Aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires

3413 - Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires
Textes de la profession

Nature du travail

Les aides-infirmiers, les aides-soignants et les préposés aux bénéficiaires aident le personnel infirmier et hospitalier ainsi que les médecins dans la prestation des soins de base aux patients.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Aide aux soins de longue durée;
aide aux soins des patients;
aide en psychiatrie;
aide-infirmier;
aide-soignant;
préposé aux bénéficiaires;
préposé aux patients;
préposé aux soins infirmiers;
préposé aux soins personnels - secteur médical.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : décembre 2010)

Au cours des dernières années, le nombre d'aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires a augmenté fortement. Compte tenu des priorités gouvernementales en matière de santé, du vieillissement de la population et de l'alourdissement de la condition des patients des résidences privées pour personnes âgées et des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), leur nombre devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront principalement de l'augmentation de l'emploi, des postes qui seront libérés par les aides et préposés qui seront nombreux à prendre leur retraite, et du taux de roulement relativement élevé pour une profession du secteur de la santé. Les conditions de travail assez difficiles (effort physique, nombreux postes «sur appel», à temps partiel et temporaires, travail le soir, la nuit et les week-ends, salaire peu élevé, surtout dans le secteur privé, etc.) expliquent l'importance de ce taux de roulement.

Bassin de main-d'œuvre

Les débouchés du secteur public seront accessibles en premier lieu aux titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en assistance à la personne en établissement de santé. Peu de débouchés seront pourvus par des aides et préposés expérimentés en chômage, car le taux de chômage est assez faible dans cette profession. D'autres débouchés pourront être pourvus par des immigrants. D'ailleurs, la proportion d'immigrants y était en 2006 légèrement plus élevée que dans l'ensemble des professions (16 % par rapport à 12 %), selon les données du recensement.

En plus d'être accessibles à ce bassin de main-d'œuvre, les débouchés du secteur privé seront en plus ouverts à des personnes qui possèdent une expérience dans le secteur de la santé ou une formation en premiers soins.

Le taux de placement des diplômés du DEP en assistance à la personne en établissement de santé est très bon et leur taux de chômage relativement faible, selon les résultats de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Ces bons résultats reflètent d'autant plus la force de la demande dans cette profession que le nombre de diplômés dans ce programme a augmenté considérablement au cours des dernières années, passant de moins de 350 en 1995-1996 à près de 2 000 en 2008-2009. Toutefois, ils occupent beaucoup plus souvent des postes à temps partiel que l'ensemble des diplômés de la formation professionnelle.

Le nombre de diplômés de ce DEP devrait se stabiliser au cours des prochaines années. En effet, le nombre de débutants à ce programme commence à plafonner. Le MELS prévoit même une certaine baisse du nombre de débutants au cours des prochaines années. Pourtant, une étude produite vers la fin de 2008 par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (Portrait de la main-d'œuvre - Préposés aux bénéficiaires) évalue à environ 500 par année le nombre de diplômés supplémentaires qu'il faudrait former pour combler les besoins de recrutement dans le secteur public de la santé au cours de notre période de prévision (2010-2014). Notons que cette étude ne tient pas compte des besoins des résidences privées pour personnes âgées. Or, la sensibilisation croissante de la population et des instances gouvernementales au manque de formation des préposés du secteur privé devrait inciter les employeurs de ce secteur à embaucher plus de diplômés.

À cet égard, mentionnons que le gouvernement a adopté une loi qui obligera les résidences privées pour personnes âgées à se procurer un certificat au plus tard en 2009 pour pouvoir demeurer en activité. Même si le niveau de formation du personnel n'est pas mentionné explicitement dans les critères pour obtenir ce certificat, les exploitants de résidences privées seront grandement incités à embaucher du personnel mieux formé pour pouvoir respecter ces critères.

Industries

Selon les données du recensement, environ 98 % des aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et assistance sociale, surtout dans des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et des résidences privées pour personnes âgées (53 %), et dans des hôpitaux (41 %). Entre 1991 et 2006, leur nombre n'a augmenté que légèrement dans les hôpitaux, tandis qu'il a plus que doublé dans les CHSLD et les résidences privées pour personnes âgées.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend surtout de facteurs démographiques et organisationnels.

- Démographie

Le vieillissement de la population et l'accroissement des besoins en soins de longue durée favorisent de l'augmentation de l'emploi dans cette profession, surtout dans les CHSLD et les résidences privées pour personnes âgées. Ce facteur gagnera graduellement en importance, doucement au début, avec une nette accélération vers 2015.

- Virage ambulatoire

Les gestionnaires du réseau de la santé visent la diminution du temps d'hospitalisation et le retour plus rapide des hospitalisés à la maison. Ce facteur désavantage bien sûr l'emploi des membres de cette profession dans les hôpitaux.

- Alourdissement des cas

Les préposés aux bénéficiaires sont proportionnellement beaucoup plus demandés dans les CHSLD et les résidences privées pour personnes âgées que dans les hôpitaux. Comme les CHSLD accordent la priorité aux patients les moins autonomes, les cas traités sont de plus en plus lourds et exigent de plus en plus d'interventions. Reflet de ce phénomène, le nombre de préposés aux bénéficiaires dans le réseau d'établissements sociosanitaires du Québec a augmenté de plus de 30 % entre 1998 et 2009, tandis que le nombre de lits diminuait de plus de 5 % dans les CHSLD et demeurait assez stable dans les hôpitaux de soins généraux et spécialisés, selon le bulletin Info-sérhum publié par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Comme les services publics se concentrent sur les cas les plus lourds, les personnes âgées plus autonomes qui ont tout de même besoin de certains services (hébergement, repas, bains, etc.) et de certains soins infirmiers se retrouvent en proportion croissante dans des résidences privées pour personnes âgées. En outre, avec le vieillissement de la population et l'augmentation de l'espérance de vie, les besoins de ces patients tendent également à s'alourdir.

- Évolution des tâches

Face aux pénuries de médecins et d'infirmiers, le gouvernement a adopté diverses mesures pour que ces professionnels concentrent leurs activités dans les actes qu'ils sont les seuls autorisés à exercer. Dans cette optique, les préposés aux bénéficiaires dûment formés et encadrés pourraient prodiguer bientôt des soins qui leur étaient auparavant interdits, tels l'administration de médicaments, les touchers rectaux et l'insertion de suppositoires. L'adoption du règlement à cet effet ferait bien sûr augmenter la demande de préposés aux bénéficiaires et les exigences des employeurs en matière de formation. Elle relancerait aussi le débat sur la pertinence de la création d'un ordre professionnel pour encadrer l'exercice de cette profession.

- Conclusion

L'ensemble de ces facteurs s'est traduit par une forte augmentation de l'emploi dans cette profession au cours des dernières années, si ce n'est une certaine stagnation au milieu des années 1990 en raison des compressions budgétaires gouvernementales dans le secteur de la santé. Compte tenu des priorités gouvernementales en matière de santé, du vieillissement de la population et de l'alourdissement de la condition des patients, le nombre d'aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 81 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (75 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent entre 85 % et 90 % des nouveaux diplômés en assistance à la personne en établissement de santé. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (27 469 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 42 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 17 697 $. On retrouvait en 2006 bien peu de travailleurs autonomes dans cette profession (moins de 2 % des emplois).

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent le sens des responsabilités, une bonne résistance physique et beaucoup de disponibilité. Les candidats doivent savoir résister au stress et aux émotions fortes. L'empathie, le respect et les capacités d'écoute sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est parfois exigé.

Études et formation

Pour obtenir un poste dans le secteur public, il faut habituellement posséder un diplôme d'études professionnelles (DEP) en assistance à la personne en établissement de santé ou en assistance à la personne à domicile. Ces DEP, une formation de préposé aux bénéficiaires, des cours premiers soins et d'autres formations dans le domaine de la santé représentent tous des atouts de plus en plus importants pour obtenir un poste dans les autres milieux de travail.

Références utiles

Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux

Fédération des préposées et préposés aux bénéficiaires public et privé du Québec

Regroupement québécois des résidences pour aînés

Considérations importantes

Compte tenu des priorités gouvernementales en matière de santé, du vieillissement de la population et de l'alourdissement de la condition des patients des résidences privées pour personnes âgées et des CHSLD, le nombre d'aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Le taux de placement des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en assistance aux bénéficiaires en établissement de santé est très bon et leur taux de chômage relativement faible.

3413 - Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3413 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 52 450 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 650 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,6 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 1 450 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 2 050 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 3 500 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3413 Ensemble des
professions
Hommes 18,9 % 52,7 %
Femmes 81,1 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3413 Ensemble des
professions
15- 24 ans 12,3 % 14,1 %
25- 44 ans 40,3 % 45,1 %
45- 64 ans 46,5 % 38,8 %
65 ans et plus 1,0 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3413 Ensemble des
professions
Plein temps 63,9 % 79,2 %
Temps partiel 36,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3413 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 42,7 % 53,2 %
Moyen 27 469 45 157
0 à 19 999 $ 22,5 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 74,8 % 52,4 %
50 000 $ et plus 2,6 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3413 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 11,6 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 22,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 61,2 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 4,9 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3413 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,2 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 3,1 % 2,5 %
Capitale-Nationale 10,0 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,2 % 5,4 %
Estrie 4,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,6 % 2,9 %
Montérégie 18,1 % 18,7 %
Montréal 24,0 % 24,1 %
Laval 4,7 % 5,0 %
Lanaudière 6,4 % 5,8 %
Laurentides 6,5 % 7,0 %
Outaouais 3,4 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 2,0 % 1,8 %
Mauricie 3,6 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,6 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,1 % 1,7 %


3413 Ensemble des
professions
Travail autonome 1,6 % 11,2 %


3413 Ensemble des
professions
Immigration 16,2 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Soins de santé et assistance sociale 97,9 %
- établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les CHSLD) 52,5 %
- hôpitaux 40,8 %