Éducateurs spécialisés
4215 - Éducateurs spécialisés/éducatrices spécialisées
Textes de la profession
Nature du travail
Les éducateurs spécialisés enseignent aux enfants et aux adultes qui ont une déficience physique ou un retard de développement des techniques de communication, comme le braille ou la langue des signes, et des compétences pratiques, pour accroître leur autonomie et leur mobilité.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Éducateur spécialisé en orientation et en mobilité;
éducateur spécialisé en réadaptation;
professeur de braille;
professeur en langue des signes;
professeur pour malentendants;
professeur pour personnes ayant une déficience intellectuelle;
professeur pour personnes ayant une déficience physique;
professeur pour personnes ayant une déficience visuelle;
professeur pour personnes malentendantes;
formateur en milieu de travail pour personnes
ayant une limitation personnelle.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : janvier 2011)
Au cours des dernières années, le nombre d'éducateurs spécialisés a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique principalement par l'augmentation de la demande de services en éducation spécialisée. Compte tenu de la croissance prévue de la demande de services en éducation spécialisée et des priorités gouvernementales en matière de santé et de services sociaux, on prévoit que le nombre d'éducateurs spécialisés continuera à augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Précision
Au Québec, les appellations éducateurs spécialisés et techniciens en éducation spécialisée sont aussi bien utilisées pour désigner les membres de cette profession qu'une partie des membres de la profession 4212, travailleurs des services communautaires et sociaux. La présente profession regroupe en effet les éducateurs spécialisés et les techniciens en éducation spécialisée qui travaillent auprès d'une clientèle qui a une déficience physique ou un retard de développement, tandis que la profession 4212 regroupe les éducateurs spécialisés et les techniciens en éducation spécialisée qui travaillent auprès d'une clientèle qui présente des déficiences mentales ou psychologiques, ou des troubles de comportement (délinquance, alcoolisme, toxicomanie, violence, etc.).
Source des débouchés
Les débouchés proviendront surtout des besoins de remplacement des éducateurs spécialisés qui prendront leur retraite etde l'augmentation de l'emploi. En plus, d'autres membres de cette profession libéreront leur poste pour accéder à des postes d'éducateur en service de garde (voir 4214) et de travailleur des services communautaires et sociaux (voir 4212).
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'éducation spécialisée. Peu de postes seront pourvus par des éducateurs spécialisés en chômage, puisque le taux de chômage est très faible dans cette profession. De même, on ne peut pas s'attendre à ce que beaucoup de débouchés soient pourvus par des immigrants. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 beaucoup moins élevée que dans l'ensemble des professions (à peine 3 % par rapport à 16 %).
Cette profession attire beaucoup de candidats, mais leur nombre correspond bien aux besoins du marché du travail. En effet, la situation sur le marché du travail des diplômés du DEC en techniques d'éducation spécialisée est excellente, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport : leur taux de placement est très bon, y compris une proportion des emplois en rapport avec la formation très élevée, et leur taux de chômage est très faible. Toutefois, la proportion des diplômés qui travaillent à temps partiel est assez élevée.
Cela dit, l'excellente situation sur le marché du travail de ces diplômés s'explique davantage par la demande d'éducateurs spécialisés qui travaillent auprès d'une clientèle qui présente des déficiences mentales ou psychologiques, ou des troubles de comportement (voir 4212, travailleurs des services communautaires et sociaux) que par celle d'éducateurs spécialisés qui travaillent auprès d'une clientèle qui a une déficience physique ou un retard de développement (la présente profession). En effet, près des deux tiers des diplômés du DEC en techniques d'éducation spécialisée qui ont trouvé un emploi en rapport avec leur formation entre 2005 et 2009 travaillaient dans la profession 4212, et seulement de 15 % à 20 % dans la présente profession.
Si la situation sur le marché du travail des diplômés des attestations d'études collégiales (AEC) en techniques de travail social et en techniques d'éducation spécialisée est nettement moins bonne que celle des diplômés des DEC correspondant, celle des diplômés de l'AEC en techniques d'éducation spécialisée est tout de même acceptable, tandis que celle des diplômés de l'AEC en techniques de travail social est habituellement mauvaise. En outre, beaucoup plus de diplômés de l'AEC en techniques d'éducation spécialisée qui ont trouvé un emploi en rapport avec leur formation travaillaient entre 2007 et 2009 comme éducateurs spécialisés en réadaptation (4215) que comme travailleurs des services communautaires et sociaux (4212), tandis que ce fut l'inverse chez les diplômés de l'AEC en techniques de travail social.
Mentionnons finalement que la grande majorité (près de 85 %) des diplômés de l'AEC en techniques d'intervention en délinquance qui ont trouvé un emploi en rapport avec leur formation travaillaient en 2008 et en 2009 comme agents des services correctionnels (6462). Cette AEC ne constitue donc pas une voie valable pour accéder à la présente profession.
Industries
Selon les données du recensement, près de 60 % des éducateurs spécialisés travaillaient en 2006 dans le secteur de la santé et de l'assistance sociale et environ 37 % dans des écoles primaires et secondaires.
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de la demande de services en éducation spécialisée des personnes atteintes de déficiences intellectuelles, physiques, visuelles et auditives. Cette clientèle peut être scindée en trois groupes assez distincts, soit les jeunes, les adultes et les personnes âgées.
- Services d'éducation spécialisée pour les jeunes
Les services d'éducation spécialisée pour les jeunes sont offerts dans le milieu scolaire et dans le secteur de la santé et des services sociaux. Dans le secteur scolaire, les compressions budgétaires des années 1990 qui ont entraîné une baisse d'emploi du personnel non enseignant ont aussi incité les gestionnaires du milieu de l'enseignement à embaucher davantage de techniciens en éducation spécialisée que de personnel professionnel (psychologues, travailleurs sociaux, psychoéducateurs, etc.). Cette tendance s'est d'ailleurs poursuivie au cours des années 2000, période de réinvestissement dans les services sociaux offerts dans le secteur de l'enseignement. Ainsi, le nombre de techniciens en éducation spécialisée (4212) et de préposés aux handicapés (4215) à l'emploi des commissions scolaires a augmenté de plus de 75 % entre 1999-2000 et 2007-2008, selon les données des « Indicateurs de gestion des commissions scolaires » du MELS, tandis que le nombre de postes occupés par les membres du personnel professionnel augmentait moins rapidement (quand même de près de 40 %).
Leur nombre devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années. En effet, la politique de l'adaptation scolaire du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et son plan d'action (Agir tôt pour réussir) prévoient une intervention rapide, dès les premières manifestations de difficultés d'adaptation et d'apprentissage.
Dans le secteur de la santé et des services sociaux, les besoins de services en éducation spécialisée pour les jeunes sont plus stables. D'une part, la baisse du nombre de jeunes fait diminuer le bassin potentiel de jeunes atteints de déficiences intellectuelles, physiques, visuelles et auditives. D'autre part, la sensibilisation accrue de la population à la situation de ces jeunes favorise la prestation de service à cette clientèle. Par ailleurs, les priorités gouvernementales en matière de santé et de services sociaux devraient favoriser quelque peu l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.
- Services d'éducation spécialisée pour les adultes
Grâce à l'amélioration des technologies hospitalières, le taux de survie des accidentés a augmenté fortement au cours des dernières années. En outre, que ce soit pour des motifs budgétaires ou en raison de leur mandat, la Société de l'assurance automobile du Québec et la Commission de la santé et de la sécurité du travail tentent toujours d'accélérer le retour au travail et à la santé de ces adultes. Ces facteurs continueront à favoriser la croissance de l'emploi dans cette profession.
- Services d'éducation spécialisée pour les personnes âgées
La demande de services d'éducation spécialisée pour les personnes âgées devrait croître fortement au cours des prochaines années. D'une part, le vieillissement de la population fait augmenter le bassin de personnes susceptibles de recevoir de tels services. D'autre part, l'augmentation constante de l'espérance de vie rend encore plus pertinentes les interventions pour améliorer la qualité de vie et l'autonomie des personnes âgées. En plus, ces services bénéficieront eux aussi des priorités gouvernementales en matière de santé au cours des prochaines années. Ces facteurs favoriseront bien sûr la croissance de l'emploi dans cette profession.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'éducateurs spécialisés devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
- Autres tendances
Au cours des dernières années, les tâches accomplies par les éducateurs spécialisés ont évolué grandement dans tous les secteurs, mais encore plus dans le secteur de la santé et des services sociaux. À l'origine axée sur des rôles de surveillance, d'animation et de discipline, l'intervention des éducateurs s'est graduellement enrichie pour englober des tâches visant davantage la rééducation et la réadaptation. Plus récemment, la charge de travail et le type d'intervention des éducateurs spécialisés se sont encore élargis. Plutôt que d'appliquer les plans d'intervention conçus par le personnel professionnel ou par la direction, l'éducateur spécialisé doit maintenant de plus en plus souvent prendre la responsabilité complète de la gestion des cas. Cette tendance a entraîné une nette augmentation des exigences pour accéder à cette profession, en termes de scolarité et de polyvalence. D'ailleurs, environ 94 % d'entre eux possédaient une formation postsecondaire en 2006 par rapport à 64 % de l'ensemble des travailleurs, selon les données du recensement.
L'adoption en 2009 du projet de loi 21 portant sur la modernisation des pratiques professionnelles en santé mentale et en relations humaines pourrait avantager fortement les membres des ordres professionnels, tels les psychologues, les travailleurs sociaux et les conseillers d'orientation aux dépens des professions non encadrées par des ordres, tels les travailleurs sociaux et communautaires, les techniciens en travail social et les éducateurs spécialisés, car cette loi accorde la réserve de nombreuses activités actuellement non réglementées aux membres de ces ordres. Cela dit, les discussions se poursuivent actuellement pour déterminer si certaines de ces activités pourraient être déléguées à des titulaires de diplômes d'études collégiales (DEC) et à quelles conditions.
Caractéristiques des emplois
Même si le taux de chômage est faible dans cette profession, on y observe un chômage saisonnier assez important, principalement associé au travail en milieu scolaire. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est, selon les années, de 5 à 10 fois plus élevé au mois d'août que de septembre à juin. La donnée sur le revenu moyen d'emploi (40 487 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 46 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 24 906 $. Selon les données des recensements, les femmes occupaient près de 80 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en croissance notable depuis 1991 (70 %). Cette proportion devrait continuer à croître au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent environ 90 % des diplômés du DEC en techniques d'éducation spécialisée. Compte tenu du type d'intervention en éducation spécialisée, le travail indépendant est très peu répandu dans cette profession (moins de 1 % des emplois). Le travail précaire est courant, surtout en début de carrière : nombreux postes «sur appel», à temps partiel et temporaires, travail le soir, la nuit et les week-ends, etc.
Exigences
Pour exercer cette profession, les candidats doivent aimer travailler avec les gens. Ils doivent avoir de la facilité à travailler en équipe et à communiquer, le sens de l'organisation et la capacité à analyser et à résoudre des problèmes. L'empathie, l'autonomie, la patience, l'écoute active et la résistance émotionnelle sont les qualités les plus recherchées.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, il faut habituellement être titulaire d'au moins un diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'éducation spécialisée. L'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques d'éducation spécialisée peut parfois suffire.
Références utiles
Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport
Direction de l'adaptation scolaire et des services complémentaires
Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux
Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle
Considérations importantes
Compte tenu de la croissance de la demande de services en éducation spécialisée et des priorités gouvernementales en matière de santé et de services sociaux, on prévoit que le nombre d'éducateurs spécialisés augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
Cette profession attire beaucoup de candidats, mais leur nombre correspond bien aux besoins du marché du travail.
4215 - Éducateurs spécialisés/éducatrices spécialisées
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 4215 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 7 450 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 300 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,3 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 100 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 100 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 200 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 4215 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 20,6 % | 52,7 % |
| Femmes | 79,4 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 4215 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 12,7 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 55,1 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 31,8 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,3 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 4215 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 76,3 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 23,7 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
4215 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 46,5 % | 53,2 % |
| Moyen | 40 487 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 6,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 75,6 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 18,4 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
4215 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 1,1 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 5,1 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 72,3 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 21,4 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 4215 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,6 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 3,4 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 9,7 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 7,4 % | 5,4 % |
| Estrie | 3,8 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,9 % | 2,9 % |
| Montérégie | 15,5 % | 18,7 % |
| Montréal | 16,3 % | 24,1 % |
| Laval | 4,0 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 8,4 % | 5,8 % |
| Laurentides | 8,7 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,3 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 2,2 % | 1,8 % |
| Mauricie | 4,1 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 5,6 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 2,2 % | 1,7 % |
| 4215 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 0,7 % | 11,2 % |
| 4215 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 3,3 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Soins de santé et assistance sociale | 59,4 % |
| - établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les Centres jeunesse) | 33,0 % |
| - services individuels et familiaux (y compris la Direction de la protection de la jeunesse, DPJ) | 6,9 % |
| - services de réadaptation professionnelle | 6,5 % |
| - hôpitaux | 6,5 % |
| - centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) | 5,1 % |
| Écoles primaires et secondaires | 36,8 % |