Techniciens en enregistrement audio et vidéo

5225 - Techniciens/techniciennes en enregistrement audio et vidéo
Textes de la profession

Nature du travail

Les techniciens en enregistrement audio et vidéo opèrent de l'équipement pour enregistrer, mixer et monter le son, la musique et les bandes vidéo, pour les productions cinématographiques, les émissions radiotélédiffusées, les vidéos, les enregistrements et les événements en direct.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=5225 

Exemples de titres professionnels

Ingénieur aux enregistrements;
ingénieur du son;
mixeur de son;
monteur d'effets sonores;
opérateur aux enregistrements sonores et vidéo;
technicien radio;
technicien à l'enregistrement vidéo;
technicien de post production;
technicien de studio d'enregistrement;
technicien du son multimédia;
technicien en l'audiovisuel.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont limitées.

(Mise à jour : janvier 2011)

A) Vue d'ensemble

Au cours des dernières années, le nombre de techniciens en enregistrement audio et vidéo a augmenté fortement. Cette augmentation s'explique en premier lieu par la forte croissance de l'industrie du film et de la vidéo. Étant donné que la croissance de cette industrie devrait ralentir quelque peu, on prévoit que le nombre de techniciens en enregistrement audio et vidéo augmentera de façon notable au cours des prochaines années, mais à un rythme moins élevé qu'auparavant.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi. En raison du peu de techniciens en enregistrement audio et vidéo âgés de 55 ans et plus (5 % par rapport à 15 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement de 2006), il y aura proportionnellement moins de départs dus à la retraite que dans les autres professions. Il y a aussi beaucoup de roulement de personnel d'un studio à l'autre, selon les besoins des studios et la disponibilité des techniciens. D'autres débouchés proviendront des besoins de remplacement des techniciens qui seront relativement nombreux à obtenir des promotions. En effet, l'expérience de technicien en enregistrement audio et vidéo permet d'accéder à des postes de directeur technique, assistant réalisateur et réalisateur, vendeur pour des compagnies de location d'équipement audio et vidéo, agent d'artistes, promoteur, ou même enseignant dans ce domaine.

Bassin de main-d'œuvre

Ces postes seront souvent pourvus par des stagiaires ou des bénévoles qui auront établi des contacts dans ce milieu. Malgré l'existence de cours spécialisés, la majorité des techniciens apprennent sur le tas et établissent leurs contacts directement. La formation offerte dans les cégeps et les écoles privées permet toutefois d'acquérir un bon niveau de polyvalence, de mieux connaître les nouveautés technologiques et, lors des stages, de faire ses preuves et d'établir des contacts. Un bon nombre de débouchés pourront être pourvus par des techniciens expérimentés en chômage et par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession. En effet, quoique légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (11 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

L'adhésion à un syndicat n'est pas toujours obligatoire, mais elle procure de sérieux avantages. Par exemple, les employeurs qui ont besoin de techniciens pour le tournage de films et pour certains spectacles doivent recruter par l'intermédiaire de syndicats.

Industries

Selon les données du recensement, en 2006, ces techniciens travaillaient principalement dans les industries du film et de l'enregistrement sonore (55 %), de la radiodiffusion et de la télédiffusion (16 %), des arts d'interprétation (5 %), et de l'enseignement (5 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend directement des tendances qui influencent les industries du film et de l'enregistrement sonore, de la télédiffusion et des arts d'interprétation. Elle est également touchée par les changements technologiques.

- Industries du film et de l'enregistrement sonore

L'emploi dans l'industrie du film et de l'enregistrement sonore a augmenté en flèche au cours de la deuxième moitié des années 1990. Cette augmentation s'explique surtout par la tendance à la sous-traitance de la production des émissions de télévision, par la forte croissance de la production étrangère de téléfilms, de téléséries et de films au Québec, par la popularité des films québécois et par le développement de nouveaux créneaux.

En créant des programmes qui ne subventionnent que les émissions de télévision produites par les producteurs privés, les gouvernements ont entraîné un fort mouvement de sous-traitance qui a débouché sur un déplacement des emplois provenant de l'industrie de la télédiffusion vers celle du film et de l'enregistrement sonore. Ce mouvement de sous-traitance a produit ses effets les plus importants au cours de la deuxième moitié des années 1990. D'ailleurs, l'emploi dans les industries du film et de l'enregistrement sonore n'a augmenté que légèrement depuis 2000. Comme on prévoit la création de quelques nouvelles chaînes au cours des prochaines années, ces industries devraient donc encore bénéficier quelque peu de la tendance à la sous-traitance, mais moins qu'auparavant.

La production étrangère de téléfilms, de téléséries et de films au Québec a augmenté très fortement jusqu'en 2003. Les producteurs étrangers étaient attirés par la faiblesse du dollar, le talent et la qualité des techniciens et créateurs d'effets spéciaux locaux et par la diversité de l'architecture et des sites extérieurs du Québec. En raison de la hausse de la valeur du dollar canadien à partir de 2003 et de la forte concurrence mondiale, la valeur des tournages étrangers a depuis diminué de façon importante. Face à cette situation, les gouvernements provincial et fédéral ont eux aussi annoncé une augmentation des crédits d'impôt accordés aux travailleurs des secteurs du cinéma et de la télévision. Par exemple, les dépenses liées au cinéma et aux productions audiovisuelles provenant de l'administration publique québécoise (y compris les dépenses liées à la production télévisuelle indépendante) ont augmenté très fortement entre 1996-1997 et 2008-2009 (environ 7,5 % par année), selon les données de l'Institut de la statistique du Québec. Grâce à l'appui des gouvernements et au maintien de la plupart des atouts qui ont attiré les producteurs étrangers, la production étrangère devrait repartir en hausse, quoique à un rythme beaucoup moins spectaculaire que par le passé.

Même si l'assistance aux projections de films québécois a triplé entre 2000 et 2009, elle varie considérablement d'une année à l'autre. En effet, la popularité de ce type de production dépend beaucoup de la faveur du public pour chaque production. Le succès d'une seule production peut parfois modifier complètement les résultats annuels de l'ensemble des films québécois. Il est en conséquence très difficile de prévoir si la hausse de la popularité des films québécois se maintiendra. Notons finalement que la production de films québécois, quoique prestigieuse et très médiatisée, génère relativement peu d'emplois et n'influence donc que légèrement l'emploi dans cette industrie et dans cette profession.

Finalement, cette industrie bénéficie aussi du développement de nouveaux créneaux, telle la production de segments filmés incorporés à des sites Internet et à des jeux ou didacticiels vidéo. Dans l'ensemble, ces facteurs devraient permettre le maintien actuel du niveau d'emploi dans les industries du film et de l'enregistrement sonore.

- Industrie de la télédiffusion

Comme mentionné plus tôt, une grande part du développement de l'industrie de la télédiffusion se réalise en sous-traitance dans l'industrie du film et de l'enregistrement sonore. Seule la forte augmentation du nombre de chaînes spécialisées favorise légèrement la création d'emplois dans cette industrie. D'ailleurs, les recettes réelles d'exploitation (après inflation) de la télévision traditionnelle privée ont diminué de près de 15 % au Canada et de près de 20 % au Québec entre 2000 et 2009, pendant qu'elles doublaient dans la télévision payante et spécialisée au Canada (donnée non disponible pour le Québec), selon les données de Statistique Canada. On ne peut donc pas s'attendre à ce que cette industrie contribue beaucoup à la croissance de l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.

- Industrie des arts d'interprétation

Malgré la concurrence croissante des formes de divertissements à domicile (jeux vidéo, multiplication des chaînes spécialisées, vidéos, etc.), l'industrie des arts d'interprétation a connu une certaine croissance au cours des dernières années. Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, le nombre de représentations et l'assistance aux spectacles de danse, musique, théâtre et variétés (chanson, humour, etc.) a augmenté de façon notable entre 2005 et 2009, y compris lors de cette dernière année au cours de laquelle il y a eu une récession. La grande popularité des nombreux festivals qui se tiennent au Québec n'est sûrement pas étrangère à cette croissance. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Bien des techniciens commencent leur carrière dans ce secteur et y gagnent de l'expérience. Ces emplois sont souvent précaires, à la pige, temporaires et «sur appel», avec des alternances entre des périodes de travail intensives et d'inactivité. Ils permettent toutefois de se faire connaître et de développer des contacts qui peuvent conduire à des emplois permanents. Ces techniciens doivent faire preuve de polyvalence, car on leur demande souvent d'exécuter des tâches variées : éclairagiste, opérateur de son, menuisier de scène, etc.

- Changements technologiques

Les producteurs de séries télévisées et de films délaissent de plus en plus le 35 mm pour la caméra numérique. Avec cette nouvelle technique de tournage, les équipes de tournage sont réduites considérablement. L'adoption de la caméra numérique pourrait à long terme faire ralentir considérablement la croissance de l'emploi dans cette profession. Il est toutefois trop tôt pour pouvoir évaluer correctement les effets concrets de cette nouvelle tendance.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de techniciens en enregistrement audio et vidéo augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 20 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (15 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (38 801 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 47 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 24 461 $. On y trouvait en 2006 une proportion trois fois plus élevée de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (32 % par rapport à 11 %).

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui connaissent leur industrie, le matériel technique et les principaux logiciels utilisés dans leur spécialité (son, vidéo ou les deux). Les candidats doivent en plus posséder une bonne culture générale, le sens de l'esthétique, des talents artistiques et beaucoup de créativité. Ils doivent se tenir à jour sur les développements technologiques, avoir de bonnes capacités d'adaptation, d'analyse et de résolution de problèmes, et des aptitudes à travailler en équipe, à communiquer et à établir de bonnes relations interpersonnelles. Le bilinguisme est indispensable pour la consultation des manuels d'utilisation des équipements et pour communiquer avec la clientèle anglophone.

B) Tendances par spécialité

- Techniciens en enregistrement audio

Les techniciens du son (preneurs de son et mixeurs) travaillent dans trois domaines différents. Dans le studio d'enregistrement d'albums de musique, ils sont responsables de l'enregistrement et du montage sonore. On recherche des techniciens qui connaissent bien la musique et qui sont en mesure de conseiller les artistes pour s'assurer de la meilleure qualité musicale possible.

Dans une salle de spectacle, ils sont responsables de l'installation des équipements (micros, haut-parleurs, amplificateurs, etc.) en tenant compte des spécificités sonores de la salle. Ils font fonctionner la console lors du spectacle. Ils doivent eux aussi bien connaître la musique et collaborer avec les artistes pour répondre à leurs exigences particulières.

Lors du tournage (film, série télévisée, vidéoclip, publicité, etc.), ils travaillent avec le caméraman et sont responsables de l'enregistrement sur bande magnétique des voix, de la musique, du son ambiant et des effets sonores. Ils doivent bien connaître le matériel d'enregistrement en direct et collaborer étroitement avec le caméraman. Notons que lors des reportages télévisés, il n'y a plus de preneur de son, puisque les caméras vidéo enregistrent simultanément l'image et le son.

Le monteur sonore en postproduction cinématographique ou vidéo est responsable du montage des enregistrements sonores. En général, il planifie et coordonne le travail d'enregistrement du preneur de son. Il travaille directement sous la responsabilité du réalisateur, en collaboration étroite avec le monteur vidéo. En plus de devoir connaître parfaitement le matériel technique, il doit avoir une excellente oreille et faire preuve de beaucoup de créativité. D'ailleurs, plusieurs monteurs se sont constitué de véritables sonothèques (bibliothèques de sons).

Notons que la concurrence est forte entre les techniciens de sonorisation car ils sont très nombreux sur le marché. Ils commencent souvent à leur compte en offrant leurs services à des chanteurs ou musiciens débutants, dans de petits studios, parfois à domicile. Une fois qu'ils sont connus et qu'ils se sont fait un nom, ils peuvent trouver un emploi moins précaire dans des studios plus importants.

- Techniciens en montage vidéo

Cette spécialité regroupe les monteurs vidéo hors-ligne et les monteurs en ligne.

Les monteurs vidéo hors-ligne travaillent avec le réalisateur au moment du pré-montage et participent à l'ordonnancement des images. Ils les choisissent et les assemblent par scène. Pour ce, ils doivent démontrer un grand sens de l'esthétique et faire preuve de créativité.

Les monteurs en ligne suivent le scénario et exécutent le montage linéaire des images, des titres, des sous-titre, du générique, etc. Il s'agit d'un travail essentiellement technique, qui s'exécute sur ordinateur ou sur bande magnétique.

La demande des employeurs est plus forte pour les monteurs vidéo que pour les techniciens en enregistrement audio.

Études et formation

Un diplôme ou une attestation d'études collégiales (DEC ou AEC) ou de tout autre programme en technique du son, en technologie audiovisuelle ou dans un domaine connexe, ou de l'expérience comme aide dans un studio d'enregistrement, sont habituellement exigés.

Références utiles

Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son
http://www.aqtis.qc.ca

Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma
http://www.iatselocal262.com/ 

Considérations importantes

Le nombre de techniciens en enregistrement audio et vidéo devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

La demande des employeurs est plus forte pour les monteurs vidéo que pour les techniciens en enregistrement audio.

Ils doivent combiner des connaissances techniques avec un sens esthétique et artistique.

Malgré l'existence de cours spécialisés, la majorité des techniciens apprennent sur le tas et établissent leurs contacts directement. Le bénévolat et la participation à des stages sont des moyens fréquemment utilisés pour établir ce type de contacts. La formation offerte dans les cégeps et les écoles privées représente un atout, surtout pour acquérir un bon niveau de polyvalence et mieux connaître les nouveautés technologiques.

5225 - Techniciens/techniciennes en enregistrement audio et vidéo
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 5225 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 350 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 150 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,6 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 50 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 40 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 90 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 5225 Ensemble des
professions
Hommes 79,7 % 52,7 %
Femmes 20,3 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 5225 Ensemble des
professions
15- 24 ans 13,1 % 14,1 %
25- 44 ans 64,0 % 45,1 %
45- 64 ans 22,5 % 38,8 %
65 ans et plus 0,4 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 5225 Ensemble des
professions
Plein temps 82,6 % 79,2 %
Temps partiel 17,4 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
5225 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 46,0 % 53,2 %
Moyen 38 801 45 157
0 à 19 999 $ 15,7 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 52,6 % 52,4 %
50 000 $ et plus 31,7 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
5225 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 3,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 15,6 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 60,0 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 20,7 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 5225 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,6 % 2,5 %
Capitale-Nationale 6,5 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 1,9 % 5,4 %
Estrie 1,1 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,5 % 2,9 %
Montérégie 15,6 % 18,7 %
Montréal 58,7 % 24,1 %
Laval 2,2 % 5,0 %
Lanaudière 2,4 % 5,8 %
Laurentides 4,3 % 7,0 %
Outaouais 2,4 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,6 % 1,8 %
Mauricie 1,1 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 0,4 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,7 % 1,7 %


5225 Ensemble des
professions
Travail autonome 32,3 % 11,2 %


5225 Ensemble des
professions
Immigration 11,1 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Industrie de l'information et industrie culturelle 73,5
- industries du film et de la vidéo 38,4
- industries de l'enregistrement sonore 16,8
- radiodiffusion et télédiffusion 15,6
Arts, spectacles et loisirs 5,8
Services d'enseignement 5,3
Services professionnels, scientifiques et techniques 4,3