Ambulanciers et autre personnel paramédical

3234 - Ambulanciers/ambulancières et autre personnel paramédical
Textes de la profession

Nature du travail

Les ambulanciers et le personnel paramédical donnent des soins d'urgence pré-hospitaliers aux patients blessés ou malades et les transportent au centre hospitalier ou vers d'autres centres médicaux pour des soins plus poussés.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Ambulancier;
ambulancier paramédical;
assistant en soins médicaux d'urgence;
paramédic - soins avancés;
paramédic - soins critiques;
paramédic - soins primaires;
répondant médical;
surveillant des services ambulanciers;
technicien en soins médicaux d'urgence;
technicien-ambulancier paramédical;
technologue-ambulancier paramédical.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : novembre 2010)

A) Vue d'ensemble

Au cours des dernières années, le nombre d'ambulanciers et autre personnel paramédical a augmenté fortement. Cette forte hausse s'explique essentiellement par la croissance de la demande de transport ambulancier. Étant donné que cette demande devrait continuer à croître et que les horaires de travail tendent à devenir moins exigeants, on prévoit que leur nombre continuera à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront principalement de l'augmentation de l'emploi, du roulement élevé et des postes qui seront libérés par les ambulanciers qui prendront leur retraite. Notons que la proportion de travailleurs qui sont âgés de 55 ans et plus y est nettement plus faible que dans l'ensemble des professions (7 % par rapport à la moyenne de 15 %, selon les données du recensement de 2006). Cette faible proportion de travailleurs âgés de 55 ans et plus s'explique principalement par le taux de roulement important.

En effet, le travail dans cette profession est très exigeant sur les plans physique et psychologique. Il exige en plus beaucoup de disponibilité, car les ambulanciers travaillent souvent le soir, la nuit et les fins de semaine. Soulignons en outre que les heures de travail sont très longues et que le temps supplémentaire est courant. Les données du recensement de 2006 sont d'ailleurs éloquentes à cet égard, montrant que les ambulanciers ont travaillé en moyenne 45 heures lors de la semaine de référence du recensement en mai 2006, soit beaucoup plus que dans l'ensemble des professions (37 heures). En outre, dans le contexte du rehaussement des exigences pour occuper un emploi dans cette profession, les conventions collectives prévoient certaines mesures pour encourager les techniciens qui ne possèdent pas la formation nécessaire à prendre leur retraite ou à quitter leur emploi. Ce roulement génère bien sûr un nombre élevé de débouchés. Finalement, un certain nombre de débouchés s'ajouteront en raison de promotions d'ambulanciers à des postes de supervision et de gestion.

Bassin de main-d'œuvre

Historiquement, l'accès à cette profession dépendait des exigences particulières des entreprises qui offraient des services préhospitaliers d'urgence et de transport ambulancier, souvent comme service complémentaire aux entreprises funéraires. Les employeurs n'exigeaient souvent que le permis de conduire d'une classe appropriée. Aujourd'hui, l'accès à cette profession est réservé aux titulaires de l'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques ambulancières. Ce phénomène se reflète clairement dans les données des recensements. Alors qu'à peine 50 % des ambulanciers étaient titulaires d'un diplôme d'études postsecondaires dans le domaine de la santé en 1991, cette proportion a augmenté très fortement par la suite, passant à 64 % en 2006. Un tel niveau d'augmentation confirme que presque tous les nouveaux arrivants dans cette profession doivent maintenant réussir une formation en techniques ambulancières. Par ailleurs, peu de débouchés devraient être pourvus par des ambulanciers en chômage ou par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car le taux de chômage est peu élevé dans cette profession et car la proportion d'immigrants était en 2006 très faible, selon les données du recensement (4 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions). À ce bassin se sont ajoutés en 2009 les premiers titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d'urgence offert depuis 2006.

Comme cette profession attire beaucoup plus de candidats qu'elle ne peut en accueillir, l'AEC en techniques ambulancières et le DEC en soins préhospitaliers d'urgence sont contingentés et les conditions d'admission sont très sélectives. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant de constater que la situation du marché du travail des diplômés de l'AEC en techniques ambulancières est excellente avec notamment un taux de chômage très bas et un taux de placement dans des emplois en rapport avec leur formation très élevé, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). En outre, plus de 95 % des diplômés ayant trouvé des emplois en rapport avec leur formation entre 2007 et 2009 travaillaient dans la présente profession.

Toujours selon l'enquête Relance, la première cohorte de diplômés du DEC en soins préhospitaliers d'urgence, soit celle de 2008-2009, a connu en 2010 une très bonne situation sur le marché du travail. En effet, les données révèlent un taux de placement élevé, un chômage nul, un taux élevé de l'emploi en rapport avec la formation et un salaire supérieur à la moyenne des diplômés en formation technique. Par contre, la proportion de diplômés en emploi travaillant à temps partiel était plus élevée que la moyenne.

L'excellente situation du marché du travail de ces diplômés semble indiquer que le nombre de diplômés est insuffisant pour satisfaire à la demande. D'ailleurs, le nombre de diplômés a augmenté de près de 30 % entre 2007 et 2009, nombre auquel s'est ajoutée en 2009 la première cohorte de diplômés du DEC en soins préhospitaliers d'urgence. Comme la demande semble suffisante pour absorber cet apport supplémentaire de diplômés et comme le contingentement permet d'ajuster assez rapidement le bassin de main-d'œuvre aux besoins, leur situation sur le marché du travail devrait demeurer bonne à l'avenir.

Industries

Selon les données du recensement, environ 90 % des ambulanciers travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale, dont 73 % dans les services d'ambulances. Une plus faible proportion, soit 10 %, étaient à l'emploi des hôpitaux et à peine 3 % œuvraient dans les Forces armées canadiennes. Notons que les services ambulanciers sont offerts par cinq types d'entreprises : une entreprise publique (Urgences-santé dans la région de Montréal et Laval), des coopératives, des entreprises privées, des sociétés ambulancières municipales et des organismes sans but lucratif.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la demande de transport ambulancier, de l'organisation du travail et des décisions gouvernementales concernant le champ d'intervention des ambulanciers.

- Demande de transport ambulancier

La demande de transport ambulancier dépend à la fois de facteurs démographiques et organisationnels. Du côté démographique, le vieillissement de la population et l'accroissement des maladies dégénératives qui y sont reliées favorisent bien sûr la croissance de la demande de transport ambulancier.

Du côté organisationnel, les tendances sont opposées. D'un côté, le regroupement des services médicaux dans quelques centres spécialisés a fait augmenter le nombre de transports interétablissements. De l'autre, les centres hospitaliers favorisent de plus en plus l'utilisation de modes de transport moins coûteux que les ambulances pour transporter les patients d'un établissement à l'autre : taxi, famille, transport adapté, etc.

- Organisation du travail

Certains aménagements d'horaires de travail sont survenus au cours des dernières années et d'autres sont à prévoir pour faire diminuer la charge de travail excessive des ambulanciers et améliorer le temps de réponse. Ces changements résultent autant des revendications des syndicats que des observations des employeurs et des recommandations de groupes d'études, qui s'inquiètent du fort taux de roulement, du temps de réponse inadéquat dans de nombreuses régions du Québec et des conséquences sur la sécurité des transports ambulanciers de cette charge de travail excessive. Le gouvernement a d'ailleurs mis sur pied des projets pilotes dès 2008 pour implanter des horaires de travail moins contraignants et faire augmenter le nombre d'ambulanciers en service. Pour réaliser ces projets pilotes et éventuellement étendre leur fonctionnement à l'ensemble du Québec, il haussera de plus de 30 % le nombre de débutants à l'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques ambulancières. Toutes ces mesures favoriseront bien sûr l'augmentation de l'emploi dans cette profession.

- Champ d'intervention des ambulanciers

Historiquement, le champ d'intervention des ambulanciers se limitait presque exclusivement au transport des malades. Graduellement, leur rôle s'est élargi. Il a alors fallu organiser des activités de formation pour permettre aux ambulanciers, qui possédaient des niveaux de formation en matière de santé fort disparates, de s'acquitter adéquatement de leurs nouvelles responsabilités. Vers le milieu des années 1980, on a commencé à intégrer officiellement les services ambulanciers aux services préhospitaliers d'urgence. Ce n'est toutefois qu'en 1994 que l'AEC en techniques ambulancières a vu le jour.

Cette tendance à l'élargissement du champ d'intervention des ambulanciers s'est accentuée au cours des années 1990. Tout le secteur des services préhospitaliers d'urgence a été remis en question, du rôle des premiers répondants, tels les pompiers (voir 6262), à celui des techniciens ambulanciers. En 2002, le Collège des médecins a approuvé des projets pilotes permettant à des techniciens ambulanciers de poser certains actes médicaux en situation d'urgence, comme l'utilisation du défibrillateur cardiaque, l'intubation d'un adulte en arrêt respiratoire et l'administration de quelques médicaments. Les interventions permises se font en fonction des protocoles d'interventions préhospitaliers rédigés et approuvés par les médecins en poste en tant que directeurs médicaux régionaux.

La tendance à l'élargissement du champ d'intervention des ambulanciers devrait se poursuivre au cours des prochaines années. Alors que cette tendance devrait avoir peu d'impact sur l'évolution de l'emploi dans cette profession, elle en aura beaucoup sur les exigences des employeurs et sur la formation de base et continue des ambulanciers. D'ailleurs, le diplôme d'études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d'urgence deviendra obligatoire pour accéder à cette profession à compter de 2014.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'ambulanciers augmentera fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient un peu plus de 23 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (16 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (46 246 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» doit être interprétée avec prudence. Il faut tenir compte d'une part qu'elle ne concerne que les 67 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005 et d'autre part de la moyenne fort élevée d'heures travaillées au cours de la semaine du recensement, soit 45 heures, moyenne beaucoup plus élevée que dans l'ensemble des professions (37 heures). Des données plus récentes nous montrent que la convention collective des techniciens ambulanciers prévoyait en juin 2009 de 17,41 $ de l'heure à 24,30 $, selon le nombre d'années d'expérience. Notons finalement que les conditions de travail difficiles ne génèrent pas seulement un taux de roulement inquiétant, comme mentionné plus tôt, mais aussi un taux d'absentéisme élevé. Par exemple, selon la direction d'Urgence-santé, les heures d'absence (maladie, accidents de travail ou autres) représentaient en 2004-2005 environ 30 % des heures travaillées.

Exigences

Les exigences les plus importantes pour accéder à cette profession sont les conditions d'admission à l'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques ambulancières (voir la section Formation). En plus, les candidats doivent savoir résister au stress et aux émotions fortes et être en mesure de bien réagir dans les situations d'urgence. La dextérité, la polyvalence, l'empathie, le dévouement, la considération pour le bénéficiaire et les aptitudes à la communication et au travail d'équipe sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé.

B) Tendances par spécialité

Même s'ils sont peu nombreux et que les tendances qui les touchent ont peu d'influence sur l'évolution globale de l'emploi dans cette profession, il faut préciser que ce groupe professionnel comprend également les techniciens médicaux et les techniciens en recherche et sauvetage œuvrant dans les Forces armées canadiennes et les techniciens ambulanciers formés en évacuation aéromédicale. La section Références offre des liens sur des sites Internet qui offrent de l'information sur ces spécialités.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut posséder une carte d'identification et d'attestation de conformité émise par les Régies régionales de la Santé et des Services sociaux ou par la Corporation d'Urgences-Santé. Pour obtenir ces cartes, il faut habituellement être titulaire d'une attestation d'études collégiales (AEC) en techniques ambulancières, avoir réussi des épreuves théoriques et pratiques de cinq cours de formation et obtenir un permis de conduire approprié à la classe du véhicule à conduire.

Les cégeps Ahuntsic et Sainte-Foy offrent depuis 2006 un diplôme d'études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d'urgence. Huit autres cégeps ont depuis commencé à offrir ce programme. L'AEC en techniques ambulancières continuera à permettre l'accès à cette profession jusqu'en 2014. Par la suite, le DEC deviendra une condition d'embauche.

Le cégep de l'Abitibi-Témiscamingue offre une AEC de préposé au véhicule de premiers soins à l'intention des secouristes qui œuvrent dans des milieux de travail éloignés des centres hospitaliers.

Les ambulanciers doivent tenir leur formation à jour et participer à de nombreuses activités de formation continue.

Références utiles

Banque de techniciens ambulanciers du Québec

Association professionnelle des paramédics du Québec

Corporation d'Urgences-santé de la région de Montréal Métropolitain

Diplôme d'études collégiales en soins préhospitaliers d'urgence
Collège Ahuntsic
Cégep de Rivière-du-Loup
Cégep de Sainte-Foy

Technicien médical (Défense nationale)

Techniciens ambulanciers formés en évacuation aéromédicale

Considérations importantes

Étant donné que la demande de transport ambulancier devrait croître et que les horaires de travail tendent à devenir moins exigeants, on prévoit que le nombre d'ambulanciers et autre personnel paramédical augmentera fortement au cours des prochaines années.

Comme le champ d'intervention des ambulanciers tend à s'élargir, les exigences des employeurs en termes de formation de base et continue sont en hausse.

L'accès à l'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques ambulancières et au diplôme d'études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d'urgence est très difficile. Ces programmes sont en effet contingentés et les conditions d'admission sont fort sélectives. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant de constater que le taux de placement des diplômés de ces programmes est excellent et que leur taux de chômage est très faible.

Le DEC en soins préhospitaliers d'urgence est offert depuis l'automne 2006. Il deviendra une condition d'accès à cette profession à compter de 2014.

3234 - Ambulanciers/ambulancières et autre personnel paramédical
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3234 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 4 450 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 25 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,3 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 100 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 90 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 190 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3234 Ensemble des
professions
Hommes 76,6 % 52,7 %
Femmes 23,4 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3234 Ensemble des
professions
15- 24 ans 9,0 % 14,1 %
25- 44 ans 57,9 % 45,1 %
45- 64 ans 32,5 % 38,8 %
65 ans et plus 0,6 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3234 Ensemble des
professions
Plein temps 90,0 % 79,2 %
Temps partiel 10,0 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3234 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 67,2 % 53,2 %
Moyen 46 246 45 157
0 à 19 999 $ 4,6 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 62,7 % 52,4 %
50 000 $ et plus 32,7 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3234 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 1,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 9,2 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 82,0 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 7,1 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3234 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 3,9 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 4,4 % 2,5 %
Capitale-Nationale 8,9 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,0 % 5,4 %
Estrie 6,7 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,4 % 2,9 %
Montérégie 15,3 % 18,7 %
Montréal 10,6 % 24,1 %
Laval 3,0 % 5,0 %
Lanaudière 9,3 % 5,8 %
Laurentides 10,0 % 7,0 %
Outaouais 5,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 3,0 % 1,8 %
Mauricie 3,2 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 5,2 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 3,8 % 1,7 %


3234 Ensemble des
professions
Travail autonome 1,8 % 11,2 %


3234 Ensemble des
professions
Immigration 3,7 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Soins de santé et assistance sociale 89,7 %
- autres services de soins ambulatoires (y compris les services d'ambulance) 73,4 %
- hôpitaux 9,7 %
Administrations publiques 4,1 %