Éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance

4214 - Éducateurs/éducatrices et aides-éducateurs/aides-éducatrices de la petite enfance
Textes de la profession

Nature du travail

Les éducateurs de la petite enfance planifient et organisent les activités d'enfants d'âge préscolaire et scolaire. Les aides-éducateurs de la petite enfance s'occupent des enfants d'âge préscolaire sous la supervision des éducateurs de la petite enfance. Les éducateurs et les aides-éducateurs de la petite enfance font participer les enfants à des activités susceptibles d'encourager leur épanouissement intellectuel, physique et affectif. Les éducateurs de la petite enfance qui occupent des postes de supervision sont compris dans ce groupe de base.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Aide au niveau préscolaire;
aide de garderie;
aide-éducateur de garderie;
aide-éducateur de la petite enfance;
assistant de la petite enfance;
éducateur au niveau préscolaire;
éducateur de la petite enfance;
éducateur en garderie;
préposé au programme d'éducation de la petite enfance;
responsable d'éducateurs au niveau préscolaire;
superviseur des services de garderie;
surveillant en éducation de la petite enfance;
travailleur des services de garderie;
travailleur en garderie.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : janvier 2011)

Au cours des dernières années, le nombre d'éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance a augmenté fortement. La hausse du taux d'activité des femmes et le programme de places à contribution réduite ont en effet plus que compensé la baisse de la natalité. Malgré la récente hausse du nombre de naissances, on peut prévoir que le taux de croissance faiblira de façon significative. En conséquence, le nombre d'éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines année, mais à un rythme moins élevé qu'auparavant.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront surtout du roulement de personnel, des postes qui seront libérés par les éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance qui prendront leur retraite et de l'augmentation de l'emploi. En plus, les employeurs offrent régulièrement des postes temporaires de remplacement pour des personnes en congé de maternité, parental ou maladie.

Bassin de main-d'œuvre

Les débouchés d'éducateurs seront accessibles en premier lieu aux diplômés des programmes de formation collégiaux et universitaires (voir la section Formation), et ceux d'aide-éducateurs aux personnes qui satisfont aux exigences de base du poste (habituellement diplôme d'études secondaires et expérience dans le soin des enfants). Dans les deux cas, peu de postes seront pourvus par des éducateurs et aide-éducateurs expérimentés en chômage puisque le taux de chômage est très faible dans cette profession. Finalement, un bon nombre de postes pourront être pourvus par des immigrants. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession en 2006 (15 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions) montre qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants.

Ce type de travail auprès des enfants attire normalement beaucoup de candidats. Toutefois, la réglementation oblige les centres de la petite enfance, qu'on appelle encore couramment «garderies», à embaucher de plus en plus de personnes qui possèdent une formation bien précise (voir la section Formation). Ainsi, le taux de placement des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'éducation à l'enfance est excellent et leur taux de chômage très faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. En plus, la proportion de diplômés travaillant dans un emploi en rapport avec la formation est une des meilleures de l'ensemble des programmes de la formation technique. Leur salaire est toutefois nettement moins élevé que la moyenne.

Les données de l'enquête Relance nous montrent que le nombre de diplômés des AEC liées au DEC en techniques d'éducation à l'enfance est nettement plus élevé que celui du DEC (en moyenne de plus de 50 % de 2005-2006 à 2008-2009) et que leur situation sur le marché du travail est presque aussi bonne.

La situation sur le marché du travail des diplômés de ces programmes devrait demeurer aussi bonne au cours des prochaines années, et ce, pour un bon nombre de motifs :

  • le nombre de places dans les services de garde continue à augmenter à un bon rythme;

  • un règlement adopté en 2006 oblige les garderies privées à atteindre un ratio de deux tiers des éducateurs qualifiés d'ici 2009, alors qu'il était inférieur à 50 % en 2006;

  • le nombre de naissances est toujours en hausse;

  • le nombre de débutants à ces programmes a commencé à diminuer au cours des dernières années.

Industries

Selon les données du recensement, environ 82 % des éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance travaillaient en 2006 dans des centres de la petite enfance (y compris ceux en milieu familial). On en retrouvait aussi en grand nombre dans les écoles primaires (14 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de facteurs démographiques, économiques et politiques.

- Facteurs démographiques

Du côté démographique, l'emploi dans les professions de la petite enfance dépend bien sûr du nombre d'enfants âgés de 0 à 4 ans pour les centres de la petite enfance et les services de garde à domicile, et de 5 à 11 ans pour les écoles primaires. Après avoir diminué chaque année de 1990 à 2000 (baisse totale de 27 %), le nombre de naissances est ensuite reparti en hausse, avec une augmentation de 23 % entre 2000 et 2009, augmentation qui s'est en fait réalisée à près de 80 % après 2005. Comme cette hausse récente correspond à l'entrée en vigueur du Régime québécois d'assurance parentale au début de 2006, il est possible que cette tendance à la hausse se maintienne au cours des prochaines années, mais rien n'est certain. Selon le maintien ou non de la tendance récente à la hausse de la natalité, les facteurs démographiques seront donc soit légèrement, soit fortement avantageux pour l'emploi dans cette profession au cours de notre période de prévision (2010-2014).

- Facteurs économiques

Du côté économique, les besoins en services de garde dépendent énormément de la présence des femmes sur le marché du travail. Ce facteur explique d'ailleurs une grande partie de la hausse de l'emploi dans cette profession au cours des dernières années. En effet, le taux d'activité des femmes avec enfants de moins de six ans a plus que doublé entre 1976 et 2009, passant de 30 % à 75 %, selon les données de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada. Compte tenu que le taux d'activité des femmes avec enfants ne devrait plus guère augmenter au cours des prochaines années, on prévoit que les effets de ce facteur cesseront d'avantager l'emploi des éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance.

- Facteurs politiques

Du côté politique, la mise sur pied de programmes de financement des services de garde ou de diminution de leurs coûts ont une grande influence sur l'accessibilité de ces services et sur la décision des parents d'envoyer ou non leurs enfants en garderie ou dans un service de garde. Ce facteur peut aussi entraîner un transfert d'enfants de services de garde à domicile vers les services de garde en milieu familial et les garderies, ce qui favorise les éducateurs et aides-éducateurs et désavantage les gardiens d'enfants (voir 6474). Par exemple, le programme de places à contribution réduite, appelé couramment «garderies à 7,00 $», a fortement contribué à la forte hausse du nombre d'éducateurs et aides-éducateurs depuis son implantation en 1997. L'effet de ce programme devrait perdre de l'ampleur au cours des prochaines années. En effet, même si le gouvernement a annoncé l'ouverture de nouvelles places dans les services de garde, le rythme d'augmentation du nombre de places disponibles a considérablement ralenti depuis que le gouvernement a atteint en 2006 son objectif précédent de 200 000 places disponibles. Alors que le nombre de places a augmenté en moyenne de 12 % par année entre 1998 et 2006, il n'a augmenté que de 2,9 % par année entre mars 2006 et 2009.

Le même phénomène s'observe dans les services de garde en milieu scolaire. Selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, compilées par le Conseil supérieur de l'éducation dans son document «Les services de garde en milieu scolaire : inscrire la qualité au cœur des priorités», paru en 2006, la clientèle de ces services, qui n'augmentait en moyenne que de 8 % par année entre 1991-1992 et 1996-1997, a soudain grimpé trois fois plus rapidement au cours des quatre années suivantes, soit de 25 % par année. Ce rythme d'augmentation a considérablement diminué par la suite, revenant à une augmentation annuelle de 8 % entre 2000-2001 et 2003-2004, puis d'à peine 0,4 % entre 2003-2004 et 2008-2009, non en raison d'une baisse de popularité de ces services, mais de la diminution des effectifs scolaires au primaire (voir à ce sujet la section Perspectives de la profession 4142, enseignants aux niveaux primaire et préscolaire). Compte tenu de la croissance notable prévue de la clientèle scolaire, le nombre d'éducateurs dans les services de garde en milieu scolaire devrait aussi augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014).

- Conclusion

Globalement, les effets de ces facteurs devraient entraîner une augmentation notable du nombre d'éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance au cours de notre période de prévision (2010-2014).

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient plus de 95 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991. Cette proportion

devrait au moins se maintenir au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent environ 98 % des nouveaux diplômés en techniques d'éducation à l'enfance. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (22 399 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 46 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 15 740 $. Ceux qui travaillent dans les écoles primaires se retrouvent en chômage chaque année en juillet et en août. Ainsi, le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi est environ dix fois plus élevé en août que de septembre à juin.

Même si la majorité des membres de cette profession étaient salariés, on y retrouvait en 2006 proportionnellement deux fois plus de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (23 % par rapport à 11 %). Ce phénomène s'explique par la présence dans cette profession des responsables de services de garde en milieu familial et des directeurs de garderie. Environ 72 % des éducateurs et aides-éducateurs possédaient une formation postsecondaire en 2006. Pour une profession qui demande un tel niveau de scolarité, le revenu moyen d'emploi est très faible.

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui aiment les enfants et qui possèdent de bonnes capacités d'écoute et de communication. Les candidats doivent également posséder une bonne résistance physique, avoir le sens des responsabilités et savoir réagir à des situations d'urgence. Le tact, la compréhension, la patience, le dynamisme et l'enthousiasme sont les qualités les plus recherchées.

Études et formation

Selon la réglementation gouvernementale, au moins les deux tiers des éducateurs des centres de la petite enfance (CPE) en installation (excluant les CPE en milieu familial et les garderies en milieu scolaire) et, d'ici 2009, en garderie privée, doivent être qualifiés, c'est-à-dire posséder :

  • un baccalauréat en éducation préscolaire, en psychologie avec spécialisation en développement de l'enfant ou dans un domaine relié à l'éducation;

  • un diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'éducation à l'enfance;

  • un DEC en techniques d'éducation spécialisée ou en techniques de travail social complété par :

  • une attestation d'études collégiales (AEC) en techniques d'éducation en services de garde;

  • un certificat universitaire en petite enfance; ou

  • trois ans d'expérience à temps complet dans des fonctions similaires, et :

  • une AEC en techniques d'éducation en services de garde;

  • un certificat universitaire en petite enfance.

Pour les aides-éducateurs et les autres éducateurs, un diplôme d'études secondaires est habituellement exigé ainsi que de l'expérience dans le soin des enfants (gardiennage) et un certificat de secourisme.

L'expérience permet d'accéder à des postes de coordonnateur de garderie.

Une formation de perfectionnement en service de garde est offerte par les services aux employeurs des commissions scolaires.

Références utiles

Association des garderies privées du Québec

Ministère de la Famille et des Aînés
Répertoire des organismes communautaires Famille

Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'économie sociale et de l'action communautaire

Chantier de l'économie sociale

Considérations importantes

Globalement, les effets de la récente hausse de la natalité, de l'augmentation du taux d'activité des femmes et du programme de places à contribution réduite devraient entraîner une augmentation notable du nombre d'éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance au cours de notre période de prévision (2010-2014).

La situation sur le marché du travail des finissants du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'éducation à l'enfance et de l'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques d'éducation en services de garde devrait demeurer très bonne au cours des prochaines années.

4214 - Éducateurs/éducatrices et aides-éducateurs/aides-éducatrices de la petite enfance
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 4214 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 67 350 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 1 200 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,5 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 1 050 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 1 300 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 2 350 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 4214 Ensemble des
professions
Hommes 4,1 % 52,7 %
Femmes 95,9 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 4214 Ensemble des
professions
15- 24 ans 10,2 % 14,1 %
25- 44 ans 61,0 % 45,1 %
45- 64 ans 28,1 % 38,8 %
65 ans et plus 0,8 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 4214 Ensemble des
professions
Plein temps 77,4 % 79,2 %
Temps partiel 22,6 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
4214 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 47,0 % 53,2 %
Moyen 22 399 45 157
0 à 19 999 $ 43,5 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 54,2 % 52,4 %
50 000 $ et plus 2,3 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
4214 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 9,0 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 18,8 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 59,7 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 12,5 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 4214 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,8 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,3 % 2,5 %
Capitale-Nationale 8,9 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,3 % 5,4 %
Estrie 3,8 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,5 % 2,9 %
Montérégie 19,2 % 18,7 %
Montréal 22,4 % 24,1 %
Laval 5,3 % 5,0 %
Lanaudière 6,1 % 5,8 %
Laurentides 7,0 % 7,0 %
Outaouais 5,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 2,0 % 1,8 %
Mauricie 3,1 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,3 % 1,7 %


4214 Ensemble des
professions
Travail autonome 23,4 % 11,2 %


4214 Ensemble des
professions
Immigration 14,8 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Services de garderie 82,4 %
Écoles primaires et secondaires 14,3 %