Personnel technique des musées et des galeries d'art

5212 - Personnel technique des musées et des galeries d'art
Textes de la profession

Nature du travail

Ce groupe de base comprend les travailleurs chargés du classement et du catalogage d'objets d'art dans des musées et des galeries d'art et ceux qui oeuvrent dans la construction et l'installation des expositions et des étalages, la restauration, l'entretien et l'entreposage des collections et l'encadrement d'objets d'art ainsi que ceux qui exercent d'autres fonctions de soutien reliées aux activités de conservation et de restauration. Ce groupe de base comprend aussi les interprètes des musées et autres animateurs qui accompagnent les visites guidées.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=5212 

Exemples de titres professionnels

Adjoint à la conservation;
agent des services de vulgarisation;
catalogueur d'objet de musée;
interprète de musée;
interprète du patrimoine;
préparateur;
registraire de musée;
taxidermiste;
technicien en muséologie;
technicien de musée;
technicien en conservation;
technicien en restauration.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : janvier 2011)

Au cours des dernières années, le nombre d'emplois du personnel technique des musées et des galeries d'art est demeuré assez stable. Les effets positifs de la croissance dans le secteur des musées ont été atténués par les effets négatifs de l'implantation des nouvelles technologies. Cette tendance la stabilité de l'emploi devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront surtout des postes qui seront libérés par les personnes qui quitteront cette profession en raison de la précarité d'un bonne part des emplois. En effet, selon les données du recensement de 2006, près du tiers (32 %) des emplois sont à temps partiel, et la même proportion à temps plein et à l'année. Autre reflet du roulement important dans cette profession, on y trouve proportionnellement plus de jeunes que dans l'ensemble des professions (20 % par rapport à 14 %) et moins de travailleurs âgés de 55 ans et plus (10 % par rapport à 15 %). D'autres débouchés proviendront des postes seront libérés par les membres de cette profession qui prendront leur retraite et par ceux qui obtiendront des promotions à des postes de restaurateurs et conservateurs (voir 5112), et de directeurs de musée (voir 0511).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles entre autres aux personnes qui satisfont aux exigences scolaires des employeurs (voir la section Formation). D'autres débouchés pourront être pourvus par des chômeurs qui possèdent de l'expérience dans cette profession. À ce sujet, mentionnons que le taux de chômage est relativement élevé dans cette profession, mais peut varier considérablement dans le courant d'une année. En effet, le chômage est à son maximum en janvier, diminue graduellement jusqu'en juin, augmente légèrement en juillet et en août, est faible en septembre et en octobre, et repart en hausse en novembre. Ces mouvements varient bien sûr d'un établissement à l'autre, selon la clientèle visée : touristes, clientèle scolaire, public en général, etc. Par contre peu de débouchés seront pourvus par des immigrants, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 relativement faible, selon les données du recensement (6 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions).

Par ailleurs, le bassin de main-d'œuvre pour les postes saisonniers des nombreux musées qui n'ouvrent que l'été est formé en bonne partie de jeunes qui étudient dans un domaine lié aux arts ou au domaine d'exposition de ces musées (sciences, biologie, anthropologie, etc.).

Compte tenu de la saisonnalité du marché des musées, il faut interpréter prudemment les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation sur la situation sur le marché du travail des finissants du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de muséologie. En effet, cette enquête a lieu au mois de mars, moment où le chômage est élevé dans cette profession et où de nombreux musées sont fermés. En plus, le nombre de diplômés du DEC en techniques de muséologie est peu élevé : moins de 20 par année en moyenne entre les promotions de 1996-1997 et de 2007-2008. Dans ce contexte, les données de la Relance ne nous permettent pas d'avoir un portrait valide de la situation sur le marché du travail de ces diplômés.

Notons par ailleurs que l'attrait pour ce programme de formation a diminué considérablement depuis quelques années. Ainsi le nombre de débutants et de diplômés a diminué au moins de près de 40 % par rapport à son niveau de la fin des années 1990.

Précision

Tous ces mouvements (taux de roulement, possibilités de promotion, saisonnalité, etc.) peuvent aussi varier selon les spécialités présentes dans ce groupe professionnel. Malgré le volume d'emploi relativement faible, ce groupe professionnel comprend en effet de nombreuses spécialités qui présentent des caractéristiques fort différentes : guides et interprètes de musée, catalogueurs, techniciens de musée, aide-conservateurs, taxidermistes, encadreurs, techniciens en archéologie, etc.

Industries

Selon les données du recensement, près des trois quarts du personnel technique des musées et des galeries d'art travaillaient en 2006 dans les musées et les galeries d'art.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend surtout de la croissance du secteur des musées et de l'émergence des nouvelles technologies. La croissance du secteur des musées varie en fonction du financement gouvernemental, de leur popularité et de la vitalité du tourisme.

- Financement gouvernemental

Malgré certains écarts annuels, les dépenses réelles (après inflation) liées aux institutions muséales provenant de l'administration publique québécoise ont augmenté assez fortement entre 1996-1997 et 2008-2009 (environ 2,4 % par année), selon les données de l'Institut de la statistique du Québec. Les dépenses provenant du gouvernement fédéral ont elles aussi augmenté fortement. En plus de subventionner directement les musées, les gouvernements financent aussi l'acquisition d'œuvres d'art au moyen de mesures fiscales accessibles aux donateurs d'objets de collection dans les musées. Cela dit, étant donné que les priorités gouvernementales sont concentrées dans le secteur de la santé, les perspectives pour les prochaines années semblent plutôt mitigées de ce côté.

- Popularité des musées

Le nombre de visiteurs est demeuré assez stable au cours des dernières années, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec. Pour accroître la fréquentation, les musées ont développé des mécanismes de collaboration avec d'autres intervenants du milieu de la culture et du tourisme. Les campagnes de promotions, telles les journées portes ouvertes, la présentation d'expositions correspondant aux goûts des visiteurs et l'intégration d'éléments multimédias à ces expositions ont permis d'élargir le bassin de personnes intéressées à visiter des musées. En outre, pour diversifier leurs sources de revenus, les musées n'hésitent plus à vendre des produits et services connexes aux thèmes des expositions.

- Tourisme

Au cours des années 1990, les musées ont profité de la vitalité du tourisme. Cette vitalité provenait autant des touristes étrangers que des Québécois qui étaient nombreux à prendre leurs vacances au Québec. Si les musées ont profité de cet apport, notons que leur présence contribue par elle-même à attirer un bon nombre de touristes. Ils font d'ailleurs partie intégrante des programmes de promotion du tourisme.

La situation s'est toutefois quelque peu détériorée depuis 2001 en raison d'événements ponctuels malheureux (11 septembre 2001, syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), guerre en Irak, etc.), de la récession aux États-Unis et, en 2003, de la remontée du dollar canadien.

Après avoir subi assez durement la récession en 2009, le tourisme devrait s'améliorer, quoique le niveau élevé du dollar canadien et la hausse probable du prix du pétrole pourraient ralentir quelque peu le niveau de croissance du tourisme. Par contre, aux avantages cités plus tôt s'est ajoutée plus récemment la popularité du tourisme nordique, du camping sauvage, de l'écotourisme et du tourisme gastronomique. En plus, de nombreux projets d'investissements permettront de développer davantage les infrastructures touristiques au Québec.

- Émergence des nouvelles technologies

L'émergence des nouvelles technologies modifie passablement l'environnement de travail du personnel technique des musées et des galeries d'art. Par exemple, Internet devient incontournable tant comme source d'information que pour la recherche d'œuvres liées à une exposition. L'organisation de bases de données, telle la base Info-muse réalisée grâce à la collaboration des différents paliers de gouvernements et de la Société des musées québécois, permet de répertorier, rechercher et diffuser un grand nombre d'objets, d'artefacts et d'œuvres provenant de collections du Québec. Ces nouvelles technologies permettent d'accélérer le travail des membres de cette profession, surtout celui des catalogueurs, techniciens de musée et aide-conservateurs. Les systèmes de guides virtuels font, eux, diminuer la demande de guides et interprètes de musée.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'emplois du personnel technique des musées et des galeries d'art devrait demeurer assez stable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 55 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en forte hausse depuis 1991 (45 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (33 840 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 33 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 13 150 $. Reflet des exigences croissantes des employeurs, environ 43 % des membres de cette profession étaint titulaires d'un baccalauréat en 2006, par rapport à 33 % en 1991. On y retrouvait en 2006 la même proportion de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (11 %).

Exigences

En plus de posséder des connaissances dans leur domaine et de l'intérêt pour les biens culturels, les candidats doivent posséder différentes aptitudes selon la spécialité qu'ils visent. Ainsi, ils doivent avoir des aptitudes en communication, en travail en équipe, et en analyse et résolution de problèmes. La dextérité, la créativité et la minutie sont d'autres qualités recherchées. Le bilinguisme est parfois essentiel.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut généralement être titulaire d'un diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de muséologie ou d'un autre programme collégial ou universitaire lié au domaine des arts ou aux tâches du poste visé. La maîtrise en muséologie représente un atout pour occuper certains postes de ce groupe professionnel et pour accéder à des promotions à des postes de conservateur ou de directeur de musée.

Seul le cégep Montmorency offre le DEC en techniques de muséologie.

Références utiles

Cégep Montmorency
http://www.cmontmorency.qc.ca/
Techniques de muséologie:
http://www.cmontmorency.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=178&Itemid=296

Société des musées québécois
http://www.smq.qc.ca/

Association des musées canadiens
http://www.museums.ca/

Ministère de la Culture et des communications, muséologie :
http://www.mcccf.gouv.qc.ca/
Politique muséale Vivre autrement... la ligne du temps :
http://www.mcccf.gouv.qc.ca/index.php?id=63 

Considérations importantes

Étant donné que les effets positifs de la croissance dans le secteur des musées semblent annulés par les effets négatifs de l'implantation des nouvelles technologies, le nombre d'emplois du personnel technique des musées et des galeries d'art devrait demeurer assez stable au cours des prochaines années.

Ce groupe professionnel comprend de nombreuses spécialités qui présentent des caractéristiques fort différentes : guides et interprètes de musée, catalogueurs, techniciens de musée, aide-conservateurs, taxidermistes, encadreurs, etc.

5212 - Personnel technique des musées et des galeries d'art
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 5212 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 1 800 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 90 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 0 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 50 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 50 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 5212 Ensemble des
professions
Hommes 44,6 % 52,7 %
Femmes 55,4 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 5212 Ensemble des
professions
15- 24 ans 20,1 % 14,1 %
25- 44 ans 43,8 % 45,1 %
45- 64 ans 34,5 % 38,8 %
65 ans et plus 1,5 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 5212 Ensemble des
professions
Plein temps 68,4 % 79,2 %
Temps partiel 31,6 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
5212 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 32,4 % 53,2 %
Moyen 33 840 45 157
0 à 19 999 $ 19,0 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 67,9 % 52,4 %
50 000 $ et plus 13,1 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
5212 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 7,6 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 14,2 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 35,0 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 43,1 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 5212 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,4 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,9 % 2,5 %
Capitale-Nationale 19,6 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,8 % 5,4 %
Estrie 5,3 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,4 % 2,9 %
Montérégie 4,8 % 18,7 %
Montréal 23,9 % 24,1 %
Laval 2,9 % 5,0 %
Lanaudière 3,3 % 5,8 %
Laurentides 3,8 % 7,0 %
Outaouais 16,7 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 3,8 % 1,8 %
Mauricie 3,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,0 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,4 % 1,7 %


5212 Ensemble des
professions
Travail autonome 10,8 % 11,2 %


5212 Ensemble des
professions
Immigration 5,6 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Arts, spectacles et loisirs 79,1
- établissements du patrimoine (y compris les musées et les galeries d'art) 73,0
- artistes, auteurs et interprètes indépendants 5,1