Hygiénistes et thérapeutes dentaires

3222 - Hygiénistes et thérapeutes dentaires
Textes de la profession

Nature du travail

Les hygiénistes dentaires assurent un traitement d'hygiène dentaire et donnent des renseignements reliés à la prévention des maladies et des affections des dents et de la bouche. Les thérapeutes dentaires remplissent des fonctions limitées dans le domaine de la médecine dentaire visant la prévention ou le traitement des maladies et des affections des dents et de la bouche.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Hygiéniste dentaire;
infirmier dentaire;
thérapeute dentaire.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : novembre 2010)

Au cours des dernières années, le nombre d'hygiénistes et thérapeutes dentaires a augmenté fortement. Cette augmentation s'explique principalement par la sensibilisation accrue de la population à la santé buccale et par la préférence des dentistes pour les hygiénistes dentaires plutôt que pour les assistants dentaires. Comme cette tendance devrait se maintenir, on prévoit que le nombre d'hygiénistes et thérapeutes dentaires continuera à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi. Ils seront relativement peu nombreux à libérer des postes en raison de la retraite, car la proportion d'hygiénistes et thérapeutes dentaires âgés de 55 ans et plus est beaucoup plus faible que dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement de 2006 (2 % par rapport à 15 %). Cette même donnée, jumelée à celle sur la proportion de travailleurs âgés de 45 à 54 ans (16 % par rapport à 26 %), semble indiquer qu'un grand nombre d'entre eux quittent la profession avant la retraite. Il y a d'une part peu ou pas de possibilités de promotions pour les hygiénistes et thérapeutes dentaires dans les cabinets de dentistes. D'autre part, les conditions de travail difficiles (travail debout ou en position penchée, horaires irréguliers, travail souvent à temps partiel, etc.) et les salaires relativement peu élevés pour une profession qui exige un diplôme d'études collégiales (DEC) peuvent aussi en inciter beaucoup à chercher un autre emploi ou à poursuivre leurs études à l'université.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'hygiène dentaire et, dans une moindre mesure, à des assistants dentaire (voir 3411) qui possèdent la formation pertinente. Comme le taux de chômage est très faible dans cette profession, peu de débouchés pourront être pourvus par des hygiénistes et thérapeutes dentaires expérimentés en chômage.

Par le passé, peu d'immigrants se sont joints à cette profession. En effet, seulement 7 % des emplois dans cette profession étaient occupés par des immigrants en 2006 par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement. Pour améliorer l'intégration à la profession de candidats ayant obtenu un diplôme en santé dentaire hors Québec, l'Ordre des hygiénistes dentaires du Québec a développé, en collaboration avec le collège de Maisonneuve, une session d'accompagnement à leur intention. L'Ordre vise en particulier les dentistes étrangers qui ne peuvent exercer cette profession au Québec. Dans le même ordre d'idées, le collège offre une démarche de reconnaissance des acquis et des compétences à leur intention, et a créé des programmes d'appoint sur mesure pour compléter ces compétences au besoin. Tout cela leur permet d'accéder plus rapidement qu'auparavant à cette profession. On peut donc s'attendre à une augmentation du nombre de débouchés pourvus par des immigrants au cours des prochaines années.

Malgré le grand nombre de diplômés en techniques d'hygiène dentaire chaque année, leur taux de placement est excellent et leur taux de chômage très faible, et ce, depuis de nombreuses années, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Si cette excellente situation sur le marché du travail découle en partie du bon niveau de croissance de l'emploi dans cette profession, elle semble aussi s'expliquer par le roulement de personnel élevé, tel que mentionné plus tôt.

En raison de cette excellente situation sur le marché du travail et probablement aussi des efforts de promotion de la profession par l'Ordre et les collèges qui offrent ce programme de formation, le nombre de débutants a augmenté de plus de 50 % entre 2001-2002 et 2007-2008. La situation sur le marché du travail des quatre premières cohortes comptant plus de diplômés est demeurée excellente de 2007 à 2010, malgré une augmentation de plus de 80 % du nombre diplômés entre 2003-2004 et 2008-2009. Il semble donc que le marché du travail soit en mesure d'accueillir cet apport supplémentaire de diplômés.

Industries

Selon les données du recensement, presque tous (98 %) les hygiénistes dentaires travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale, en grande majorité dans des cabinets de dentistes (89 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les centres locaux de services communautaires (CLSC, 4 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi des hygiénistes est grandement tributaire de la demande des services offerts par les dentistes.

- Demande des services offerts par les dentistes

Au cours des années 1980 et 1990, plusieurs facteurs se sont conjugués pour faire croître cette demande. Tout d'abord, l'accessibilité des programmes de santé dentaire, les efforts de prévention et de promotion de l'hygiène dentaire dans les garderies et les écoles, et la sensibilisation croissante de la population aux problèmes de santé buccale ont favorisé l'augmentation du nombre de visites chez le dentiste. Ensuite, les dentistes se sont orientés davantage vers la réparation, le contrôle de la santé buccale, le dépistage de maladies, l'entretien et l'hygiène que vers l'extraction. En conséquence, on observe maintenant une diminution du nombre d'édentés qui consultent beaucoup moins les dentistes et une augmentation des actes qui exigent des interventions multiples et régulières. Au cours de cette période, les dentistes ont fait la promotion de solutions de rechange aux prothèses dentaires amovibles (dentiers, partiels, etc.), comme la pose d'implants, mesure coûteuse, mais qui gagne en popularité. Autre facteur positif pour les dentistes, le domaine de l'esthétique dentaire génère de plus en plus de travail. Ces tendances ont entraîné une augmentation notable du nombre de dentistes et ont permis de faire diminuer de plus de 25 % le ratio population/dentiste entre 1981 et 1999, et de rattraper le retard historique du Québec à cet égard par rapport au reste du Canada.

La sensibilisation accrue de la population à la santé buccale, qui a dans un premier temps favorisé l'augmentation du nombre de visites chez le dentiste, a par la suite fait diminuer de façon significative le nombre de caries et, par le fait même, le nombre d'actes liés à la réparation. De l'autre côté, la diversification des actes réalisés par les dentistes, surtout du côté de l'implantologie, de l'orthodontie, de la dentisterie esthétique et de la dentisterie gériatrique, a plus que compensé cette baisse. Cela explique en bonne partie le fait que le ratio population/dentiste est demeuré assez stable entre 1999 et 2008. Notons que ce ratio varie beaucoup selon les régions, passant parfois du simple au double, voire au triple dans certaines régions.

Au cours des prochaines années, les actes réalisés par les dentistes continueront à se diversifier dans les domaines mentionnés, surtout du côté de la dentisterie gériatrique en raison du vieillissement de la population. On peut donc s'attendre à ce que le ratio population/dentiste continue à diminuer, mais à un rythme un peu plus lent qu'auparavant.

- Santé communautaire

En se basant sur les données des recensements et de l'Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, on peut estimer qu'entre 5 % et 10 % des hygiénistes dentaires travaillent en santé communautaire. Dans ce domaine, les hygiénistes dentaires réalisent surtout des activités de prévention, de sensibilisation et d'information sur l'importance de la santé dentaire. Ils travaillent principalement pour des centres locaux de services communautaires (CLSC). Ils interviennent auprès d'une grande variété de clientèles : élèves, parents, personnes âgées, etc. Ce secteur d'activités a connu une faible croissance au cours des dernières années. Par contre, ses perspectives semblent meilleures en raison de l'importance accrue accordée aux activités de prévention et de la croissance prévue des services de maintien à domicile.

- Autres facteurs

Pour améliorer l'efficacité et la rentabilité de leurs cabinets, les dentistes sont de plus en plus nombreux à déléguer certains actes aux hygiénistes dentaires, comme le nettoyage de dents (y compris le détartrage et le polissage), le dépistage des maladies buccodentaires, la prise de radiographies et les conseils d'hygiène buccale. Cette tendance, qui devrait se maintenir au cours des prochaines années, favorise l'embauche d'hygiénistes dentaires et défavorise celle des assistants dentaires (voir 3411).

Compte tenu de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'hygiénistes dentaires augmentera fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient 98 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (95 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (36 448$) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 45 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 26 340 $. Ajoutons que le revenu annuel de ceux qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005 était dans les autres provinces du Canada en moyenne 55 % plus élevé qu'au Québec. Le travail à temps partiel et le soir est assez répandu. Il arrive même que des hygiénistes travaillent pour plus d'un cabinet de dentistes pour atteindre un niveau de revenu acceptable. Leur travail se fait souvent debout ou en position penchée, ce qui demande une assez bonne forme physique. Ces conditions de travail expliquent en bonne partie le taux de roulement assez élevé dans cette profession. Le travail autonome était presque inexistant en 2006 (à peine 1 % des emplois), car plusieurs des actes que les hygiénistes dentaires posent doivent être encadrés par des dentistes.

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent les connaissances techniques nécessaires et qui se tiennent à jour sur les développements dans leur profession. Ces candidats doivent posséder beaucoup de dextérité et une grande acuité visuelle. Les aptitudes à la communication et au travail d'équipe, l'entregent, la rapidité d'exécution et l'empathie sont les qualités les plus recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé.

Études et formation

Pour devenir hygiéniste dentaire, il faut posséder un diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'hygiène dentaire. L'appartenance à l'Ordre des hygiénistes dentaires du Québec est obligatoire pour exercer cette profession et porter le titre d'hygiéniste dentaire.

L'Ordre a instauré en 2009 une politique de formation continue obligatoire et offre diverses activités de perfectionnement.

Références utiles

Ordre des hygiénistes dentaires du Québec

Considérations importantes

Le nombre d'hygiénistes dentaires devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Le travail à temps partiel et le soir est assez répandu. Ces conditions de travail expliquent en bonne partie le taux de roulement assez élevé dans cette profession.

Malgré le grand nombre de diplômés en techniques d'hygiène dentaire chaque année, leur taux de placement est excellent et leur taux de chômage très faible, et ce, depuis de nombreuses années. En plus, le taux de chômage est très faible dans cette profession.

3222 - Hygiénistes et thérapeutes dentaires
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3222 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 4 300 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 50 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,7 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 100 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 50 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 150 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3222 Ensemble des
professions
Hommes 2,1 % 52,7 %
Femmes 97,9 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3222 Ensemble des
professions
15- 24 ans 9,1 % 14,1 %
25- 44 ans 72,2 % 45,1 %
45- 64 ans 18,1 % 38,8 %
65 ans et plus 0,6 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3222 Ensemble des
professions
Plein temps 72,7 % 79,2 %
Temps partiel 27,3 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3222 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 44,8 % 53,2 %
Moyen 36 448 45 157
0 à 19 999 $ 8,1 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 83,5 % 52,4 %
50 000 $ et plus 8,4 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3222 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,4 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 2,5 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 90,9 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 6,3 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3222 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,4 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,2 % 2,5 %
Capitale-Nationale 9,5 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,6 % 5,4 %
Estrie 3,7 % 3,9 %
Centre-du-Québec 4,9 % 2,9 %
Montérégie 22,5 % 18,7 %
Montréal 14,8 % 24,1 %
Laval 6,1 % 5,0 %
Lanaudière 7,3 % 5,8 %
Laurentides 6,4 % 7,0 %
Outaouais 5,0 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,2 % 1,8 %
Mauricie 4,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,8 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,9 % 1,7 %


3222 Ensemble des
professions
Travail autonome 1,1 % 11,2 %


3222 Ensemble des
professions
Immigration 6,8 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Soins de santé et assistance sociale 97,5 %
- cabinets de dentistes 94,7 %
- centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) 3,7 %