Enseignants aux niveaux primaire et préscolaire
4142 - Enseignants/enseignantes aux niveaux primaire et préscolaire
Textes de la profession
Nature du travail
Les enseignants aux niveaux primaire et préscolaire enseignent des matières de base telles que la lecture, l'orthographe et la mathématique ou des matières spécialisées telles que le français ou l'anglais, langue seconde, dans des écoles primaires, publiques et privées. Les bibliothécaires au niveau primaire sont inclus dans ce groupe de base.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Enseignant à la maternelle;
enseignant au niveau primaire;
orthopédagogue en éducation spécialisée au niveau primaire;
professeur d'anglais langue seconde au niveau primaire;
professeur de français, langue seconde au niveau primaire;
professeur d'immersion en français au niveau primaire;
suppléant au niveau primaire.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : janvier 2011)
Après avoir augmenté de façon notable au cours de la deuxième moitié des années 1990, le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire est demeuré assez stable par la suite. Ces mouvements s'expliquent principalement par les variations du nombre d'élèves, par la création des classes de maternelles à temps plein et de prématernelles à temps partiel, et par la diminution du nombre d'élèves par classe. Étant donné que les effets de l'augmentation des effectifs scolaires devraient être jumelée à ceux d'une nouvelle réduction de la taille des classes, on prévoit que le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des enseignants aux niveaux primaire et préscolaire qui seront relativement nombreux à prendre leur retraite ou qui obtiendront des promotions à des postes de conseillers pédagogiques (voir 4166) et de gestion dans le secteur de l'enseignement primaire. Même s'il existe un certain roulement chez les nouveaux enseignants, principalement en raison de la précarité des postes en début de carrière et des problèmes de comportement et de discipline chez les élèves, le taux de roulement est relativement faible dans cette profession lorsqu'on le compare au taux de roulement moyen dans l'ensemble des professions. D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences de l'emploi (voir la section Formation), principalement aux titulaires d'un baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire. Cette profession attire de nombreux candidats, mais ils ne peuvent pas tous accéder à cette profession en raison du contingentement de ce programme. Peu de postes pourront être pourvus par des enseignants expérimentés en chômage, car le chômage dans cette profession se retrouve essentiellement en été et disparaît presque complètement le reste de l'année, au moment où la demande d'enseignants est la plus forte. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des établissements d'enseignement. En effet, quoique nettement moins élevée que dans l'ensemble des professions (7 % par rapport à 12 % en 2006), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.
Le taux de placement des diplômés des programmes universitaires qui mènent à cette profession, soit les baccalauréats en formation des enseignants au préscolaire et au primaire, en formation des enseignants spécialistes en adaptation scolaire (orthopédagogie) et en formation des enseignants spécialistes au primaire et au secondaire, est excellent et leur taux de chômage faible, selon les enquêtes Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Toutefois, la proportion de ces diplômés qui commencent leur carrière dans des postes à temps partiel est plus élevée que la moyenne, sauf en orthopédagogie.
Cette excellente situation devrait se maintenir au cours des prochaines années. D'une part, elle s'est réalisée au cours d'une période où le nombre d'élèves au présecondaire (maternelles et primaire) a diminué fortement entre 2001 et 2008 (en moyenne de 2,5 % par année). Or, il ne baissera plus, mais augmentera de façon notable par année entre 2009 et 2014 (en moyenne d'environ 1,7 % par année), selon les prévisions du MELS. D'autre part, le nombre d'étudiants dans les quatre années nécessaires à l'obtention des baccalauréats en formation des enseignants au préscolaire et au primaire, et en formation des enseignants spécialistes en adaptation scolaire (orthopédagogie), très en demande en raison de l'augmentation du nombre d'élèves en difficulté, a diminué légèrement entre 2003 et 2007 (d'environ 5,5 %).
Mentionnons finalement que, malgré la baisse du nombre d'élèves au présecondaire, les commissions scolaires éprouvent déjà des difficultés importantes à recruter suffisamment de diplômés. D'ailleurs, le nombre de demandes de « tolérances d'engagement » demandées par les commissions scolaires pour embaucher des personnes qui ne possèdent pas d'autorisation d'enseigner est en hausse.
Même si les diplômés bénéficient d'une excellente situation sur le marché du travail et malgré l'augmentation du nombre d'enseignants qui ne possèdent pas d'autorisation d'enseigner, les nouveaux enseignants embauchés par les commissions scolaires commencent en général leur carrière dans des emplois précaires. Ainsi, seulement 59 % des enseignants aux niveaux primaire et préscolaire bénéficiaient en 2006-2007 du statut d'employés « permanents » à temps plein, environ 18 % étaient considérés comme des employés « d'appoint » (remplaçants, surnuméraires, suppléants, etc.), et quelque 22 % occupaient des postes à temps partiel, à forfait non renouvelable ou à la leçon.
Industries
Selon les données du recensement, les membres de cette profession travaillaient presque tous dans le secteur de l'enseignement primaire en 2006. En se basant sur la répartition des effectifs scolaires, on peut évaluer que de 5 % à 10 % d'entre eux se retrouvent dans le secteur privé.
Tendances
Les perspectives d'emploi dans cette profession dépendent de l'évolution du nombre de jeunes en âge de fréquenter l'école primaire et des décisions gouvernementales.
Le nombre de jeunes en âge de fréquenter l'école primaire a diminué légèrement au cours de la première moitié des années 1991, mais est reparti en hausse dans la deuxième partie de cette décennie, pour recommencer à diminuer par la suite. En effet, le nombre de naissances a diminué de 26 % entre son sommet de 1990 et 2002, avant de remonter de 22 % entre 2002 et 2009, tout en demeurant à 10 % de son sommet de 1990. Comme ces enfants moins nombreux ont commencé à fréquenter les prématernelles et maternelles des écoles primaires à compter de 2000, le nombre d'élèves a diminué en moyenne de plus de 2 % par année entre 2001 et 2008. Cette tendance s'inversera entre 2009 et 2014, le nombre de jeunes en âge de fréquenter l'école primaire augmentant en moyenne de 1,7 %, selon les prévisions démographiques de l'Institut de la statistique du Québec. Ce changement de tendance favorisera bien sûr l'emploi dans cette profession.
Du côté des décisions gouvernementales, les années 1990 ont été marquées par les compressions budgétaires et par la création des maternelles à temps plein pour les enfants de cinq ans et des prématernelles à mi-temps pour les enfants de quatre ans. Leurs effets s'annulant, ces mesures ont peu influencé l'évolution de l'emploi dans cette profession. En 2001, le MELS a annoncé une baisse notable des ratios du nombre d'élèves par enseignant dans les classes de maternelle, de première et de deuxième année. En 2005, il s'est engagé à embaucher quelque 600 orthopédagogues pour améliorer l'aide offerte aux élèves en difficulté, puis a instauré en 2006 une augmentation du nombre d'heures d'enseignement de 90 minutes par semaine. Ces mesures ont permis d'atténuer considérablement, voire d'annuler, l'impact sur ces enseignants de la forte baisse du nombre d'élèves observée à l'époque. Elles ont toutefois entraîné un déplacement de la demande d'enseignants, favorisant davantage les enseignants spécialistes dans les domaines de l'orthopédagogie, de la langue seconde, des arts et de l'éducation physique et de la santé. Notons finalement que le MELS contribue au maintien des dernières écoles de village, là où la communauté et les parents le désirent, lorsque ces écoles peuvent assurer une offre acceptable de service.
Face à l'augmentation du nombre d'élèves en difficulté d'apprentissage, le gouvernement a accepté lors de la dernière ronde de négociation en 2010 de réduire le nombre d'élèves par classe au primaire, surtout dans les milieux défavorisés, et de modifier la composition des classes pour les élèves en trouble du comportement. Selon les syndicats de l'enseignement, ces modifications ainsi que celles apportées aux classes du secondaire permettront un ajout de plus de 3 000 enseignants aux niveaux secondaire et primaire. Selon l'ampleur réelle des effets de ces mesures, le niveau de croissance de l'emploi dans cette profession pourrait être plus ou moins élevé que celui que nous prévoyons.
Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, on prévoit que le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Cette profession connaît un chômage saisonnier important en juillet et en août. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est de 15 à 30 fois plus élevé en août que d'octobre à juin. En outre, la précarité des emplois d'un bon nombre de membres de cette profession se reflète dans les données présentées dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques». Ainsi, la donnée sur le revenu moyen d'emploi (47 296 $) ne concerne que les 60 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 25 945 $. Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 87 % des postes dans cette profession en 2006, proportion à peu près identique à celle de 1991 (86 %). Comme elles représentent près de 95 % des diplômés du baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire, cette proportion devrait à tout le moins se maintenir au cours des prochaines années. Il n'y avait pas de travailleurs autonomes dans cette profession.
Exigences
En plus de satisfaire aux exigences en matière de formation, les candidats à cette profession doivent démontrer des aptitudes et de l'intérêt à transmettre des connaissances. Ils doivent également aimer les enfants, faire preuve de beaucoup de patience, posséder une très bonne culture générale, faire preuve de créativité et avoir de grandes capacités à communiquer et à travailler en équipe. L'empathie, l'écoute active, la capacité à analyser et à résoudre des problèmes sont les qualités les plus recherchées. L'aptitude à gérer les problèmes de discipline et de comportement est de plus en plus importante.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, il faut obtenir une autorisation d'enseigner. Pour être autorisé à enseigner à la prématernelle, à la maternelle et en formation générale au primaire, et obtenir un brevet d'enseignement, il faut être titulaire d'un baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire. Pour être autorisé à enseigner en anglais ou français, langue seconde, il faut être titulaire d'un baccalauréat en enseignement de l'anglais ou du français, langue seconde. Ces programmes sont d'une durée de quatre ans et comportent une période de stage en enseignement d'au moins 700 heures.
Il est aussi possible d'obtenir un permis d'enseigner (temporaire). Les avenues pour l'obtenir sont multiples et peuvent être consultées sur la page « Autorisation d'enseigner » du site du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) au http://www.mels.gouv.qc.ca/dftps/interieur/autorisa.html.
Le titulaire d'une autorisation d'enseigner obtenue à l'extérieur du Québec doit communiquer avec le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et lui acheminer certains documents pour obtenir une lettre d'admissibilité qui informe cette personne que son dossier répond aux normes fixées pour enseigner au Québec. Pour obtenir un permis d'enseigner, elle doit par la suite être autorisée à travailler au Québec et réussir des examens établis par le MELS. Les établissements d'enseignement demeurent toutefois les seuls responsables de l'embauche et de l'affectation du personnel enseignant.
Références utiles
Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ)
Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport:
Autorisation d'enseigner
Marché de l'emploi et prévisions de recrutement par discipline
Centrale des syndicats du Québec
Considérations importantes
Étant donné que les effets de l'augmentation des effectifs scolaires devraient être jumelée à ceux d'une nouvelle réduction de la taille des classes, on prévoit que le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
L'aptitude à gérer les problèmes de discipline et de comportement est de plus en plus importante.
Le taux de placement des diplômés des programmes universitaires qui mènent à cette profession est excellent et leur taux de chômage faible. Leur situation sur le marché du travail devrait demeurer excellente au cours des prochaines années.
4142 - Enseignants/enseignantes aux niveaux primaire et préscolaire
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 4142 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 55 850 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 1 450 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,9 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 1 100 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 2 450 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 3 550 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 4142 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 12,7 % | 52,7 % |
| Femmes | 87,3 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 4142 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 4,4 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 57,8 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 37,1 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,7 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 4142 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 78,1 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 21,9 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
4142 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 60,7 % | 53,2 % |
| Moyen | 47 296 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 4,8 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 49,3 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 45,9 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
4142 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,5 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 2,1 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 11,4 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 86,0 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 4142 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,3 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,6 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 7,2 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 5,0 % | 5,4 % |
| Estrie | 3,8 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 2,5 % | 2,9 % |
| Montérégie | 19,0 % | 18,7 % |
| Montréal | 21,1 % | 24,1 % |
| Laval | 4,7 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 7,1 % | 5,8 % |
| Laurentides | 8,6 % | 7,0 % |
| Outaouais | 5,9 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 2,3 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,8 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,3 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 2,7 % | 1,7 % |
| 4142 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 0,0 % | 11,2 % |
| 4142 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 7,3 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Écoles primaires et secondaires | 99,4 % |