Peintres, sculpteurs et artistes des arts visuels

5136 - Peintres, sculpteurs/sculpteures et autres artistes des arts visuels
Textes de la profession

Nature du travail

Les peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels créent des peintures, des dessins, des sculptures, des gravures et autres œuvres artistiques originales. Ce groupe comprend aussi les professeurs d'art qui enseignent généralement dans des écoles des beaux-arts.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=5136 

Exemples de titres professionnels

Aquarelliste;
artiste;
artiste-peintre;
portraitiste;
professeur d'art (sauf niveaux primaire, secondaire et postsecondaire);
sculpteur;
sérigraphiste.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : janvier 2011)

Au cours des dernières années, le nombre de peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels a augmenté légèrement. L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la croissance économique, du tourisme et du financement gouvernemental. Compte tenu des tendances dans ces domaines, on prévoit que leur nombre continuera à augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels qui prendront leur retraite et, dans une bien moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. Notons à cet effet qu'un bon nombre de membres de cette profession ne prennent jamais de retraite comme telle, continuant à exercer leurs activités tout au long de leur vie. D'ailleurs, la proportion des membres de cette profession âgés de 65 ans et plus est beaucoup plus élevée que pour la moyenne des professions (10,2 % par rapport à 2,0 % dans l'ensemble des professions en 2006, selon les données du recensement).

D'autres débouchés s'ajouteront parce qu'un bon nombre de membres de cette profession la quittent en raison de la précarité des emplois. Comme bien des professions du domaine des arts, le phénomène du cumul d'emplois est fréquent. Ils sont en effet très nombreux à occuper toutes sortes d'emplois pour combler les revenus souvent insuffisants de leurs activités dans cette profession. D'autres réalisent des œuvres à la fois dans cette profession et comme artisans (voir 5244). Notons enfin que le phénomène de cumul d'emplois se retrouve aussi fréquemment à l'intérieur même de cette profession, par exemple peintre, sculpteur et professeur de peinture ou de sculpture dans une école d'art ou à domicile.

Bassin de main-d'œuvre

Un certain nombre de débouchés seront accessibles aux titulaires de diplômes universitaires et collégiaux en arts visuels, en arts plastiques, en création visuelle, en peinture, en sculpture ou dans un autre domaine lié aux beaux arts. Peu de débouchés seront pourvus par des peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels expérimentés qui sont relativement peu nombreux en chômage, ce qui est normal dans une profession qui compte une majorité de travailleurs autonomes. Par contre, on trouve un bon nombre de personnes qui aspirent à une carrière dans cette profession tout en occupant des emplois dans d'autres professions. Un bon nombre de débouchés seront pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (20 % par rapport à 12 %). Finalement, d'autres débouchés seront pourvus par des autodidactes qui ont parfois suivi des formations privées qui ne débouchent pas nécessairement sur des diplômes reconnus. Reflet de ce phénomène, à peine 40 % des membres de cette profession étaient titulaires d'un diplôme postsecondaire dans le domaine des arts visuels et d'interprétation (domaine qui comprend les arts plastiques et visuels) en 2006, selon les données du recensement.

Cette profession attire donc énormément de candidats. Il s'agit en effet d'une profession qui donne une image positive, tout en laissant la place à une créativité gratifiante. La concurrence est toutefois féroce. Cette concurrence se reflète de bien des façons. Par exemple, le taux de placement en rapport avec la formation des titulaires d'un baccalauréat en arts plastiques est nettement plus faible que la moyenne, leur salaire beaucoup moins élevé et leur taux de chômage plus élevé, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation. En plus, ceux qui déclarent travailler dans un domaine en rapport avec leur formation occupent en majorité des emplois dans d'autres professions, par exemple dans l'enseignement et en conception graphique. Cette observation n'est pas vraiment étonnante, puisque ce programme permet d'obtenir une autorisation d'enseigner.

Autre reflet de la concurrence féroce dans cette profession, environ 54 % des peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels ont eu un revenu d'emploi inférieur à 10 000 $ en 2005, proportion près de trois fois fois plus élevée que pour l'ensemble des professions (20 %), et ce, malgré un niveau de scolarité plus élevé, selon les données du recensement de 2006.

Industries

Selon les données du recensement, environ 81 % des peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels travaillaient en 2006 comme artistes indépendants. On en trouvait aussi en nombre significatif dans les autres établissements d'enseignement et de formation, sûrement dans les écoles des beaux-arts (7 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la croissance économique, du tourisme et du financement gouvernemental.

- Croissance économique

Le marché de la peinture, de la sculpture et des autres œuvres produites par les membres de cette profession est très sensible à la situation économique, puisqu'il s'agit essentiellement d'un marché de biens de luxe. Dans les périodes difficiles, ce type d'achat est en effet parmi les premiers à faire les frais des réductions de dépenses des consommateurs. À l'inverse, lorsque les revenus et la confiance des consommateurs leur permettent à nouveau d'envisager l'achat de biens de luxe, le marché des arts visuels repart à la hausse. De même, le marché de la vente d'œuvres à des organismes publics ou à des entreprises privées fluctue fortement en fonction de la situation économique. Le lien entre la situation économique et la vente d'œuvres d'art est en plus accentué par la Politique d'intégration des arts à l'architecture du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Cette politique consiste en effet à réserver une partie du budget de construction ou d'agrandissement d'un bâtiment ou d'un site public (environ 1%, proportion variant en fonction de la valeur des travaux) à la réalisation d'une ou de plusieurs œuvres d'art conçues spécifiquement pour ce lieu. Ainsi, la contribution de cette politique à l'emploi dans cette profession s'accroît lorsque la situation économique permet au gouvernement d'augmenter ses investissements en immeubles, et diminue lorsque ces investissements sont en baisse.

Au cours des dernières années, le nombre de peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels a d'ailleurs évolué en fonction de la croissance économique et, dans une moindre mesure, des investissements gouvernementaux en immeubles : baisse au début des années 1990 et augmentation marquée par la suite. Étant donné qu'on prévoit un niveau de croissance économique légèrement inférieur à celui observé avant la récession de 2009 et le maintien du niveau des investissements gouvernementaux en immeubles au cours des prochaines années, ce facteur devrait avantager un peu moins l'emploi dans cette profession qu'auparavant.

- Tourisme

Le marché des arts visuels évolue également en fonction des tendances qui influencent le tourisme. En effet, le tourisme favorise plusieurs créneaux des arts visuels, par exemple les ventes des portraitistes et des paysagistes, ainsi que celles des galeries d'art et des ateliers de peinture et de sculpture. Le tourisme au Québec a bénéficié au cours des années 1990 du bas niveau du dollar canadien et de la popularité croissante des festivals et autres événements spéciaux. Cette croissance s'est manifestée autant par l'augmentation du nombre de touristes étrangers que du nombre de Québécois qui prennent leurs vacances au Québec. La situation s'est toutefois quelque peu détériorée depuis 2001 en raison d'événements ponctuels malheureux (11 septembre 2001, syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), guerre en Irak, etc.), de la récession aux États-Unis et, depuis 2003, du niveau élevé du dollar canadien.

Après avoir subi assez durement la récession en 2009, le tourisme devrait s'améliorer, quoique le niveau élevé du dollar canadien et la hausse probable du prix du pétrole pourraient ralentir quelque peu le niveau de croissance du tourisme. Par contre, aux avantages cités plus tôt s'est ajoutée plus récemment la popularité du tourisme nordique, du camping sauvage, de l'écotourisme et du tourisme gastronomique. En plus, de nombreux projets d'investissements permettront de développer davantage les infrastructures touristiques au Québec.

- Financement gouvernemental

L'emploi dans cette profession dépend fortement de l'aide publique. Par exemple, entre 1999-2000 et 2008-2009, l'aide publique a représenté en moyenne entre 75 % et 80 % des recettes des centres d'artistes en arts visuels, soutenus par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Les dépenses réelles (après inflation) liées aux arts visuels provenant de l'administration publique québécoise ont augmenté fortement entre 1993-1994 et 2001-2002 (plus de 3 % par année) pour ensuite diminuer encore plus rapidement entre 2001-2002 et 2008-2009 (baisse de près de 8 % par année), selon les données de l'Institut de la statistique du Québec. Ainsi, en tenant compte de l'inflation, ces dépenses se retrouvaient en 2008-2009 nettement moins élevées qu'en 1993-1994. Les dépenses provenant du gouvernement fédéral, quoique de bien moindre ampleur, ont, elles aussi, augmenté fortement de 1996-1997 à 2002-2003, diminué entre 2002-2003 et 2005-2006, avant de repartir en faible hausse par la suite. Étant donné que les priorités gouvernementales sont concentrées dans le secteur de la santé, les perspectives pour les prochaines années semblent plutôt mitigées de ce côté.

- Autres facteurs

D'autres facteurs peuvent aussi influencer l'emploi dans cette profession, mais de façon plus indirecte. Par exemple, l'arrivée à l'âge de la préretraite et de la retraite d'un grand nombre de «baby-boomers» pourrait entraîner une croissance significative de la pratique des arts visuels et, par voie de conséquence, de la demande de cours d'arts visuels.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Comme de nombreux membres de cette profession doivent cumuler des emplois pour gagner leur vie, il est important de souligner que les données de la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concernent que les personnes dont la principale profession était peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels lors de la semaine où s'est tenu le recensement en 2006 ou lors des semaines de références de l'Enquête (mensuelle) sur la population active (EPA). Elles ne touchent pas ceux qui exerçaient une autre profession lors de ces semaines en attendant de pouvoir revenir à cette profession. Les données sur ces personnes sont plutôt comprises dans les professions qu'ils occupaient à ce moment.

En plus, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (15 779 $) ne concerne que les 35 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à seulement 10 625 $. Il faut aussi comprendre que ces revenus incluent les sommes reçues en occupant des emplois dans d'autres professions l'année précédant le recensement.

Notons en plus qu'environ 78 % des peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels étaient travailleurs autonomes en 2006, proportion sept fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (11 %), classant à ce chapitre cette profession au sixième rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec. Ces travailleurs autonomes ne peuvent pas toucher de prestations d'assurance-emploi quand ils sont sans travail. Comme environ 57 % des membres de cette profession ne travaillaient pas à l'année, cette caractéristique accentue encore le niveau de précarité de leurs conditions de travail. Mentionnons finalement que les femmes occupaient environ 55 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en forte hausse depuis 1991 (38 %).

Exigences

Outre l'atout que représente la formation scolaire, l'accès à cette profession dépend essentiellement des caractéristiques individuelles des candidats. Les compétences les plus importantes sont sans conteste la créativité, le talent, la sensibilité, la dextérité fine, le sens esthétique et la persévérance. Les aptitudes à négocier et à promouvoir ses réalisations font augmenter les chances de succès.

Études et formation

Il est possible de devenir peintre ou sculpteur sans formation spécifique. Toutefois, différents programmes de formation permettent de faciliter l'accès à cette profession et représentent donc un atout important. Outre l'importance manifeste des connaissances et aptitudes acquises grâce à ces programmes, ceux-ci contribuent également au développement de solides réseaux de contacts. En effet, les premières relations, établies grâce à des professeurs, à des pairs ou à d'autres personnes, sont d'une importance capitale dans le milieu artistique.

Les programmes qui permettent de faciliter l'accès à cette profession sont les baccalauréats et certificats en arts plastiques, en arts visuels, en création visuelle, en peinture, en sculpture ou dans un autre domaine lié aux beaux-arts, le diplôme d'études collégiales (DEC) dans les options impression textile et sculpture des techniques de métiers d'art, ainsi que les formations offertes dans les écoles d'art. En outre, le DEC général en arts plastiques contribue à améliorer les chances d'accéder à la formation universitaire, et même parfois, à cette profession.

Un portfolio de travail illustrant la créativité et le talent constitue souvent un atout très important.

Références utiles

Regroupement des artistes en arts visuels du Québec
http://www.raav.org/

Conseil des métiers d'art du Québec
http://www.metiers-d-art.qc.ca/

Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec
http://www.rcaaq.org/

Le Mouvement pour les arts et les lettres
http://www.mal.qc.ca/

Ministère de la Culture et des Communications
http://www.mcccf.gouv.qc.ca/

Conseil des arts et des lettres du Québec
http://www.calq.gouv.qc.ca/

Conseil des arts du Canada
http://www.conseildesarts.ca/

Conseil québécois des ressources humaines en culture
http://www.cqrhc.com/ 

Considérations importantes

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la croissance économique, du tourisme et du financement gouvernemental. Compte tenu des tendances dans ces domaines, on prévoit que le nombre de peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels augmentera légèrement au cours des prochaines années.

L'accès à cette profession devrait demeurer difficile car elle attire énormément de candidats. Reflet de la forte concurrence dans cette profession, les peintres, sculpteurs et autres artistes des arts visuels sont nombreux à devoir se contenter d'un revenu très modeste et à cumuler des emplois pour gagner leur vie.

5136 - Peintres, sculpteurs/sculpteures et autres artistes des arts visuels
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 5136 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 4 000 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 50 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,7 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 30 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 300 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 330 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 5136 Ensemble des
professions
Hommes 45,0 % 52,7 %
Femmes 55,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 5136 Ensemble des
professions
15- 24 ans 2,3 % 14,1 %
25- 44 ans 36,1 % 45,1 %
45- 64 ans 51,4 % 38,8 %
65 ans et plus 10,2 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 5136 Ensemble des
professions
Plein temps 60,2 % 79,2 %
Temps partiel 39,8 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
5136 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 33,5 % 53,2 %
Moyen 15 779 45 157
0 à 19 999 $ 71,3 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 23,2 % 52,4 %
50 000 $ et plus 5,5 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
5136 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 7,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 15,1 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 35,3 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 42,0 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 5136 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,4 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,2 % 2,5 %
Capitale-Nationale 11,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,5 % 5,4 %
Estrie 3,8 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,0 % 2,9 %
Montérégie 13,9 % 18,7 %
Montréal 42,0 % 24,1 %
Laval 2,6 % 5,0 %
Lanaudière 2,7 % 5,8 %
Laurentides 6,0 % 7,0 %
Outaouais 4,3 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,1 % 1,8 %
Mauricie 2,0 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,8 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,0 % 1,7 %


5136 Ensemble des
professions
Travail autonome 77,7 % 11,2 %


5136 Ensemble des
professions
Immigration 19,7 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Artistes, auteurs et interprètes indépendants 81,3
Autres établissements d'enseignement et de formation (y compris les écoles des beaux-arts) 7,2