Machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage

7231 - Machinistes et vérificateurs/vérificatrices d'usinage et d'outillage
Textes de la profession

Nature du travail

Les machinistes règlent et conduisent diverses machines-outils afin de tailler ou de meuler le métal, le plastique ou d'autres matériaux pour fabriquer ou modifier des pièces ou des produits de dimensions précises. Les vérificateurs d'usinage et d'outillage vérifient les pièces usinées afin d'assurer le maintien des normes de qualité.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=7231 

Exemples de titres professionnels

Apprenti machiniste;
contrôleur de l'usinage;
machiniste;
machiniste d'aviation;
machiniste généraliste;
usineur d'automobile;
vérificateur d'atelier d'usinage;
vérificateur de l'outillage;
vérificateur de pièces usinées.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : avril 2011)

Le nombre de machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage est demeuré assez stable dans la majeure partie des années 1990 et a augmenté de façon notable par la suite. Ces mouvements dépendent principalement des tendances des industries du secteur manufacturier où ces travailleurs sont les plus présents et de l'implantation de nouvelles technologies. Malgré le niveau élevé du dollar canadien, on prévoit que le nombre de machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage qui prendront leur retraite ou qui obtiendront des promotions à des postes d'outilleurs-ajusteurs (voir 7232), de contremaîtres des machinistes (voir 7211) et, avec la formation pertinente, de programmeurs au réglage numérique des machines-outils (voir 2233). L'expérience dans des petits ateliers permet d'accéder à des postes mieux rémunérés dans de grandes entreprises, et l'expérience en général, d'obtenir un poste de vérificateur d'usinage et d'outillage. D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux titulaires de la formation professionnelle et à des opérateurs de machines d'usinage (voir 9511) expérimentés. Habituellement, peu de postes sont pourvus par des machinistes en chômage, car le taux de chômage est habituellement peu élevé dans cette profession. En plus, on peut s'attendre à ce que d'autres débouchés soient pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 relativement importante (16 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement).

La situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en techniques d'usinage et de l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en usinage sur machines-outils à commande numérique est habituellement excellente. Cette situation s'est toutefois grandement dégradée en 2009 et en 2010 en raison de la récession.

Ces programmes de formation n'attirent pas suffisamment de candidats. Si on pouvait attribuer par le passé ce manque d'attrait à l'environnement de travail (travail debout et ateliers bruyants et poussiéreux) et aux exigences techniques élevées (entre autres en mathématiques), il semble que la perception négative des perspectives dans l'industrie manufacturière explique davantage la baisse récente du nombre de débutants. En effet, leur nombre a diminué de près de 60 % entre 1999-2000 et 2009-2010, passant d'environ 1850 à 800. Conséquence de cette baisse, de plus en plus d'employeurs se tournent vers l'embauche de travailleurs étrangers temporaires pour combler leurs besoins.

Ajoutons finalement qu'un certain nombre de débouchés sont régulièrement pourvus par des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de génie mécanique. Toutefois, comme la grande majorité de ces diplômés trouvent des emplois dans d'autres professions, leur situation sur le marché du travail dépend très peu des perspectives dans cette profession.

Industries

Selon les données du recensement, environ 84 % des machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, principalement dans les industries de la fabrication de produits métalliques (29 %), du matériel de transport (17 %) et de la fabrication de machines (15 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en bonne partie des tendances des industries du secteur manufacturier où ces travailleurs sont les plus présents, mais aussi de l'implantation de changements technologiques.

- Secteur manufacturier

Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois au début des années 1990, le secteur manufacturier a connu une croissance remarquable de 1994 à 2000. Cette croissance s'explique en grande partie par la hausse spectaculaire de la valeur des exportations, surtout vers les États-Unis. La récession aux États-Unis au début des années 2000, la hausse importante de la valeur du dollar canadien en 2003 et l'accentuation de la concurrence des pays à faibles salaires, telle la Chine, ont entraîné un revirement complet de la tendance de la deuxième moitié des années 1990. Entre 2001 et 2008, la valeur réelle (en tenant compte de l'inflation) des livraisons est demeurée stable, pendant que, conséquence des gains en productivité, l'emploi reculait d'environ 15 %. Notons que le maintien de la valeur des livraisons fut le résultat de l'augmentation de la demande intérieure, puisque la valeur des exportations a diminué de 15 % au cours de cette période, tandis que la valeur des livraisons domestiques augmentaient de 12 %. Ainsi, la proportion des exportations sur les livraisons est passée de 48 % en 2001 à 40 % en 2008.

On aurait pu penser que le pire était derrière nous. Toutefois, la récession commencée en décembre 2007 aux États-Unis s'est étendue au Canada au dernier trimestre de 2008 et n'a pris fin qu'au troisième trimestre de 2009. Comme c'est presque toujours le cas, le manufacturier fut un des secteurs industriels les plus touchés par cette récession. Ainsi, la valeur réelle des livraisons et des exportations internationales a diminué de près de 15 % en 2009. Réagissant souvent avec un certain délai, l'emploi a toutefois beaucoup moins reculé. Les nombreux contrats de travail partagés ont sûrement atténué l'impact de la baisse de la valeur réelle des livraisons.

Les effets de la récession devraient perdre beaucoup d'ampleur en 2010 et laisser place à une légère croissance de l'emploi par la suite. Celle-ci demeurera modeste, compte tenu de la vigueur incertaine de la reprise aux États-Unis, de la valeur toujours élevée du dollar canadien et de la concurrence toujours vive des pays à faibles salaires.

La situation sera toutefois bien différente d'une industrie à l'autre. Les industries manufacturières de biens de consommation, comme le vêtement, les textiles, le meuble et les plastiques seront les plus désavantagées. De même, les industries de l'impression et du papier continueront à subir les effets de la faiblesse de la demande de leurs produits. Par contre, les perspectives seront meilleures dans les industries qui reposent sur la demande intérieure, comme celles de la fabrication d'aliments et de la fabrication de produits métalliques, et sur la haute technologie, telles celles de la fabrication de matériel de transport et de matériel, de la fabrication d'appareils et de composants électriques.

Comme les machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage sont proportionnellement plus présents dans les industries qui présentent les meilleures perspectives, ils devraient être au bout du compte avantagés par ces perspectives au cours des prochaines années.

- Changements technologiques

L'introduction de plus en plus répandue des machines-outils à commande numérique (MOCN) modifie à la fois les tâches des machinistes et les exigences des employeurs. Lors de l'implantation de ces nouveaux équipements, plusieurs machinistes expérimentés ont d'ailleurs craint qu'elle n'entraîne la déqualification de leur profession. Toutefois, en alliant les compétences traditionnelles avec les connaissances nécessaires au réglage des équipements modernes, les machinistes peuvent conserver leur emploi et même rehausser le niveau de qualification de leur métier.

Lors de leur introduction, les MOCN ne permettaient des gains de productivité notables que si on fabriquait un nombre assez élevé d'unités identiques. Si c'est encore le cas pour la fabrication de pièces relativement simples, les améliorations apportées au mode de programmation des MOCN permettent également des gains de productivité pour la fabrication en petite quantité de produits métalliques plus complexes. Cela dit, les compétences traditionnelles sont toujours essentielles, particulièrement dans les petits ateliers et pour la production de pièces en petites quantités, souvent fabriquées sur mesure.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 5 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991 (4 %). Cette proportion ne devrait pas augmenter au cours des prochaines années, puisque qu'elles représentent à peine un peu plus de 5 % des diplômés en techniques d'usinage et en usinage sur machines-outils à commande numérique. Environ 69 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On retrouvait très peu de travailleurs autonomes, sûrement des sous-traitants. Reflet de la hausse des exigences des employeurs, le niveau de scolarité des machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage a augmenté de façon notable entre 1991 et 2001. En 2006, environ 77 % d'entre eux étaient titulaires d'un diplôme d'études postsecondaires (57 % en 1991).

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent les connaissances techniques du métier, tant sur les équipements modernes que traditionnels, et des compétences en mathématiques, en électronique, en réglage et en programmation, en métrologie et en lecture de plans. Les candidats doivent posséder une bonne dextérité, le sens de l'observation et des capacités à visualiser les objets à produire. Les capacités à communiquer et à travailler en équipe, la minutie et l'aptitude à analyser et à résoudre les problèmes sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme représente un atout.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, on exige habituellement un diplôme d'études professionnelles (DEP) en techniques d'usinage. L'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en usinage sur machines-outils à commande numérique représente un atout pour accéder à cette profession et à des promotions à des postes de vérificateurs et de contremaîtres de machinistes. Les ASP en matriçage, en outillage et en fabrication de moules permettent d'accéder à des postes d'outilleurs-ajusteurs. Les employeurs offrent généralement de la formation à l'interne. L'expérience de conducteur de machines d'usinage représente un atout.

Pour les postes de vérificateurs, les employeurs exigent souvent, en plus, plusieurs années d'expérience en tant que machiniste, outilleur-ajusteur ou conducteur de machines-outils.

Le diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de génie mécanique permet également d'accéder à cette profession, surtout s'il est jumelé à une expérience dans l'industrie. Ce DEC est particulièrement recherché pour le travail effectué sur des machines-outils à commande numérique (MOCN), car leur formation leur permet de réaliser des tâches de programmation, de diagnostiquer les problèmes et de procéder à certaines réparations.

Les machinistes qualifiés peuvent obtenir le Sceau rouge qui leur permet d'exercer leur métier partout au Canada.

Il est possible d'obtenir des certificats de qualification professionnelle en usinage et en usinage sur machines-outils à commande numérique. Ces certificats sont parfois exigés et représentent de toute façon un atout.

Références utiles

Comité sectoriel de la main-d'œuvre dans la fabrication métallique industrielle (CSMOFMI)
http://www.csmofmi.com/

Comité sectoriel de main-d'œuvre en aérospatiale (CAMAQ)
http://www.camaq.org/

Certificats de qualification professionnelle en usinage et en usinage sur machines-outils à commande numérique
http://emploiquebec.net/guide_qualif/apprentissage-qualification/apprentissage-travail/metiers/machiniste.asp
http://emploiquebec.net/guide_qualif/apprentissage-qualification/apprentissage-travail/metiers/machiniste_commande_numerique.asp 

Considérations importantes

Le nombre de machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

La situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en techniques d'usinage et de l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en usinage sur machines-outils à commande numérique est habituellement excellente. Cette situation s'est toutefois grandement dégradée en 2009 et en 2010 en raison de la récession. Elle devrait redevenir très bonne après cette récession.

7231 - Machinistes et vérificateurs/vérificatrices d'usinage et d'outillage
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 7231 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 16 300 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 950 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 150 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 450 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 600 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 7231 Ensemble des
professions
Hommes 94,7 % 52,7 %
Femmes 5,3 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 7231 Ensemble des
professions
15- 24 ans 11,9 % 14,1 %
25- 44 ans 52,6 % 45,1 %
45- 64 ans 34,4 % 38,8 %
65 ans et plus 1,1 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 7231 Ensemble des
professions
Plein temps 94,3 % 79,2 %
Temps partiel 5,7 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
7231 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 69,5 % 53,2 %
Moyen 41 976 45 157
0 à 19 999 $ 6,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 66,9 % 52,4 %
50 000 $ et plus 26,7 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
7231 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 10,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 12,4 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 74,3 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 2,5 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 7231 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,4 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,9 % 2,5 %
Capitale-Nationale 4,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 7,5 % 5,4 %
Estrie 7,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 5,2 % 2,9 %
Montérégie 24,2 % 18,7 %
Montréal 20,3 % 24,1 %
Laval 4,7 % 5,0 %
Lanaudière 6,6 % 5,8 %
Laurentides 6,5 % 7,0 %
Outaouais 1,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,0 % 1,8 %
Mauricie 3,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 2,6 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,4 % 1,7 %


7231 Ensemble des
professions
Travail autonome 3,9 % 11,2 %


7231 Ensemble des
professions
Immigration 15,7 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Fabrication 83,7
- fabrication de produits métalliques 29,2
- fabrication de matériel de transport 17,1
- fabrication de machines 15,3
Réparation et entretien 3,9