Travailleurs sociaux

4152 - Travailleurs sociaux/travailleuses sociales
Textes de la profession

Nature du travail

Les travailleurs sociaux aident les personnes, les couples, les familles, les groupes, les collectivités et les organismes à acquérir les compétences et les ressources dont ils ont besoin pour améliorer leur fonctionnement en société, et ils offrent des services de counseling, de thérapie et de référence à d'autres services de soutien social. Les travailleurs sociaux comblent également d'autres besoins de la société en matière de chômage, de racisme et de pauvreté.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Coordonnateur du travail social;
superviseur des services sociaux;
travailleur social;
travailleur social - psychiatrie;
travailleur social - secteur médical.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : janvier 2011)

Au cours des dernières années, le nombre de travailleurs sociaux a augmenté fortement. Cette augmentation s'explique principalement par la forte croissance de l'éventail et de l'intensité des besoins de services sociaux : instabilité de la structure familiale, violence familiale, pauvreté des enfants, vieillissement de la population dans le contexte du virage ambulatoire, stress, alcoolisme, toxicomanie, dépendance au jeu, décrochage scolaire, problèmes de comportement, événements traumatiques, etc. Seule la prise en charge d'un partie croissante de ces besoins par des membres d'autres professions a pu légèrement freiner la croissance de l'emploi dans cette profession. Cette tendance à la forte augmentation devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Précisions

Il faut distinguer les travailleurs sociaux tels que définis par ce groupe professionnel et les membres de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec. En effet, de nombreux travailleurs sociaux comptabilisés dans la présente profession ne sont pas membres de cet ordre. Par exemple, une forte proportion des agents de relations humaines et des organisateurs communautaires, qui accomplissent sensiblement les mêmes tâches que les travailleurs sociaux et qui font donc partie de la présente profession, ne sont pas membres de l'Ordre.

Cette situation devrait se modifier au cours des prochaines années en raison de l'adoption en 2009 du projet de loi 21 portant sur la modernisation des pratiques professionnelles en santé mentale et en relations humaines. Cette loi accorde en effet aux membres de l'Ordre la réserve de plusieurs activités auparavant non réglementée. On peut donc s'attendre à ce qu'un grand nombre d'agents de relations humaines et d'organisateurs communautaires actuellement non membres de l'Ordre le deviennent à moyen terme.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des travailleurs sociaux qui prendront leur retraite, mais aussi de l'augmentation de l'emploi. Le taux de roulement semble assez faible, quoique avec la formation adéquate, l'expérience dans cette profession permet d'obtenir des promotions à des postes de gestion et d'accéder à des postes dans de nombreuses professions : médiateur familial (voir 4153), enseignant aux niveaux collégial (4131) et universitaire (4121), conseiller en emploi (voir 4213), etc. Le roulement est par ailleurs assez fréquent à l'intérieur même de la profession. Ainsi, de nombreux travailleurs sociaux débutent leur carrière dans des organismes communautaires pour la poursuivre après quelques années dans des postes mieux rémunérés des secteurs publics et parapublics.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés des programmes universitaires en service social et en travail social, mais aussi aux travailleurs des services communautaires et sociaux (voir 4212) qui satisfont aux exigences de la profession (voir la section Formation). Selon les années, entre 15 % et 25 % de ces diplômés universitaires doivent débuter leur carrière dans des postes de travailleurs des services communautaires et sociaux, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Peu de postes seront pourvus par des travailleurs sociaux expérimentés en chômage, puisque le taux de chômage est très bas dans cette profession. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession. En effet, quoique légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (9 % par rapport à 12 % en 2006), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants. Cette proportion pourrait toutefois augmenter au cours des prochaines années, car l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec et les organismes similaires français ont signé en 2009 une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permet aux assistants de service social de France et aux travailleurs sociaux du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays.

Cette profession attire beaucoup de candidats. Comme les programmes de baccalauréat en service social et en travail social sont contingentés, seule une faible proportion des personnes attirées par cette profession peut accéder à la formation universitaire. Par ailleurs, le nombre de diplômés formés annuellement semble adéquat. En effet, s'il est difficile d'accéder à la formation, la situation sur le marché du travail des diplômés universitaires est très bonne, selon les données de l'enquête Relance. Le taux de placement des diplômés du baccalauréat dans un emploi en rapport avec la formation est très bon et leur taux de chômage très faible. La situation des diplômés de la maîtrise est encore meilleure. Notons par ailleurs que les employeurs semblent éprouver plus de difficulté à recruter des travailleurs sociaux à l'extérieur des grands centres.

Leur situation sur le marché du travail devrait demeurer très bonne au cours des prochaines années. En effet, même si les effectifs étudiants inscrits au baccalauréat en service social et en travail social ont augmenté au cours des dernières années (hausse de plus de 20 % entre 2000 et 2007), le marché du travail semble en mesure d'accueillir un peu plus de diplômés qu'actuellement.

Industries

Selon les données du recensement, près de 85 % des travailleurs sociaux travaillaient en 2006 dans le secteur de la santé et de l'assistance sociale, surtout dans les centres locaux de services communautaires (CLSC), les centres jeunesse, les hôpitaux, les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), les organismes communautaires du secteur des services sociaux et la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). On en retrouvait également un certain nombre dans l'administration publique, ainsi que dans des commissions scolaires.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend surtout de la demande de services sociaux, des dépenses gouvernementales et de la concurrence professionnelle dans le domaine des services sociaux.

- Demande de services sociaux

Au cours des dernières années, la demande de services sociaux s'est à la fois diversifiée et intensifiée. Du côté des familles, l'intensification de la demande est venue en bonne partie de l'instabilité familiale. Cette instabilité s'est concrétisée par l'augmentation du pourcentage de familles monoparentales et de couples en union de fait qui ont tendance à être moins stables. L'accentuation des cas de pauvreté des enfants et de violence familiale a également entraîné une hausse des besoins de services à l'enfance et aux familles.

Du côté des services de gérontologie et de maintien à domicile, le vieillissement de la population et la réduction de la durée des séjours à l'hôpital (virage ambulatoire) ont eu un impact significatif sur la demande de services sociaux, notamment pour l'étude d'abus envers les personnes âgées (abus physiques, financiers ou autres).

D'autres facteurs ont également contribué à la hausse de la demande de services sociaux tant dans le secteur de la santé et des services sociaux que dans le réseau scolaire, dans les programmes d'aide aux employés (PAE) des entreprises privées et dans la pratique privée : stress, alcoolisme, toxicomanie, dépendance au jeu, décrochage scolaire, problèmes de comportement, événements traumatiques, etc. Même si certaines de ces dynamiques sont présentes dans la société depuis longtemps, la population est de plus en plus sensibilisée à ces questions et exige par le fait même davantage d'interventions concrètes. Toutes ces tendances devraient se maintenir, sinon s'accélérer, au cours des prochaines années.

- Concurrence professionnelle dans le domaine des services sociaux

Les travailleurs sociaux ne sont pas les seuls à intervenir dans le secteur des services sociaux. En effet, ils doivent partager la prestation de ces services avec des membres de nombreuses autres professions : psychologues, éducateurs spécialisés, conseillers familiaux, conseillers d'orientation, travailleurs des services communautaires et sociaux, etc. En outre, on a observé au cours des dernières années une croissance bien différente de l'emploi entre les organismes responsables de la prestation des services sociaux. Ainsi, même si le nombre de personnes affectées à la prestation de services sociaux dans les établissements publics et parapublics a augmenté, il a crû plus rapidement dans les organismes communautaires. Cette forte augmentation émane entre autres des investissements importants du gouvernement provincial dans les entreprises de l'économie sociale, souvent spécialisées dans les services auprès de clientèles spécifiques : femmes, enfants, sans-abri, immigrants, etc. Notons que ces organismes embauchent habituellement une proportion plus élevée de travailleurs des services communautaires et sociaux (voir 4212) que de travailleurs sociaux.

La situation fut toutefois bien différente dans les établissements publics et parapublics, selon le document «Planification de la main-d'œuvre dans le secteur des services sociaux et de la santé mentale» du ministère de la Santé et des services sociaux paru en octobre 2004. En effet, si le nombre de techniciens en service social (voir 4212) a augmenté légèrement au cours des dernières années dans les établissements du réseau de la santé et des services, le nombre de travailleurs sociaux a augmenté beaucoup plus rapidement.

Ces tendances devraient se modifier quelque peu au cours des prochaines années. D'une part, le réseau communautaire est maintenant bien établi et devrait croître à un rythme un peu moins rapide qu'au cours des dernières années. D'autre part, compte tenu de l'augmentation des dépenses gouvernementales dans le secteur de la santé et des services sociaux, la tendance qui favorise l'embauche de plus de travailleurs sociaux que de techniciens en service social devrait se maintenir, voire s'accentuer.

Finalement, l'adoption en 2009 du projet de loi 21 portant sur la modernisation des pratiques professionnelles en santé mentale et en relations humaines pourrait avantager fortement les membres des ordres professionnels, tels les psychologues, les travailleurs sociaux et les conseillers d'orientation aux dépens des professions non encadrées par des ordres, tels les travailleurs sociaux et communautaires, les techniciens en travail social et les éducateurs spécialisés, car cette loi accorde la réserve de nombreuses activités actuellement non réglementées aux membres de ces ordres. Cela dit, les discussions se poursuivent actuellement pour déterminer si certaines de ces activités pourraient être déléguées à des titulaires de diplômes d'études collégiales (DEC) et à quelles conditions.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre de travailleurs sociaux devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

La disparité dans les conditions de travail des membres de cette profession se reflète dans les données présentées dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques». Ainsi, la donnée sur le revenu moyen d'emploi (46 690 $) ne concerne que les 58 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 31 729 $. Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 80 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère croissance depuis 1991 (73 %). Cette proportion devrait continuer à croître légèrement au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent entre 80 % et 90 % des diplômés du baccalauréat et de la maîtrise en travail social ou en service social. Même si la pratique privée semble en croissance, la proportion de travailleurs autonomes demeurait en 2006 nettement plus faible dans cette profession (2 %) que dans l'ensemble des professions (11 %).

Exigences

Pour exercer cette profession, les candidats doivent aimer travailler avec les gens, faire preuve de créativité et avoir de grandes capacités à communiquer. Ils doivent également avoir de la facilité à travailler en équipe et la capacité à analyser et à résoudre des problèmes. L'empathie, la patience, l'écoute active et la résistance émotionnelle sont les qualités les plus recherchées. La spécialisation dans un domaine précis représente un atout de plus en plus important.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut habituellement être titulaire d'un baccalauréat ou d'une maîtrise en travail social ou en service social. L'appartenance à l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec représente un atout important et est fréquemment exigée. L'appartenance à l'Ordre est d'ailleurs obligatoire pour utiliser le titre de «travailleur social», un titre ou une abréviation pouvant laisser croire qu'il l'est, ou s'attribuer des initiales pouvant laisser croire qu'il l'est, tels «T.S.P.», «P.S.W.», «T.S.» ou «S.W.».

Pour devenir membre de l'Ordre, il faut habituellement être titulaire d'un baccalauréat ou d'une maîtrise en travail social ou en service social. Les demandes d'admission présentées par des candidats titulaires de diplômes en service social obtenus à l'extérieur du Québec doivent faire l'objet d'une étude d'équivalence par l'Ordre.

L'Ordre offre des activités de formation continue.

Références utiles

Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

Association canadienne des travailleurs sociaux

Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux

Association des centres jeunesse du Québec

Considérations importantes

Compte tenu de la forte croissance de l'éventail et de l'intensité des besoins de services sociaux, le nombre de travailleurs sociaux devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

De nombreux travailleurs sociaux débutent leur carrière dans des organismes communautaires pour la poursuivre après quelques années dans des postes mieux rémunérés des secteurs publics et parapublics.

Le nombre de diplômés formés annuellement semble adéquat. Le taux de placement des diplômés du baccalauréat en service social et en travail social dans un emploi en rapport avec la formation est très bon et leur taux de chômage relativement faible. La situation des diplômés de la maîtrise est encore meilleure.

4152 - Travailleurs sociaux/travailleuses sociales
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 4152 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 13 650 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 150 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,5 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 350 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 400 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 750 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 4152 Ensemble des
professions
Hommes 19,7 % 52,7 %
Femmes 80,3 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 4152 Ensemble des
professions
15- 24 ans 3,3 % 14,1 %
25- 44 ans 57,0 % 45,1 %
45- 64 ans 38,9 % 38,8 %
65 ans et plus 0,8 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 4152 Ensemble des
professions
Plein temps 82,2 % 79,2 %
Temps partiel 17,8 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
4152 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 58,3 % 53,2 %
Moyen 46 690 45 157
0 à 19 999 $ 5,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 52,0 % 52,4 %
50 000 $ et plus 42,6 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
4152 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,6 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 2,0 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 18,0 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 79,4 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 4152 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,5 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,8 % 2,5 %
Capitale-Nationale 11,1 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,2 % 5,4 %
Estrie 4,4 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,0 % 2,9 %
Montérégie 14,3 % 18,7 %
Montréal 27,4 % 24,1 %
Laval 3,7 % 5,0 %
Lanaudière 4,2 % 5,8 %
Laurentides 5,3 % 7,0 %
Outaouais 6,0 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 2,4 % 1,8 %
Mauricie 2,5 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,9 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,2 % 1,7 %


4152 Ensemble des
professions
Travail autonome 2,3 % 11,2 %


4152 Ensemble des
professions
Immigration 8,8 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Soins de santé et assistance sociale 84,7 %
- centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) 27,7 %
- services individuels et familiaux (y compris la Direction de la protection de la jeunesse, DPJ) 24,5 %
- hôpitaux 16,0 %
- établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les Centres jeunesse) 11,3 %
Organisations civiques et amicales, organismes d'action sociale, fondations et organismes de charité 5,7 %
Administration publique 4,2 %