Patronniers de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure

5245 - Patronniers/patronnières de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure
Textes de la profession

Nature du travail

Les patronniers de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure dessinent les premiers patrons pour la confection de vêtements, des chaussures et autres articles en textile, en cuir et en fourrure.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=5245 

Exemples de titres professionnels

Patronnier à la broderie;
patronnier d'articles en cuir;
patronnier de produits textiles;
patronnier de robes;
patronnier de vêtements;
patronnier de vêtements en fourrure;
patronnier en chaussures.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : février 2011)

Le nombre de patronniers de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure a augmenté fortement jusqu'en 2001 et a diminué quelque peu par la suite. Ces mouvements s'expliquent principalement par les tendances qui influencent l'industrie de la fabrication de vêtements et par l'importance des activités de conception de vêtements et de patrons. Compte tenu de l'évolution prévue de ces tendances, on prévoit que leur nombre augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des patronniers qui prendront leur retraite ou qui quitteront la profession pour obtenir des emplois dans d'autres professions ou une promotion à des postes de dessinateurs et designers de mode (voir 5243) ou de supervision dans l'industrie du vêtement. D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.

Une partie du cheminement de carrière peut se faire à l'intérieur même de la profession. Ainsi, certains candidats à cette profession commencent leur carrière comme «gradeur», responsable de l'adaptation du patron à des grandeurs différentes, avant d'occuper un poste de patronnier.

Bassin de main-d'œuvre

Les débouchés seront accessibles entre autres aux titulaires de diplôme d'études professionnelles (DEP) en dessin de patrons. Un bon nombre de titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en design de mode pourvoiront aussi des débouchés pour acquérir de l'expérience en vue d'accéder à des postes de dessinateurs et designers de mode. D'autres débouchés seront pourvus par des patronniers expérimentés qui sont assez nombreux en chômage et, dans une moindre mesure, par des couturiers (voir 7342) et des échantillonneurs (voir 9451) qui possèdent une vaste expérience dans l'industrie du vêtement. D'autres le seront par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 de deux à trois fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (29 % par rapport à 12 %).

Malgré l'importance de ce bassin de personnes en mesure d'occuper des postes vacants dans cette profession, un certain nombre d'employeurs éprouvent parfois des difficultés à recruter du personnel. Cette profession se situe en effet à mi-chemin entre les professions associées à la fabrication industrielle, qui souffrent d'une image négative, et de celles associées au dessin et au design de mode, qui attirent beaucoup de candidats en raison du «glamour» et de la créativité gratifiante qui s'y rattachent. Ainsi, de nombreux candidats à des postes de dessinateurs et designers de mode se résignent à occuper des postes de patronniers en espérant y développer l'expérience et les contacts qui leur permettront d'accéder à la profession qu'ils visent. Or, l'exercice des fonctions des patronniers repose sur des exigences techniques élevées où les impératifs de la production manufacturière l'emportent nettement sur l'image de créativité qui a attiré ces candidats dans cette carrière. Cette situation entraîne d'un côté un important roulement dans la profession et de l'autre une concurrence importante entre les candidats pour les débouchés somme toute peu nombreux.

La situation sur le marché du travail des diplômés du DEP en dessin de patrons s'est légèrement améliorée de 2007 à 2009, tout en demeurant moins bonne que celle de la moyenne des diplômés d'un DEP. Cette amélioration s'explique essentiellement par de la forte baisse du nombre de débutants et de diplômés au cours des dernières années (baisses respectives d'environ 70 % en huit ans). Comme il serait étonnant que le nombre de débutants augmente à l'avenir, cette situation devrait demeurer moins mauvaise que par le passé. Cela dit, les employeurs devrait continuer à privilégier l'embauche de diplômés du DEC en design de mode pour occuper des postes de patronniers.

Industries

Selon les données du recensement, plus de 75 % des patronniers de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, en forte majorité dans l'industrie du vêtement (environ 68 %). On en trouvait également 12 % dans le commerce de gros et de détail de vêtement et 6 % dans les services de design. Comme les emplois dans les services de design et dans le secteur du commerce sont aussi liés à la fabrication de vêtement, généralement dans des entreprises de vente de vêtements qui conçoivent des lignes de vêtements et préparent elles-mêmes les patrons avant de confier la confection en sous-traitance, on peut conclure que plus de 85 % des emplois dans cette profession étaient liés à la fabrication de vêtements en 2006.

On dénombre proportionnellement beaucoup plus de patronniers dans les industries du vêtement pour femmes et pour enfants que dans celle du vêtement pour hommes. En effet, l'industrie du vêtement pour hommes comporte habituellement beaucoup moins de variétés et de styles, et se démarque par la production en grande série.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend surtout des tendances qui influencent l'industrie de la fabrication de vêtements et de l'importance des activités de conception de vêtements et de patrons.

- Industrie de la fabrication de vêtements

Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois lors de la récession du début des années 1990, l'industrie de la fabrication de vêtements a connu une période de croissance entre 1992 et 2000, une accalmie de 2000 à 2002, puis un fort déclin par la suite. De 1992 à 2002, cette industrie a pu surpasser ses pertes sur le marché local par une croissance effrénée de ses exportations. Leur valeur réelle (après inflation) était en effet cinq fois plus élevée en 2002 qu'en 1992 !

Mis à part la forte augmentation des exportations, la période de croissance observée de 1992 à 2002 se caractérise par l'abandon graduel aux pays à bas salaires de la confection de vêtements bas de gamme et par la concentration de l'industrie dans la production de vêtements de milieu et de haut de gamme. La stabilisation et le déclin plus récents (2002 à 2010) s'expliquent par la conjugaison de plusieurs facteurs :

- l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à la fin de 2001;

- l'élimination par le Canada des tarifs et des contingents sur les importations de vêtements de 48 pays moins avancés (PMA) au début de 2003;

- le niveau élevé de la valeur du dollar canadien depuis 2003;

- la disparition graduelle, puis complète depuis janvier 2005, des contingents (quotas) à l'importation.

L'ensemble de ces facteurs a eu un impact considérable sur cette industrie :

- en 2010, environ 62 % des importations provenaient de la Chine, alors que ce pays ne fournissait que 22 % de nos importations en 1992;

- entre 2002 et 2010, cette industrie a subi des pertes sous tous les plans, avec des baisses variant selon les sources de 55 % à 70 % du côté de l'emploi et de plus de 75 % du côté de la valeur réelle (après inflation) de ses livraisons et de ses exportations;

- comme une bonne partie de la baisse de l'emploi résulte de la sous-traitance des activités de confection à des pays à bas salaires comme la Chine, elle a davantage touché les professions de la production, surtout les opérateurs de machines à coudre industrielles (voir 9451), que celles de la pré-production et de la commercialisation : patronniers (voir 5245), dessinateurs et designers (5243) et représentants aux ventes (voir 6411), par exemple.

Si les perspectives pour cette industrie ne sont guère plus reluisantes pour les premières années de notre période de prévision (2010-2014), l'emploi devrait cesser de diminuer par la suite. En effet, la grande majorité des entreprises vulnérables à la concurrence des pays à bas salaires ont déjà fermé leurs portes. Les autres entreprises, qui offrent des vêtements de plus haute gamme ou occupant des niches bien particulières, seront en mesure de conserver leur place sur le marché intérieur et aux États-Unis. En plus, les détaillants auront toujours besoin d'une base manufacturière au Québec pour permettre de les approvisionner rapidement pour remplacer leurs stocks vendus. Il est donc probable que la chute d'emplois à laquelle on assiste depuis 2002 prenne fin sous peu. C'est pourquoi on prévoit que l'emploi dans l'industrie de la fabrication de vêtements continuera à diminuer à court terme, mais demeurera assez stable par la suite.

- Importance des activités de conception de vêtements et de patrons

Ces sombres perspectives continueront à nuire en premier lieu aux professions liées à la confection de vêtements, activité plus facile à sous-traiter à l'étranger et pour laquelle les économies de salaires sont substantielles. Elles toucheront beaucoup moins les activités de conception de vêtements et de patrons auxquelles les patronniers sont associés. En effet, pour satisfaire aux exigences croissantes des consommateurs et faire face à la concurrence mondiale, les entreprises de mode doivent changer régulièrement le style des vêtements. L'industrie fait face à ces exigences en copiant de plus en plus rapidement et fréquemment les collections conçues dans les grandes capitales de la mode et en développant des modèles exclusifs. Si elles n'hésitent pas à sous-traiter la confection dans les pays à bas salaires, elles préfèrent contrôler de près les activités de conception et continuer à les réaliser ici. En plus, l'aide gouvernementale appuie beaucoup plus les activités de commercialisation et de conception de vêtements et de patrons que celles liées à la production. Ces tendances favorisent l'emploi dans cette profession.

En conclusion, malgré les tendances négatives qui influencent l'industrie de la fabrication de vêtements, le nombre de patronniers de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Les nouvelles technologies ont eu un impact majeur dans la façon de travailler des patronniers. Il s'agit surtout de l'utilisation de logiciels de dessin, de gradation et de placement de patrons. S'ils n'éliminent pas complètement le travail fait à la main, ces outils facilitent l'exécution du dessin et permettent de faire plus rapidement la conception et la préparation des patrons, et la coupe des tissus. Si ces outils ont peu d'impact sur l'évolution de l'emploi dans cette profession, ils entraînent un rehaussement des compétences exigées par les employeurs.

Caractéristiques des emplois

Selon les données du recensement, les femmes occupaient environ 78 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991 (75 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (36 846 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 60 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 20 552 $. En 2006, la proportion de travailleurs qui habitaient l'île de Montréal était deux fois plus élevée chez les membres de cette profession que dans l'ensemble des professions (49 % par rapport à 24 %).

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent avoir de la facilité avec les outils informatiques et posséder des aptitudes dans le dessin. Le sens de l'esthétique et de l'organisation, l'esprit d'analyse, l'aptitude à visualiser, la capacité de travailler en équipe et le souci du détail sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme peut être exigé et représente de toute façon un atout, surtout dans la région de Montréal.

Études et formation

Il est possible d'accéder à cette profession avec une vaste expérience dans l'industrie du vêtement. Toutefois, face à l'utilisation croissante d'outils informatiques dans l'exercice de cette profession, la réussite d'une formation spécialisée est de plus en plus exigée.

Ainsi, les employeurs exigent habituellement au moins un diplôme d'études professionnelles (DEP) en dessin de patrons. Le diplôme d'études collégiales (DEC) en design de mode est parfois exigé. Ce DEC représente un atout important pour obtenir des promotions à des postes de dessinateurs et designers de mode (voir 5243) ou de supervision (9225).

Un minimum de connaissance ou d'expérience en confection peut être exigé, car on demande parfois aux patronniers de coudre les échantillons et de modifier les patrons de façon à maximiser la rentabilité des activités de couture.

Références utiles

Conseil des ressources humaines de l'industrie du vêtement
http://www.apparelconnexion.ca/ 

Considérations importantes

Compte tenu des tendances qui influencent l'industrie de la fabrication de vêtements et de l'importance des activités de conception de vêtements et de patrons, on prévoit que le nombre de patronniers de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Malgré un roulement de personnel important et certains problèmes de recrutement, la situation des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en dessin de patrons est moins bonne que pour la moyenne des diplômés des autres DEP. Les employeurs semblent en effet privilégier l'embauche de diplômés du DEC en design de mode pour occuper des postes de patronniers.

5245 - Patronniers/patronnières de produits textiles, d'articles en cuir et en fourrure
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 5245 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 950 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 45 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,8 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 10 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 35 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 45 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 5245 Ensemble des
professions
Hommes 22,4 % 52,7 %
Femmes 77,6 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 5245 Ensemble des
professions
15- 24 ans 5,6 % 14,1 %
25- 44 ans 53,5 % 45,1 %
45- 64 ans 39,4 % 38,8 %
65 ans et plus 1,4 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 5245 Ensemble des
professions
Plein temps 89,0 % 79,2 %
Temps partiel 11,0 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
5245 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 60,1 % 53,2 %
Moyen 36 846 45 157
0 à 19 999 $ 7,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 77,7 % 52,4 %
50 000 $ et plus 14,9 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
5245 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 13,1 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 11,7 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 69,0 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 6,2 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 5245 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,0 % 2,5 %
Capitale-Nationale 3,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,1 % 5,4 %
Estrie 3,8 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,9 % 2,9 %
Montérégie 10,7 % 18,7 %
Montréal 49,1 % 24,1 %
Laval 8,8 % 5,0 %
Lanaudière 6,3 % 5,8 %
Laurentides 8,8 % 7,0 %
Outaouais 1,3 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,0 % 1,8 %
Mauricie 1,3 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,3 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,0 % 1,7 %


5245 Ensemble des
professions
Travail autonome 10,1 % 11,2 %


5245 Ensemble des
professions
Immigration 28,7 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Fabrication 75,5
- fabrication de vêtements 67,2
- usines de tricotage de vêtements 4,2
Commerce de gros 8,4
- textiles, vêtements et chaussures 7,0
Services spécialisés de design 6,3
Magasins de vêtements 4,9