000. Cette croissance s'explique en grande partie par la hausse spectaculaire de la valeur des exportations, surtout vers les États-Unis. La récession aux États-Unis au début des années 2000, la hausse importante de la valeur du dollar canadien en 2003 et l'accentuation de la concurrence des pays à faibles salaires, telle la Chine, ont entraîné un revirement complet de la tendance de la deuxième moitié des années 1990. Entre 2001 et 2008, la valeur réelle (en tenant compte de l'inflation) des livraisons est demeurée stable, pendant que, conséquence des gains en productivité, l'emploi reculait d'environ 15 %. Notons que le maintien de la valeur des livraisons fut le résultat de l'augmentation de la demande intérieure, puisque la valeur des exportations a diminué de 15 % au cours de cette période, tandis que la valeur des livraisons domestiques augmentaient de 12 %. Ainsi, la proportion des exportations sur les livraisons est passée de 48 % en 2001 à 40 % en 2008.

On aurait pu penser que le pire était derrière nous. Toutefois, la récession commencée en décembre 2007 aux États-Unis s'est étendue au Canada au dernier trimestre de 2008 et n'a pris fin qu'au troisième trimestre de 2009. Comme c'est presque toujours le cas, le manufacturier fut un des secteurs industriels les plus touchés par cette récession. Ainsi, la valeur réelle des livraisons et des exportations internationales a diminué de près de 15 % en 2009. Réagissant souvent avec un certain délai, l'emploi a toutefois beaucoup moins reculé. Les nombreux contrats de travail partagés ont sûrement atténué l'impact de la baisse de la valeur réelle des livraisons.

Les effets de la récession devraient perdre beaucoup d'ampleur en 2010 et laisser place à une légère croissance de l'emploi par la suite. Celle-ci demeurera modeste, compte tenu de la vigueur incertaine de la reprise aux États-Unis, de la valeur toujours élevée du dollar canadien et de la concurrence toujours vive des pays à faibles salaires.

La situation sera toutefois bien différente d'une industrie à l'autre. Les industries manufacturières de biens de consommation, comme le vêtement, les textiles, le meuble et les plastiques seront les plus désavantagées. De même, les industries de l'impression et du papier continueront à subir les effets de la faiblesse de la demande de leurs produits. Par contre, les perspectives seront meilleures dans les industries qui reposent sur la demande intérieure, comme celles de la fabrication d'aliments et de la fabrication de produits métalliques, et sur la haute technologie, telles celles de la fabrication de matériel de transport et de matériel, de la fabrication d'appareils et de composants électriques.

Comme les soudeurs et d'opérateurs de machines à souder et à braser sont proportionnellement un peu plus présents dans les industries qui présentent les meilleures perspectives, ils devraient être au bout du compte avantagés par ces perspectives après la récession actuelle.

- Secteur de la construction

Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :

- des taux d'intérêt peu élevés;

- une croissance importante des investissements privés et publics;

- une création d'emplois soutenue;

- quelques baisses de taxes et d'impôts;

- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;

- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).

Ces facteurs ont permis une augmentation de plus 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.

Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009.

Environ 63 % des soudeurs assujettis à la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction (appelée couramment «décret de la construction») travaillaient en 2009 dans le secteur du génie civil et de la voirie, où on prévoit la hausse de l'emploi la plus forte. Ils seront donc favorisés par les tendances de l'industrie de la construction.

- Demande en travaux de soudage

Les secteurs manufacturier et de la construction ont connu de nombreux changements technologiques au cours des dernières années. Dans les industries où on retrouve le plus de soudeurs, comme par exemple la fabrication de produits métalliques, on peut citer l'utilisation croissante de machines-outils à commande numérique (MOCN) qui ont influencé grandement l'exercice de la profession de machiniste. Même si les fonctions des soudeurs ont connu elles aussi quelques changements, surtout du côté des techniques de soudage et de la nature des matériaux de soudage, la majeure partie de ces fonctions exige toujours beaucoup d'interventions humaines. Cela explique que le taux de croissance de l'emploi des soudeurs a été et devrait demeurer semblable à celui de l'emploi dans les autres professions qu'on retrouve dans les industries dans lesquelles ils travaillent.

Rappelons que la demande est la plus forte pour les soudeurs qui possèdent des compétences en assemblage, maîtrisent plusieurs techniques de soudage (FCAW, GMAW, SMAW, GTAW, etc.), connaissent les propriétés des métaux et démontrent aptitudes élevées en lecture de plans.

Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, on prévoit que le nombre de soudeurs et opérateurs de machines à souder et à braser augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient à peine 4 % des postes dans cette profession en 2006, proportion malgré tout en forte hausse depuis 1991 (moins de 2 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, car les femmes représentent près de 10 % des diplômés du DEP en soudage-montage et de l'ASP en soudage haute pression. Environ 60 % des membres de cette profession travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion nettement plus élevée que pour la moyenne des professions (53 %). En 2006, on y retrouvait peu de travailleurs autonomes (6 %). Le travail s'effectue habituellement dans un environnement bruyant et poussiéreux où la température est parfois basse et parfois élevée. Ils doivent souvent travailler dans des positions inconfortables. On y observe une certaine saisonnalité, surtout pour les emplois du secteur de la construction.

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui connaissent bien les techniques du métier et qui ont de l'expérience dans le soudage. Les candidats doivent posséder une grande dextérité manuelle, savoir travailler avec précision et rapidité, et démontrer une bonne capacité de résolution de problèmes. La persévérance, le souci de la qualité et la minutie sont les qualités les plus recherchées. Le bilinguisme est parfois exigé et représente toujours un atout.

Études et formation

Les employeurs exigent quelques années d'études secondaires. Le diplôme d'études professionnelles (DEP) en soudage-montage est de plus en plus exigé et représente toujours un atout.

L'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en soudage haute pression représente un atout et favorise l'accès aux emplois plus spécialisés.

Des cours en soudage, telle la formation semi-spécialisée d'aide en soudage général offerte par les commissions scolaires, sont souvent exigés.

Le certificat de qualification professionnelle d'Emploi-Québec est parfois exigé et représente toujours un atout.

Pour travailler dans la construction réglementée, il faut être titulaire d'un certificat de compétence émis par la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Les soudeurs qualifiés peuvent obtenir le Sceau rouge qui leur permet de travailler dans toutes les provinces du Canada.

Références utiles

Apprentissage en milieu de travail - soudeur
http://emploiquebec.net/guide_qualif/apprentissage-qualification/apprentissage-travail/metiers/soudeur.asp

Manufacturiers et exportateurs du Québec
http://www.cme-mec.ca/qc/template_qc.asp?p=1

Commission de la construction du Québec (CCQ)
http://www.ccq.org/

Comité sectoriel de la main-d'œuvre dans la fabrication métallique industrielle (CSMOFMI)
http://www.csmofmi.com/ 

Considérations importantes

Étant donné que les industries dans lesquelles ils travaillent devraient connaître un bon niveau de croissance, on prévoit que le nombre de soudeurs et opérateurs de machines à souder et à braser augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

On observe un surplus de main-d'œuvre pour les postes qui exigent le moins de compétences, par exemple les postes d'opérateurs de machines à souder et à braser ou de soudage peu spécialisé. Les employeurs disent par contre éprouver de grandes difficultés de recrutement pour les postes plus spécialisés qui exigent des compétences en assemblage (ou montage), la maîtrise de plusieurs techniques de soudage (FCAW, GMAW, SMAW, GTAW, etc.), la connaissance des propriétés des métaux et des aptitudes élevées en lecture de plans.

La situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en soudage-montage et de l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en soudage haute pression est en général bien moyenne. Elle fut même mauvaise en 2009 et 2010 en raison de la récession de 2009.

7265 - Soudeurs/soudeuses et opérateurs/opératrices de machines à souder et à braser
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 7265 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 20 550 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 2 100 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 200 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 450 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 650 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 7265 Ensemble des
professions
Hommes 95,8 % 52,7 %
Femmes 4,2 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 7265 Ensemble des
professions
15- 24 ans 13,1 % 14,1 %
25- 44 ans 49,3 % 45,1 %
45- 64 ans 36,6 % 38,8 %
65 ans et plus 1,0 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 7265 Ensemble des
professions
Plein temps 94,5 % 79,2 %
Temps partiel 5,5 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
7265 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 59,6 % 53,2 %
Moyen 38 600 45 157
0 à 19 999 $ 9,7 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 71,7 % 52,4 %
50 000 $ et plus 18,6 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
7265 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 16,4 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 11,0 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 72,2 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 0,4 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 7265 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,1 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 3,4 % 2,5 %
Capitale-Nationale 6,9 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 11,0 % 5,4 %
Estrie 5,2 % 3,9 %
Centre-du-Québec 5,5 % 2,9 %
Montérégie 20,1 % 18,7 %
Montréal 11,3 % 24,1 %
Laval 2,8 % 5,0 %
Lanaudière 5,9 % 5,8 %
Laurentides 5,4 % 7,0 %
Outaouais 1,7 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 4,1 % 1,8 %
Mauricie 4,7 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 7,9 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,9 % 1,7 %


7265 Ensemble des
professions
Travail autonome 6,0 % 11,2 %


7265 Ensemble des
professions
Immigration 7,3 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Fabrication 56,9
- fabrication de produits métalliques 21,0
- fabrication de machines 10,8
- fabrication de matériel de transport 9,4
- première transformation de métaux 4,1
Réparation et entretien 22,1
- réparation et entretien de machines et de matériel d'usage commercial et industriel, sauf les véhicules automobiles et le matériel électronique (y compris les ateliers de soudure) 19,6
Construction 8,5