Infirmiers auxiliaires
3233 - Infirmiers auxiliaires/infirmières auxiliaires
Textes de la profession
Nature du travail
Les infirmiers auxiliaires administrent des soins infirmiers aux patients, habituellement sous la supervision des médecins, des infirmiers autorisés ou d'autres membres de l'équipe de santé. Ce groupe de base comprend les techniciens de salle d'opération.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Infirmier auxiliaire autorisé;
infirmier auxiliaire immatriculé;
infirmier auxiliaire;
technicien de salle d'opération.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : novembre 2010)
Au cours des années 1990, le nombre d'infirmiers auxiliaires a diminué de façon notable. Cette baisse résultait de l'impact des compressions budgétaires du secteur de la santé, du programme gouvernemental d'incitation à la retraite de 1997-1998 et de la préférence des employeurs pour des employés plus polyvalents. Leur nombre a recommencé à augmenter à compter de 2002 en raison de la croissance des besoins en matière de santé, des priorités gouvernementales en matière de santé, de la pénurie d'infirmiers autorisés, de la croissance des coûts en santé et de l'ajout d'actes auparavant réservés aux infirmiers autorisés. Étant donné que ces tendances récentes devraient se maintenir, on prévoit que leur nombre augmentera fortement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les infirmiers auxiliaires qui prendront leur retraite. En effet, environ 52 % d'entre eux étaient âgés de 45 ans et plus en 2006, proportion nettement plus élevée que pour l'ensemble des professions (42 %). D'autres débouchés proviendront de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par ceux qui obtiendront, en suivant la formation exigée, des promotions à des postes d'infirmiers autorisés (voir la section Formation et la profession 3152) ou par ceux qui quitteront la profession pour d'autres raisons.
Selon une étude de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec, le taux de roulement est en effet plus élevé chez les infirmiers auxiliaires que chez les infirmiers autorisés (voir 3152). Ce roulement relativement élevé s'expliquerait par leur âge moyen plus bas, leurs moins bonnes perspectives de promotions, leur niveau d'autonomie limité et la plus forte prévalence du temps partiel (37 % des emplois par rapport à 29 % chez les infirmiers autorisés, selon les données du recensement de 2006).
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en santé, assistance et soins infirmiers qui satisfont aux exigences de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (voir la section Formation). En effet, peu de débouchés pourront être pourvus par des infirmiers auxiliaires expérimentés en chômage, car le taux de chômage est très faible dans cette profession. Par contre, quelques débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre. D'ailleurs, environ 11 % des postes d'infirmiers auxiliaires étaient occupés par des immigrants en 2006, soit près du triple du pourcentage observé en 1996 (4 %), mais un peu moins que dans l'ensemble des professions (12 %), selon les données des recensements.
Le taux de placement des diplômés du DEP en santé, assistance et soins infirmiers est très bon et leur taux de chômage très faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Cette situation sur le marché du travail a toujours été nettement meilleure que celle pour l'ensemble des diplômés de la formation professionnelle depuis au moins dix ans, même si le nombre de diplômés est passé d'environ 250 en 1999-2000 à plus de 1 850 en 2008-2009. Comme le nombre de débutants à ce programme semble plafonner, leur situation sur le marché du travail devrait demeurer très bonne au cours des prochaines années.
Industries
Selon les données du recensement, environ 51 % des infirmiers auxiliaires travaillaient dans les hôpitaux en 2006, proportion en forte baisse depuis 1991 (73 %). Les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et les centres d'accueil en embauchaient environ 37 %, proportion en forte hausse depuis 1991 (18 %). Si on en retrouvait en 2006 une proportion assez faible dans les centres locaux de services communautaires (CLSC, 4 %), cette présence n'en demeure pas moins un signal d'une tendance significative. En effet, ces centres n'en regroupaient que 1 % en 1991.
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend à la fois de facteurs démographiques et organisationnels. Du côté démographique, le vieillissement de la population et l'accroissement des maladies dégénératives qui y sont reliées, l'apparition de nouvelles maladies et de nouveaux traitements et la sensibilisation accrue de la population face à la santé favorisent la création d'emplois dans le secteur de la santé. Pour les infirmiers auxiliaires, cet avantage se concrétise en premier lieu dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). De plus, le vieillissement et l'intérêt des ainés de demeurer chez soi, les priorités gouvernementales, le coût moindre par intervention en comparaison à une infirmière autorisée, pourraient à moyen terme favoriser les soins à domicile et hausser la proportion, actuellement faible, des infirmiers auxiliaires qui travaillent à cette activité.
Du côté organisationnel, l'emploi dans cette profession a subi fortement les effets des compressions budgétaires du secteur de la santé et du programme gouvernemental d'incitation à la retraite au cours des années 1990. En plus, les gestionnaires du réseau de la santé cherchaient à embaucher du personnel polyvalent et bien formé, autorisé à poser davantage d'actes professionnels et capable d'effectuer des tâches plus variées, en gestion de cas et en administration, par exemple. Si cette tendance n'a pas entraîné de mises à pied comme telles, elle favorisait nettement l'embauche d'infirmiers autorisés (voir 3152) et désavantageait celle d'infirmiers auxiliaires. Les conséquences de cette tendance s'illustrent de façon éloquente dans les données du ministère de la Santé et des Services sociaux. En effet, le nombre d'infirmiers auxiliaires a diminué de plus de 20 % entre 1991 et 2000 dans le réseau de la santé. Alors qu'il y avait trois fois plus d'infirmières que d'infirmières auxiliaires dans ce réseau en 1991, il y en avait quatre fois plus en 2000.
Cela dit, cette tendance s'est complètement inversée depuis 2002. L'emploi dans cette profession a dans un premier temps bénéficié du manque de diplômés dans les programmes collégiaux et universitaires qui mènent à des postes d'infirmiers autorisés. Jumelée à l'augmentation des dépenses gouvernementales dans le secteur de la santé, la pénurie de candidats pour occuper des postes d'infirmiers autorisés a en quelque sorte forcé les gestionnaires du secteur de la santé à se tourner du côté des infirmiers auxiliaires.
Par la suite, l'ajout en 2003 de quelques actes importants auparavant réservés aux infirmiers autorisés (prises de sang, administration de vaccins, etc.) a incité les gestionnaires du secteur de la santé à recruter et à conserver à long terme plus d'infirmiers auxiliaires qu'auparavant. Ceux-ci peuvent en effet maintenant effectuer à bien moindre coût des actes auparavant effectués par du personnel touchant des salaires beaucoup plus élevés. En même temps, cela permet aux infirmiers autorisés et aux médecins de se concentrer davantage, et idéalement uniquement, à des actes médicaux spécialisés. Ce changement dans les actes permis aux infirmiers auxiliaires représente un volume de travail élevé. En mars 2005, soit moins de deux ans après l'adoption de ces changements, près de 90 % des membres de l'Ordre des infirmières auxiliaires du Québec avaient d'ailleurs reçu la formation leur permettant de poser ces actes.
Ce qui semblait à l'origine un changement temporaire de tendance résultant d'une pénurie momentanée d'infirmiers autorisés était en fait un changement durable de tendance favorisant l'embauche d'infirmiers auxiliaires. Les données des ordres professionnels corroborent d'ailleurs l'implantation solide de cette tendance. En effet, le nombre de membres de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec a augmenté de 4,5 % par année entre 2003 et 2010, tandis que le nombre de membres de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec n'a crû que de 1,2 % par année. Cette tendance est donc bien établie et devrait se maintenir au cours des prochaines années.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'infirmiers auxiliaires devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient plus de 91 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (89,5 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (35 538 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 35 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 24 901 $. On y retrouvait en 2006 très peu de travailleurs autonomes (moins de 1 % des emplois). Le travail le soir, la nuit et les week-ends est fréquent. Les postes à temps partiel, temporaires et «sur appel» sont courants, surtout en début de carrière. Les fonctions des infirmiers auxiliaires exigent une bonne résistance physique.
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui se tiennent à jour sur l'évolution des techniques de diagnostic et d'intervention et qui possèdent une grande capacité d'adaptation, le sens de l'observation, de l'initiative et un bon jugement. Les candidats doivent savoir résister au stress et aux émotions fortes et être en mesure de bien réagir dans les situations d'urgence. L'empathie, le respect et les aptitudes à la communication et au travail d'équipe sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est parfois exigé.
Études et formation
Au Québec, pour utiliser le titre d'infirmier ou infirmière auxiliaire et poser un acte professionnel exclusif, il faut devenir membre de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec. Pour devenir membre de l'Ordre, il faut :
- obtenir un diplôme d'études professionnelles (DEP) en santé, assistance et soins infirmiers;
- réussir l'examen professionnel;
- satisfaire aux exigences de connaissance de la langue française telles que prescrites par la Charte de la langue française.
L'Ordre peut fournir une reconnaissance d'équivalence de diplôme aux candidats qui ont étudié dans d'autres provinces ou à l'étranger. Dans certains cas, il exigera la réussite de compléments de formation. L'Ordre peut imposer un programme d'actualisation aux personnes qui ont cessé d'exercer pendant une période de 4 ans.
La formation continue d'un minimum de 10 heures par période de 2 ans est obligatoire. L'Ordre offre des activités de formation et de perfectionnement.
Les infirmiers auxiliaires qui possèdent un diplôme d'études collégiales (DEC) en soins infirmiers ou en soins infirmiers : recyclage des infirmières auxiliaires, et qui satisfont aux exigences de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec peuvent accéder à des postes d'infirmiers diplômés (voir 3152).
Références utiles
Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec
Considérations importantes
Compte tenu des priorités gouvernementales en matière de santé, de la pénurie d'infirmiers diplômés, de la croissance des coûts en santé et de l'ajout d'actes auparavant réservés aux infirmiers autorisés, le nombre d'infirmiers auxiliaires devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.
Le taux de placement des titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en santé, assistance et soins infirmiers est très bon et leur taux de chômage très faible. Comme le nombre de débutants à ce programme semble plafonner, leur situation sur le marché du travail devrait demeurer très bonne au cours des prochaines années.
3233 - Infirmiers auxiliaires/infirmières auxiliaires
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 3233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 16 550 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 90 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 2,7 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 450 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 700 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 1 150 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 3233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 8,7 % | 52,7 % |
| Femmes | 91,3 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 3233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 1,5 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 47,0 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 51,1 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,5 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 3233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 62,6 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 37,4 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
3233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 43,5 % | 53,2 % |
| Moyen | 35 538 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 5,8 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 90,7 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 3,6 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
3233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,4 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 4,7 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 92,6 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 2,3 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 3233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 2,7 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 4,5 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 10,5 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 6,7 % | 5,4 % |
| Estrie | 4,2 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,3 % | 2,9 % |
| Montérégie | 17,1 % | 18,7 % |
| Montréal | 16,8 % | 24,1 % |
| Laval | 4,7 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 5,8 % | 5,8 % |
| Laurentides | 6,8 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,0 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 2,1 % | 1,8 % |
| Mauricie | 4,2 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 6,2 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,5 % | 1,7 % |
| 3233 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 0,6 % | 11,2 % |
| 3233 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 11,3 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Soins de santé et assistance sociale | 95,7 % |
| - hôpitaux | 51,1 % |
| - établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les CHSLD) | 37,4 % |
| - centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) | 4,0 % |