Enseignants aux niveaux primaire et préscolaire

Groupe de base 4142

Groupe de compétence : Sciences sociales, enseignement, administration publique et religion

Nature du travail

Les enseignants aux niveaux primaire et préscolaire enseignent des matières de base telles que la lecture, l'orthographe et la mathématique ou des matières spécialisées telles que le français ou l'anglais, langue seconde, dans des écoles primaires, publiques et privées. Les bibliothécaires au niveau primaire sont inclus dans ce groupe de base.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

  • enseignant à la maternelle
  • enseignant au niveau primaire
  • orthopédagogue en éducation spécialisée au niveau primaire
  • professeur d'anglais langue seconde au niveau primaire
  • professeur de français, langue seconde au niveau primaire
  • professeur d'immersion en français au niveau primaire
  • suppléant au niveau primaire

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : mai 2015)

Après être demeuré assez stable au cours de la première décennie des années 2000, le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire a augmenté de façon notable. Ces mouvements s'expliquent principalement par l'évolution des effectifs scolaires et par le financement gouvernemental. Compte tenu de la forte hausse prévue du nombre d'élèves au cours de notre période de prévisions (2014-2018), on prévoit que le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire augmentera fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des besoins de remplacement des enseignants aux niveaux primaire et préscolaire qui seront relativement nombreux à prendre leur retraite ou qui obtiendront des promotions à des postes de conseillers pédagogiques (voir 4166) et de gestion dans le secteur de l'enseignement primaire. Même s'il existe un certain roulement chez les nouveaux enseignants, principalement en raison de la précarité des postes en début de carrière et des problèmes de comportement et de discipline chez les élèves, le taux de roulement est relativement faible dans cette profession lorsqu'on le compare au taux de roulement moyen dans l'ensemble des professions.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences de l'emploi (voir la section Formation), principalement aux titulaires d'un baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire. Cette profession attire de nombreux candidats, mais ils ne peuvent pas tous accéder à cette profession en raison du contingentement de ce programme. Peu de postes pourront être pourvus par des enseignants expérimentés en chômage, car le chômage dans cette profession se retrouve essentiellement en été et disparaît presque complètement le reste de l'année, au moment où la demande d'enseignants est la plus forte. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des établissements d'enseignement. En effet, quoique nettement moins élevée que dans l'ensemble des professions (8 % par rapport à 14 % en 2011, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

Le taux de placement des diplômés des programmes universitaires qui mènent à cette profession, soit les baccalauréats en formation des enseignants au préscolaire et au primaire, en formation des enseignants spécialistes en adaptation scolaire (orthopédagogie) et en formation des enseignants spécialistes au primaire et au secondaire, est excellent et leur taux de chômage faible, selon les enquêtes Relance du gouvernement provincial. Toutefois, la proportion de ces diplômés qui commencent leur carrière dans des postes à temps partiel est plus élevée que la moyenne.

Cette excellente situation devrait se maintenir au cours des prochaines années. Elle s'est en effet réalisée au cours d'une période où le nombre d'élèves au présecondaire (maternelles et primaire) a diminué de façon notable, soit entre 2001 et 2011 (en moyenne de 1,5 % par année). Or, il ne baissera plus, mais augmentera fortement entre 2013 et 2018 (en moyenne d'environ 2,2 % par année), selon les prévisions du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

Même si les diplômés bénéficient d'une excellente situation sur le marché du travail, les nouveaux enseignants embauchés par les commissions scolaires commencent en général leur carrière dans des emplois précaires. Ainsi, seulement 59 % des enseignants aux niveaux primaire et préscolaire bénéficiaient en 2010-2011 du statut d'employés " permanents " à temps plein, proportion en baisse depuis 2002-2003 (64 %), environ 19 % étaient considérés comme des employés " d'appoint " (remplaçants, surnuméraires, suppléants, etc.), et quelque 22 % occupaient des postes à temps partiel, à forfait non renouvelable ou à la leçon.

Industries

Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages, les membres de cette profession travaillaient presque tous dans le secteur de l'enseignement primaire en 2011. En se basant sur la répartition des effectifs scolaires, on peut évaluer que de 5 % à 10 % d'entre eux se retrouvent dans le secteur privé.

Tendances

Les perspectives d'emploi dans cette profession dépendent de l'évolution du nombre de jeunes en âge de fréquenter l'école primaire et des décisions gouvernementales.

Le nombre de jeunes en âge de fréquenter l'école primaire (4 à 11 ans) a diminué en moyenne de 2,1 % par année entre 2001 et 2009. Cette tendance s'est alors inversée, leur nombre augmentant de 1,5 % par année entre 2009 et 2013. Cette tendance s'accentuera entre 2013 et 2018, le nombre de jeunes en âge de fréquenter l'école primaire augmentant en moyenne de 2,2 % par année, selon les prévisions démographiques de l'Institut de la statistique du Québec, soit le même taux que les prévisions d'effectifs scolaires du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport pour le primaire. Cette tendance favorisera bien sûr l'emploi dans cette profession.

Du côté des décisions gouvernementales, les années 1990 ont été marquées par les compressions budgétaires et par la création des maternelles à temps plein pour les enfants de cinq ans et des prématernelles à mi-temps pour les enfants de quatre ans. Leurs effets s'annulant, ces mesures ont peu influencé l'évolution de l'emploi dans cette profession. En 2001, le MELS a annoncé une baisse notable des ratios du nombre d'élèves par enseignant dans les classes de maternelle, de première et de deuxième année. En 2005, il s'est engagé à embaucher quelque 600 orthopédagogues pour améliorer l'aide offerte aux élèves en difficulté, puis a instauré en 2006 une augmentation du nombre d'heures d'enseignement de 90 minutes par semaine. Ces mesures ont permis d'atténuer considérablement, voire d'annuler, l'impact sur ces enseignants de la forte baisse du nombre d'élèves observée à l'époque. Elles ont toutefois entraîné un déplacement de la demande d'enseignants, favorisant davantage les enseignants spécialistes dans les domaines de l'orthopédagogie, de la langue seconde, des arts et de l'éducation physique et de la santé. Notons finalement que le MELS contribue au maintien des dernières écoles de village, là où la communauté et les parents le désirent, lorsque ces écoles peuvent assurer une offre acceptable de service.

Face à l'augmentation du nombre d'élèves en difficulté d'apprentissage, le gouvernement a accepté lors de la dernière ronde de négociation en 2010 de réduire le nombre d'élèves par classe au primaire, surtout dans les milieux défavorisés, et de modifier la composition des classes pour les élèves en trouble du comportement. Les tendances à venir du côté du financement gouvernemental sont incertaines. En effet, compte tenu des compressions budgétaires gouvernementales annoncées dans le financement des commissions scolaires, ce facteur ne pourra certainement pas contribuer à la croissance de l'emploi dans cette profession.

Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, on prévoit que le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire augmentera fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements et de l'Enquête nationale auprès des ménages, les femmes occupaient environ 87 % des postes dans cette profession en 2011, proportion à peu près identique à celle de 1991 (86 %). Cette profession connaît un chômage saisonnier important en juillet et en août. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est de 20 à 30 fois plus élevé en août que d'octobre à juin. En outre, la précarité des emplois d'un bon nombre de membres de cette profession se reflète dans les données présentées dans la section "Caractéristiques" des "Statistiques". Ainsi, la donnée sur le revenu moyen d'emploi (54 274 $) ne concerne que les 62 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2010. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 28 474 $.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut obtenir une autorisation d'enseigner. Pour être autorisé à enseigner à la prématernelle, à la maternelle et en formation générale au primaire, et obtenir un brevet d'enseignement, il faut être titulaire d'un baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire. Pour être autorisé à enseigner en anglais ou français, langue seconde, il faut être titulaire d'un baccalauréat en enseignement de l'anglais ou du français, langue seconde. Ces programmes sont d'une durée de quatre ans et comportent une période de stage en enseignement d'au moins 700 heures.

Il est aussi possible d'obtenir un permis d'enseigner (temporaire). Les avenues pour l'obtenir sont multiples et peuvent être consultées sur la page " Autorisation d'enseigner " du site du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) au http://www.mels.gouv.qc.ca/dftps/interieur/autorisa.html .

Le titulaire d'une autorisation d'enseigner obtenue à l'extérieur du Québec doit communiquer avec le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et lui acheminer certains documents pour obtenir une lettre d'admissibilité qui informe cette personne que son dossier répond aux normes fixées pour enseigner au Québec. Pour obtenir un permis d'enseigner, elle doit par la suite être autorisée à travailler au Québec et réussir des examens établis par le MELS. Les établissements d'enseignement demeurent toutefois les seuls responsables de l'embauche et de l'affectation du personnel enseignant.

Références

Considérations importantes

Compte tenu de la forte hausse prévue du nombre d'élèves au cours de notre période de prévisions (2014-2018), on prévoit que le nombre d'enseignants aux niveaux primaire et préscolaire augmentera fortement au cours des prochaines années.

L'aptitude à gérer les problèmes de discipline et de comportement est de plus en plus importante.

Le taux de placement des diplômés des programmes universitaires qui mènent à cette profession est excellent et leur taux de chômage faible. Leur situation sur le marché du travail devrait demeurer excellente au cours des prochaines années.

Statistiques 4142 - Enseignants/enseignantes aux niveaux primaire et préscolaire

Principaux indicateurs du marché du travail

Dans le tableau suivant, les indicateurs de taux de croissance, variation annuelle d'emploi, d'érosion annuelle et des besoins annuels totaux sont des prévisions générées par des économistes de Service Canada, région du Québec. Pour l'emploi la source des données est de Statistique Canada, Enquête sur la population active (EPA). Les volumes des bénéficiaires d'assurance-emploi proviennent des données administratives d'Emploi et Développement social Canada (EDSC). Toutes ces données sont arrondies.

  Groupe de base 4142 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2011-2013 62 500 3 990 050
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2013 100 80 700
Taux de croissance annuel de 2014 à 2018 2,5 % 0,7 %
Variation annuelle d'emploi de 2014 à 2018 1 600 26 500
Érosion annuelle de 2014 à 2018 1 150 74 300
Besoins annuels totaux de 2014 à 2018 2 750 100 800

Répartition de l'emploi

Les données des tableaux de répartition d'emploi qui suivent proviennent de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

  Groupe de base 4142 Ensemble des professions
Emploi selon le sexe
Hommes 12,6 % 51,9 %
Femmes 87,4 % 48,1 %
Emploi selon le groupe d'âge
15 - 24 ans 3,6 % 13,3 %
25 - 44 ans 61,6 % 42,7 %
45 - 64 ans 33,7 % 41,1 %
65 ans et plus 1,2 % 2,8 %
Emploi selon le statut
Plein temps 79,2 % 81,2 %
Temps partiel 20,8 % 18,8 %
Emploi selon le revenu annuel
À temps plein et à l'année 62,4 % 54,8 %
Revenu annuel moyen 54 300 $ 50 300 $
0 $ à 19 999 $ 4,2 % 13,3 %
20 000 $ à 49 999 $ 30,8 % 48,0 %
50 000 $ et plus 65,0 % 38,8 %
Emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint
Moins d'un DES 0,4 % 12,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 2,4 % 20,3 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 10,2 % 44,2 %
Baccalauréat et plus 87,0 % 23,4 %
Autres répartitions d'emploi
Travail autonome 0,0 % 10,7 %
Immigration 8,5 % 13,7 %
Emploi selon la région
RégionGroupe de base 4142 Ensemble des professions
Abitibi-Témiscamingue 2,5 % 1,8 %
Bas-Saint-Laurent 2,5 % 2,3 %
Capitale-Nationale 8,0 % 9,4 %
Centre-du-Québec 3,2 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 4,9 % 5,5 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec 2,3 % 1,6 %
Estrie 4,3 % 3,8 %
Gaspésie–îles-de-la-Madeleine 1,0 % 0,9 %
Lanaudière 7,4 % 6,1 %
Laurentides 8,2 % 7,3 %
Laval 5,4 % 5,2 %
Mauricie 2,9 % 3,0 %
Montérégie 19,6 % 19,2 %
Montréal 18,8 % 22,9 %
Outaouais 5,8 % 4,9 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean 3,3 % 3,3 %

Principaux secteurs d'emploi

Les données du tableau suivant ont été préparées par des économistes de Service Canada, région du Québec. La source des données est de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

SecteurGroupe de base 4142
Écoles primaires et secondaires 99,4 %