Ergothérapeutes

3143 - Ergothérapeutes
Textes de la profession

Nature du travail

Les ergothérapeutes élaborent des programmes individuels ou de groupe à l'intention des personnes qui souffrent de maladies, de blessures, de troubles de développement, de problèmes émotifs ou psychologiques, ou qui vieillissent dans le but d'entretenir, de restaurer ou d'améliorer leur capacité à s'occuper d'elles-mêmes et à travailler, à fréquenter l'école ou à s'adonner à des loisirs. De plus, ils élaborent et mettent en oeuvre des programmes de promotion de la santé en collaboration avec des particuliers, des groupes communautaires et des employeurs.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP, au :

http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=3143.

Exemples de titres professionnels

Ergothérapeute;
ergothérapeute clinicien;
ergothérapeute en milieu communautaire;
ergothérapeute en recherche et développement;
ergothérapeute gestionnaire de cas;
ergothérapeute-conseil en réadaptation.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : octobre 2010)

Au cours des dernières années, le nombre d'ergothérapeutes a augmenté fortement. Cette croissance provient des besoins en santé communautaire et des interventions auprès des personnes âgées. Compte tenu du vieillissement de la population et des priorités gouvernementales en matière de santé, leur nombre devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi. Ils seront proportionnellement moins nombreux que les autres travailleurs à libérer des postes en raison de la retraite ou de promotions à des postes de gestion. En effet, on retrouve relativement peu d'ergothérapeutes âgés de 55 ans et plus selon les données du recensement de 2006 (moins de 4 % des emplois par rapport à 15 % pour l'ensemble des professions). En outre, un certain nombre d'ergothérapeutes accéderont à des postes de professeurs d'université (voir 4121).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront essentiellement accessibles aux nouveaux diplômés universitaires. En effet, comme le chômage est presque inexistant dans cette profession, très peu de débouchés pourront être pourvus par des ergothérapeutes expérimentés en chômage. De même, comme la proportion de postes occupés par des immigrants est relativement faible (7 % par rapport à environ 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement de 2006), peu de débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ergothérapeutes du Québec. Cette proportion pourrait augmenter au cours des prochaines années, car l'Ordre a adopté une série de mesures pour faciliter l'accès à l'exercice de cette profession aux candidats qui ont obtenu leur diplôme à l'extérieur du Québec. Par exemple, l'Ordre discute actuellement avec le ministère de la Santé et des Sports de France (MSSF) en vue de signer une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettrait aux membres de l'Association nationale française des ergothérapeutes de travailler au Québec et aux ergothérapeutes du Québec de travailler en France.

Même si le nombre actuel de nouveaux diplômés qui intègrent la profession entraîne déjà une forte augmentation de l'emploi, il est insuffisant pour satisfaire à la demande. Il n'est donc pas étonnant de constater que le taux de placement des diplômés du baccalauréat en ergothérapie est excellent et leur taux de chômage très faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Cette profession attire beaucoup de candidats, mais seule une minorité d'entre eux peuvent accéder à cette profession en raison du contingentement des programmes de formation.

Pour satisfaire à la demande, le nombre de diplômés actuels devrait être haussé de façon importante, selon le document «Planification de la main-d'œuvre dans le secteur de la réadaptation physique» publié en 2002 par le ministère de la Santé et des Services sociaux. D'ailleurs, les effectifs du baccalauréat en ergothérapie ont augmenté de plus de 10 % entre 2002 et 2007, selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Ce nombre devrait augmenter encore plus fortement au cours des prochaines années, car l'Université de Sherbrooke et l'Université du Québec à Trois-Rivières ont mis sur pied récemment de nouveaux programmes de formation en ergothérapie. Par ailleurs, comme l'Ordre exige maintenant une maîtrise professionnelle en ergothérapie à ses nouveaux membres, il y aura une année dans notre période de prévision (2010-2014) au cours de laquelle aucun diplômé ne se joindra à l'Ordre, accentuant ainsi temporairement le manque de main-d'œuvre dans cette profession.

Industries

Selon les données du recensement, la presque totalité des ergothérapeutes travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale.

Après avoir peu augmenté entre 1991 et 1996, époque de compressions budgétaires dans la santé, leur nombre dans les hôpitaux est reparti en hausse notable entre 1996 et 2006. Environ 44 % des ergothérapeutes travaillaient dans des hôpitaux en 2006.

Conséquence du virage ambulatoire, leur nombre a plus que quintuplé dans les centres locaux de services communautaires (CLSC) entre 1991 et 2006. Plus de 25 % des ergothérapeutes travaillaient dans des CLSC en 2006.

Leur nombre a également augmenté très fortement (plus que triplé) dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), cette fois en raison du vieillissement de la population. Près de 15 % des ergothérapeutes travaillaient dans des CHSLD en 2006.

Le nombre d'ergothérapeutes qui travaillent dans les cabinets privés a quadruplé entre 1991 et 2006, mais demeurait en 2006 relativement faible (environ 7 %). Cette croissance n'est pas étrangère au fait que de plus en plus de régimes d'assurances privés couvrent les dépenses en ergothérapie.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande en ergothérapie et du rythme d'intégration des nouveaux venus dans la profession.

Les ergothérapeutes interviennent en réadaptation auprès de personnes qui éprouvent des difficultés physiques, psychologiques et sociales. Compte tenu des caractéristiques de cette clientèle, la demande en ergothérapie est en forte croissance en raison du vieillissement de la population, de l'augmentation de l'espérance de vie, du virage ambulatoire et de l'importance grandissante de la prévention comme moyen de réduire les coûts de soins de santé.

Le vieillissement de la population entraîne une augmentation nette du nombre de personnes pouvant potentiellement bénéficier des services des ergothérapeutes. En plus, l'augmentation de l'espérance de vie rend encore plus pertinentes les interventions dans ce domaine, puisqu'elles améliorent la qualité de vie des personnes âgées pour une proportion de plus en plus grande de leur vie.

Le virage ambulatoire, qui vise le retour rapide des patients et leur maintien à domicile, favorise également la demande en ergothérapie. En plus d'améliorer la qualité de vie des patients, les interventions en ergothérapie permettent en effet de maintenir plus longtemps à domicile les personnes éprouvant des problèmes physiques, psychologiques et sociaux, réduisant ainsi de façon significative les dépenses en soins de santé.

Tous ces facteurs expliquent la forte croissance de l'emploi dans cette profession observée au cours des dernières années. Toutefois, le nombre trop peu élevé de diplômés formés annuellement limite quelque peu cette croissance. Face à ce manque de main-d'œuvre et aux besoins non satisfaits en ergothérapie, les établissements publics et l'Ordre des ergothérapeutes du Québec examinent divers scénarios pour favoriser une plus grande participation du personnel auxiliaire, technique et de soutien dans la prestation des services en ergothérapie.

Notons finalement que, depuis la fin 2007, les ergothérapeutes sont autorisés à administrer des médicaments dans certains cas précis, par exemple lors d'interventions liées aux plaies. L'ajout de cette autorisation contribuera aussi quelque peu à l'augmentation de la demande dans cette profession.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs et des priorités gouvernementales en matière de santé, le nombre d'ergothérapeutes devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 95 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (91 %). Cette forte proportion devrait se maintenir au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent selon les années entre 90 % et 95 % des nouveaux diplômés en ergothérapie, selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Le temps partiel est assez fréquent. D'ailleurs, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (50 057 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 56 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 34 058 $. Reflet du volume relativement faible d'emplois dans les cabinets privés, on retrouvait en 2006 peu de travailleurs autonomes (moins de 4 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut satisfaire aux exigences de la formation (voir cette section). Les ergothérapeutes doivent faire preuve d'empathie, posséder une bonne dextérité manuelle, savoir travailler en équipe et avoir de la facilité à communiquer et à vulgariser. Ils doivent aimer la relation d'aide et démontrer des aptitudes à l'analyse et à la résolution de problèmes. Le bilinguisme est souvent requis.

Études et formation

Pour exercer cette profession, il faut être membre de l'Ordre des ergothérapeutes du Québec (OEQ).

Pour adhérer à l'OEQ, il faut être titulaire d'un diplôme universitaire en ergothérapie et avoir réussi un stage pratique. Au Québec, les diplômes reconnus sont :

  • la maîtrise en ergothérapie de l'Université Laval;
  • la maîtrise professionnelle en ergothérapie de l'Université de Montréal;
  • le Master in occupational therapy de l'Université McGill;
  • la maîtrise en ergothérapie de l'Université de Sherbrooke;
  • la maîtrise professionnelle en ergothérapie de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

L'OEQ peut accepter certains diplômes obtenus hors Québec et établit les compétences supplémentaires à acquérir au besoin. Il peut aussi délivrer des permis restrictifs temporaires aux titulaires de diplômes obtenus hors Québec qui doivent réussir un programme de formation d'appoint en vue de la reconnaissance complète de leur formation.

Références utiles

Ordre des ergothérapeutes du Québec

Association canadienne des ergothérapeutes

Considérations importantes

Au cours des prochaines années, le nombre d'ergothérapeutes devrait augmenter fortement, surtout dans les centres locaux de services communautaires (CLSC) et les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).

Le taux de placement des diplômés universitaires est excellent, et le chômage dans la profession est quasi inexistant. Même si le nombre actuel de nouveaux diplômés qui intègrent la profession entraîne déjà une forte augmentation de l'emploi, il ne suffit pas à satisfaire à la demande.

3143 - Ergothérapeutes
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3143 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 700 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 5 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 3,2 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 150 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 60 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 210 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3143 Ensemble des
professions
Hommes 5,3 % 52,7 %
Femmes 94,7 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3143 Ensemble des
professions
15- 24 ans 8,6 % 14,1 %
25- 44 ans 74,0 % 45,1 %
45- 64 ans 17,1 % 38,8 %
65 ans et plus 0,3 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3143 Ensemble des
professions
Plein temps 76,1 % 79,2 %
Temps partiel 23,9 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3143 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 55,6 % 53,2 %
Moyen 50 057 45 157
0 à 19 999 $ 3,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 46,8 % 52,4 %
50 000 $ et plus 49,9 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3143 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,0 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 0,0 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 1,6 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 98,4 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3143 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,4 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,7 % 2,5 %
Capitale-Nationale 13,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,3 % 5,4 %
Estrie 4,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,6 % 2,9 %
Montérégie 11,8 % 18,7 %
Montréal 29,6 % 24,1 %
Laval 5,6 % 5,0 %
Lanaudière 4,9 % 5,8 %
Laurentides 7,5 % 7,0 %
Outaouais 4,1 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,8 % 1,8 %
Mauricie 3,5 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,7 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,8 % 1,7 %


3143 Ensemble des
professions
Travail autonome 3,7 % 11,2 %


3143 Ensemble des
professions
Immigration 6,7 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Soins de santé et assistance sociale 98,4 %
- hôpitaux 44,1 %
- centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) 25,5 %
- établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les CHSLD) 14,1 %
- cabinets d'autres praticiens (y compris les bureaux d'ergothérapeutes) 6,9 %
- services de soins de santé à domicile 4,5 %
- services de réadaptation professionnelle 3,4 %