Électriciens (sauf électriciens industriels et de réseaux électriques)
7241 - Électriciens/électriciennes (sauf électriciens industriels et de réseaux électriques)
Textes de la profession
Nature du travail
Les électriciens de ce groupe de base disposent, montent, vérifient, localisent et réparent les fils et les appareils électriques, les dispositifs de commande et les appareillages connexes dans des bâtiments et autres ouvrages.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7241
Exemples de titres professionnels
Apprenti électricien;
apprenti électricien en construction;
électricien local et rural;
électricien;
électricien en construction.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : avril 2011)
Le nombre d'électriciens (sauf électriciens industriels et de réseaux électriques) a diminué fortement lors de la récession du début des années 1990 et des années qui ont suivi pour ensuite augmenter fortement. Ces mouvements correspondent assez bien avec l'évolution de l'emploi dans l'industrie de la construction. Compte tenu des tendances dans cette industrie, leur nombre devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les électriciens qui prendront leur retraite. En plus, d'autres débouchés découleront des postes qui seront libérés par ceux qui obtiendront des promotions à des postes d'entrepreneurs et contremaîtres en électricité ou, s'ils possèdent les compétences requises, de directeurs de la construction (voir 0711 et 0712). Quelques débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux électriciens et aux électriciens industriels (voir 7242) expérimentés qui sont en chômage et aux titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en électricité. Même s'il est théoriquement possible d'obtenir un certificat d'apprenti électricien émis par la Commission de la construction du Québec (CCQ) sans être titulaire du DEP en électricité en cas de pénurie régionale, dans les faits, l'accès à ce certificat, et donc à cette profession, est pratiquement réservé aux diplômés de ce DEP. En effet, entre 1998 et 2010, à peine un peu plus de 1 % des nouveaux apprentis électriciens n'étaient pas titulaires de ce diplôme. Notons que peu de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 relativement faible, selon les données du recensement (5 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions).
Cette profession attire passablement de personnes. Toutefois, les règles d'accès à la profession assez sévères (voir la section Formation) et le caractère technique de la formation, qui nécessite entre autres de bonnes aptitudes en mathématiques, font diminuer grandement le bassin potentiel de candidats. Selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, le taux de placement des diplômés du diplôme d'études professionnelles (DEP) en électricité est d'ailleurs relativement élevé, leur taux de chômage acceptable, quoique plus élevé en 2009 et 2010 en raison de la récession de 2009, et les emplois qu'ils occupent nettement plus rémunérateurs que ceux de l'ensemble des diplômés de la formation professionnelle, même si ces enquêtes sont tenues en mars, un des mois où le chômage saisonnier est à son maximum.
Industries
Selon les données du recensement, environ 83 % des électriciens travaillaient en 2006 dans l'industrie de la construction. On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les administrations publiques (4 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement des tendances dans l'industrie de la construction.
- Industrie de la construction
Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :
- des taux d'intérêt peu élevés;
- une croissance importante des investissements privés et publics;
- une création d'emplois soutenue;
- quelques baisses de taxes et d'impôts;
- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;
- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).
Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.
Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).
Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009. La situation sera fort différente selon les secteurs de la construction.
Le secteur de la construction institutionnelle et commerciale fournit près de la moitié des heures travaillées dans la construction réglementée et évolue en général au même rythme que l'ensemble du secteur. Avec de nombreux projets gouvernementaux, la construction institutionnelle devrait connaître une bonne croissance à l'avenir. Le secteur commercial, qui a subi durement les effets de la dernière récession, devrait rebondir. Au total, l'emploi dans le secteur de la construction institutionnelle et commerciale devrait continuer à augmenter au même rythme que l'ensemble du secteur de la construction au cours des prochaines années.
Fournissant en 2009 un peu plus de 20 % des heures travaillées, le secteur de la construction résidentielle réglementée est le secteur qui a le plus bénéficié de la croissance observée entre 1998 à 2008, avec une croissance de 170 % des heures travaillées. Un tel niveau d'activité ne pouvait pas se maintenir. Ce secteur a d'ailleurs connu un léger recul en 2009. D'ailleurs, le nombre de mises en chantier a diminué de plus de 25 % entre son sommet de 2004 et 2009, et devrait continuer à diminuer, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement. En conséquence, on s'attend à ce que l'emploi dans ce secteur diminue légèrement au cours des prochaines années.
Avec plus de 20 % des heures travaillées en 2009, une première depuis 1998, le secteur du génie civil et de la voirie est celui qui présente les meilleures perspectives, surtout en raison des investissements dans les infrastructures gouvernementales (routes, égouts, aqueduc, etc.), de la construction d'éoliennes et des investissements en construction et en entretien d'Hydro-Québec. Le niveau de ces investissements, déjà élevé en termes historiques en raison des programmes de relance gouvernementaux mis sur pied pour combattre la récession, devrait continuer à croître. On estime donc que l'emploi y augmentera fortement.
Le secteur de la construction industrielle, avec moins de 8 % des heures travaillées en 2009, un niveau plancher depuis 1994, subit depuis plusieurs années les effets de la baisse de l'activité dans le secteur manufacturier. Cela dit, les investissements en hausse dans le secteur des mines et les effets de la reprise après la récession pourraient permettre une certaine augmentation du nombre d'emplois dans le secteur de la construction industrielle au cours des prochaines années.
Le secteur non réglementé de la rénovation a bénéficié d'une forte croissance au cours des dernières années, en grande partie en raison de l'augmentation très nette du taux d'accessibilité à la propriété au Québec. Les dépenses réelles (après inflation) en rénovation ont en effet augmenté en moyenne de 8 % par année entre 1998 et 2009. Malgré le niveau très élevé de ces dépenses en termes historiques, la vigueur du marché immobilier, l'augmentation prévue du taux d'accessibilité à la propriété et l'âge moyen assez élevé du parc immobilier devraient permettre une certaine croissance de l'emploi dans la rénovation au cours des prochaines années.
- Autres facteurs
Environ 66 % des électriciens assujettis à la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction (appelée couramment «décret de la construction») travaillaient en 2009 dans le secteur de la construction commerciale et institutionnelle. On en retrouvait aussi environ 15 % dans le secteur de la construction industrielle et 12 % dans celui de la construction résidentielle (12 %). Ils étaient à l'opposé peu nombreux dans le secteur du génie civil et de la voirie (7 %). On en trouve en outre un bon nombre dans le secteur vigoureux de la rénovation des domiciles des propriétaires occupants, non assujetti au décret. En raison de leur présence importante dans les secteurs de la construction où on prévoit peu de croissance, et de leur faible niveau d'activité dans le secteur du génie civil et de la voirie, où on prévoit la croissance la plus forte, ils ne seront que légèrement avantagés par ces tendances.
Par ailleurs, la domotique, soit l'ensemble des technologies liées à la maison informatisée, pourrait offrir un certain nombre de débouchés au cours des prochaines années. Annoncée depuis quelques années, l'émergence de ce nouveau créneau tarde toutefois à se concrétiser de façon significative. Malgré la plus grande disponibilité des équipements électroniques et l'amélioration de la fiabilité des composants informatiques, ses effets positifs sur l'emploi des électriciens devraient se manifester de façon bien graduelle.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'électriciens augmentera légèrement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient moins de 2 % des postes dans cette profession en 2006, proportion malgré tout en légère hausse depuis 1991 (1 %). Cette proportion ne devrait pas augmenter de façon significative au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent moins de 5 % des nouveaux diplômés en électricité. La donnée sur le revenu moyen d'emploi indiquée à la section «Caractéristiques» des «Statistiques» (46 546 $) doit être analysée avec prudence. En effet, elle ne concerne que les 43 % d'électriciens qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait tout de même à 33 218 $.
Le travail saisonnier est fréquent. Les périodes les plus actives vont de mai à décembre. Même si, en 2006, la grande majorité des électriciens était salariée, On y trouvait en 2006 à peu près la même proportion de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (12 % par rapport à 11 %). Avec 91 % de diplômés postsecondaires en 2006, il s'agit de la profession du secteur de la construction où les travailleurs sont les plus scolarisés.
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent les connaissances techniques du métier. Ces candidats doivent faire preuve de dextérité et avoir une bonne vision. L'aptitude à conceptualiser et à visualiser, la faculté de se tenir à jour sur les développements technologiques, la capacité à analyser et à résoudre des problèmes, la minutie et l'initiative sont les qualités les plus recherchées. Le bilinguisme est parfois exigé.
Études et formation
Plusieurs lois et règlements encadrent l'exercice de cette profession. Ainsi, les travaux d'installation, de réfection, de modification ou de réparation d'installations électriques aux fins d'éclairage, de chauffage et de force motrice électriques doivent être effectués par un compagnon électricien. En plus, seuls les maîtres-électriciens, membres de la Corporation des maîtres-électriciens du Québec, ont le droit d'installer, de rénover, de remplacer ou de réparer un système électrique en tout ou en partie.
L'obtention des certificats de compétence «apprenti» et «compagnon» est régie par la Commission de la construction du Québec (CCQ).
Pour obtenir le certificat d'apprenti électricien, il faut posséder un diplôme d'études professionnelles (DEP) en électricité et obtenir d'un employeur une garantie d'emploi de 150 heures;
- on peut aussi obtenir ce certificat d'apprenti en cas de pénurie régionale, soit quand les données de la CCQ démontrent que moins de 5 % des détenteurs de certificat d'apprenti d'une région sont disponibles. Pour ce, il faut fournir une garantie d'emploi de 150 heures, avoir suivi un cours de sécurité et satisfaire aux conditions d'admission du DEP en électricité de construction. Les apprentis non diplômés sont en outre tenus de participer à une activité de formation pour obtenir le renouvellement de leur certificat.
Pour accéder au statut de compagnon électricien, l'apprenti doit compléter une période d'apprentissage de 8 000 heures (y compris la formation du DEP, s'il y a lieu) et réussir les examens de qualification de la CCQ. Ce certificat est renouvelé automatiquement chaque année si le nom de son titulaire est apparu sur un rapport mensuel d'employeur au cours des 14 mois précédant la date de renouvellement. Sinon, il doit renouveler son certificat.
L'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en estimation en électricité représente un atout pour accéder à cette profession et à des postes d'entrepreneurs, de contremaîtres en électricité ou, éventuellement, de directeurs de la construction
La Corporation des maîtres-électriciens du Québec offre des activités de formation et de perfectionnement.
Les électriciens qualifiés peuvent obtenir le Sceau rouge, qui leur permet de travailler en électricité partout au Canada.
Références utiles
Corporation des maîtres-électriciens du Québec
https://www.cmeq.org
Fraternité interprovinciale des ouvriers en électricité
http://www.fipoe.org/
Commission de la construction du Québec
http://www.ccq.org/
Considérations importantes
Compte tenu de la légère croissance prévue dans l'industrie de la construction, le nombre d'électriciens devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Le travail saisonnier est fréquent. Les périodes les plus actives vont de mai à décembre.
Le taux de placement des diplômés du diplôme d'études professionnelles (DEP) en électricité de construction est relativement élevé, leur taux de chômage acceptable, quoique plus élevé en 2009 et 2010 en raison de la récession de 2009, et les emplois qu'ils occupent nettement plus rémunérateurs que ceux de l'ensemble des diplômés de la formation professionnelle, même si ces enquêtes sont tenues en mars, un des mois où le chômage saisonnier est à son maximum.
7241 - Électriciens/électriciennes (sauf électriciens industriels et de réseaux électriques)
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 7241 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 12 250 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 1 650 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,7 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 90 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 700 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 790 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 7241 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 98,4 % | 52,7 % |
| Femmes | 1,6 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 7241 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 11,7 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 49,0 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 37,5 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,8 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 7241 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 92,4 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 7,6 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
7241 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 43,5 % | 53,2 % |
| Moyen | 46 546 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 8,1 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 47,6 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 44,4 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
7241 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 2,9 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 5,7 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 90,1 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 1,3 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 7241 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,0 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 8,9 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,9 % | 5,4 % |
| Estrie | 3,9 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,2 % | 2,9 % |
| Montérégie | 21,3 % | 18,7 % |
| Montréal | 14,9 % | 24,1 % |
| Laval | 5,5 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 8,2 % | 5,8 % |
| Laurentides | 10,3 % | 7,0 % |
| Outaouais | 4,4 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 2,3 % | 1,8 % |
| Mauricie | 3,6 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,5 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 2,0 % | 1,7 % |
| 7241 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 11,6 % | 11,2 % |
| 7241 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 5,5 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | (%) | (%) |
|---|---|---|
| Construction | 82,8 | |
| - installation d'équipements techniques | 75,5 | |
| - construction de bâtiments | 5,9 | |
| Administrations publiques | 4,0 |