Bibliothécaires
5111 - Bibliothécaires
Textes de la profession
Nature du travail
Les bibliothécaires choisissent, constituent, organisent et conservent les collections d'une bibliothèque et fournissent des services consultatifs aux clients.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=5111
Exemples de titres professionnels
Bibliographe;
bibliothécaire;
bibliothécaire-conseil;
catalogueur;
cyberthécaire;
surveillant de bibliothèque.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : décembre 2010)
Jusqu'en 2008, le nombre de bibliothécaires a diminué légèrement. Les changements technologiques expliquent en bonne partie cette baisse. Cette tendance s'est inversée en 2008 en raison de l'entrée en vigueur du « Plan d'action sur la lecture à l'école » du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) qui a permis et permettra à l'avenir l'embauche d'un nombre appréciable de bibliothécaires. En conséquence, le nombre de bibliothécaires devrait cesser de diminuer et augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des bibliothécaires qui libéreront leur poste en raison de la retraite. En effet, l'âge moyen des bibliothécaires est nettement plus élevé que celui de l'ensemble des travailleurs. D'ailleurs, la proportion de bibliothécaires âgés de 55 ans et plus était en 2006 beaucoup plus élevée que dans l'ensemble des professions (24 % par rapport à 15 %, selon les données du recensement). En plus, quelques débouchés s'ajouteront en raison de promotions à un poste de direction et de l'augmentation de l'emploi.
La formation et l'expérience des bibliothécaires leur permettent d'accéder à des postes dans diverses professions du monde de l'information : archiviste, recherchiste, gestionnaire de l'information, concepteur de produits multimédias et de sites Internet et intranets, formateur, etc.
Bassin de main-d'œuvre
Les débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés de la formation universitaire et, dans une moindre mesure, à des bibliotechniciens (voir 5211) expérimentés. Peu de postes seront pourvus par des bibliothécaires en chômage, puisque le taux de chômage est relativement faible dans cette profession. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants était en 2006 un peu plus élevée dans cette profession que dans l'ensemble des professions (15 % par rapport à 12 %).
Malgré le nombre relativement limité de débouchés, le taux de placement et le taux de chômage des diplômés de la maîtrise en sciences de l'information (bibliothéconomie) se comparent avantageusement à ceux des autres diplômés de la maîtrise, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
L'importance d'être titulaire d'une maîtrise pour accéder à cette profession se reflète dans les données du recensement. En effet, près des trois quarts (72 %) des bibliothécaires possédaient en 2006 une scolarité supérieure au baccalauréat.
Industries
Selon les données du recensement, environ 52 % des bibliothécaires travaillaient en 2006 dans des bibliothèques. On en retrouvait également en bon nombre dans les bibliothèques et centres de documentation du secteur de l'enseignement (16 %), en premier lieu dans les universités (12 %), et dans l'administration publique (11 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la fréquentation des bibliothèques publiques, des changements technologiques, de l'organisation du travail, des décisions gouvernementales et de la demande d'information.
- Bibliothèques publiques
La fréquentation des bibliothèques publiques varie en fonction de la popularité de la lecture de livres et de l'achat de livres. Selon les «Statistiques principales de la culture et des communications» de l'Institut de la statistique du Québec, la popularité de la lecture de livres a augmenté légèrement entre 1994 et 2004. Si la lecture de livres a subi les effets de la concurrence avec les activités récréatives (télévision, spectacles, sports et loisirs, Internet, jeux vidéo, etc.), elle a par contre bénéficié de la hausse de la scolarité de la population. Conséquence de ces deux facteurs, la popularité de la lecture de livres a crû énormément chez les personnes âgées de 55 ans et plus, est demeurée assez stable chez les personnes âgées de 25 à 54 ans et a diminué chez les jeunes âgés de moins de 25 ans, plus attirés par les activités récréatives. Ce constat laisse entrevoir une baisse de la popularité de la lecture de livres à moyen, sinon à long terme.
Malgré cette hausse de la popularité de la lecture de livres, la valeur en dollars constants de la vente de livres a diminué de façon notable entre 1994 et 2001 et n'a augmenté qu'au rythme de la croissance de la population entre 2001 et 2009, selon les données de l'institut de la statistique du Québec. Ainsi, une bonne proportion de la hausse de la popularité de la lecture de livres s'est davantage concrétisée par une augmentation de la fréquentation des bibliothèques que par une augmentation des ventes de livres. Depuis 1995, on observe en effet dans les bibliothèques publiques une croissance importante du nombre de prêts et d'employés, dont des bibliothécaires et des bibliotechniciens. Rien ne laisse penser que cette tendance se modifiera au cours des prochaines années.
- Changements technologiques
Les changements technologiques ont globalement défavorisé la demande dans cette profession et devraient continuer à la défavoriser au cours des prochaines années. En effet, les tâches traditionnelles des membres de cette profession sont grandement accélérées par l'informatisation des achats, des budgets, du catalogage et des activités d'emprunt, de retour et de réservation de livres. En outre, les bases de données informatisées permettent aux usagers de trouver facilement par eux-mêmes les documents recherchés. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.
- Décisions gouvernementales et organisation du travail
Les dépenses liées aux bibliothèques provenant de l'administration publique québécoise ont diminué fortement entre 1994-1995 et 1999-2000 (baisse de plus de 4 % par année en tenant compte de l'inflation), surtout dans les bibliothèques scolaires (baisse de 6,5 % par année). Face aux pressions provenant autant du milieu scolaire que des milieux de la culture, de l'alphabétisation et des nouvelles technologies, ces dépenses sont ensuite reparties en hausse. Elles ont en effet augmenté en moyenne de plus de 5 % par année en tenant compte de l'inflation entre 1999-2000 et 2008-2009 pour l'ensemble des bibliothèques et de plus de 4 % par année pour les bibliothèques scolaires. Si cette augmentation des dépenses s'est concentrée dans un premier temps sur la construction d'immeubles, sur le branchement à Internet et sur l'achat de livres et d'équipements informatiques, elle se manifeste aussi depuis peu par l'embauche de bibliothécaires dans les commissions scolaires. Ainsi, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) annoncé l'embauche de 20 à 25 bibliothécaires par année pendant 10 ans, dont une cinquantaine ont été embauchés en 2009 et 2010.
Ainsi, si l'emploi des bibliothécaires s'est maintenu dans les bibliothèques publiques, il a diminué beaucoup dans le secteur de l'enseignement jusqu'en 2008. Les écoles, surtout au primaire, se reposaient souvent sur des bénévoles pour s'occuper de leur bibliothèque. Lorsqu'elles embauchaient du personnel, les écoles secondaires et les cégeps recrutaient de plus en plus de bibliotechniciens (voir 5211).
La décision du MELS de recommencer à embaucher des bibliothécaires modifiera complètement cette tendance. Si cette décision ne devrait pas nuire aux bibliotechniciens, elle favorisera sans contredit l'embauche de bibliothécaires. En conséquence, on peut s'attendre à ce que le nombre de bibliothécaires augmente à un bon rythme dans le milieu scolaire au cours des prochaines années.
- Demande d'information
Cette profession connaît des changements profonds qui permettent le développement de nouveaux créneaux d'intervention. Ces changements proviennent essentiellement de l'explosion de la demande et de la disponibilité de l'information de toutes sortes, surtout sur Internet, mais aussi sur des bases de données spécialisées. Pour pouvoir utiliser cette information de façon rapide et efficace, il faut savoir la trouver et l'organiser. La création de protocoles d'accès, de catalogues ou d'index pour des intranets ou pour Internet fournit donc de nouvelles possibilités de travail pour les bibliothécaires. On assiste en outre à l'apparition de «nouvelles» professions dans le milieu de l'information, dont certaines correspondent au groupe des bibliothécaires : courtiers d'information, formateurs en gestion de l'information, gestionnaires des connaissances, veilleurs stratégiques, «informationnistes», etc. Si certains aspects des tâches de ces spécialistes de l'information s'apparentent parfois plus à celles des administrateurs, des rédacteurs, des journalistes ou même parfois des informaticiens, l'émergence de ces professions offre à tout le moins aux bibliothécaires de nouvelles possibilités de mettre en valeur leurs compétences et leur permet de progresser dans leur carrière. Face à cette nouvelle demande, les bibliothécaires qui possèdent une formation dans des domaines tels que l'administration, l'informatique ou l'ingénierie ont un avantage certain.
Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, le nombre de bibliothécaires devrait cesser de diminuer et augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 80 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (77%). Cette proportion devrait demeurer assez stable au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent selon les années de 70 % à 80 % des nouveaux diplômés de la maîtrise en sciences de l'information (bibliothéconomie). L'été est la saison où il y a le plus de chômage dans cette profession en raison de la fermeture ou du ralentissement des activités de plusieurs bibliothèques, surtout dans le secteur de l'enseignement. D'ailleurs, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est de deux à trois fois plus élevé au mois d'août que de septembre à juin.
La donnée sur le revenu annuel d'emploi (52 179 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 63 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 28 205 $. Il n'y avait pas de travailleurs autonomes dans cette profession en 2006.
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui connaissent bien tous les aspects techniques de la profession, y compris les principaux logiciels utilisés dans ce milieu et qui se tiennent à jour sur les développements dans le milieu documentaire. Les candidats doivent posséder une solide culture générale, démontrer un bon sens de l'organisation et avoir de la facilité à communiquer et à s'adapter. L'autonomie, la minutie, la polyvalence et l'ouverture d'esprit sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est essentiel.
Études et formation
Pour accéder à un poste de bibliothécaire, il faut habituellement être titulaire d'une maîtrise en sciences de l'information (bibliothéconomie). Cette formation est offerte par les universités de Montréal et McGill.
L'appartenance à la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec est obligatoire pour porter le titre de «bibliothécaire professionnel» et représente un atout pour accéder à un poste de bibliothécaire. Pour être membre à la Corporation, il faut posséder un diplôme ou l'équivalent en bibliothéconomie et sciences de l'information.
La Corporation et l'Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) offrent des activités de formation et de perfectionnement.
Références utiles
Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec
http://www.cbpq.qc.ca/
ASTED (Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation)
http://www.asted.org/
Université de Montréal
École de bibliothéconomie et des sciences de l'information
http://www.ebsi.umontreal.ca/
McGill University
Graduate School of Library and Information Studies
http://www.mcgill.ca/sis/
Observatoire de la culture et des communications du Québec
http://www.stat.gouv.qc.ca/observatoire/
Statistiques principales de la culture et des communications au Québec
http://www.stat.gouv.qc.ca/observatoire/publicat_obs/stat_princ_cult.htm
Considérations importantes
Le nombre de bibliothécaires devrait cesser de diminuer et augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Le taux de placement et le taux de chômage des diplômés de la maîtrise en sciences de l'information (bibliothéconomie) se comparent avantageusement à ceux des autres diplômés de la maîtrise.
5111 - Bibliothécaires
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 5111 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 1 450 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 25 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,7 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 10 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 80 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 90 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 5111 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 20,3 % | 52,7 % |
| Femmes | 79,7 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 5111 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 0,8 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 43,2 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 52,3 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 3,7 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 5111 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 82,5 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 17,5 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
5111 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 63,4 % | 53,2 % |
| Moyen | 52 179 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 2,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 46,6 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 51,4 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
5111 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,5 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 4,5 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 12,3 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 82,7 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 5111 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 1,8 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 9,0 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 2,1 % | 5,4 % |
| Estrie | 4,4 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 0,5 % | 2,9 % |
| Montérégie | 15,5 % | 18,7 % |
| Montréal | 47,5 % | 24,1 % |
| Laval | 4,4 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,6 % | 5,8 % |
| Laurentides | 2,3 % | 7,0 % |
| Outaouais | 7,2 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,0 % | 1,8 % |
| Mauricie | 1,0 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 1,6 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,0 % | 1,7 % |
| 5111 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 0,0 % | 11,2 % |
| 5111 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 14,8 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | (%) | (%) |
|---|---|---|
| Autres services d'information (y compris les bibliothèques) | 51,6 | |
| Enseignement | 16,1 | |
| - universités | 12,1 | |
| - collèges communautaires et cégeps | 3,7 | |
| Administration publique | 10,5 | |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 5,0 |