Inhalothérapeutes, perfusionnistes et technol. cardio-pulmonaires

3214 - Inhalothérapeutes, perfusionnistes cardio-vasculaires et technologues cardio-pulmonaires
Textes de la profession

Nature du travail

Les inhalothérapeutes aident les médecins à diagnostiquer, à traiter et à soigner les patients souffrant de troubles respiratoires et cardio-pulmonaires. Les perfusionnistes cardio-vasculaires fournissent une aide technique aux patients qui subissent une chirurgie cardiaque ainsi qu'aux patients qui ont besoin de support respiratoire ou circulatoire. Les technologues cardio-pulmonaires aident les médecins en ce qui a trait aux aspects techniques du diagnostic et du traitement des maladies cardio-pulmonaires et respiratoires. Ce groupe de base comprend les superviseurs et les formateurs en inhalothérapie, en perfusion cardio-vasculaire et en technologie cardio-pulmonaire.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Chef inhalothérapeute;
chef technologue respiratoire;
formateur en inhalothérapie;
inhalothérapeute;
perfusionniste;
perfusionniste cardio-vasculaire;
perfusionniste clinique;
perfusionniste clinique certifié;
superviseur en perfusion cardiovasculaire;
technologue en soins cardio-pulmonaires;
thérapeute respiratoire;
thérapeute respiratoire autorisé.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : octobre 2010)

Au cours des dernières années, le nombre d'inhalothérapeutes, perfusionnistes cardio-vasculaires et technologues cardio-pulmonaires a augmenté fortement. Cette augmentation s'explique principalement par l'accroissement du nombre de cas de maladies respiratoires, surtout chez les personnes âgées, et par le développement des soins ambulatoires. Compte tenu des priorités gouvernementales en matière de santé et des effets du vieillissement de la population sur la fréquence des maladies respiratoires, leur nombre devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et, dans une moindre mesure, des postes seront libérés par les inhalothérapeutes et perfusionnistes qui prendront leur retraite, même si les membres de cette profession sont en général assez jeunes. En effet, la proportion de membres de cette profession âgés de 55 ans et plus était en 2006 beaucoup moins élevée que dans l'ensemble des professions (3 % par rapport à 15 %), selon les données des recensements. Le taux de roulement est assez faible dans cette profession. Tout de même, quelques inhalothérapeutes, perfusionnistes cardio-vasculaires et technologues cardio-pulmonaires accéderont à des postes d'enseignants au collégial (voir 4131) ou obtiendront des promotions à des postes de gestion.

Bassin de main-d'œuvre

- Inhalothérapeutes

Selon les données du recensement de 2006, il y a très peu de chômeurs (moins 1 %) et peu d'immigrants dans cette profession (6 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions). En conséquence, les postes vacants en inhalothérapie seront pourvus en premier lieu par les titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'inhalothérapie. Notons que la proportion d'immigrants pourrait augmenter, car l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec travaille à l'élaboration d'une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles avec la France, même si cette profession n'y existe pas comme telle. En plus, le collège Rosemont offre depuis 2009 un programme de formation d'appoint pour les gens qui ont reçu leur formation à l'étranger et qui n'ont obtenu qu'une reconnaissance partielle de cette formation par l'Ordre. Le fait que ce programme leur évitera de devoir retourner aux études pendant trois ans pour devenir membre de l'Ordre devrait mener à une augmentation de la proportion d'immigrants dans cette profession.

Même si le nombre de diplômés dans ce programme a plus que doublé entre 2000-2001 et 2008-2009, il semble toujours insuffisant pour satisfaire à la demande, surtout à l'extérieur des grands centres. D'ailleurs, cette augmentation n'a pas empêché les diplômés de ce DEC de bénéficier d'une des meilleures situations sur le marché du travail de tous les diplômés de la formation technique. Exemple éloquent, les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport ne montrent aucun chômage chez les diplômés de ce programme au cours de huit des neuf dernières années.

Autre exemple du manque de main-d'œuvre dans cette profession, le gouvernement, en collaboration avec l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec, permet aux étudiants du diplôme d'études collégiales en techniques d'inhalothérapie ayant réussi leur deuxième année d'effectuer certains actes auparavant réservés aux membres de cet ordre.

- Perfusionnistes

Historiquement, le bassin de main-d'œuvre dans cette spécialité était formé des diplômés du baccalauréat en sciences biomédicales, orientation perfusion extracorporelle, des titulaires du diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en perfusion extracorporelle offerts à l'Université de Montréal et des inhalothérapeutes et infirmiers du réseau québécois de la santé et des services sociaux qui suivaient le certificat en perfusion cardiovasculaire offert en anglais au Michener Institute for Applied Health Sciences. Même si les perfusionnistes sont très peu nombreux (entre 50 et 60 au Québec), ce bassin de main-d'œuvre était insuffisant. Il s'agissait d'ailleurs d'une des professions où il se fait le plus de temps supplémentaire le réseau québécois de la santé et des services sociaux, selon le « Groupe de travail sur la planification de la main-d'œuvre dans le secteur technique des domaines de la médecine et des laboratoires ». Pour tenter de solutionner ces problèmes, le gouvernement a décidé de réglementer l'accès à cette profession. Ainsi, sauf exceptions (voir la section Formation), seuls les titulaires du diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en perfusion extracorporelle peuvent depuis octobre 2010 porter le titre de perfusionniste clinique et pratiquer cette profession.

Industries

Selon les données du recensement, environ 96 % des inhalothérapeutes, perfusionnistes cardio-vasculaires et technologues cardio-pulmonaires travaillaient en 2006 dans le secteur de la santé et de l'assistance sociale, principalement dans des hôpitaux (87 %). Malgré cette forte concentration, on peut observer une forte augmentation de leur présence relative dans les centres locaux de services communautaires (CLSC), celle-ci étant passée de moins de 1 % en 1991 à plus de 6 % en 2006.

Tendances

- Inhalothérapeutes

Selon l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec, environ la moitié des inhalothérapeutes au Québec travaillent dans le secteur de l'inhalothérapie générale, environ le tiers comme assistants en anesthésie et les autres, en forte croissance, dans les programmes de soins à domicile.

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend donc de la progression du nombre de cas de maladies respiratoires, des besoins en anesthésie et du développement des soins ambulatoires. Au cours des dernières années, on a observé une forte augmentation du nombre de cas de maladies respiratoires (cancer du poumon, bronchite, emphysème, asthme, etc.) et des besoins en anesthésie, surtout chez les personnes âgées. Compte tenu du vieillissement de la population, ce facteur influencera positivement la demande d'inhalothérapeutes au cours des prochaines années.

Même si les inhalothérapeutes travaillent surtout dans les unités de soins intensifs, aux blocs opératoires, à l'urgence et en néonatalité, on observe une hausse de la demande de soins respiratoires à domicile. Dans le cadre de ces soins ambulatoires, leurs interventions consistent principalement à enseigner aux patients et à leur famille les techniques de soins respiratoires, à leur expliquer l'utilisation et l'entretien du matériel requis, et à évaluer leur condition respiratoire et l'application des traitements. Compte tenu de la tendance à la diminution de la durée des séjours en établissement de santé, la demande de soins respiratoires à domicile devrait s'intensifier au cours des prochaines années.

Par ailleurs, la demande dans cette profession dépend aussi de la définition des champs de pratique des professions de la santé. Après avoir bénéficié de précisions sur ses spécificités en 2003, le champ de pratique des inhalothérapeutes a encore été élargi en 2005. Les inhalothérapeutes qui ont suivi une formation à cet effet sont maintenant autorisés, à la suite d'une ordonnance individuelle, à effectuer une ponction artérielle radiale. Si cet ajout influencera positivement la demande dans cette profession, il devrait avoir peu d'impact sur le niveau d'emploi dans cette profession.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'inhalothérapeutes devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

- Perfusionnistes

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande en chirurgies cardiovasculaire et thoracique. Cette demande est très sensible au vieillissement de la population et, dans une moindre mesure, au développement de nouvelle techniques chirurgicales qui permettent de procéder à des chirurgies dans des cas auparavant inopérables. À cette augmentation liée à la croissance de la demande, il faut ajouter les embauches qu'il faudra faire pour compenser le manque de main-d'œuvre actuel.

On peut donc s'attendre à un rythme de croissance très rapide du nombre de perfusionnistes au cours des prochaines années. Notons toutefois que, compte tenu du faible volume d'emplois dans cette profession (entre 50 et 60 au Québec), cette forte croissance ne créera qu'un nombre limité d'emplois.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 84 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (73 %). Ce pourcentage devrait augmenter au cours des prochaines années, puisque la proportion de femmes chez les nouveaux diplômés en techniques d'inhalothérapie est encore plus élevée (de 85 % à 95 %, selon les années). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (46 776 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 57 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 32 084 $. En 2006, on ne retrouvait pas de travailleurs autonomes dans cette profession.

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut tout d'abord posséder de bonnes aptitudes en sciences. Les candidats doivent faire preuve d'empathie, avoir le sens de l'observation, de l'initiative et un bon jugement. Ils doivent savoir résister au stress et aux émotions fortes, posséder un esprit d'analyse et de synthèse, et être en mesure de bien réagir dans les situations d'urgence. La capacité de travailler en équipe et les aptitudes à communiquer et à vulgariser sont aussi des qualités recherchées. Le bilinguisme est parfois exigé.

Études et formation

* Inhalothérapeutes

L'appartenance à l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec est obligatoire pour porter le titre d'inhalothérapeute et pratiquer cette profession. Pour devenir membre de l'Ordre, il faut être titulaire d'un diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'inhalothérapie.

Les innovations fréquentes touchant les équipements utilisés dans cette profession et les besoins croissants en matière de soins cliniques rendent la formation continue essentielle. Des sessions de perfectionnement sont offertes par les hôpitaux et par l'Ordre. L'Université de Montréal offre aux inhalothérapeutes un certificat en inhalothérapie. L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue leur propose un certificat en inhalothéthapie : anesthésie et soins critiques.

* Perfusionnistes

Pour accéder à cette profession et porter le titre de perfusionniste clinique, il faut soit :

  • être titulaire du diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en perfusion extracorporelle délivré par l'Université de Montréal;
  • exercer cette profession au 30 avril 2003 ou
  • être certifié par la Société canadienne de perfusion clinique et détenir l'expérience et les pré-requis de stages exigés.

Références utiles

Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec

Association des perfusionnistes du Québec

Université de Montréal
Certificat en inhalothérapie :
Diplôme d'études supérieures spécialisées en perfusion extracorporelle

Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Certificat en inhalothérapie : anesthésie et soins critiques

Société canadienne de perfusion clinique

Considérations importantes

Compte tenu des priorités gouvernementales en matière de santé et des effets du vieillissement de la population sur la fréquence des maladies respiratoires, le nombre d'inhalothérapeutes, perfusionnistes cardio-vasculaires et technologues cardio-pulmonaires devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Le nombre de titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques d'inhalothérapie semble insuffisant pour satisfaire à la demande d'inhalothérapeutes, surtout à l'extérieur des grands centres.

Les perfusionnistes sont très peu nombreux au Québec (entre 50 et 60). En conséquence, le nombre de débouchés en perfusion cardio-vasculaire sera relativement faible, et ce, malgré leur bon taux de croissance. Même s'il n'y aura pas beaucoup de débouchés, leur bassin de main-d'œuvre est insuffisant.

3214 - Inhalothérapeutes, perfusionnistes cardio-vasculaires et technologues cardio-pulmonaires
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3214 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 300 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 5 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 3,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 100 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 45 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 145 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3214 Ensemble des
professions
Hommes 15,9 % 52,7 %
Femmes 84,1 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3214 Ensemble des
professions
15- 24 ans 16,2 % 14,1 %
25- 44 ans 55,8 % 45,1 %
45- 64 ans 28,1 % 38,8 %
65 ans et plus 0,0 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3214 Ensemble des
professions
Plein temps 73,5 % 79,2 %
Temps partiel 26,5 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3214 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 57,2 % 53,2 %
Moyen 46 776 45 157
0 à 19 999 $ 1,6 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 60,2 % 52,4 %
50 000 $ et plus 38,2 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3214 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,0 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 3,6 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 89,5 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 6,9 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3214 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,9 % 2,5 %
Capitale-Nationale 11,9 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,4 % 5,4 %
Estrie 5,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,5 % 2,9 %
Montérégie 20,9 % 18,7 %
Montréal 22,1 % 24,1 %
Laval 4,1 % 5,0 %
Lanaudière 5,5 % 5,8 %
Laurentides 7,0 % 7,0 %
Outaouais 3,6 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,6 % 1,8 %
Mauricie 4,1 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,1 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,4 % 1,7 %


3214 Ensemble des
professions
Travail autonome 0,0 % 11,2 %


3214 Ensemble des
professions
Immigration 6,4 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Soins de santé et assistance sociale 96,3 %
- hôpitaux 86,6 %
- centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) 6,4 %