Autre personnel élémentaire de la vente

6623 - Autre personnel élémentaire de la vente
Textes de la profession

Nature du travail

Ce groupe de base comprend les travailleurs qui vendent des produits ou des services à l'occasion de présentations à domicile, en faisant de la sollicitation par téléphone, lors d'expositions ou dans la rue.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=6623 

Exemples de titres professionnels

Démarcheur - commerce de détail;
démonstrateur - commerce de détail;
démonstrateur à domicile - commerce de détail;
distributeur - commerce de détail;
préposé à la sollicitation par téléphone;
télévendeur;
vendeur ambulant;
vendeur de porte à porte.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : avril 2011)

A) Vue d'ensemble

Au cours des années 1990, le nombre d'emplois a augmenté fortement dans cette profession, avant de se stabiliser par la suite. La forte hausse des années 1990 s'explique par la croissance des centres d'appels en télémarketing. Cette croissance s'est toutefois éteinte par la suite en raison de l'accroissement de la concurrence internationale, des difficultés de recrutement et de la réglementation des activités de télémarketing. Comme ces tendances récentes devraient se maintenir, on prévoit que le nombre d'emplois dans cette profession continuera à demeurer stable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés seront nombreux et proviendront surtout des postes qui seront libérés en raison du taux de roulement très élevé, mais aussi des postes libérés par les personnes qui prendront leur retraite.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles à des étudiants, à des jeunes qui ont peu d'expérience sur le marché du travail, à des personnes (surtout des femmes) qui reviennent sur le marché du travail, ou à des travailleurs qui éprouvent des difficultés à trouver un emploi dans leur domaine. Cette profession sert souvent de première expérience sur le marché du travail et de tremplin pour toutes sortes d'autres professions, dans le domaine de la vente ou ailleurs. En plus, un bon nombre de débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession, souvent en attendant de trouver un emploi qui convient mieux à leurs compétences. D'ailleurs, la proportion d'immigrants dans cette profession, en 2006, beaucoup plus élevée que dans l'ensemble des professions montrait que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants (21 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement).

Comme le taux de chômage est relativement élevé dans cette profession, un certain nombre de débouchés pourraient être pourvus par des chômeurs qui ont de l'expérience dans cette profession. Notons toutefois qu'une bonne proportion de ces chômeurs ne veulent plus y travailler, car ils n'ont pas aimé leur expérience, que ce soit en raison de la précarité des postes qu'on y retrouve ou en raison du malaise éprouvé lorsqu'on entre en communication avec des personnes pour leur vendre des produits.

Industries

Selon les données du recensement, environ 34 % des membres de cette profession travaillaient en 2006 dans le commerce de détail, surtout dans des établissements de vente directe (25 %). Les autres se répartissaient principalement dans centres d'appels de télémarketing (22 %), le commerce de gros (8 %) et les services de publicité (6 %).

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 58 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (56 %). Cette profession comptait une majorité d'emplois temporaires et à temps partiel. La durée d'un emploi dépend souvent des contrats obtenus par les employeurs. Ainsi, la donnée sur le revenu moyen d'emploi (32 323 $) indiquée à la section «Caractéristiques» des «Statistiques» doit être interprétée avec prudence. En effet, elle ne concerne que les 30 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. D'ailleurs, le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait à peine à 10 048 $. La précarité de ces emplois explique d'ailleurs en partie le taux de roulement élevé.

En outre, on retrouvait en 2006 une proportion relativement élevée de travailleurs autonomes (15 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions) du côté des vendeurs de porte à porte, des vendeurs ambulants et des démonstrateurs. Ces personnes sont souvent rémunérées à commission. Il s'agit parfois d'un deuxième emploi. On y trouvait aussi une proportion beaucoup plus élevée de personnes qui travaillaient soit à domicile, soit sans adresse de travail fixe (33 % par rapport à 15 % dans l'ensemble des professions). Cela s'explique également par la présence dans cette profession des vendeurs de porte à porte, des vendeurs ambulants et des démonstrateurs, mais possiblement aussi par la fréquence relativement élevée du télétravail chez les agents de télémarketing.

B) Tendances par spécialité

- Agents de télémarketing

La hausse importante de l'emploi dans cette profession au cours des années 1990 s'explique par la croissance spectaculaire du nombre d'agents de télémarketing dans les centres d'appels. On les appelle aussi des représentants dans la vente par téléphone ou des agents de télécommercialisation, car le terme télémarketing comporte une connotation perçue négativement dans la population qui nuit au recrutement.

Les agents de télémarketing des centres d'appels peuvent travailler directement pour une compagnie qui veut vendre ses biens ou ses services, ou en sous-traitance pour des entreprises de vente directe, des agences de publicité ou des services de sollicitation par téléphone. Le très fort taux de roulement et l'impopularité de cette profession forcent les employeurs à investir beaucoup de temps et d'énergie dans des activités de recrutement, tant pour trouver que pour évaluer les candidats.

L'impopularité de cette profession est en bonne partie due aux conditions de travail très difficiles : réactions négatives des personnes appelées, milieu de travail sous surveillance informatique, quotas à atteindre, horaires difficiles, précarité des emplois, etc. Les personnes qui occupent ces emplois le font souvent en attendant mieux, ou pour se servir de cette expérience comme tremplin pour d'autres emplois. Les employeurs réagissent à cette situation en tentant d'améliorer les conditions de travail et en instaurant des programmes de rétention des employés. Certains employeurs font par exemple diminuer le temps d'emploi nécessaire à l'obtention d'un statut permanent et des avantages sociaux qui s'y rattachent, ou offrent des montants forfaitaires aux employés qui demeurent en poste un certain temps. Les entreprises qui gèrent leur propre service de télémarketing mettent de l'avant les avantages de faire carrière dans leur organisation. Les promotions sont en effet possibles pour des postes de superviseurs ou formateurs à l'intérieur même du centre d'appels, et ailleurs dans l'entreprise pour des postes de spécialistes, de gestion, d'administration ou autres, selon la formation et les compétences de l'agent.

La région de Montréal présente de nombreux atouts pour les entreprises qui veulent y installer un centre d'appels de télémarketing : bilinguisme, qualité de la main-d'œuvre, salaires moins élevés que dans les autres provinces, faible coût des espaces à bureau, avantages fiscaux, etc. En 2006, la proportion de travailleurs qui habitaient l'île de Montréal était d'ailleurs beaucoup plus élevée chez les membres de cette profession que dans l'ensemble des professions (40 % par rapport à 24 %). Comme les autres membres de cette profession (vendeurs de porte à porte, distributeurs, démonstrateurs, etc.) sont assez bien répartis dans toutes les régions, cette donnée montre une grande concentration des postes d'agents de télémarketing dans la région de Montréal. Par contre, le bassin de personnes aptes à occuper des débouchés dans cette profession commence à se tarir, comme le montrent les difficultés de recrutement vécues par les employeurs. Ces difficultés de recrutement et un certain plafonnement de la demande devraient faire ralentir le rythme de croissance de l'emploi dans cette spécialité.

Par ailleurs, l'amélioration des infrastructures de transmission des communications permet maintenant la sous-traitance des services de télémarketing à des entreprises installées dans des pays à bas salaires. Cette nouvelle concurrence provient surtout de l'Inde, où une proportion importante de la population parle anglais, mais aussi des pays du Maghreb (partie de l'Afrique du Nord où le français est répandu). Si le Québec est en partie épargné par cette concurrence en raison des particularités du français qui y est parlé et de sa spécificité culturelle, de nombreuses entreprises ont tout de même délocalisé une partie de leurs centres d'appels dans ces pays. Quoi qu'il en soit, il devient de toute façon plus difficile pour les entreprises locales d'obtenir des contrats et pour le Québec d'attirer des investissements pour couvrir le marché canadien hors Québec et le marché des États-Unis. Bref, si la concurrence des pays à bas salaires ne menace pas encore comme telle la viabilité de cette industrie au Québec, elle compromet tout de même sa croissance. Pour contrer cette concurrence, des entreprises favorisent le travail à domicile qui leur permet des économies importantes en infrastructure. Grâce aux systèmes informatiques de plus en plus sophistiqués, les entreprises peuvent être informées en temps réel du travail de ces employés à domicile, comme s'ils travaillaient dans leurs centres d'appels. D'ailleurs, le travail à domicile fait déjà partie des particularités de cette profession, comme le montre le taux élevé de travail à domicile dans cette profession (plus de 16 % par rapport à 6,7 % dans l'ensemble des professions en 2006, selon les données du recensement).

Déjà désavantagé depuis le tournant du siècle par les difficultés de recrutement et la croissance de la concurrence provenant des pays à bas salaires, l'emploi dans cette spécialité subit depuis septembre 2008 les effets de l'entrée en vigueur de la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus (LNNTE). Les consommateurs qui ne veulent pas recevoir d'appels de sollicitation peuvent en effet faire retirer leurs coordonnées des bases de données des agences de télémarketing. En mars 2011, environ 9,5 millions de consommateurs du Canada, dont autour de 2 millions du Québec, avaient demandé ce retrait. Même si certaines exemptions ont été apportées à cette réglementation, ce facteur constitue un nouveau frein à la croissance de l'emploi dans cette profession. Compte tenu de ces facteurs, on s'attend à ce que le nombre d'agents de télémarketing demeure assez stable au cours des prochaines années.

Les employeurs recherchent des candidats qui sont essentiellement de bons vendeurs. Ces candidats doivent donc avoir un excellent sens de la communication et de l'entregent, montrer beaucoup de dynamisme, être convaincants et posséder autant que possible une jolie voix. Le bilinguisme est généralement demandé, mais pas toujours obligatoire, car les centres d'appels peuvent trier les clients en fonction de leur langue. Toutefois, les candidats bilingues doivent pouvoir parler sans accent, car ces centres obtiennent des contrats pour faire des appels dans tout le Canada et parfois même aux États-Unis. La présence d'un accent peut parfois indisposer cette clientèle. Les connaissances en techniques de vente représentent un atout, mais ne sont pas essentielles. Les employeurs offrent généralement une formation à l'interne sur la compagnie, ses produits, les systèmes informatiques, les techniques de vente et les messages de vente.

- Vendeurs de porte à porte, vendeurs ambulants et démonstrateurs

Il est assez difficile d'isoler les données sur les membres de cette spécialité, puisqu'ils travaillent souvent dans les mêmes industries que les agents de télémarketing : établissements de vente directe, autres industries du commerce de détail, services de publicité, etc. Cela dit, ils se distinguent par le fait qu'ils travaillent généralement à l'extérieur, donc «sans adresse de travail fixe», ce qui n'est pas le cas des agents de télémarketing. Or, la proportion des travailleurs faisant partie de ce groupe professionnel qui n'ont pas d'adresse de travail fixe a diminué considérablement entre 1996 et 2006, selon les données des recensements, passant de 23 % à 17 %. Il semble donc que les perspectives ne soient pas très bonnes dans cette spécialité, quoique le fort taux de roulement qu'on y observe permettra sûrement l'ouverture d'un certain nombre de débouchés.

Études et formation

On exige en général un diplôme d'études secondaires.

Une formation spécialisée en technique de ventes ou l'attestation d'études collégiale (AEC) pour les agents de centres d'appel sont des atouts, mais ne sont pas exigées.

Les vendeurs ambulants ou de porte à porte doivent parfois obtenir un permis municipal.

Références utiles

Investissement Québec
Programme d'appui stratégique à l'investissement
Centres de contacts clients (Centres d'appels)
http://www.investquebec.com/fr/index.aspx?page=1294

Association du marketing relationnel
http://www.amrq.com 

Considérations importantes

Les débouchés seront nombreux, surtout pour les agents de télémarketing.

Les employeurs recherchent des candidats qui sont essentiellement de bons vendeurs.

Cette profession sert souvent de première expérience sur le marché du travail et de tremplin pour toutes sortes d'autres professions, dans le domaine de la vente ou ailleurs.

6623 - Autre personnel élémentaire de la vente
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 6623 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 8 350 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 750 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 0 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 350 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 350 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 6623 Ensemble des
professions
Hommes 42,1 % 52,7 %
Femmes 57,9 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 6623 Ensemble des
professions
15- 24 ans 22,6 % 14,1 %
25- 44 ans 31,4 % 45,1 %
45- 64 ans 40,6 % 38,8 %
65 ans et plus 5,5 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 6623 Ensemble des
professions
Plein temps 55,9 % 79,2 %
Temps partiel 44,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
6623 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 30,1 % 53,2 %
Moyen 32 323 45 157
0 à 19 999 $ 34,2 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 49,6 % 52,4 %
50 000 $ et plus 16,2 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
6623 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 14,4 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 32,9 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 38,8 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 13,9 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 6623 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,2 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,3 % 2,5 %
Capitale-Nationale 6,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,4 % 5,4 %
Estrie 2,3 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,8 % 2,9 %
Montérégie 18,7 % 18,7 %
Montréal 40,5 % 24,1 %
Laval 6,5 % 5,0 %
Lanaudière 4,7 % 5,8 %
Laurentides 5,1 % 7,0 %
Outaouais 3,6 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,9 % 1,8 %
Mauricie 1,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 2,4 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,1 % 1,7 %


6623 Ensemble des
professions
Travail autonome 14,6 % 11,2 %


6623 Ensemble des
professions
Immigration 20,5 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Commerce de détail 33,9
- établissements de vente directe 25,1
Services de soutien aux entreprises (y compris les centres d'appels téléphoniques) 22,2
Services professionnels, scientifiques et techniques 8,5
- publicité et services connexes 6,4
Commerce de gros 7,8
Fabrication 5,3
Industrie de l'information et industrie culturelle 5,0
- télécommunications 3,4
Finance et assurances 3,6