Danseurs

5134 - Danseurs/danseuses
Textes de la profession

Nature du travail

Ce groupe de base comprend les danseurs et les professeurs de danse.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=5134 

Exemples de titres professionnels

Danseur folklorique;
danseur;
danseur à claquettes;
danseur de ballet;
danseur-interprète;
professeur de ballet;
professeur de danse;
professeur de danse sociale.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : janvier 2011)

Au cours des dernières années, le nombre de danseurs a augmenté légèrement. Cette croissance s'explique par la hausse de popularité des spectacles et des cours de danse. Cette tendance à la hausse légère devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront entre autres des besoins de remplacement des danseurs qui prendront leur retraite et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. Notons à cet effet que la proportion de danseurs âgés de 55 ans et plus est nettement plus faible que pour la moyenne des professions (10 % par rapport à 15 % dans l'ensemble des professions en 2006, selon les données du recensement), parce que ceux-ci prennent habituellement leur retraite ou quittent la profession plus jeunes que dans les autres professions. Ainsi, d'autres débouchés s'ajouteront en raison du taux de roulement relativement élevé dans cette profession. En effet, de nombreux danseurs quittent cette profession en raison de la précarité des emplois. D'ailleurs, la proportion de danseurs âgés de 15 à 24 ans est beaucoup plus élevée que pour la moyenne des professions (40 % par rapport à 14 % dans l'ensemble des professions en 2006, selon les données du recensement).

Comme bien des professions du domaine des arts, le phénomène du cumul d'emplois est fréquent. Ils sont en effet très nombreux à occuper toutes sortes d'emplois pour combler les périodes d'inactivité et les revenus souvent insuffisants de leurs activités dans cette profession. Enfin, d'autres danseurs quitteront cette profession pour d'autres professions du milieu des arts, par exemple des postes administratifs, de producteurs ou chorégraphes (voir 5131), de gérants ou de directeurs des arts du spectacle (voir 0512). S'ils possèdent la formation suffisante, ils peuvent aussi accéder à des postes d'enseignants aux niveaux collégial (voir 4131) et universitaire (voir 4121). Notons également que le phénomène du cumul d'emplois se retrouve aussi fréquemment à l'intérieur même de cette profession, par exemple, danseur et professeur de danse dans une école de danse ou de ballet.

Bassin de main-d'œuvre

Un certain nombre de débouchés seront accessibles aux titulaires de diplômes universitaires et collégiaux en danse, et aux finissants des écoles de danse et de ballet. D'autres débouchés seront pourvus par des danseurs expérimentés qui sont en chômage ou qui immigrent au Québec. D'ailleurs la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (19 % par rapport à 12 %, selon les données du recensement). En plus, on trouve un bon nombre de danseurs expérimentés dans des emplois qu'ils occupent temporairement en attendant des emplois ou des contrats dans le domaine de la danse. Finalement, d'autres débouchés seront pourvus par des autodidactes qui ont parfois suivi des formations privés qui ne débouchent pas nécessairement sur des diplômes reconnus. Reflet de ce phénomène, seulement 21 % des membres de cette profession étaient titulaires d'un diplôme postsecondaire dans le domaine des arts visuels et d'interprétation (qui comprend la danse) en 2006, selon les données du recensement.

Cette profession attire énormément de candidats. Il s'agit en effet d'une profession qui donne une image positive, tout en laissant la place à une créativité gratifiante. La concurrence est toutefois féroce. Cette concurrence se reflète de bien des façons. Par exemple, selon les données du recensement de 2006, environ 55 % des danseurs avaient un revenu d'emploi inférieur à 10 000 $ en 2005, proportion près de trois fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (20 %), et ce, malgré un niveau de scolarité semblable.

Comme le nombre de titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) et du baccalauréat en danse est peu élevé, les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport doivent être interprétées avec prudence. Cela dit, ces diplômés de distinguent nettement par un taux de placement dans des emplois en rapport à leur formation beaucoup plus faible que chez les autres diplômés. Notons finalement que le baccalauréat en danse permet d'obtenir une autorisation d'enseigner. Ces diplômés peuvent ainsi accéder à des postes d'enseignants aux niveaux secondaire (voir 4141) et collégial (voir 4131).

Industries

Selon les données du recensement, environ les deux tiers des danseurs travaillaient en 2006 dans l'enseignement, comme professeurs de danse (y compris le ballet, la danse sociale, contemporaine, folklorique, etc.). À peine 31 % se retrouvaient dans l'industrie des arts, des spectacles et des loisirs, dont 21 % dans des troupes de danse, 6 % dans des centres de sports récréatifs et de conditionnement physique, et 4 % étaient des interprètes indépendants.

Tendances

Au cours des dernières années, le changement le plus remarquable dans la composition industrielle des danseurs se retrouve du côté du secteur de l'enseignement, selon les données des recensements. Ainsi, environ 67 % d'entre eux travaillaient surtout dans le secteur de l'enseignement en 2006 par rapport à seulement 21 % en 1991. Il s'agit d'un changement majeur, puisque cette profession ne comprend que les professeurs de danse qui travaillent dans les studios et écoles de danse, mais pas ceux qui enseignent la danse dans les commissions scolaires, les cégeps et les universités (voir respectivement 4141, 4131 et 4121). Cette tendance dans le secteur de l'enseignement devrait continuer à bénéficier aux danseurs au cours des prochaines années.

Selon deux sources différentes, l'assistance aux spectacles de danse a augmenté fortement jusqu'en 2002-2003, avant de chuter au cours des trois années suivantes. Ainsi, l'étude «La diffusion des arts de la scène, 1989-1990, 1993-1994 et 1997-1998» du ministère de la Culture et des Communications, révèle que le nombre de représentations et de spectateurs de spectacles de danse a plus que doublé entre 1989 et 1998. De même, les «Statistiques principales des organismes de production en danse, soutenus par le Conseil des arts et des lettres du Québec», diffusées annuellement par l'Institut de la statistique du Québec, nous montrent que le nombre de spectateurs de spectacles de danse a augmenté de près de 75 % entre 1994-1995 et 2002-2003. Le nombre de spectateurs a ensuite diminué de moitié entre 2002-2003 et 2005-2006, se retrouvant à son niveau le plus faible des douze dernières années. Cette baisse semble résulter des problèmes vécus par des organismes de production de spectacles de danse au cours des toutes dernières années, notamment la disparition du Festival international de nouvelle danse en 2003 et la fermeture de la Fondation Jean-Pierre Perreault en 2004.

Même si ces événements ont frappé durement de nombreux danseurs et intervenants du milieu, ils ne semblent pas compromettre la tendance de fond de la croissance de la popularité de la danse. D'ailleurs, grâce à un accord avec ses créanciers à la fin 2005, la Fondation Jean-Pierre Perreault pourra maintenir certaines de ses activités. En plus, un nouveau festival de création contemporaine, le Festival TransAmériques, regroupant des spectacles de danse et de théâtre, a pris le relais du Festival international de nouvelle danse en 2007. Ces événements ont en effet permis un regain, puisque les données de l'Institut de la statistique du Québec nous montrent un retour à la croissance du nombre de spectateurs entre 2006-2007 et 2008-2009, croissance qui a toutefois permis de retrouver les trois quarts des spectateurs perdus entre le sommet de 2002-2003 et le plancher de 2005-2006.

En outre, le financement gouvernemental des activités de danse a diminué au milieu des années 1990, soit au cours de la période des compressions gouvernementales, pour ensuite augmenter fortement jusqu'en 2001-2002, puis se stabiliser par la suite. Étant donné que les priorités gouvernementales seront concentrées dans le secteur de la santé, les perspectives pour les prochaines années semblent plutôt mitigées de ce côté.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de danseurs augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Comme de nombreux danseurs doivent cumuler des emplois pour gagner leur vie, il est important de souligner que les données de la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concernent que les personnes dont la principale profession était danseur (y compris professeur de danse) lors de la semaine où s'est tenu le recensement en 2006 ou lors des semaines de références de l'Enquête (mensuelle) sur la population active (EPA). Elles ne touchent pas les nombreux danseurs qui exerçaient une autre profession lors de ces semaines. Les données sur ces personnes sont plutôt comprises dans les professions qu'ils occupaient à ce moment.

En plus, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (29 006 $) ne concerne que les 11 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à seulement 11 400 $. Il faut aussi comprendre que ces revenus incluent les sommes reçues en occupant des emplois dans d'autres professions l'année précédant le recensement. Notons en plus que les danseurs sont souvent payés au moyen de cachets qui ne leur permettent pas de toucher de prestations d'assurance-emploi quand ils sont sans travail. D'ailleurs, environ 25 % des danseurs étaient travailleurs autonomes en 2006, proportion plus de deux fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (11 %).

Autre reflet de la précarité de l'emploi dans cette profession, environ 64 % d'entre eux travaillaient surtout à temps partiel en 2005, classant à ce chapitre cette profession au quatrième rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec. Mentionnons également que les femmes occupaient environ 80 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse depuis 1991 (73 %). Chez les professeurs de danse salariés, on observe un certain chômage saisonnier de juin à août. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est de deux à quatre fois plus élevé en août que de septembre à mai.

Exigences

Outre l'atout que représente la formation scolaire, l'accès à cette profession dépend essentiellement des caractéristiques individuelles des candidats. Les compétences les plus importantes sont sans conteste la passion, la créativité, le talent, la sensibilité, les habiletés physiques, la résistance à l'effort et à la fatigue, le sens esthétique et la persévérance. Les professeurs de danse doivent en plus démontrer des aptitudes et de l'intérêt à transmettre des connaissances, et avoir de grandes capacités à communiquer. Les aptitudes à négocier et à promouvoir ses réalisations font augmenter les chances de succès.

Études et formation

Même s'il est toujours possible d'accéder à cette profession sans formation spécifique, le diplôme d'études collégiales (DEC) en danse-interprétation, le baccalauréat en danse ou toute autre formation dans le domaine de la danse ou du ballet représentent un atout important. Outre l'importance manifeste des connaissances et aptitudes acquises grâce à ces formations, elles permettent également à leurs diplômés de se développer un solide réseau de contacts. En effet, les premières relations, établies grâce à des professeurs, à des pairs ou à d'autres personnes, sont d'une importance capitale dans le milieu artistique. Dans le secteur public, seuls les cégeps du Vieux-Montréal et de Sainte-Foy offrent le DEC en danse-interprétation. Seules l'Université du Québec à Montréal et la Concordia University (en anglais) offrent le baccalauréat en danse.

Les aptitudes démontrées à l'occasion d'une audition ou de rôles précédents constituent le principal critère d'embauche.

Les professeurs de danse doivent habituellement avoir de l'expérience en tant que danseur.

Références utiles

Regroupement québécois de la danse
http://www.quebecdanse.org

Union des artistes
http://www.uniondesartistes.com/

Le Mouvement pour les arts et les lettres
http://www.mal.qc.ca/

Ministère de la Culture et des Communications
http://www.mcccf.gouv.qc.ca/

Conseil des arts et des lettres du Québec
http://www.calq.gouv.qc.ca/

Conseil des arts du Canada
http://www.canadacouncil.ca/

Conseil québécois des ressources humaines en culture
http://www.cqrhc.com/ 

Considérations importantes

Compte tenu de la hausse de popularité des spectacles et des cours de danse, le nombre de danseurs devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années

Cette profession attire énormément de candidats. En plus, de très nombreux danseurs doivent se contenter d'un revenu très modeste et cumuler des emplois pour gagner leur vie.

5134 - Danseurs/danseuses
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 5134 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 2 550 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 25 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,6 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 15 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 60 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 75 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 5134 Ensemble des
professions
Hommes 20,3 % 52,7 %
Femmes 79,7 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 5134 Ensemble des
professions
15- 24 ans 40,0 % 14,1 %
25- 44 ans 35,8 % 45,1 %
45- 64 ans 22,9 % 38,8 %
65 ans et plus 1,3 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 5134 Ensemble des
professions
Plein temps 36,3 % 79,2 %
Temps partiel 63,7 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
5134 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 9,9 % 53,2 %
Moyen 29 006 45 157
0 à 19 999 $ 34,6 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 50,0 % 52,4 %
50 000 $ et plus 15,4 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
5134 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 12,9 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 30,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 41,9 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 14,9 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 5134 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,5 % 2,5 %
Capitale-Nationale 6,5 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 2,3 % 5,4 %
Estrie 3,1 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,2 % 2,9 %
Montérégie 13,5 % 18,7 %
Montréal 49,2 % 24,1 %
Laval 3,5 % 5,0 %
Lanaudière 3,1 % 5,8 %
Laurentides 5,8 % 7,0 %
Outaouais 5,0 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,2 % 1,8 %
Mauricie 0,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,9 % 1,7 %


5134 Ensemble des
professions
Travail autonome 25,2 % 11,2 %


5134 Ensemble des
professions
Immigration 19,4 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi (%) (%)
Autres établissements d'enseignement et de formation (y compris les studios et écoles de danse et de ballet) 66,5
Arts, spectacles et loisirs 31,4
- compagnies d'arts d'interprétation 21,5
- autres services de divertissement et de loisirs (y compris les salles de danse) 6,2
- artistes, auteurs et interprètes indépendants 3,7