Caissiers

6611 - Caissiers/caissières
Textes de la profession

Nature du travail

Les caissiers se servent de caisses enregistreuses, de lecteurs optiques des prix, d'ordinateurs et d'autre matériel pour consigner et recevoir les paiements de clients qui achètent des produits, des services ou des billets.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=6611 

Exemples de titres professionnels

Caissier de cafétéria;
caissier de champ de courses;
caissier de cinéma;
caissier de guichet d'entrée;
caissier de station d'essence libre-service;
caissier d'entreprise;
caissier d'épicerie.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : avril 2011)

Après être demeuré assez stable pendant la majeure partie des années 1990, le nombre de caissiers a par la suite augmenté légèrement. Ces mouvements s'expliquent entre autres par les tendances qui influencent le commerce de détail et l'évolution du comportement des consommateurs. Compte tenu de ces tendances, leur nombre devrait continuer à augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu du fort taux de roulement dans cette profession. Beaucoup d'étudiants occupent en effet un emploi à temps partiel dans cette profession et le quittent à la fin de leurs études pour des emplois dans des professions associées à leur domaine d'études, ou même avant, pour diversifier leur expérience de travail et accéder à des emplois qui offrent de meilleures conditions de travail. D'autres jeunes se servent de leur expérience dans cette profession comme tremplin pour accéder à des postes plus stables et mieux rémunérés dans le commerce de détail ou ailleurs. On retrouvait d'ailleurs en 2006 dans cette profession au moins quatre fois plus de jeunes âgés de moins de 25 ans que dans l'ensemble des professions (59 % par rapport à 14 %) et trois fois plus de personnes travaillant à temps partiel (63 % par rapport à 21 %). D'autres débouchés proviendront de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les caissiers qui prendront leur retraite.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles à des étudiants, à d'autres jeunes qui satisfont aux exigences des employeurs, aux caissiers expérimentés en chômage et à un certain nombre d'immigrants. En effet, quoique légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (10 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

Historiquement, cette profession a toujours attiré beaucoup de candidats. Cet attrait semble toutefois diminuer depuis quelques années. En effet, le bassin traditionnel de candidats se rétrécit principalement en raison des conditions de travail difficiles (travail le soir et les week-ends, travail debout durant de longues heures, etc.), de la rémunération de moins en moins concurrentielle dans un marché du travail en croissance et de la baisse démographique du nombre de jeunes. En plus, les employeurs déplorent les lacunes du côté du sens du service à la clientèle chez un grand nombre de candidats qui postulent les emplois offerts.

Face à ces difficultés de recrutement, les employeurs embauchent à la fois des caissiers de plus en plus jeunes et de plus en plus vieux. Ainsi, la proportion de caissiers âgés de 15 à 19 ans est passée de 20 % à 42 % entre 1997 et 2010, pendant que la proportion de caissiers âgés de 55 ans et plus passait de 4,1 % à 10,4 % selon les données de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada.

Les membres de ces deux bassins de main-d'œuvre ne travaillent bien sûr pas dans les mêmes types de commerces de détail. Selon les données du recensement, les plus âgés se retrouvaient en 2006 plus souvent dans des magasins de marchandises d'occasion, des bijouteries, chez des fleuristes, dans le commerce de détail de véhicules automobiles et dans des magasins de meubles. Les plus jeunes travaillaient plutôt dans des stations-service, dans des magasins d'alimentation et des magasins de vêtements et de chaussures.

Industries

Selon les données du recensement, environ 76 % des caissiers travaillaient en 2006 dans le commerce de détail, en premier lieu dans les magasins d'alimentation (38 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les services de restauration et débits de boissons (13 %), principalement dans les établissements de restauration à service restreint (10 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend beaucoup des tendances qui influencent le commerce de détail et, par le fait même, du niveau des dépenses de consommation et des tendances de consommation.

- Dépenses de consommation

La croissance des dépenses des consommateurs fut relativement élevée de 1996 à 2008, si ce n'est un très léger ralentissement en 2001, avant de disparaître presque complètement en 2009. Les mouvements des 15 dernières années s'expliquent par une foule de facteurs.

Les dépenses des consommateurs ont crû assez rapidement à partir de 1996, influencées par l'amélioration généralisée de la situation économique, la hausse du revenu personnel stimulé par la baisse du fardeau fiscal et la croissance de l'emploi et des salaires, la faiblesse des taux d'intérêt réels et la baisse du taux d'épargne. Avec l'entrée en récession à partir du dernier trimestre de 2008, les dépenses de consommation ont diminué jusqu'au milieu de 2009 avant de repartir en hausse et de se retrouver à la fin de 2009 à un niveau nettement plus élevé qu'avant la récession.

Cette sortie relativement rapide de la récession laisse entrevoir un niveau de croissance intéressant des dépenses de consommation au cours de notre période de prévision (2010 à 2014). Cela dit, la croissance prévue des taux d'intérêt en limitera l'ampleur, surtout dans les dernières années de cette période.

- Tendances de consommation

Le niveau de l'emploi dans le commerce de détail et dans cette profession dépend aussi grandement des tendances de consommation. Par exemple, pour un même niveau de ventes, les magasins à grande surface ont besoin de moins de personnel que les petits commerces. Le choix du type de commerce par les consommateurs a donc une grande influence sur l'emploi dans le commerce de détail. Compte tenu de ces tendances, la croissance des magasins à grande surface devrait se poursuivre, mais à un rythme moins rapide qu'au cours des dernières années. En effet, les sites les plus rentables sont déjà occupés. En plus, des groupes de citoyens et les marchands locaux opposent une forte résistance lorsqu'un investisseur annonce son intention d'ouvrir un tel magasin dans une localité ou dans un quartier.

- Commerce électronique

Le niveau de l'emploi dans le commerce de détail est en outre influencé par le développement du commerce électronique par Internet. Jusqu'à maintenant, il a surtout entraîné des modifications aux stratégies des entreprises de vente par catalogue et par téléphone (qui n'emploient pas de caissiers), et n'a touché le commerce traditionnel que pour certains produits. Ainsi, le commerce traditionnel des produits électroniques, des livres et des disques a subi une certaine baisse de ses ventes au profit du commerce électronique. Cette baisse a été la plus forte pour les produits qui peuvent être numérisés, comme les chansons, les vidéos, les logiciels et les jeux vidéo, donc être livrés directement par Internet, sans avoir besoin de faire appel à des services de livraison souvent coûteux. Notons que la baisse des ventes traditionnelles dans les produits qui peuvent être numérisés n'est pas due qu'au commerce électronique, mais aussi au piratage et aux sites de partage de fichiers (Napster, Kazaa, LimeWire, etc.). Par contre, le commerce électronique a eu peu d'impact sur les ventes d'autres produits, comme les vêtements, les automobiles et les aliments, secteurs qui embauchent le plus de caissiers. Dans ces cas, le consommateur qui utilise Internet le fait davantage pour magasiner et comparer les produits que pour les commander et les acheter. Au Canada, les achats par Internet représentaient en 2007 moins de 2 % du revenu d'exploitation total des entreprises du secteur privé, selon les données de l'Enquête sur le commerce électronique et la technologie de Statistique Canada.

- Changements technologiques

Au cours des dernières années, le travail des caissiers a évolué de façon importante en raison de l'implantation de nombreux changements technologiques. L'utilisation maintenant assez généralisée des caisses enregistreuses informatisées à lecture optique a surtout touché les professions liées aux commandes et à la gestion des stocks. Ces lecteurs permettent en effet de mettre à jour instantanément les inventaires et préparent automatiquement les bons de commande pour le réapprovisionnement lorsque les stocks atteignent un seuil préétabli. Les faibles gains de temps qu'ils procurent aux caissiers ont été annulés par l'utilisation croissante des cartes de débit.

Annoncées depuis des années, les caisses automatisées en libre-service ont fait leur apparition dans quelques magasins de grandes surfaces, mais la réticence de nombreux consommateurs à les utiliser restreint énormément les impacts qu'ils pourraient entraîner sur la demande de caissiers. Cela dit, un éventuel changement de la perception des consommateurs à cet égard pourrait à long terme désavantager considérablement l'emploi dans cette profession.

- Autres tendances

La décision (décembre 2006) du gouvernement de modifier la «Loi sur les heures et les jours d'admission dans les établissements commerciaux» pour les établissements d'alimentation de façon à permettre à plus d'employés de travailler le samedi et le dimanche de 17 h à 20 h a entraîné une augmentation de la demande de caissiers, profession fortement touchée par les restrictions antérieures. Cela dit, il est difficile de savoir si cette augmentation de la demande s'est traduite en nouvelles embauches ou en augmentation des heures travaillées. En effet, la forte proportion de travail à temps partiel dans cette profession laisse croire que l'augmentation des heures d'ouverture sans contrainte sur le nombre d'employés en magasin peut se concrétiser en grande partie par une augmentation des heures travaillées par le personnel déjà en place.

Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, le nombre de caissiers devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 86 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991 (88 %). Le travail le soir et les week-ends est fréquent. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (18 828 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 21 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année, dont un bon nombre d'étudiants, ne s'élevait qu'à 7 662 $. Il y avait très peu de travailleurs autonomes dans cette profession en 2006 (1 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions). Seule une profession compte plus d'emplois au Québec (moyenne 2007-2009) que les caissiers, soit les vendeurs et commis-vendeurs - commerce de détail (voir 6421), selon les données de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada.

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats courtois qui possèdent de bonnes aptitudes en calcul. Les candidats doivent avoir une présentation soignée et de la facilité à communiquer. L'autonomie, la motivation, la disponibilité, l'entregent, la minutie, l'honnêteté et le sens du service à la clientèle sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est parfois exigé.

Études et formation

Les employeurs n'exigent habituellement pas de formation autre qu'un diplôme d'études secondaires (DES). D'ailleurs, la proportion de titulaires de diplômes d'études postsecondaires était en 2006 beaucoup moins élevée que dans l'ensemble des professions (31 % par rapport à 64 %, selon les données du recensement). En plus, les domaines d'études de ces diplômés ne présentent aucune concentration notable et ne reflètent donc nullement les exigences de la profession.

Plusieurs employeurs offrent de la formation à l'interne.

Références utiles

Conseil québécois du commerce de détail
http://www.cqcd.org

Comité sectoriel de main-d'œuvre du commerce de détail
http://www.detailquebec.com/

Comité sectoriel de main-d'œuvre du commerce de l'alimentation
http://www.csmoca.org/ 

Considérations importantes

Compte tenu des tendances qui influencent le commerce de détail et l'évolution du comportement des consommateurs, le nombre de caissiers devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Les débouchés proviendront en premier lieu du fort taux de roulement dans cette profession. Cette profession fournit beaucoup d'emplois à temps partiel aux étudiants et sert de tremplin à d'autres jeunes pour accéder à des postes plus stables et mieux rémunérés.

Le bassin traditionnel de candidats se rétrécit en raison de la rémunération de moins en moins concurrentielle dans un marché du travail en croissance et de la baisse démographique du nombre de jeunes.

6611 - Caissiers/caissières
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 6611 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 83 450 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 1 450 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,7 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 600 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 1 000 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 1 600 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 6611 Ensemble des
professions
Hommes 13,6 % 52,7 %
Femmes 86,4 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 6611 Ensemble des
professions
15- 24 ans 59,3 % 14,1 %
25- 44 ans 22,0 % 45,1 %
45- 64 ans 18,2 % 38,8 %
65 ans et plus 0,5 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 6611 Ensemble des
professions
Plein temps 36,9 % 79,2 %
Temps partiel 63,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
6611 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 21,5 % 53,2 %
Moyen 18 828 45 157
0 à 19 999 $ 66,3 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 32,7 % 52,4 %
50 000 $ et plus 1,0 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
6611 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 27,6 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 41,7 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 27,5 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 3,2 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 6611 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,5 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,4 % 2,5 %
Capitale-Nationale 9,3 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,9 % 5,4 %
Estrie 3,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,7 % 2,9 %
Montérégie 18,0 % 18,7 %
Montréal 22,7 % 24,1 %
Laval 5,1 % 5,0 %
Lanaudière 6,2 % 5,8 %
Laurentides 7,3 % 7,0 %
Outaouais 4,9 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,9 % 1,8 %
Mauricie 3,3 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,0 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,3 % 1,7 %


6611 Ensemble des
professions
Travail autonome 1,4 % 11,2 %


6611 Ensemble des
professions
Immigration 10,1 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Commerce de détail 75,5
- alimentation 38,4
- fourniture de tout genre 11,7
- produits de santé et de soins personnels 8,5
- stations-service 5,9
- matériaux de construction et matériel et fournitures de jardinage 4,1
Services de restauration et débits de boissons 13,5
- établissements de restauration à service restreint 11,7