Outilleurs-ajusteurs
7232 - Outilleurs-ajusteurs/outilleuses-ajusteuses
Textes de la profession
Nature du travail
Les outilleurs-ajusteurs fabriquent, réparent ou modifient des outils, des matrices, des gabarits, des montages et des calibres usinés, en prototypes ou sur mesure, selon des dimensions précises, en se servant de divers métaux, alliages et plastiques. Les modeleurs sur métal et les moulistes de moules en métal sont aussi inclus dans ce groupe de base.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7232
Exemples de titres professionnels
Apprenti modeleur sur métal;
apprenti outilleur-ajusteur;
apprenti mouliste;
fabricant de matrices;
façonneur de moules en métal;
finisseur de matrices;
gabarieur;
mouliste de moules en métal;
modeleur sur métal;
mouliste - transformation des matières plastiques;
outilleur;
outilleur-ajusteur.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : avril 2011)
Le nombre d'outilleurs-ajusteurs a diminué fortement lors de la récession du début des années 1990 et dans les années qui ont suivi, pour ensuite demeurer assez stable. Ces mouvements dépendent principalement des tendances dans certaines industries du secteur manufacturier et de l'implantation de nouvelles technologies. Compte tenu de ces tendances, on prévoit que le nombre d'outilleurs-ajusteurs demeurera assez stable au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les outilleurs-ajusteurs qui seront nombreux à prendre leur retraite ou qui obtiendront des promotions à des postes de contremaîtres des machinistes (voir 7211), de vérificateur d'usinage et d'outillage et, avec la formation pertinente, de programmeurs au réglage numérique des machines-outils (voir 2233). L'expérience dans des petits ateliers permet d'accéder à des postes mieux rémunérés dans de grandes entreprises.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux machinistes (voir 7231) et conducteurs de machines d'usinage (voir 9511) expérimentés et aux diplômés de la formation professionnelle. Peu de postes seront pourvus par des outilleurs-ajusteurs en chômage, car le taux de chômage est très peu élevé dans cette profession. En plus, on peut s'attendre à ce que d'autres débouchés soient pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 relativement importante (15 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement).
Cette profession n'attire pas suffisamment de candidats, sûrement en raison de l'environnement de travail (travail debout et ateliers bruyants et poussiéreux) et des exigences techniques élevées, entre autres en mathématiques. D'ailleurs, il y avait à peine 15 débutants en 2009-2010 dans les trois programmes de formation les plus pertinents pour accéder à cette profession, soit les attestations de spécialisation professionnelle (ASP) en outillage, en fabrication de moules et en matriçage, alors qu'il y en avait une centaine par année à la fin des années 1990. Pourtant, la situation sur le marché du travail des diplômés de ces programmes a toujours été excellente.
Industries
Selon les données du recensement, environ 78 % des outilleurs-ajusteurs travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, principalement dans les industries de la fabrication de produits métalliques (26 %), de la machinerie (17 %) et du matériel de transport (16 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en bonne partie des tendances des industries du secteur manufacturier où ces travailleurs sont les plus présents, mais aussi de l'implantation de changements technologiques.
- Secteur manufacturier
Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois au début des années 1990, le secteur manufacturier a connu une croissance remarquable de 1994 à 2000. Cette croissance s'explique en grande partie par la hausse spectaculaire de la valeur des exportations, surtout vers les États-Unis. La récession aux États-Unis au début des années 2000, la hausse importante de la valeur du dollar canadien en 2003 et l'accentuation de la concurrence des pays à faibles salaires, telle la Chine, ont entraîné un revirement complet de la tendance de la deuxième moitié des années 1990. Entre 2001 et 2008, la valeur réelle (en tenant compte de l'inflation) des livraisons est demeurée stable, pendant que, conséquence des gains en productivité, l'emploi reculait d'environ 15 %. Notons que le maintien de la valeur des livraisons fut le résultat de l'augmentation de la demande intérieure, puisque la valeur des exportations a diminué de 15 % au cours de cette période, tandis que la valeur des livraisons domestiques augmentaient de 12 %. Ainsi, la proportion des exportations sur les livraisons est passée de 48 % en 2001 à 40 % en 2008.
On aurait pu penser que le pire était derrière nous. Toutefois, la récession commencée en décembre 2007 aux États-Unis s'est étendue au Canada au dernier trimestre de 2008 et n'a pris fin qu'au troisième trimestre de 2009. Comme c'est presque toujours le cas, le manufacturier fut un des secteurs industriels les plus touchés par cette récession. Ainsi, la valeur réelle des livraisons et des exportations internationales a diminué de près de 15 % en 2009. Réagissant souvent avec un certain délai, l'emploi a toutefois beaucoup moins reculé. Les nombreux contrats de travail partagés ont sûrement atténué l'impact de la baisse de la valeur réelle des livraisons.
Les effets de la récession devraient perdre beaucoup d'ampleur en 2010 et laisser place à une légère croissance de l'emploi par la suite. Celle-ci demeurera modeste, compte tenu de la vigueur incertaine de la reprise aux États-Unis, de la valeur toujours élevée du dollar canadien et de la concurrence toujours vive des pays à faibles salaires.
La situation sera toutefois bien différente d'une industrie à l'autre. Les industries manufacturières de biens de consommation, comme le vêtement, les textiles, le meuble et les plastiques seront les plus désavantagées. De même, les industries de l'impression et du papier continueront à subir les effets de la faiblesse de la demande de leurs produits. Par contre, les perspectives seront meilleures dans les industries qui reposent sur la demande intérieure, comme celles de la fabrication d'aliments et de la fabrication de produits métalliques, et sur la haute technologie, telles celles de la fabrication de matériel de transport et de matériel, de la fabrication d'appareils et de composants électriques.
Comme les outilleurs-ajusteurs sont proportionnellement plus présents dans les industries qui présentent les meilleures perspectives, ils devraient être au bout du compte avantagés par ces perspectives après la récession actuelle.
- Changements technologiques
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend aussi de l'implantation de changements technologiques. L'introduction de plus en plus répandue des machines-outils à commande numérique (MOCN) modifie à la fois les tâches des outilleurs-ajusteurs et les exigences des employeurs. Lors de leur introduction, les MOCN ne permettaient des gains de productivité notables que si on fabriquait un nombre assez élevé d'unités identiques. Si c'est encore le cas pour la fabrication de pièces relativement simples, les améliorations apportées au mode de programmation des MOCN permettent également des gains de productivité pour la fabrication en petite quantité de produits métalliques plus complexes. Puisqu'une grande partie du travail des outilleurs-ajusteurs concerne la production et l'ajustage de modèles ou de pièces complexes en petites quantités, souvent fabriqués sur mesure et avec un grand niveau de précision, ils utilisent autant leurs compétences traditionnelles que les connaissances nécessaires au réglage et à l'opération des équipements modernes. Cela dit, l'utilisation croissante de ces équipements et les améliorations apportées à leur mode de programmation désavantagent un peu l'emploi des outilleurs-ajusteurs au profit des machinistes (voir 7231).
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'outilleurs-ajusteurs demeurera assez stable au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 10 % des postes dans cette profession en 2006. Environ 69 % des postes étaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (environ 53 %). On y retrouvait relativement peu de travailleurs autonomes en 2006 (9 % des emplois par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent les connaissances techniques du métier, tant sur les équipements modernes que traditionnels, et des compétences en mathématiques, en électronique, en réglage et en programmation, en métrologie et en conception et lecture de plans. Les candidats doivent posséder une bonne dextérité, le sens de l'observation et des capacités à visualiser les objets à produire. Les capacités à communiquer et à travailler en équipe, la minutie et l'aptitude à analyser et à résoudre les problèmes sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme représente un atout.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, on exige habituellement un diplôme d'études professionnelles (DEP) en techniques d'usinage et une attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en outillage, en fabrication de moules ou en matriçage. L'expérience de machiniste représente un atout. Les employeurs offrent généralement de la formation à l'interne.
Les outilleurs-ajusteurs qualifiés peuvent obtenir le Sceau rouge qui leur permet d'exercer leur métier partout au Canada.
Références utiles
Comité sectoriel de la main-d'œuvre dans la fabrication métallique industrielle (CSMOFMI)
http://www.csmofmi.com/
Comité sectoriel de main-d'œuvre en aérospatiale (CAMAQ)
http://www.camaq.org/
Considérations importantes
On prévoit que le nombre d'outilleurs-ajusteurs demeurera assez stable au cours des prochaines années.
Cette profession n'attire pas suffisamment de candidats. D'ailleurs, il n'y avait presque plus de débutants en 2006-2007 dans les trois programmes de formation les plus pertinents pour accéder à cette profession, soit les attestations de spécialisation professionnelle (ASP) en outillage, en fabrication de moules et en matriçage, alors qu'il y en avait une centaine par année à la fin des années 1990. Pourtant, la situation sur le marché du travail des diplômés de ces programmes a toujours été excellente.
7232 - Outilleurs-ajusteurs/outilleuses-ajusteuses
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 7232 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 1 000 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 60 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,0 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 0 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 40 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 40 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 7232 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 90,0 % | 52,7 % |
| Femmes | 10,0 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 7232 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 8,1 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 49,6 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 40,7 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,6 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 7232 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 94,5 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 5,5 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
7232 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 68,7 % | 53,2 % |
| Moyen | 42 224 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 11,5 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 56,7 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 31,9 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
7232 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 11,7 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 17,9 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 68,2 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 2,2 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 7232 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 1,0 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 2,6 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 8,4 % | 5,4 % |
| Estrie | 10,4 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,1 % | 2,9 % |
| Montérégie | 22,7 % | 18,7 % |
| Montréal | 17,5 % | 24,1 % |
| Laval | 6,8 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 9,1 % | 5,8 % |
| Laurentides | 10,7 % | 7,0 % |
| Outaouais | 1,0 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,6 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,6 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 0,8 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,5 % | 1,7 % |
| 7232 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 9,3 % | 11,2 % |
| 7232 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 15,4 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | (%) | (%) |
|---|---|---|
| Fabrication | 78,1 | |
| - fabrication de produits métalliques | 25,7 | |
| - fabrication de machines | 16,8 | |
| - fabrication de matériel de transport | 16,5 | |
| Commerce de gros | 5,1 | |
| Réparation et entretien | 4,1 | |
| Services de location et de location à bail | 4,1 |