Autres professionnels des sciences sociales
4169 - Autres professionnels/professionnelles des sciences sociales
Textes de la profession
Nature du travail
Ce groupe comprend les professionnels des sciences sociales, soit les anthropologues, les archéologues, les géographes, les historiens, les linguistes, les politicologues, les sociologues et autres professionnels des sciences sociales non classés ailleurs.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Anthropologue;
archéologue;
criminologues;
géographe;
gérontologue;
historien;
linguiste;
politicologue;
psychométricien;
sociologue.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes. Ce verdict est lié aux perspectives moyennes d'emploi des spécialités qui sont comprises dans cette profession. En fait, seules les perspectives d'emploi des criminologues sont bonnes et celles des autres spécialités sont indéterminées. Il est en effet impossible de poser un verdict fiable sur les perspectives dans ces spécialités, car le nombre d'emplois qu'on y trouve au Québec n'est pas assez élevé.
(Mise à jour : janvier 2011)
Au cours des années 1990, le nombre d'autres professionnels des sciences sociales a peu évolué. Les pertes d'emplois dans les secteurs publics et parapublics consécutives aux compressions budgétaires gouvernementales ont été compensées par une légère croissance dans les autres secteurs. Par la suite, la fin de la période de compressions budgétaires gouvernementales a permis une certaine reprise de l'emploi dans les secteurs publics et parapublics, reprise qui, jumelée à la poursuite de la croissance dans les autres secteurs, a résulté en une légère croissance du nombre d'autres professionnels des sciences sociales. Cette tendance à la hausse légère de l'emploi devrait se maintenir au cours des prochaines années.
Précision
Les statistiques et l'analyse de cette profession portent sur les travailleurs qui exécutent les tâches mentionnées à la section Nature. Elles ne touchent pas tous les diplômés universitaires des disciplines qui permettent d'accéder à cette profession, même si ces derniers sont nombreux à s'identifier avec des titres professionnels qui y sont reliés (sociologues, géographes, historiens, etc.). Par exemple, les professeurs et enseignants des domaines liés à cette profession ne font pas partie des «autres professionnels des sciences sociales», mais plutôt des enseignants du niveau collégial (voir 4131) et des professeurs d'université (voir 4121).
Source des débouchés
L'augmentation de l'emploi prévue dans cette profession ne créera qu'un petit nombre de débouchés, compte tenu de son volume d'emploi relativement peu élevé. En plus, ces débouchés seront répartis dans une dizaine de spécialités bien particulières (voir la section Titres). D'autres débouchés, plus nombreux, proviendront des postes qui seront libérés par les professionnels qui prendront leur retraite. En effet, la proportion de ces professionnels âgés de 55 ans et plus était en 2006 nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (20 % par rapport à 15 %, selon les données du recensement).
La formation et l'expérience des professionnels des sciences sociales permettent souvent d'accéder à d'autres professions dans une foule de secteurs d'activité, mais surtout à celles d'experts-conseils et recherchistes pour l'administration publique, d'enseignants au niveau collégial et de professeurs d'université.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles aux diplômés universitaires des disciplines qui permettent d'accéder à cette profession (anthropologie, humanités gréco-latines et archéologie classique, criminologie, ethnologie et ethnographie, géographie, histoire, linguistique et sociologie), aux personnes qui possèdent la formation nécessaire tout en travaillant dans d'autres professions et aux professionnels des sciences sociales en chômage. Notons en plus qu'un certain nombre de débouchés seront pourvus par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession, même si la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (10 % par rapport à 12 %).
La plupart des programmes universitaires qui permettent d'accéder à cette profession attirent beaucoup plus de candidats que le marché du travail peut en absorber. Reflet de ce constat, la situation sur le marché du travail des diplômés de ces programmes, à l'exception de la criminologie, est beaucoup moins bonne que celle de la moyenne des diplômés universitaires, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport : taux de placement moins élevé, taux de chômage plus élevé, salaire beaucoup moins élevé, proportion de diplômés qui travaillent dans un emploi relié à leur formation très faible, proportion de ceux qui poursuivent leurs études environ le double que dans les autres formations universitaires, etc. En plus, seule une faible minorité des diplômés de ces formations se trouvent dans la présente profession. En effet, les universités forment en moyenne 1 800 diplômés du baccalauréat et de la maîtrise à chaque année, tandis qu'on estime à moins de 100 les besoins totaux dans cette profession (voir la section Statistiques). Même en ajoutant les emplois occupés dans les autres professions reliées à ces formations, dont l'enseignement, à peine le tiers des diplômés du baccalauréat qui sont en emploi et environ les deux tiers de ceux de la maîtrise considèrent leur emploi relié à leur domaine de formation. Notons toutefois que la situation sur le marché du travail des diplômés de la maîtrise est meilleure que celle des diplômés du baccalauréat, mais demeure nettement inférieure à celle de l'ensemble des diplômés de la maîtrise.
Il serait étonnant que la piètre situation sur le marché du travail des diplômés de ces programmes s'améliore au cours des prochaines années. En effet, les effectifs de ces programmes, loin de ralentir, ont augmenté de plus de 10 % entre 2001 et 2007, tant du côté du baccalauréat que de la maîtrise, selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Cela dit, les programmes universitaires en sciences humaines et sociales ne visent pas aussi directement que ceux en sciences appliquées (génie, architecture, informatique, etc.) et en santé des professions spécifiques. Ils attirent de nombreux étudiants par intérêt pour ces disciplines, et non seulement en raison des perspectives d'emploi. Certaines études semblent démontrer que la culture et les compétences génériques acquises dans le cadre de ces programmes (aptitudes à la communication, raisonnement analytique, etc.) permettent à moyen terme aux diplômés en sciences humaines et sociale un accès au marché du travail tout à fait comparable avec celui des diplômés en sciences appliquées et en santé. Par exemple, l'étude de Statistique Canada intitulée «Les diplômés en sciences humaines et sociales et le marché du travail» parue en 2001 montre que le taux de chômage est plus élevé chez les jeunes diplômés en sciences humaines et sociales que chez les diplômés en sciences appliquées et en santé, mais qu'il est moins élevé chez les diplômés âgés de 45 ans et plus. De même, le salaire des diplômés en sciences humaines et sociales est beaucoup moins élevé chez les jeunes diplômés en sciences humaines et sociales, mais plus élevé chez les diplômés âgés de 45 ans et plus.
La situation des diplômés du baccalauréat en criminologie est, elle, comparable à celle de l'ensemble des diplômés universitaires. Cela dit, de 2001 à 2009, moins de 10 % des diplômés du baccalauréat et de la maîtrise en criminologie travaillaient comme criminologues un an et demie après la fin de leurs études. On les trouvait dans une vaste gamme de professions, surtout dans le domaine des sciences sociales. La moitié d'entre eux occupaient des postes de travailleurs communautaires (voir 4212) ou d'agents de probation et de libération conditionnelle (voir 4155). Il semble donc que l'accès à des postes de criminologue passe par une expérience dans des postes liés à ce domaine.
Pour consulter les résultats précis par discipline et par type de diplôme, on peut se rendre sur le site Internet de la Relance à l'université (http://www.mels.gouv.qc.ca/relance/Universite/RelUni.htm).
Industries
Selon les données du recensement, environ 40 % des autres professionnels des sciences sociales travaillaient en 2006 dans l'administration publique, 24 % dans les services de recherche et de développement scientifiques (bureaux d'architectes et d'ingénieurs, bureaux de professionnels des sciences sociales, etc.) et 10 % dans le secteur de la santé et de l'assistance sociale. On en retrouvait aussi un certain nombre dans les musées, dans des associations diverses, dans les services d'enseignement.
Tendances
Comme plus de la moitié des autres professionnels des sciences sociales travaillent dans les secteurs publics et parapublics, ils ont été durement touchés par les compressions budgétaires gouvernementales au cours des années 1990. La fin de ces compressions a permis par la suite une certaine reprise de l'embauche dans ces secteurs. Par exemple, le financement gouvernemental pour la recherche et le développement en sciences sociales et humaines a plus que doublé en termes réels (en tenant compte de l'inflation) entre 1997-1998 et 2008-2009. Si cette augmentation a profité en premier lieu aux activités de recherche des professeurs d'université (voir 4121), elle a aussi favorisé l'emploi des membres de cette profession.
Au cours des prochaines années, l'évolution des pratiques de gestion en matière d'évaluation quantitative des politiques gouvernementales devrait stimuler la demande de travaux de mesures d'impacts sociaux. Du côté du secteur privé, ces professionnels bénéficieront de la législation et de la sensibilisation accrue du public sur les impacts environnementaux, économiques, sociaux et culturels des grands projets industriels et gouvernementaux. Dans ce type de travaux, ils doivent s'intégrer à des équipes multidisciplinaires comprenant entre autres des ingénieurs, des urbanistes, des architectes, des économistes, des cartographes et des analystes financiers.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que leur nombre augmentera légèrement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 55 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (48 %). Même si la plupart des membres de cette profession étaient salariés, on trouvait un bon nombre de travailleurs autonomes (16 % des emplois), probablement des consultants qui effectuent des travaux en sous-traitance. La disparité dans les conditions de travail des membres de cette profession se reflète dans les données présentées dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques». Ainsi, la donnée sur le revenu moyen d'emploi (54 718 $) ne concerne que les 56 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 25 083 $. La niveau de scolarité de ces professionnels est nettement plus élevé que dans les autres professions. En effet, plus de la moitié (52 %) des membres de cette profession étaient titulaires d'au moins une maîtrise en 2006, au Canada, par rapport à moins de 7 % pour l'ensemble des professions et à 38 % pour l'ensemble du «personnel professionnel des sciences sociales de l'enseignement, de l'administration publique et de la religion» (professions dont le code professionnel commence par «41»).
Exigences
En plus de satisfaire aux exigences en matière de formation, les candidats à cette profession doivent démontrer de l'intérêt pour les sciences sociales et posséder une bonne culture générale. Ils doivent suivre attentivement l'actualité et les débats sociaux, avoir de grandes capacités à communiquer oralement et par écrit, savoir vulgariser efficacement des données techniques et posséder la capacité à mettre en perspectives des éléments spécifiques. La curiosité intellectuelle, la minutie, l'esprit de synthèse, le sens critique et des aptitudes à travailler en équipe, à analyser et à résoudre des problèmes sont les qualités les plus recherchées. L'utilisation des ordinateurs, tant à l'aide de logiciels spécialisés que de bases de données, et la recherche et l'échange d'information sur Internet touchent toutes les spécialités de cette profession. Des connaissances et des aptitudes dans ce domaine sont donc essentielles. Le bilinguisme est habituellement essentiel.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, il faut être titulaire d'au moins un baccalauréat dans une discipline pertinente. Sauf en criminologie où le baccalauréat suffit habituellement, la maîtrise ou même le doctorat sont de plus en plus exigés.
Les disciplines universitaires qui permettent d'accéder aux différentes spécialités de cette profession sont :
- anthropologie;
- humanités gréco-latines et archéologie classique;
- criminologie;
- ethnologie et ethnographie;
- géographie;
- histoire;
- linguistique; et
- sociologie.
Références utiles
Association canadienne des sociologues et des anthropologues de langue française
Société canadienne de sociologie et d'anthropologie
http://www.csaa.ca/
Association des anthropologues du Québec
http://www.aanthq.qc.ca/
Association canadienne des géographes
http://www.cag-acg.ca
Association des archéologues du Québec
http://www.archeologie.qc.ca/
Conseil de recherches en sciences humaines du Canada
http://www.sshrc-crsh.gc.ca/
Pour plus d'information sur les statistiques des programmes de formation, consultez le site Internet de la Relance à l'université :
http://www.mels.gouv.qc.ca/relance/Universite/RelUni.htm
Considérations importantes
Le nombre d'autres professionnels des sciences sociales devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années. Cette croissance variera énormément selon les professions incluses dans ce groupe professionnel. Compte tenu du volume d'emploi relativement peu élevé, cette croissance ne générera pas beaucoup de débouchés.
La situation sur le marché du travail des diplômés des disciplines qui permettent d'accéder à cette profession est beaucoup moins bonne que celle de la moyenne des diplômés universitaires, sauf en criminologie.
4169 - Autres professionnels/professionnelles des sciences sociales
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 4169 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 1 450 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 30 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,9 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 15 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 70 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 85 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 4169 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 45,3 % | 52,7 % |
| Femmes | 54,7 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 4169 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 3,6 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 50,6 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 44,5 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,3 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 4169 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 83,5 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 16,5 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
4169 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 54,5 % | 53,2 % |
| Moyen | 54 718 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 7,1 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 31,9 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 61,0 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
4169 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,6 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 3,6 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 6,2 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 89,6 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 4169 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 1,2 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 22,4 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 5,0 % | 5,4 % |
| Estrie | 1,6 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 0,0 % | 2,9 % |
| Montérégie | 10,6 % | 18,7 % |
| Montréal | 31,7 % | 24,1 % |
| Laval | 2,5 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,5 % | 5,8 % |
| Laurentides | 2,2 % | 7,0 % |
| Outaouais | 13,4 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,6 % | 1,8 % |
| Mauricie | 1,6 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 4,3 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,6 % | 1,7 % |
| 4169 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 16,4 % | 11,2 % |
| 4169 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 10,0 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Administration publique | 40,0 % |
| - fédérale | 15,8 % |
| - provinciale | 14,5 % |
| - locale | 8,7 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 24,5 % |
| - services de recherche et de développement scientifiques | 11,0 % |
| Soins de santé et assistance sociale | 10,0 % |
| Établissements du patrimoine | 7,4 % |
| Organismes religieux, fondations, groupes de citoyens et organisations professionnelles et similaires | 4,5 % |