Agents de services correctionnels

6462 - Agents/agentes de services correctionnels
Textes de la profession

Nature du travail

Les agents de services correctionnels surveillent les contrevenants et maintiennent l'ordre dans les établissements pénitentiaires et dans les autres lieux de détention.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=6462 

Exemples de titres professionnels

Agent des services correctionnels;
gardien de prison;
gardien d'établissement correctionnel;
superviseur d'agents de correction;
surveillant de détenus.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : mai 2011)

Malgré quelques fluctuations, le nombre d'agents des services correctionnels a connu une progression quasi constante dans les années 1990 et 2000. Cette progression dépend essentiellement de l'évolution du nombre de personnes incarcérées. Étant donné que le nombre de personnes incarcérées devrait augmenter, on prévoit que le nombre d'agents des services correctionnels augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Précisions

Les pouvoirs en matières pénales et correctionnelles sont partagées entre les gouvernements du Canada et du Québec. Les pénitenciers de compétence fédérale accueillent les détenus qui doivent purger des peines de deux ans et plus et les établissements de détention provinciaux (appelés aussi prisons) ceux qui ont reçu des peines de moins de deux ans (deux ans moins un jour).

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les agents des services correctionnels qui prendront leur retraite. Le nombre de retraités devrait être assez élevé, puisque ces agents prennent en général leur retraite à un âge moins avancé que la moyenne des travailleurs. D'ailleurs, la proportion de ces agents âgés de 55 ans et plus est nettement plus faible que dans l'ensemble des professions (9,5 % par rapport à 15 %, selon les données du recensement de 2006). En effet, leurs régimes de retraite accordent la pleine pension avant les 35 ans de services exigés dans la grande majorité des autres régimes de retraite.

Quelques débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par des agents des services correctionnels qui quitteront la profession. En effet, on observe un certain roulement en raison des conditions de travail qui peuvent être stressantes ou contraignantes : interaction avec les détenus, mesures de sécurité, utilisation d'une arme à feu et de gaz lacrymogène, quarts de travail, travail les fins de semaine, sur appel, etc.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences des conditions d'embauche des administrations publiques provinciales et fédérales. Les exigences scolaires sont de plus en plus importantes pour accéder à cette profession. Reflet de ce phénomène, la proportion des agents titulaires d'un diplôme postsecondaire est passée de 47 % en 1991 à 75 % en 2006. Quoique les conditions d'admission aux examens des deux administrations publiques diffèrent quelque peu (voir la section Formation), l'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques d'intervention en délinquance est la formation la mieux adaptée pour accéder à cette profession, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Quelques débouchés sont aussi accessibles aux titulaires des diplômes d'études collégiales (DEC) en techniques d'intervention en délinquance, en techniques policières et en éducation spécialisée. Toujours selon l'enquête Relance, la situation du marché du travail des diplômés de l'AEC en techniques d'intervention en délinquance est meilleure que celle de la moyenne des diplômés des AEC en termes salariaux, en pourcentage des diplômés en emploi et en chômage, mais, équivalente pour ce qui est de l'emploi en rapport avec la formation.

Très peu de débouchés pourront être pourvus par les agents des services correctionnels expérimentés en chômage. En effet, puisqu'il s'agit d'emplois presque exclusivement au sein des fonctions publiques, le taux de chômage de ces agents est très faible. Selon les données du recensement, la profession est peu accessible aux immigrants puisque moins de 5 % y travaillaient lors du dernier recensement en comparaison à 12 % pour l'ensemble des professions.

Industries

Selon les données du recensement, 96 % des agents des services correctionnels travaillaient en 2006 dans les administrations publiques. Plus de 53 % exerçaient leur profession dans les établissements de services correctionnels provinciaux et 42 % dans les services correctionnels fédéraux.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande en services d'incarcération, elle-même directement liée au nombre et à la durée des séjours des contrevenants pour délits avec peines carcérales. Les délais de règlement des personnes prévenues, soit celles en attente de l'issue du procès ou du prononcé de la sentence, influencent aussi la population carcérale. L'évolution de l'emploi dans cette profession est aussi fonction des orientations gouvernementales sur les services de probation.

- Demandes en services d'incarcération

La demande en services d'incarcération est directement fonction du nombre d'admissions et de la durée des séjours des contrevenants ayant écopé d'une peine carcérale.

Selon les données correctionnelles de la Sécurité publique du Québec, le nombre d'admissions dans les centres de détention du Québec a diminué de près de 25 % entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2000, pour se stabiliser par la suite. Par contre, la durée des séjours a été en hausse résultat d'une réduction des permissions d'absence temporaire chez les détenus. La situation des personnes prévenues, laquelle est en hausse notable ces dernières années, augmente aussi la population de ces établissements.

Selon les données de Statistique Canada, le nombre de contrevenants logés dans un établissement fédéral au Québec a connu une hausse des années 1980 jusque vers le milieu des années 1990, a subi une légère baisse au début des années 2000 et s'est stabilisé par la suite. À l'instar de la situation au niveau provincial, la détention des personnes prévenues est en hausse notable.

- Orientations gouvernementales

Depuis plusieurs années déjà, le système correctionnel du Québec est axé sur la réinsertion sociale des contrevenants. La probation et le suivi des détenus à l'extérieur des centres de détention est donc une priorité et favorise moins l'emploi des agents correctionnels et davantage celui des agents de probation et de libération conditionnelle (voir 4155). Cette tendance s'est maintenue durant toutes ces années et, dans un contexte budgétaire serré, a conduit à la fermeture de quelques centres de détentions vers la fin des années 1990. À la suite d'un événement dramatique au début du millénaire, l'opinion publique s'est insurgée contre les libérations conditionnelles hâtives. Même si le système correctionnel du Québec favorise toujours la réinsertion sociale, la législation plus récente vise à resserrer l'encadrement des contrevenants.

Au fédéral, les mesures gouvernementales adoptées récemment privilégient des peines plus sévères et devraient en conséquence faire accroître la population carcérale. Par exemple, l'adoption récente d'un projet de loi a porté de un sixième à un tiers le temps d'incarcération nécessaire avant qu'un délinquant non violent ne puisse demander sa libération conditionnelle. D'ailleurs, pour faire face aux conséquences de la hausse prévue de la population carcérale, on a procédé à des travaux d'agrandissement des pénitenciers fédéraux du Québec et d'autres sont prévus au cours des prochaines années. L'occupation double dans les cellules, fortement critiquée et non souhaitable selon le service correctionnel canadien, est même envisagée.

Compte tenu de tous ces facteurs, on prévoit que le nombre d'agents des services correctionnels augmentera de façon notable au cours des prochaines années

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient 33 % des postes dans cette profession en 2006, proportion malgré tout en légère hausse depuis 1991 (17 %). Environ 78 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On retrouvait en 2006 très peu de travailleurs autonomes dans cette profession (moins de 1 % des emplois).

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent faire preuve d'une ouverture d'esprit, avoir le sens des responsabilités, de l'initiative et être en bonne condition physique. Ils doivent aimer communiquer avec les gens dans le but de les convaincre et avoir une certaine résistance au stress puisqu'ils doivent parfois travailler dans des situations critiques et sous pression. Ils doivent aussi s'adapter au travail par équipes alternantes (quarts de travail de soir, de nuit, le week-end) et sur appel.

Études et formation

Pour accéder à la profession, il faut normalement passer par un processus d'appels de candidatures tant au niveau provincial que fédéral. Quoique les diplômes (DEC et AEC) en intervention en délinquance, en intervention en milieu carcéral, en intervention en milieu correctionnel ou en techniques spécialisées en services correctionnels représentent des atouts, les conditions d'admission aux examens de la Sécurité publique du Québec et du Service correctionnel canadien ne les exigent pas.

Pour être admis aux examens écrits de la Sécurité publique du Québec, il faut être titulaire d'un diplôme d'études secondaires (DES) et avoir complété deux années d'études postsecondaires en éducation spécialisée, en techniques policières ou dans une discipline de techniques en relation d'aide. L'expérience peut parfois compenser le manque de scolarité. À la suite du processus, les candidats retenus doivent suivre une formation à l'École nationale de police du Québec avant d'entrer en poste.

Les candidats aux examens de Service correctionnel Canada doivent satisfaire aux critères liés aux études et à l'expérience mentionnés dans l'appel de candidatures. On exige toujours au moins un diplôme d'études secondaires (DES) et parfois un certificat de secourisme et une attestation de compétences en réanimation cardio-respiratoire (RCR) et pour l'utilisation d'un défibrillateur externe automatisé (DEA). Une formation postsecondaire dans un domaine lié à la profession représente un atout.

Service correctionnel Canada fournit également une formation initiale d'agent de correction d'une durée de 4 à 5 mois. Pour plus de précisions, on peut consulter cette page du site du Service correctionnel

http://www.csc-scc.gc.ca/text/carinf/correctional-fra.shtml

Références utiles

Sécurité publique Québec - Services correctionnels
http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/services-correctionnels.html 

Sécurité publique Canada - Services correctionnels
http://www.securitepublique.gc.ca/prg/cor/index-fra.aspx

Service correctionnel Canada
http://www.csc-scc.gc.ca 

Considérations importantes

On prévoit que le nombre d'agents des services correctionnels augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Le recrutement s'effectue normalement par appel de candidatures pour des examens et des entrevues. Les diplômes d'études collégiales (DEC et AEC) en intervention en délinquance, en intervention en milieu carcéral, en intervention en milieu correctionnel, en techniques spécialisée en services correctionnels et en techniques policières ne sont pas exigés mais constituent un atout et augmentent les chances de promotion dans la profession.

6462 - Agents/agentes de services correctionnels
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 6462 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 650 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 20 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 35 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 70 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 105 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 6462 Ensemble des
professions
Hommes 66,6 % 52,7 %
Femmes 33,4 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 6462 Ensemble des
professions
15- 24 ans 3,7 % 14,1 %
25- 44 ans 54,4 % 45,1 %
45- 64 ans 41,0 % 38,8 %
65 ans et plus 0,9 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 6462 Ensemble des
professions
Plein temps 94,2 % 79,2 %
Temps partiel 5,8 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
6462 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 78,3 % 53,2 %
Moyen 50 871 45 157
0 à 19 999 $ 1,9 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 43,3 % 52,4 %
50 000 $ et plus 54,8 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
6462 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 2,1 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 24,1 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 53,4 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 20,4 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 6462 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,5 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,2 % 2,5 %
Capitale-Nationale 12,0 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 1,5 % 5,4 %
Estrie 2,8 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,8 % 2,9 %
Montérégie 10,8 % 18,7 %
Montréal 10,3 % 24,1 %
Laval 7,0 % 5,0 %
Lanaudière 12,3 % 5,8 %
Laurentides 20,6 % 7,0 %
Outaouais 3,8 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,5 % 1,8 %
Mauricie 1,9 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 7,7 % 1,7 %


6462 Ensemble des
professions
Travail autonome 0,2 % 11,2 %


6462 Ensemble des
professions
Immigration 4,5 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Administration publique 96,2
- provinciale 52,6
- fédérale 42,3