Physiothérapeutes

Groupe de base 3142

Groupe de compétence : Secteur de la santé

Nature du travail

Les physiothérapeutes évaluent l'état des patients et planifient et exécutent des programmes de traitement individuels pour maintenir, améliorer ou rétablir le bien-être physique des patients, soulager leur douleur et prévenir leur incapacité physique.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

  • physiothérapeute
  • physiothérapeute agréé
  • physiothérapeute chercheur
  • thérapeute en réadaptation physique

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : mai 2014)

Au cours des dernières années, le nombre de physiothérapeutes a augmenté fortement. Cette croissance provient surtout des physiothérapeutes de pratique privée. Compte tenu du vieillissement de la population, de l'augmentation prévue des budgets gouvernementaux en matière de santé et de la sensibilisation accrue de la population face à la santé, leur nombre devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi. Ils seront proportionnellement moins nombreux que les autres travailleurs à libérer des postes en raison de la retraite ou de promotions à des postes de gestion. En effet, on retrouve relativement peu de physiothérapeutes âgés de 55 ans et plus selon les données du recensement de 2006 (5 % des emplois par rapport à 15 % pour l'ensemble des professions). En outre, un certain nombre de physiothérapeutes accéderont à des postes de professeurs d'université (voir 4121).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront essentiellement accessibles aux nouveaux diplômés universitaires. En effet, comme le chômage est presque inexistant dans cette profession, très peu de débouchés pourront être pourvus par des physiothérapeutes expérimentés en chômage. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec. En effet, quoique nettement moins élevée que dans l'ensemble des professions (7 % par rapport à 12 % en 2006), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

Même si le nombre actuel de nouveaux diplômés qui intègrent la profession entraîne déjà une forte augmentation de l'emploi, il ne suffit pas à satisfaire à la demande. Il n'est donc pas étonnant de constater que le taux de placement des diplômés du baccalauréat en physiothérapie est excellent et leur taux de chômage très faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Cette profession attire beaucoup de candidats, mais seule une minorité d'entre eux peuvent accéder à cette profession en raison du contingentement des programmes de formation.

Pour satisfaire à la demande, le nombre de diplômés actuels devrait être rehaussé de façon importante, selon le document "Planification de la main-d'œuvre dans le secteur de la réadaptation physique" publié en juillet 2002 par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Les données récentes du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport ne semblent pourtant pas indiquer de hausse du nombre d'inscriptions au baccalauréat en physiothérapie. En plus, comme la maîtrise professionnelle en physiothérapie est, depuis 2011, l'exigence de base de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ) pour l'obtention du droit de pratique de ses nouveaux membres, il y aura une année dans notre période de prévision (2013-2017) au cours de laquelle aucun diplômé ne se joindra à l'Ordre, accentuant ainsi temporairement le manque de main-d'œuvre dans cette profession.

Industries

Selon les données du recensement, la totalité des physiothérapeutes travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale, en premier lieu dans les cabinets de physiothérapeutes (43 %) et dans les hôpitaux (39 %), mais aussi dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD, 9 %) et les centres locaux de services communautaires (CLSC, 8 %).

Entre 1991 et 2006, leur nombre a triplé dans les cabinets privés de physiothérapeutes, a doublé dans les CHSLD et a augmenté de 70 % dans les CLSC et de 35 % dans les hôpitaux. Ce changement majeur dans les lieux de pratique s'est toutefois atténué depuis 2001, la croissance s'étant répartie de façon assez égale entre 2001 et 2006 entre les cabinets privés et les établissements du secteur public. Cette atténuation se reflète dans les données de l'enquête Relance. Alors que plus de 60 % des diplômés en physiothérapie de 1999 ont trouvé un emploi dans des cabinets privés de physiothérapeutes, cette proportion fut en moyenne inférieure à 50 % pour les diplômés de 2001 à 2007.

Ces changements s'expliquent surtout par les compressions gouvernementales du milieu des années 1990, qui ont fait augmenter le temps d'attente pour obtenir des services de physiothérapie, favorisant ainsi la pratique privée. L'augmentation des dépenses gouvernementales en santé a permis une croissance mieux partagée entre la pratique privée et le réseau public depuis le tournant du siècle.

Tendances

Le champ d'intervention des physiothérapeutes est assez varié : accidents de travail et de la route, physiothérapie sportive, handicaps physiques, maladies chroniques, maintien à domicile, gériatrie, pédiatrie, prévention, etc. Compte tenu de cette grande variété, l'évolution du nombre d'emplois dans cette profession dépend d'une foule de facteurs, en général liés à la demande en physiothérapie.

Demande en physiothérapie

La demande en physiothérapie a augmenté fortement au cours des dernières années. Cette augmentation s'explique surtout par les effets du vieillissement de la population, par la diminution de la durée des séjours en établissement de santé (virage ambulatoire) et par l'amélioration du taux de survie des accidentés et des nouveaux-nés.

Le vieillissement de la population entraîne de façon directe une augmentation nette du nombre de personnes pouvant potentiellement bénéficier des services de physiothérapie. De façon indirecte, l'augmentation de l'espérance de vie rend encore plus pertinentes les interventions dans ce domaine, puisqu'elles améliorent la qualité de vie des personnes âgées pour une proportion de plus en plus grande de leur vie.

Dans le cadre du virage ambulatoire, les services de physiothérapie, en plus d'améliorer la qualité de vie des patients, permettent de maintenir plus longtemps à domicile les personnes éprouvant des problèmes physiques, réduisant ainsi de façon significative les dépenses en soins de santé.

Grâce à l'amélioration des technologies hospitalières, le taux de survie des accidentés et des bébés prématurés a augmenté fortement au cours des dernières années. Cette amélioration favorise aussi la croissance de la demande en physiothérapie. Ce facteur influence cette demande de façon importante, car les services offerts aux accidentés du travail représentent près de 40 % du travail effectué par les physiothérapeutes en pratique privée, selon la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec.

L'augmentation de la demande en physiothérapie devrait continuer d'influencer positivement la croissance de l'emploi des physiothérapeutes au cours des prochaines années.

Autres facteurs

Au cours des années 1990, la croissance de l'emploi dans cette profession s'est concentrée dans la pratique privée. En effet, les compressions budgétaires gouvernementales n'ont pas permis l'embauche de suffisamment de physiothérapeutes pour satisfaire à la forte demande en physiothérapie. Face à l'augmentation de la demande en physiothérapie, les patients ont dû davantage se tourner vers les physiothérapeutes en pratique privée pour obtenir des soins en physiothérapie. Notons que la couverture des soins en physiothérapie par les régimes d'assurances privés a contribué de façon importante à la forte croissance de la pratique privée. Avec l'augmentation des budgets gouvernementaux en matière de santé, la croissance s'est mieux répartie entre le secteur privé et le secteur public depuis le tournant du siècle. Il devrait en être de même au cours des prochaines années.

Ces facteurs devraient continuer à favoriser la croissance de la demande en physiothérapie au cours des prochaines années. Cette croissance pourrait toutefois être légèrement freinée par le manque de diplômés des programmes universitaires. En effet, l'excellent taux de placement des diplômés en physiothérapie jumelé à la quasi-absence de chômage dans la profession et à la forte demande de services en physiothérapie laisse entrevoir certaines difficultés à satisfaire à la demande de physiothérapeutes, difficultés d'ailleurs confirmée par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Face à ce manque de main-d'œuvre, les établissements publics font de plus en plus appel à des thérapeutes en réadaptation physique (voir 3235). En effet, ceux-ci, également membres de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec depuis 2003, sont autorisés à accomplir certains actes de physiothérapie, entre autres en orthopédie.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre de physiothérapeutes devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient plus de 82 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991 (81 %). Cette proportion devrait se maintenir au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent environ 80 % des nouveaux diplômés en physiothérapie, selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Le temps partiel est assez fréquent. D'ailleurs, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (50 467 $) présentée dans la section "Caractéristiques" des "Statistiques" ne concerne que les 57 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 31 881 $.

Études et formation

Pour exercer cette profession, il faut être membre de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec. Les conditions d'admission à l'Ordre sont décrites sur son site Internet :

diplômés du Québec
diplômés du reste du Canada
diplômés hors Canada

Références

Considérations importantes

Au cours des prochaines années, le nombre de physiothérapeutes devrait augmenter fortement, surtout en santé communautaire et en pratique privée.

Le taux de placement des diplômés universitaires est excellent, et le chômage dans la profession est quasi inexistant. Même si le nombre actuel de nouveaux diplômés qui intègrent la profession entraîne déjà une forte augmentation de l'emploi, il ne suffit pas à satisfaire à la demande.

Statistiques 3142 - Physiothérapeutes

Principaux indicateurs du marché du travail

Dans le tableau suivant, les indicateurs de taux de croissance, variation annuelle d'emploi, d'érosion annuelle et des besoins annuels totaux sont des prévisions générées par des économistes de Service Canada, région du Québec. Pour l'emploi la source des données est de Statistique Canada, Enquête sur la population active (EPA). Les volumes des bénéficiaires d'assurance-emploi proviennent des données administratives d'Emploi et Développement social Canada (EDSC). Toutes ces données sont arrondies.

  Groupe de base 3142 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2010-2012 5 400 3 951 050
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2012 10 87 600
Taux de croissance annuel de 2013 à 2017 2,9 % 0,8 %
Variation annuelle d'emploi de 2013 à 20 150 33 400
Érosion annuelle de 2013 à 2017 60 73 500
Besoins annuels totaux de 2013 à 2017 210 106 900

Répartition de l'emploi

Les données des tableaux de répartition d'emploi qui suivent proviennent de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

  Groupe de base 3142 Ensemble des professions
Emploi selon le sexe
Hommes 19,8 % 51,9 %
Femmes 80,2 % 48,1 %
Emploi selon le groupe d'âge
15 - 24 ans 2,5 % 13,3 %
25 - 44 ans 63,4 % 42,7 %
45 - 64 ans 34,1 % 41,1 %
65 ans et plus 0,0 % 2,8 %
Emploi selon le statut
Plein temps 78,9 % 81,2 %
Temps partiel 21,1 % 18,8 %
Emploi selon le revenu annuel
À temps plein et à l'année 57,5 % 54,8 %
Revenu annuel moyen 54 800 $ 50 300 $
0 $ à 19 999 $ 6,4 % 13,3 %
20 000 $ à 49 999 $ 31,5 % 48,0 %
50 000 $ et plus 62,1 % 38,8 %
Emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint
Moins d'un DES 0,0 % 12,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 0,9 % 20,3 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 22,4 % 44,2 %
Baccalauréat et plus 76,8 % 23,4 %
Autres répartitions d'emploi
Travail autonome 12,8 % 10,7 %
Immigration 8,5 % 13,7 %
Emploi selon la région
RégionGroupe de base 3142 Ensemble des professions
Abitibi-Témiscamingue 1,5 % 1,8 %
Bas-Saint-Laurent 1,7 % 2,3 %
Capitale-Nationale 11,9 % 9,4 %
Centre-du-Québec 2,1 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 5,1 % 5,5 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec 0,9 % 1,6 %
Estrie 4,4 % 3,8 %
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,1 % 0,9 %
Lanaudière 6,3 % 6,1 %
Laurentides 7,9 % 7,3 %
Laval 4,9 % 5,2 %
Mauricie 3,6 % 3,0 %
Montérégie 17,2 % 19,2 %
Montréal 21,9 % 22,9 %
Outaouais 6,2 % 4,9 %
Saguenay-Lac-Saint-Jean 3,3 % 3,3 %

Principaux secteurs d'emploi

Les données du tableau suivant ont été préparées par des économistes de Service Canada, région du Québec. La source des données est de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

SecteurGroupe de base 3142
Soins de santé et assistance sociale 97,1 %
- services de soins ambulatoires (y compris les bureaux de physiothérapeutes) 51,0 %
- hôpitaux 35,2 %
- établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les CHSLD) 7,0 %