Artisans

5244 - Artisans/artisanes
Textes de la profession

Nature du travail

Ce groupe de base comprend les personnes qui, grâce à leurs aptitudes créatives et à leur talent artistique, conçoivent et fabriquent des objets ornementaux, des articles en céramique, des vitraux, des bijoux, des tapis, des tissus, d'autres articles d'artisanat et des arrangements floraux. Ce groupe de base comprend aussi les luthiers.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=5244 

Exemples de titres professionnels

Artisan sculpteur;
artisan;
artisan du cuir;
artisan vitrailliste;
décorateur floral;
dentellier;
luthier;
orfèvre;
potier;
professeur d'artisanat;
souffleur de verre;
tisserand - métiers d'arts.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont limitées.

(Mise à jour : février 2011)

Au cours des dernières années, le nombre d'artisans a diminué de façon notable. Cette diminution s'explique principalement par la baisse de l'intérêt des consommateurs pour les œuvres produites par les artisans. On prévoit que cette tendance à la baisse notable de l'emploi se maintiendra au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Compte tenu de la baisse de l'emploi dans cette profession, les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des artisans qui prendront leur retraite. Notons à cet effet que la proportion des membres de cette profession âgés de 55 ans et plus était en 2006 beaucoup plus élevée que pour la moyenne des professions (25 % par rapport à 15 %). D'autres débouchés s'ajouteront parce qu'un bon nombre d'artisans quittent cette profession en raison de la précarité de leur emploi. Comme bien des professions du domaine des arts, le phénomène du cumul d'emplois est fréquent. Ils sont en effet nombreux à occuper toutes sortes d'emplois pour combler les périodes d'inactivité et les revenus souvent insuffisants de leurs activités dans cette profession. D'autres réalisent des œuvres à la fois dans cette profession et comme peintres, sculpteurs ou autres artistes des arts visuels (voir 5136). Notons enfin que le phénomène de cumul d'emplois se retrouve aussi fréquemment à l'intérieur même de cette profession, par exemple, potier, travailleur du cuir et professeur d'artisanat dans une école ou à domicile.

Bassin de main-d'œuvre

Un certain nombre de débouchés seront accessibles aux titulaires des diplômes pertinents (voir la section Formation). D'autres débouchés seront pourvus par des artisans expérimentés qui sont relativement nombreux en chômage et par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 légèrement plus élevée que dans l'ensemble des professions (16 % par rapport à 12 %). D'autres encore le seront par des apprentis d'artisans reconnus et par des autodidactes qui ont parfois suivi des formations privées qui ne débouchent pas nécessairement sur des diplômes reconnus. Reflet de ce phénomène, à peine 15 % des membres de cette profession étaient titulaires d'un diplôme postsecondaire dans le domaine des arts visuels et d'interprétation (domaine qui comprend les métiers d'art) en 2006, selon les données du recensement. Cette profession attire donc passablement de candidats. Il s'agit en effet d'une profession qui donne une image positive, tout en laissant la place à une créativité gratifiante.

La concurrence est toutefois très forte et se reflète de bien des façons. Par exemple, environ 48 % des artisans ont eu un revenu moyen d'emploi inférieur à 10 000 $ en 2005, proportion plus de deux fois plus élevée que pour l'ensemble des professions (24 %), selon les données du recensement de 2006. Autre exemple, la situation des finissants dans les différentes options du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de métiers d'art présente des caractéristiques assez mitigées. D'un côté, leur taux de chômage est en général faible, mais de l'autre, leur taux de placement en rapport avec la formation est nettement plus faible que la moyenne des diplômés d'un DEC et leur salaire beaucoup moins élevé, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation. Il faut toutefois interpréter ces résultats avec prudence, puisque ce DEC forme relativement peu de diplômés à chaque année. Par ailleurs, le diplôme d'études professionnelles (DEP) en soufflage de verre au néon ne parvient pas à recruter de candidats depuis plusieurs années.

Industries

Selon les données du recensement, environ 43 % des artisans travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, 17 % comme artistes indépendants, 13 % dans le commerce de détail, 6 % dans la réparation et l'entretien d'articles personnels et ménagers et 4 % dans la construction.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la situation économique, du tourisme, du financement gouvernemental et de l'intérêt des consommateurs pour les œuvres produites par les artisans.

- Situation économique

Le marché des produits des métiers d'art est très sensible à la situation économique, puisqu'il s'agit essentiellement d'un marché de biens de luxe. Dans les périodes difficiles, ce type d'achat est en effet parmi les premiers à faire les frais des réductions de dépenses des consommateurs. À l'inverse, lorsque les revenus et la confiance des consommateurs leur permettent à nouveau d'envisager l'achat de biens non essentiels, le marché des produits des métiers d'art repart habituellement à la hausse. Le marché des produits des métiers d'art destinés à des organismes publics ou à des entreprises privées fluctue également en fonction de la situation économique, mais demeure de faible ampleur. Étant donné qu'on prévoit un niveau de croissance économique légèrement inférieur à celui observé avant la récession de 2009 et le maintien du niveau des investissements gouvernementaux en immeubles au cours des prochaines années, ce facteur devrait avantager un peu moins l'emploi dans cette profession qu'auparavant.

- Tourisme

Le marché des produits des métiers d'art évolue également en fonction des tendances qui influencent le tourisme. En effet, le tourisme favorise plusieurs créneaux de ce marché, par exemple les ventes de cadeaux, de poteries et de souvenirs. Le tourisme au Québec a bénéficié au cours des années quatre-vingt-dix du bas niveau du dollar canadien et de la popularité croissante des festivals et autres événements spéciaux. Cette croissance s'est manifestée autant par l'augmentation du nombre de touristes étrangers que du nombre de Québécois qui prennent leurs vacances au Québec. La situation s'est toutefois quelque peu détériorée depuis 2001 en raison d'événements ponctuels malheureux (11 septembre 2001, syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), guerre en Irak, etc.), de la récession aux États-Unis et, depuis 2003, du niveau élevé du dollar canadien.

Après avoir subi assez durement la récession en 2009, le tourisme devrait s'améliorer, quoique le niveau élevé du dollar canadien et la hausse probable du prix du pétrole pourraient ralentir quelque peu le niveau de croissance du tourisme. Par contre, aux avantages cités plus tôt s'est ajoutée plus récemment la popularité du tourisme nordique, du camping sauvage, de l'écotourisme et du tourisme gastronomique. En plus, de nombreux projets d'investissements permettront de développer davantage les infrastructures touristiques au Québec.

- Financement gouvernemental

Les dépenses réelles (après inflation) liées aux métiers d'art provenant de l'administration publique québécoise ont augmenté fortement entre 1996-1997 et 2001-2002 (environ 6,5 % par année) pour ensuite diminuer très légèrement entre 2001-2002 et 2008-2009 (baisse moyenne de 0,4 % par année), selon les données de l'Institut de la statistique du Québec. Étant donné que les priorités gouvernementales sont concentrées dans le secteur de la santé, les perspectives pour les prochaines années semblent plutôt mitigées de ce côté.

- Intérêt des consommateurs

Globalement, les facteurs qui précèdent auraient dû favoriser la création d'emplois dans cette profession au cours des dernières années. Pourtant, ce ne fut pas le cas. Devant cet état de fait, force est de constater que l'intérêt des consommateurs pour les œuvres produites par les artisans a diminué de façon significative au cours des dernières années. Que ce soit en raison de leur nature ou de leur manque d'adéquation avec les goûts des consommateurs, les ventes de produits des métiers d'arts et, par voie de conséquence, le nombre d'artisans n'ont pas progressé au cours des dernières années, malgré les effets positifs de la croissance de l'économie et du tourisme.

D'ailleurs, certaines spécialités des métiers d'art risquent de disparaître, faute de marché et de relève. Ce danger touche tout particulièrement les techniques traditionnelles dont le savoir-faire est passé de génération en génération ou d'artisans à apprentis. Compte tenu de la tendance à la baisse de l'intérêt des consommateurs pour les œuvres produites par les artisans, le nombre d'artisans devrait continuer à diminuer de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Comme de nombreux membres de cette profession doivent cumuler des emplois pour gagner leur vie, il est important de souligner que les données présentées dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concernent que les personnes dont la principale profession était artisans lors de la semaine où s'est tenu le recensement en 2006 ou lors des semaines de références de l'Enquête (mensuelle) sur la population active (EPA). Elles ne touchent pas ceux qui exerçaient une autre profession lors de ces semaines en attendant de pouvoir revenir à cette profession. Les données sur ces personnes sont plutôt comprises dans les professions qu'ils occupaient à ce moment. En plus, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (19 665 $) ne concerne que les 40 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à seulement 11 046 $. Il faut aussi comprendre que ces revenus incluent les sommes reçues en occupant des emplois dans d'autres professions l'année précédant le recensement. Notons en plus que plus de la moitié (58 %) des artisans étaient travailleurs autonomes en 2006, proportion cinq fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (11 %). Ces travailleurs autonomes ne peuvent pas toucher de prestations d'assurance-emploi quand ils sont sans travail. Comme plus de la moitié des membres de cette profession ne travaillaient pas à l'année en 2005, cette caractéristique accentue encore le niveau de précarité de leurs conditions de travail. Mentionnons finalement que les femmes occupaient environ 48 % des postes dans cette profession en 2006.

Exigences

Outre l'atout que représente la formation scolaire, l'accès à cette profession dépend essentiellement des caractéristiques individuelles des candidats. Les compétences les plus importantes sont sans conteste la créativité, le talent, la sensibilité, la dextérité fine, le sens esthétique et la persévérance. Les aptitudes à négocier et à promouvoir ses réalisations font augmenter les chances de succès.

Études et formation

Il est possible de devenir artisan sans formation spécifique. En effet, environ 43 % des membres de cette profession ne possèdaient aucune formation postsecondaire en 2006 et seulement 15 % d'entre eux étaient titulaires d'un diplôme postsecondaire dans le domaine des arts visuels et arts d'interprétation, selon les données du recensement. L'apprentissage auprès d'un artisan reconnu représente un mode d'accès à cette profession assez répandu. Toutefois, différents programmes de formation permettent de faciliter l'accès à cette profession et représentent donc un atout important. Outre l'importance manifeste des connaissances et aptitudes acquises grâce à ces programmes, ceux-ci contribuent également au développement de solides réseaux de contacts. En effet, les premières relations, établies grâce à des professeurs, à des pairs ou à d'autres personnes, sont d'une importance capitale dans le milieu artistique.

Les programmes qui permettent de faciliter l'accès à cette profession sont le diplôme d'études collégiales (DEC) et les attestations d'études collégiales (AEC) correspondantes dans les options construction textile, lutherie, maroquinerie, céramique et verre des techniques de métiers d'art, le diplôme d'études professionnelles (DEP) en soufflage de verre au néon, ainsi que les formations offertes dans les écoles de métiers d'art.

Un portfolio de travail illustrant la créativité et le talent constitue souvent un atout très important.

Références utiles

Conseil des métiers d'art du Québec
http://www.metiers-d-art.qc.ca/

Le Mouvement pour les arts et les lettres
http://www.mal.qc.ca/

Ministère de la Culture et des Communications
http://www.mcccf.gouv.qc.ca/

Conseil des arts et des lettres du Québec
http://www.calq.gouv.qc.ca/

Conseil des arts du Canada
http://www.conseildesarts.ca/

Conseil québécois des ressources humaines en culture
http://www.cqrhc.com/

Société de développement des entreprises culturelles
http://www.sodec.gouv.qc.ca/ 

Considérations importantes

L'intégration à cette profession devrait demeurer difficile au cours des prochaines années, tant en raison de la baisse notable de l'emploi que parce qu'elle attire passablement de candidats. Reflet de la forte concurrence dans cette profession, les artisans sont nombreux à devoir se contenter d'un revenu très modeste et à cumuler des emplois pour gagner leur vie.

5244 - Artisans/artisanes
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 5244 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 2 150 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 100 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 -1,8 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 -35 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 150 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 115 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 5244 Ensemble des
professions
Hommes 52,5 % 52,7 %
Femmes 47,5 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 5244 Ensemble des
professions
15- 24 ans 8,3 % 14,1 %
25- 44 ans 38,7 % 45,1 %
45- 64 ans 48,4 % 38,8 %
65 ans et plus 4,6 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 5244 Ensemble des
professions
Plein temps 72,4 % 79,2 %
Temps partiel 27,6 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
5244 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 40,1 % 53,2 %
Moyen 19 665 45 157
0 à 19 999 $ 61,2 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 34,7 % 52,4 %
50 000 $ et plus 4,1 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
5244 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 17,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 25,5 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 40,8 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 16,0 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 5244 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 2,7 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,1 % 2,5 %
Capitale-Nationale 7,9 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 2,7 % 5,4 %
Estrie 6,6 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,9 % 2,9 %
Montérégie 17,9 % 18,7 %
Montréal 27,9 % 24,1 %
Laval 4,5 % 5,0 %
Lanaudière 4,8 % 5,8 %
Laurentides 8,4 % 7,0 %
Outaouais 1,9 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,3 % 1,8 %
Mauricie 3,2 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 2,6 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,6 % 1,7 %


5244 Ensemble des
professions
Travail autonome 58,3 % 11,2 %


5244 Ensemble des
professions
Immigration 15,6 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Fabrication 43,2
- autres activités diverses de fabrication (y compris la fabrication de bijoux, de pièces d'argenterie, de poupées, de jouets et de jeux) 18,1
- fabrication de produits minéraux non métalliques (y compris les produits en verre et en argile) 10,5
Artistes, auteurs et interprètes indépendants 16,7
Commerce 16,0
Réparation et entretien d'articles personnels et ménagers 6,0