Designers d'intérieur

Groupe de base 5242

Groupe de compétence : Arts, culture, sports et loisirs

Nature du travail

Les designers d'intérieur créent et réalisent des concepts d'aménagement d'intérieur esthétique, fonctionnel et sécuritaire pour des immeubles de type résidentiel, commercial, culturel, institutionnel et industriel.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

  • chef de projets en design d'intérieurs
  • cuisiniste
  • designer d'intérieur
  • designer de l'aménagement intérieur d'avions
  • planificateur d'aménagements fonctionnels de bureaux
  • planificateur d'aménagements fonctionnels pour la vente au détail
  • technicien en design d'intérieurs

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : février 2013)

Au cours des dernières années, le nombre de designers d'intérieur a augmenté légèrement. Même si la demande en décoration et en design d'intérieur a augmenté davantage, il semble que cette croissance ait bénéficié davantage aux membres d'autres professions. Étant donné que rien ne laisse entrevoir de modification à ces tendances, on prévoit que le nombre de designers d'intérieur continuera à augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Précisions

Les titres et fonctions des designers d'intérieur et des décorateurs d'intérieur peuvent porter à confusion. Pourtant, ils font partie de deux groupes professionnels distincts. Si les deux accomplissent des tâches de décoration, ces tâches ne représentent toutefois qu'une partie des fonctions des designers d'intérieur, tandis qu'elles représentent l'essentiel des fonctions des décorateurs. En plus de tâches de décoration, les designers sont en effet responsables de la conception et la réalisation de l'aménagement intérieur en fonction de critères esthétiques, fonctionnels et sécuritaires. Pour ce, ils doivent réaliser des plans, faire des croquis, estimer les coûts, présenter des devis, surveiller les travaux, etc. En outre, ils travaillent souvent dans des équipes multidisciplinaires avec des membres d'autres professions, entre autres des ingénieurs, des architectes et des constructeurs, tandis que les décorateurs travaillent essentiellement dans le commerce de détail de meubles, de matériel de construction et d'accessoires d'ameublement. Ils font d'ailleurs partie du groupe professionnel des vendeurs et commis-vendeurs - commerce de détail (voir 6421).

Les fonctions des designers exigent donc beaucoup plus de compétences. On y accède habituellement grâce à un programme de niveau collégial d'une durée de trois ans ou d'un baccalauréat, tandis que le programme de décoration intérieure qui permet d'accéder à des postes de décorateurs est de niveau secondaire et est d'une durée d'un an et demi (1800 heures).

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des designers d'intérieur qui prendront leur retraite ou qui quitteront la profession pour occuper des postes dans l'enseignement (voir 4121 et 4131), dans la vente (voir 6421) et dans l'achat de matériel lié au design intérieur, ou pour obtenir une promotion à des postes de gestion, que ce soit dans le domaine du design intérieur ou du commerce de détail de meubles, d'accessoires d'ameublement ou de produits de quincaillerie. Quelques débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi. Le cheminement de carrière se fait également à l'intérieur même de la profession. Ainsi, les candidats à cette profession commencent souvent leur carrière comme designers «juniors», pour plus tard passer intermédiaires et enfin «seniors» ou chargés de projet. Après quelques années, ils peuvent s'établir à leur compte et ouvrir un bureau de design d'intérieur. De fait, environ 39 % des designers d'intérieur étaient des travailleurs autonomes en 2006, proportion près de quatre fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (11 %).

Bassin de main-d'œuvre

Même si cette profession n'est pas réglementée et qu'aucune formation n'est obligatoire pour porter le titre de designer d'intérieur et pour effectuer les tâches qui y sont associées, la réussite des programmes de formation mentionnés à la section Formation sont de plus en plus importants pour accéder à cette profession. Reflet de ce phénomène, la proportion des designers d'intérieur qui sont titulaires d'un diplôme d'études postsecondaires est passée de 77 % en 1991 à 89 % en 2006. Cette hausse importante signifie que la très grande majorité des travailleurs qui ont accédé à cette profession au cours de cette période étaient titulaires d'un tel diplôme.

Ces débouchés seront donc accessibles en premier lieu aux titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) et de l'attestation d'études collégiales (AEC) en design d'intérieur. Les titulaires du DEP en décoration intérieure et présentation visuelle (anciennement décoration intérieure et étalage), et des baccalauréats en design : orientation design d'intérieur ou en design de l'environnement peuvent aussi accéder à cette profession, même s'ils se retrouvent habituellement dans d'autres professions liées au design et à la décoration. Peu de débouchés seront pourvus par des designers d'intérieur expérimentés qui sont relativement peu nombreux en chômage. Par contre, un certain nombre pourront l'être par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, quoique légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (10 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

Malgré la faible croissance dans cette profession, le nombre de diplômés formés annuellement par le DEC en design d'intérieur semble correspondre assez bien avec la demande. En effet, le taux de placement de ces diplômés est bon et leur taux de chômage plus faible que pour la moyenne des diplômés de la formation technique, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Toutefois, le salaire moyen et le pourcentage de diplômés travaillant dans un emploi en rapport avec la formation sont plus faibles que la moyenne. Notons également que ce programme permet aussi d'accéder à d'autres professions. En effet, un bon nombre d'entre eux doivent acquérir de l'expérience dans le milieu du design d'intérieur, que ce soit comme vendeur, décorateur ou technicien en dessin avant d'accéder à cette profession.

La situation des diplômés du DEP en décoration intérieure et présentation visuelle est assez semblable à celle de la moyenne des diplômés des autres DEP, si ce n'est un salaire nettement moins élevé. Par contre, la majorité des diplômés qui ont un emploi en rapport avec la formation occupent des postes de conseillers en décoration intérieure (voir 6421), tandis qu'environ le quart d'entre eux travaillent comme designers d'intérieur.

La situation sur le marché du travail des diplômés des l'AEC en design d'intérieur est nettement moins bonne que celle des diplômés du DEC, surtout en raison de leur taux de chômage plus élevé et de leur faible taux de placement dans des emplois en rapport avec leur formation. Bref, le DEC en design d'intérieur est le programme de formation le plus pertinent lorsqu'on veut accéder à cette profession.

Industries

Selon les données du recensement, environ 51 % des designers d'intérieur travaillaient en 2006 dans les services de design et environ 21 % dans le commerce de détail. On en trouvait aussi un nombre significatif dans la construction (8 %) et dans le secteur manufacturier (7 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la demande en décoration et en design d'intérieur et de la concurrence entre les professions de la décoration et du design.

Demande en décoration et en design d'intérieur

La demande en décoration et en design d'intérieur varie en fonction de la situation économique en général. En effet, ce marché est très sensible à la situation économique, puisqu'il s'agit essentiellement d'un marché de luxe. Dans les périodes difficiles, ce type d'achat est en effet parmi les premiers à faire les frais des réductions de dépenses des entreprises comme des consommateurs. À l'inverse, lorsque les revenus et la confiance des consommateurs et des entreprises leur permettent à nouveau d'envisager des dépenses plus luxueuses, ce marché repart à la hausse.

Du côté des entreprises, surtout privées, la décoration et le design d'intérieur permettent de véhiculer leur image de marque. D'ailleurs, selon diverses études (dont celles de l'Association professionnelle des designers d'intérieur du Québec et du Groupe DBSF), le secteur non résidentiel est celui qui génère le plus grand volume d'activités pour les designers d'intérieur, soit de 60 à 75 % du marché, selon les années. Du côté des consommateurs, la bonne santé économique, jumelée à l'importance croissante accordée à la qualité de l'environnement de vie et au manque de temps disponible, surtout dans les ménages à l'aise où les deux conjoints travaillent, favorise également l'augmentation du volume d'activités en décoration et en design d'intérieur. Selon les données de l'Enquête annuelle sur les industries de services de Statistique Canada, le taux de croissance réel (après inflation) des revenus et des dépenses d'exploitation des services de design d'intérieur au Québec est d'ailleurs demeuré très élevé entre 2003 et 2011. Compte tenu des perspectives économiques relativement positives, la demande en décoration et en design d'intérieur devrait augmenter au cours des prochaines années.

Concurrence entre les professions

Les designers d'intérieur font face à une forte concurrence sur ce marché, principalement de la part des décorateurs d'intérieur. Cette concurrence, qui semble avoir gagné en importance au cours des dernières années, émane en grande partie des magasins de meubles, de matériel de construction et d'accessoires d'ameublement. Ces magasins cherchent en effet à satisfaire à la demande des consommateurs qui sont sans cesse plus exigeants du côté de la qualité et du service à la clientèle. Disposant de moins en moins de temps, les consommateurs cherchent en effet à obtenir l'ensemble des services dont ils ont besoin au même endroit. Face à cette tendance, de plus en plus de magasins de meubles, de matériel de construction et d'accessoires d'ameublement offrent des services de décoration à leurs clients. Bien que beaucoup moins complets que les services de design, ces services de décoration répondent tout de même aux besoins d'une partie de la clientèle potentielle des designers d'intérieur, à un bien moindre coût. Cette tendance favorise davantage l'emploi des décorateurs que celui des designers. L'ampleur de cette tendance est toutefois limitée, car elle ne touche que le marché du design d'intérieur des consommateurs privés, n'influençant pas celui, plus important, du secteur non résidentiel.

Dans le secteur non résidentiel, ils subissent plutôt la concurrence des architectes. En effet, comme la profession de designer d'intérieur n'est pas réglementée et que celle des architectes est, elle, encadrée par un ordre professionnel, de nombreux clients potentiels préfèrent faire appel aux services de professionnels qui peuvent garantir un niveau de compétences reconnu par le simple fait de s'afficher comme architectes. Cela dit, les designers d'intérieur sont autorisés à signer et sceller les plans et devis de travaux d'architecture pour la construction, l'agrandissement, la reconstruction, la rénovation ou la modification de certains édifices, dont les habitations unifamiliales isolées et la plupart des édifices qui n'excèdent pas 2 étages et 300 mètres carrés de superficie brute totale des planchers. Cette autorisation favorise quelque peu la croissance de l'emploi dans cette profession.

Compte tenu de ces facteurs, on prévoit que le nombre de designers d'intérieur augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données du recensement, les femmes occupaient environ 78 % des postes de designers d'intérieur en 2006, proportion en forte hausse depuis 1991 (62 %). Cette proportion devrait continuer d'augmenter au cours des prochaines années. En effet, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, elles représentent plus de 95 % des finissants du diplôme d'études collégiales (DEC) en design d'intérieur. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (29 008 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 54 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 17 958 $. En outre, l'exercice de cette profession exige une grande disponibilité, puisque les designers d'intérieur doivent fréquemment rencontrer les clients le soir et les week-ends.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut habituellement être titulaire d'un diplôme d'études collégiales (DEC) en design d'intérieur. L'attestation d'études collégiales (AEC) en design d'intérieur, le diplôme d'études professionnelles (DEP) en décoration intérieure et présentation visuelle (anciennement décoration intérieure et étalage), et les baccalauréats en design : orientation design d'intérieur et en design de l'environnement peuvent également permettre d'y accéder.

Le baccalauréat en design : orientation design d'intérieur est offert à l'Université de Montréal et le baccalauréat en design de l'environnement à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), tandis que le DEC et l'AEC sont offerts dans de nombreux collèges et le DEP par des commissions scolaires. L'appartenance à la Association professionnelle des designers d'intérieur du Québec (APDIQ) représente un atout. Pour devenir membre de cette association, il faut être titulaire du DEC ou d'un des deux baccalauréats.

D'autres formations combinées à une expérience pratique en design d'intérieur peuvent mener à cette profession, par exemple le baccalauréat en architecture et le DEC en techniques d'architecture.

Un portfolio illustrant les talents créatifs et les réalisations peut être exigé.

Références

Considérations importantes

Étant donné que la croissance de la demande en décoration et en design d'intérieur semble bénéficier davantage aux décorateurs, on prévoit que le nombre de designers d'intérieur n'augmenter que légèrement au cours des prochaines années.

Malgréla faible croissance dans cette profession, le nombre de diplômés formés annuellement par le DEC en design d'intérieur semble correspondre assez bien avec la demande, puisque leur situation sur le marché du travail est comparable à celle de l'ensemble des diplômés de la formation technique.

Statistiques 5242 - Designers d'intérieur

Principaux indicateurs du marché du travail

Principaux indicateurs du marché du travail Groupe 5242 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2009-2011 3 750 3 905 700
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2011 70 92 650
Taux de croissance annuel de 2012 à 2016 0,5 % 0,7 %
Variation annuelle d'emploi de 2012 à 2016 20 27 050
Érosion annuelle de 2012 à 2016 70 72 750
Besoins annuels totaux de 2012 à 2016 90 99 800

Répartition de l'emploi selon le sexe

Répartition de l'emploi selon le sexe Groupe 5242 Ensemble des professions
Hommes 22,1 % 52,7 %
Femmes 77,9 % 47,3 %

Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge

Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge Groupe 5242 Ensemble des professions
15 - 24 ans 13,6 % 14,1 %
25 - 44 ans 59,0 % 45,1 %
45 - 64 ans 26,0 % 38,8 %
65 ans et plus 1,4 % 2,0 %

Répartition de l'emploi selon le statut

Répartition de l'emploi selon le statut Groupe 5242 Ensemble des professions
Plein temps 80,2 % 79,2 %
Temps partiel 19,8 % 20,8 %

Revenu d'emploi annuel moyen

Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
Groupe 5242 Ensemble des professions
À temps plein et à l'année 54,0 % 53,2 %
Moyen 29 008 45 157
0 à 19 999 $ 27,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 63,0 % 52,4 %
50 000 $ et plus 9,6 % 31,1 %

Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint

Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
Groupe 5242 Ensemble des professions
Moins d'un DES 1,3 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 9,6 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 69,5 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 19,6 % 20,9 %

Répartition de l'emploi selon la région

Répartition de l'emploi selon la région Groupe 5242 Ensemble des professions
Abitibi-Témiscamingue 0,5 % 1,8 %
Bas-St-Laurent 2,3 % 2,5 %
Capitale-Nationale 7,9 % 9,1 %
Centre-du-Québec 2,6 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 5,6 % 5,4 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,5 % 1,7 %
Estrie 1,7 % 3,9 %
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,3 % 1,1 %
Lanaudière 4,9 % 5,8 %
Laurentides 6,2 % 7,0 %
Laval 4,9 % 5,0 %
Mauricie 2,1 % 3,1 %
Montérégie 21,2 % 18,7 %
Montréal 34,9 % 24,1 %
Outaouais 2,7 % 4,7 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,8 % 3,3 %

Travail autonome

Répartition de l'emploi Groupe 5242 Ensemble des professions
Travail autonome 39,1 % 11,2 %

Immigration

Répartition de l'emploi Groupe 5242 Ensemble des professions
Immigration 9,6 % 12,2 %

Principaux secteurs d'emploi

Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Services professionnels, scientifiques et techniques 55,8 %
services spécialisés de design 50,9 %
architecture, génie et services connexes 3,4 %
Commerce de détail 21,3 %
magasins de meubles et d'accessoires de maison 9,1 %
marchands de matériaux et fournitures de construction 7,1 %
Construction 7,7 %
entrepreneurs en travaux de finition de bâtiments 3,9 %
Fabrication 6,7 %
fabrication de meubles et de produits connexes 4,2 %