Coiffeurs et barbiers

6271 - Coiffeurs/coiffeuses et barbiers/barbières
Textes de la profession

Nature du travail

Les coiffeurs et les barbiers coupent les cheveux, font des mises en plis et offrent des services connexes.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=6271 

Exemples de titres professionnels

Apprenti barbier;
apprenti coiffeur styliste;
apprenti coiffeur;
barbier;
coiffeur styliste;
coiffeur;
coiffeur de perruques;
coloriste.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : avril 2011)

Malgré certaines variations annuelles, le nombre de coiffeurs et barbiers n'a augmenté que légèrement au cours des dernières années. Ceux-ci semblent avoir peu bénéficié de la croissance de la demande en soins personnels. Étant donné que cette tendance devrait se maintenir, on prévoit que le nombre de coiffeurs et barbiers continuera à augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu du fort roulement de personnel dans cette profession. En effet, de nombreux travailleurs quittent cette profession après quelques années, en grande partie en raison des conditions de travail peu avantageuses : revenus peu élevés, travail le soir et les fins de semaine, forte concurrence du travail à domicile, etc. D'autres débouchés s'ajouteront en raison des postes qui seront libérés par les membres de cette profession qui prendront leur retraite et, dans une bien moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Le bassin de main-d'œuvre est formé en premier lieu des finissants du diplôme d'études professionnelles (DEP) en coiffure. Historiquement, de nombreuses jeunes femmes accédaient à cette profession sans formation, mais c'est de moins en moins le cas. En effet, la proportion de coiffeurs et barbiers qui sont titulaires d'un diplôme postsecondaire dans le domaine des services personnels, de protection et de transport (domaine qui comprend la coiffure) est passée de 60 % en 2001 à 73 % en 2006, selon les données des recensements. Cela signifie que la très grande majorité des personnes qui ont accédé à cette profession au cours de ces cinq années étaient titulaires d'un tel diplôme. Peu de débouchés seront pourvus par des coiffeurs et barbiers expérimentés en chômage, car le taux de chômage est très faible dans cette profession, mais davantage le seront par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession en 2006 (11 %, par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement) montre qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants.

Malgré le peu de croissance dans cette profession, le fort taux de roulement fait en sorte que la situation sur le marché du travail des diplômés du DEP en coiffure se compare avantageusement à la situation moyenne des diplômés de la formation professionnelle, et ce, depuis de nombreuses années, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Ces données montrent en effet un taux de placement plus élevé et un taux de chômage inférieur à la moyenne. Par contre, ces diplômés travaillent moins souvent à temps plein et leur salaire est beaucoup plus faible.

Industries

Selon les données du recensement, presque tous les coiffeurs et barbiers (98 %) travaillaient en 2006 dans les services de soins personnels, industrie qui regroupe les salons de coiffure, de beauté et d'esthétique.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de la situation économique et de facteurs démographiques et réglementaires.

- Situation économique

Comme pour bien des services non essentiels, la demande de services de coiffure est très sensible à la situation économique. En effet, ce type de service est parmi les premiers éléments du budget à faire les frais de réductions de dépenses lorsque les revenus des consommateurs sont à la baisse. D'ailleurs, le nombre de coiffeurs et barbiers a diminué fortement au cours de la récession du début des années 1990. Il est reparti en hausse par la suite, mais, malgré la croissance économique vigoureuse, à un rythme nettement moins élevé que l'ensemble du marché du travail.

La récession de 2009 a produit les mêmes effets, quoique de façon moins accentuée. Ainsi le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a augmenté d'environ 30 % entre 2008 et 2009, avant de se stabiliser en 2010. Au cours des prochaines années, la situation économique ne devrait contribuer que modérément à la croissance de l'emploi.

- Démographie

Comme dans la plupart des professions, l'évolution de l'emploi dans celle-ci dépend en partie du niveau de croissance de la population. Cela dit, comme la population du Québec n'a augmenté en moyenne que de 0,7 % par année entre janvier 2001 et janvier 2010, ce facteur n'a que légèrement favorisé l'augmentation de l'emploi dans cette profession au cours des dernières années. Même si le taux de croissance de la population a légèrement augmenté plus récemment (en moyenne de 1,0 % par année entre janvier 2008 et janvier 2010), la croissance de la population devrait continuer à n'avantager que légèrement l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.

Par ailleurs, le vieillissement de la population et la plus grande participation sur le marché du travail des femmes, première clientèle de ce type de services, auraient pu avantager la croissance de la demande et de l'emploi en coiffure. D'ailleurs, la valeur des dépenses en services de soins personnels (dont les salons de coiffure et de beauté) a augmenté au Québec d'environ 4 % par année (en tenant compte de l'inflation) entre 1999 et 2009, selon les données de Statistique Canada. Il semble toutefois que ces facteurs aient surtout avantagé l'emploi des esthéticiens, électrologistes et personnel assimilé (voir 6482), et des massothérapeutes (voir 3235). Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.

- Réglementation

Le secteur de la coiffure est assujetti au règlement sur les salons de coiffure, créé en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement. Ce règlement prévoit principalement les conditions hygiéniques d'exercice, mais donne aussi aux municipalités le pouvoir d'émettre des permis d'exercice. Au cours des années 1980, toutes les municipalités ont abrogé leur réglementation à cet égard, réglementation qui interdisait l'exercice de cette profession à domicile. En plus, seule la région de l'Outaouais est encore régie par un décret de convention collective qui établit les conditions de travail minimales des coiffeurs et barbiers.

La déréglementation du secteur de la coiffure a modifié de façon importante l'exercice de cette profession. D'une part, la disparition des décrets a entraîné une baisse des revenus d'emploi. Ainsi, le revenu moyen d'emploi des coiffeurs et barbiers qui travaillent à temps plein et à l'année est demeuré assez stable entre 1990 et 2005, tandis qu'il augmentait de plus de 40 % dans l'ensemble des professions, selon les données des recensements. D'autre part, la déréglementation des permis municipaux a encouragé la croissance de la coiffure à domicile. D'ailleurs, près de 20 % des coiffeurs et barbiers travaillaient à domicile en 2006, proportion trois fois plus élevée que dans l'ensemble des professions. Notons que les services offerts par ces travailleurs à domicile ne sont pas assujettis à la taxe sur les produits et services (TPS), ni à la taxe de vente du Québec (TVQ) lorsque leur revenu brut est inférieur à 30 000 $ par année. Les associations de propriétaires de salons de coiffure considèrent que la coiffure à domicile constitue une concurrence déloyale et revendiquent en conséquence le retour d'une réglementation à cet égard.

La déréglementation du secteur de la coiffure pourrait expliquer que les données sur l'emploi ne montrent qu'une faible augmentation dans cette profession, malgré la croissance de la demande en coiffure. En effet, les coiffeurs à domicile peuvent très bien exercer une autre profession durant la journée, la coiffure n'étant pour eux qu'un deuxième emploi exercé le soir et les fins de semaine. Dans ce genre de situation, les données sur l'emploi ne considèrent que l'emploi principal et ne comptabilisent pas les travailleurs à domicile. Pour d'autres, le travail à domicile peut permettre de compléter leurs revenus obtenus dans l'exercice de leur profession dans un salon de coiffure. Dans ce deuxième cas, la hausse de la demande en coiffure serait satisfaite par une augmentation des heures de travail de ces coiffeurs et barbiers, plutôt que par une augmentation du nombre d'emplois.

- Autres facteurs

La demande croissante de services de coiffure spécialisés par les hommes aurait pu avantager l'emploi dans cette profession. Toutefois, les effets de cette tendance semblent avoir été annulés par la forte baisse de l'achalandage des salons de barbiers.

Par ailleurs, la forte présence du travail autonome (54 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions en 2006, selon les données du recensement) ainsi que les mauvaises conditions de travail qu'on y trouve pourraient avoir contribué à la stagnation de l'emploi dans cette profession. En effet, dans les professions formées en grande partie de travailleurs autonomes, une partie de la hausse de la demande de services peut être satisfaite par un plus grand achalandage des salons et une diminution des temps morts pour les coiffeurs, sans que leur nombre augmente.

Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, on prévoit que le nombre de coiffeurs et barbiers augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 85 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse depuis 1991 (81 %). Reflet probable de la disparition graduelle des barbiers, les hommes occupaient à peine 8 % des postes chez les membres de cette profession âgés de moins de 45 ans, tandis qu'ils en occupaient 70 % chez ceux âgés de 65 ans et plus.

La donnée sur le revenu annuel d'emploi (16 442 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 54 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 10 148 $.

Cette profession se classait en 2006 au deuxième rang parmi les 520 professions inventoriées par Emploi-Avenir Québec quant au nombre de femmes travaillant de façon autonome, tout juste derrière les éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance (voir 4214). Chez les coiffeurs et barbiers, le travail autonome prend différentes formes : propriété d'un salon de coiffure, location d'une chaise dans un salon de coiffure appartenant à un autre coiffeur ou travail à domicile. L'accès au travail autonome se fait en général après l'acquisition d'une expérience significative dans un poste salarié pour pouvoir apprendre les rudiments du métier et se développer une clientèle.

L'horaire de travail est très contraignant. Le travail le soir et les fins de semaine est la norme. Le travail s'effectue debout, dans une posture penchée inconfortable. Certains produits utilisés peuvent occasionner des allergies. Par contre, le contact avec la clientèle est en général chaleureux et ses réactions gratifiantes.

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent posséder, outre une formation adéquate, une bonne dextérité ainsi que des talents artistiques développés. Ils doivent aussi avoir le souci de la clientèle, de la facilité à communiquer et l'intérêt pour se tenir à jour sur les tendances de la mode, tant dans le domaine de la coiffure que de l'habillement, du maquillage et de la beauté en général. La patience, l'affabilité et l'entregent sont d'autres qualités recherchées. Ceux qui travaillent à leur compte doivent aussi posséder des compétences en gestion. Le bilinguisme est parfois essentiel et représente toujours un atout.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut habituellement être titulaire d'un diplôme d'études professionnelles (DEP) en coiffure.

L'expérience et la formation informelle, par exemple par un coiffeur d'expérience ou un programme de formation qui ne débouche pas sur un diplôme, peuvent parfois pallier l'absence de diplôme.

Le certificat de qualification professionnelle d'Emploi-Québec est parfois exigé et représente toujours un atout.

Références utiles

Comité sectoriel de la main-d'œuvre des services de soins personnels
http://www.soinspersonnels.com

Association Coiffure Québec
http://s359498315.initial-website.com/

Apprentissage en milieu de travail - coiffeur
http://emploiquebec.net/guide_qualif/apprentissage-qualification/apprentissage-travail/metiers/coiffeur.asp 

Considérations importantes

Malgré la croissance de la demande en services de soins personnels, le nombre d'emploi n'a augmenté que légèrement dans cette profession au cours des dernières années. Il devrait en être de même au cours des prochaines années.

Les conditions de travail difficiles entraînent un fort taux de roulement. Ainsi, malgré le peu de croissance dans cette profession, les débouchés sont assez nombreux. D'ailleurs, la situation sur le marché du travail des finissants du diplôme d'études professionnelles (DEP) en coiffure se compare avantageusement à la situation moyenne des diplômés de la formation professionnelle, et ce, depuis de nombreuses années.

6271 - Coiffeurs/coiffeuses et barbiers/barbières
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 6271 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 25 750 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 150 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,7 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 200 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 650 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 850 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 6271 Ensemble des
professions
Hommes 14,8 % 52,7 %
Femmes 85,2 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 6271 Ensemble des
professions
15- 24 ans 13,1 % 14,1 %
25- 44 ans 54,4 % 45,1 %
45- 64 ans 30,4 % 38,8 %
65 ans et plus 2,1 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 6271 Ensemble des
professions
Plein temps 71,5 % 79,2 %
Temps partiel 28,5 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
6271 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 53,7 % 53,2 %
Moyen 16 442 45 157
0 à 19 999 $ 73,8 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 24,7 % 52,4 %
50 000 $ et plus 1,5 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
6271 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 4,5 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 8,5 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 86,1 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 1,0 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 6271 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,5 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 3,2 % 2,5 %
Capitale-Nationale 9,5 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,7 % 5,4 %
Estrie 4,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,2 % 2,9 %
Montérégie 18,2 % 18,7 %
Montréal 18,4 % 24,1 %
Laval 6,0 % 5,0 %
Lanaudière 6,9 % 5,8 %
Laurentides 7,1 % 7,0 %
Outaouais 4,2 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,8 % 1,8 %
Mauricie 3,9 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,3 % 1,7 %


6271 Ensemble des
professions
Travail autonome 53,7 % 11,2 %


6271 Ensemble des
professions
Immigration 11,4 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Services de soins personnels 98,2