Économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques
4162 - Économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques
Textes de la profession
Nature du travail
Les économistes, les recherchistes et les analystes des politiques économiques, effectuent des recherches, contrôlent des données, analysent de l'information et préparent des plans et des rapports dans le but de résoudre des problèmes économiques et commerciaux, et ils élaborent des modèles afin d'analyser, d'expliquer et de prévoir les phénomènes et les tendances économiques. Ils formulent des conseils sur des questions comme les finances, la fiscalité et la politique monétaire, le commerce international, les produits agricoles et les ressources naturelles, le marché du travail et l'industrie.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Analyste des politiques économiques;
conseiller économique;
économiste;
économiste agricole;
économiste de l'énergie;
économiste des placements;
économiste des ressources naturelles;
économiste du commerce;
économiste du commerce international;
économiste du travail;
économiste en fiscalité;
économiste financier;
économiste industriel.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : janvier 2011)
Au cours des dernières années, le nombre d'économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique principalement par la demande importante en analyses socio-économiques. Compte tenu que ces tendances devraient se maintenir, on prévoit que le nombre d'économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
Précision
Cette analyse des perspectives porte sur les travailleurs qui exécutent les tâches mentionnées à la section Nature. Elle ne porte pas spécifiquement sur les titulaires de diplômes universitaires en économie. En effet, la formation universitaire en économie peut mener à de nombreuses professions : économiste, bien sûr, mais aussi analyste des politiques de travail ou des politiques sociales ou en santé (voir 4164 et 4165), agent de développement économique, recherchiste et experts-conseil en marketing, y compris commissaire industriel et analyste de marché (voir 4163), enseignant au collégial (voir 4131), professeur d'université (voir 4121), analyste financier (voir 1112), rédacteur technique (voir 5121), traducteur (voir 5125), représentant aux ventes (voir 6221 et 6411), journaliste (voir 5123), gestionnaire, etc. À l'inverse, un bon nombre de postes d'économistes sont pourvus par des titulaires de diplômes universitaires dans des disciplines connexes : statistiques, sociologie, sciences politiques, administration, etc.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des membres de cette profession qui prendront leur retraite, mais aussi de l'augmentation de l'emploi. En outre, comme la formation et l'expérience d'économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques, parfois jumelées à une formation complémentaire, leur permettent d'accéder à de nombreuses autres professions, un bon nombre de débouchés proviendront des postes qui seront libérés par ceux qui quitteront la profession.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés de la formation universitaire (voir la section Formation). Peu de postes pourront être pourvus par des d'économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques expérimentés en chômage, car le taux de chômage est relativement faible dans cette profession, même si le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a augmenté depuis le début de la récession de 2009. Un bon nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 un peu plus élevée que dans l'ensemble des professions (15 % par rapport à 12 %).
Malgré des perspectives assez positives, on a constaté au cours des dernières années qu'une forte proportion des diplômés du baccalauréat en économie n'ont pas pu intégrer cette profession en raison du volume d'emploi relativement faible dans cette profession et de la hausse des exigences pour les postes d'économistes. En effet, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, la situation sur le marché du travail des diplômés du baccalauréat en économie a été nettement moins bonne que pour la moyenne des bacheliers, surtout en raison d'un taux de placement inférieur, beaucoup moins souvent dans un domaine lié à la formation. En plus, à peine 20 % de ces diplômés qui ont trouvé un emploi qu'ils considèrent en rapport à leur formation ont accédé à la présente profession en 2007 et en 2009, tandis que plus de 40 % occupaient des emplois de professionnels en gestion des affaires et en finance, et près de 20 % des emplois de gestion.
Quoique variable selon les années, la situation des diplômés de la maîtrise a été nettement meilleure que celle des diplômés du baccalauréat. D'une part, leur taux de chômage a été nettement inférieur et les emplois qu'ils ont occupés beaucoup plus souvent en rapport avec leur formation. D'autre part, la moitié de ces derniers ont accédé à la présente profession entre 2005 et 2009.
L'importance d'être titulaire d'une maîtrise pour accéder à cette profession se reflète dans les données du recensement. En effet, plus de la moitié (51 %) des membres de cette profession possédaient en 2006 une scolarité supérieure au baccalauréat.
Industries
Selon les données du recensement, environ 53 % des économistes, recherchistes et analystes travaillaient en 2006 dans l'administration publique, surtout provinciale (27 %) et fédérale (24 %). On en trouvait également en nombre significatif dans les services professionnels, scientifiques et techniques (14 %), dans la finance et les assurances (7 %), et dans les associations patronales et syndicales (4 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la demande en analyses socio-économiques et des changements technologiques.
- Demande en analyses socio-économiques
À l'ère de l'économie du savoir, l'information devient une denrée de plus en plus recherchée. La société est avide d'information de toutes sortes, et de données quantitatives en particulier. Que ce soit du côté des gouvernements, des entreprises, des établissements parapublics, des organismes sans but lucratif et des associations patronales et syndicales, ou du côté des chercheurs, des journalistes et des particuliers, on dispose d'une masse d'information sans cesse croissante et on cherche à quantifier de nombreux phénomènes et tendances : la croissance économique, la création d'emplois, la réussite scolaire, le rendement des investissements en éducation, les impacts du vieillissement de la population, l'efficacité des modes d'organisation du travail, les effets des tendances sociales, la pauvreté, les retombées des politiques, etc. Si la société veut et obtient toujours plus de données quantitatives, encore faut-il pouvoir les analyser, les interpréter et prévoir leur évolution. On doit aussi les insérer dans le contexte général des grandes tendances sociales et économiques. C'est là qu'interviennent les économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques. Ils bénéficient bien sûr de cette tendance de fond.
Reflet de cette tendance, le nombre d'économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques à l'emploi des administrations publiques a augmenté au cours des années 1990 et 2000, et ce, malgré les compressions budgétaires imposées aux différents ministères et organismes publics et parapublics. Notons que les effets de cette tendance ne se sont pas limités aux secteurs public et parapublic. En effet, les mêmes facteurs ont favorisé l'emploi dans cette profession dans le secteur privé.
- Changements technologiques
Du côté des changements technologiques, la puissance grandissante des ordinateurs, l'accès à des banques de données de grande dimension par des moyens électroniques de plus en plus performants, le développement de nouvelles méthodes quantitatives, l'accès à une masse d'information par Internet et l'échange rapide de documents par courrier électronique influencent également l'exercice de cette profession. Ils permettent d'une part d'effectuer plus rapidement le traitement des données numériques et de peaufiner la présentation des résultats. D'autre part, ces outils rendent possibles la réalisation de nombreux types d'analyses quantitatives et qualitatives auparavant inaccessibles et l'approfondissement des analyses plus traditionnelles.
Compte tenu que ces tendances devraient se maintenir, on prévoit que le nombre d'économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 37 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (26 %). Comme bien des professions qui exigent une formation universitaire, on observe une tendance à la féminisation de la profession. Même si les hommes demeurent majoritaires chez les diplômés du baccalauréat et de la maîtrise en économie, il n'en demeure pas moins que la proportion de femmes augmente graduellement.
Même si la plupart des membres de cette profession étaient salariés, on y trouvait un certain nombre de travailleurs autonomes (5 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions), probablement des consultants travaillant à leur compte. Environ 71 % des économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion nettement plus élevée que pour l'ensemble des professions (environ 53 %).
Exigences
En plus de satisfaire aux exigences en matière de formation, les candidats à cette profession doivent démontrer des aptitudes en mathématiques, de l'intérêt pour les sciences sociales et posséder une bonne culture générale. Ils doivent suivre attentivement l'actualité et les débats sociaux, avoir de grandes capacités à communiquer oralement et par écrit, savoir vulgariser efficacement des données techniques et posséder la capacité à mettre en perspectives des éléments spécifiques. La curiosité intellectuelle, la minutie, l'esprit de synthèse, le sens critique et des aptitudes à travailler en équipe, à analyser et à résoudre des problèmes sont les qualités les plus recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, il faut habituellement être titulaire d'au moins un baccalauréat en économie ou bidisciplinaire en économie. Les titulaires de baccalauréats en sociologie et en statistiques sont parfois considérés. La maîtrise en économie ou bidisciplinaire est de plus en plus souvent exigée et représente toujours un atout pour les postes qui offrent le plus de responsabilité.
Références utiles
Association des économistes québécois
Société canadienne de science économique (SCSE)
Considérations importantes
L'emploi dans cette profession bénéficie de la forte demande en analyses socio-économiques, dans le contexte de l'économie du savoir.
Au cours des dernières années, une forte proportion des diplômés du baccalauréat en économie n'ont pas pu intégrer cette profession en raison du volume d'emploi relativement faible dans cette profession et de la hausse des exigences pour les postes d'économistes. La formation de l'économiste permet toutefois d'accéder à beaucoup d'autres professions.
4162 - Économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 4162 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 4 350 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 35 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,5 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 70 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 150 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 220 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 4162 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 62,7 % | 52,7 % |
| Femmes | 37,3 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 4162 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 3,7 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 56,6 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 38,0 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,6 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 4162 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 92,1 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 7,9 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
4162 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 70,0 % | 53,2 % |
| Moyen | 71 084 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 2,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 21,4 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 76,5 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
4162 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,7 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 2,9 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 12,7 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 83,7 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 4162 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,5 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 0,9 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 21,7 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,3 % | 5,4 % |
| Estrie | 1,1 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,2 % | 2,9 % |
| Montérégie | 11,0 % | 18,7 % |
| Montréal | 27,8 % | 24,1 % |
| Laval | 3,3 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,5 % | 5,8 % |
| Laurentides | 3,2 % | 7,0 % |
| Outaouais | 19,9 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,1 % | 1,8 % |
| Mauricie | 0,7 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 0,3 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,5 % | 1,7 % |
| 4162 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 5,5 % | 11,2 % |
| 4162 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 15,5 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Administration publique | 53,1 % |
| - provinciale | 27,0 % |
| - fédérale | 23,8 % |
| Services professionnels scientifiques et techniques | 14,3 % |
| - services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques | 6,8 % |
| Finance et assurances | 7,4 % |
| Organismes religieux, fondations, groupes de citoyens et organisations professionnelles et similaires | 7,2 % |