Audiologistes et orthophonistes
3141 - Audiologistes et orthophonistes
Textes de la profession
Nature du travail
Les audiologistes et les orthophonistes diagnostiquent, évaluent et traitent les troubles de la communication humaine, dont les troubles de l'audition, de la parole, du langage et de la voix.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Audiologiste;
audiologiste certifié;
audiologiste clinicien;
audiologiste en milieu scolaire;
audiologiste-chercheur;
clinicien en troubles de la parole et du langage;
orthophoniste.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2010)
Au cours des dernières années, le nombre d'audiologistes et orthophonistes a augmenté fortement. Cette augmentation s'explique par l'arrivée de nombreux diplômés universitaires dans cette profession et par la croissance des besoins tant du côté des enfants que des personnes âgées. Compte tenu de l'augmentation du nombre de places dans les universités et de l'apport de l'immigration, leur nombre devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi, mais aussi des postes qui seront libérés par des membres de cette profession qui prendront leur retraite. Il y a peu de roulement dans cette profession. Notons toutefois qu'un certain nombre d'audiologistes et orthophonistes accèdent à des postes de professeurs d'université (voir 4121) ou de gestion. Règle générale, les diplômés universitaires intègrent cette profession peu après l'obtention de leur diplôme et y demeurent tout au long de leur carrière.
Bassin de main-d'œuvre
Les débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés des programmes de maîtrise en audiologie et en orthophonie. En effet, comme le chômage est presque inexistant dans cette profession, peu de débouchés pourront être pourvus par des audiologistes et orthophonistes expérimentés en chômage. L'exigence d'être titulaire d'une maîtrise pour accéder à cette profession se reflète éloquemment dans les données du recensement. En effet, plus de 95 % des audiologistes et orthophonistes étaient en 2006 titulaires d'au moins une maîtrise. Cette profession se classait d'ailleurs à cet égard au premier rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec.
Par ailleurs, même si l'immigration n'a fourni historiquement que peu de candidats à cette profession, des efforts ont été entrepris depuis quelques années pour attirer au Québec des membres de cette profession (essentiellement des orthophonistes) provenant de pays francophones qui offrent une formation comparable à celle dispensée ici (surtout la Belgique). Ces efforts semblent avoir connu un certain succès, mais le nombre d'orthophonistes immigrants demeure bien faible par rapport au nombre de diplômés qui intègrent cette profession à chaque année. Ainsi, quoique en légère hausse depuis 1996, la proportion d'immigrants était en 2006 légèrement inférieure à celle observée dans l'ensemble des professions (9 % des emplois par rapport à 12 %), selon les données des recensements. Même avec cet apport, le nombre actuel de nouveaux diplômés qui intègrent la profession ne suffit pas à satisfaire à la demande. Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, parce que l'Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec négocie actuellement avec la Fédération nationale des orthophonistes de France une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui faciliterait l'exercice de la profession dans les deux pays pour les orthophonistes et audiologistes de France et du Québec.
Dans ce contexte, il n'est donc pas étonnant de constater que le taux de placement des diplômés des programmes de maîtrise en audiologie et en orthophonie est excellent et leur taux de chômage très faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Cette profession attire beaucoup de candidats, mais seule une faible minorité d'entre eux (entre 10 % et 15 %) peuvent accéder à cette profession en raison du contingentement des programmes de formation.
Devant le niveau élevé de la demande, le MELS a autorisé à quelques reprises l'Université de Montréal et l'Université Laval à augmenter le nombre de candidats admis dans les programmes d'orthophonie et d'audiologie. Ainsi, il est prévu que le nombre de places en orthophonie au Québec aura doublé entre 1999 et 2009, passant de 75 à 150, et que le nombre de places en audiologie sera passé de 6 à 35 au cours de la même période. Ces mesures ont déjà permis de faire augmenter le nombre de diplômés de la maîtrise en audiologie et en orthophonie d'environ 65 % entre 2000 et 2007. De plus, l'Université du Québec à Trois-Rivières ajoutera sous peu le programme de maîtrise en orthophonie, lequel accueillera quelque 35 nouveaux étudiants annuellement. Pour toutes ces raisons, ce nombre continuera à augmenter au cours de notre période de prévision (2010-2014).
Industries
Selon les données du recensement, environ 72 % des audiologistes et orthophonistes travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale, en premier lieu dans les hôpitaux (30 %), mais aussi dans les bureaux d'orthophonistes et d'audiologistes (18 %), les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD, 11 %) et les Centres locaux de services communautaires (CLSC, 9 %). Les autres audiologistes et orthophonistes, soit environ 28 %, se retrouvaient dans le secteur de l'enseignement primaire et secondaire.
Notons que la répartition de l'emploi dans cette profession s'est grandement modifiée au cours des 15 dernières années. La pratique en cabinet, presque inexistante en 1991, a crû très fortement et regroupait en 2006 environ 18 % des membres de cette profession. Même si leur nombre a légèrement augmenté dans les hôpitaux et dans l'enseignement primaire et secondaire, ils y étaient proportionnellement moins présents en 2006 qu'en 1991.
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande des soins en audiologie et en orthophonie, et du rythme d'intégration des nouveaux venus dans la profession.
- Orthophonie
En orthophonie, la demande de soins provient surtout de deux clientèles bien spécifiques, les enfants et les personnes âgées. Du côté des enfants, l'importance croissante des aptitudes à communiquer, que ce soit pour atteindre leur plein potentiel à l'école, pour s'épanouir dans leur vie sociale et personnelle, ou pour satisfaire aux exigences croissantes sur le marché du travail, entraîne une hausse constante de la demande de soins en orthophonie. Cette demande provient aussi bien du secteur de la santé que du réseau scolaire. Dans le secteur de la santé, le manque d'orthophonistes occasionne de longs délais pour accéder à des services d'évaluation et de traitements. Dans les écoles, les services offerts sont insuffisants pour satisfaire à la demande, même si le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a annoncé de nouvelles embauches d'orthophonistes pour favoriser la prévention et l'intervention précoce. Et, de fait. on peut constater dans les données des « Indicateurs de gestion des commissions scolaires » du MELS que le nombre d'orthophonistes travaillant pour des commissions scolaires a augmenté de près de 40 % entre 1999-2000 et 2006-2007, soit quand même nettement moins fortement que les autres professionnels non enseignants (près de 60 %), sûrement en raison de difficultés de recrutement.
Dans le même contexte, les centres locaux de services communautaires (CLSC) ont déjà développé de façon significative leurs services en orthophonie au cours des dernières années, mais leurs effectifs d'orthophonistes sont insuffisants pour éliminer les listes d'attente et atteindre leurs objectifs de prévention et d'intervention précoce, particulièrement auprès des enfants d'âge préscolaire. En outre, les besoins sont encore plus aigus en dehors des grands centres.
Du côté des personnes âgées, le vieillissement de la population favorise bien sûr la demande de soins en orthophonie. L'augmentation constante de l'espérance de vie rend encore plus pertinentes les interventions pour corriger les problèmes de langage, par exemple la rééducation orthophonique pour permettre aux aphasiques de récupérer certaines capacités de langage. Là encore, la demande n'est pas complètement satisfaite, surtout en dehors des grands centres.
- Audiologie
Selon les données de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec, les audiologistes représentent environ 15 % des membres de cette profession. En audiologie, la demande de soins et d'interventions en prévention provient en premier lieu des adultes qui éprouvent des problèmes d'audition dus à des maladies de l'oreille, à la surexposition au bruit ou au vieillissement, mais aussi des enfants avec des problèmes auditifs. Le vieillissement de la population et l'augmentation de l'espérance de vie sont les principaux facteurs qui entraînent la croissance de la demande dans ce domaine. Même si on observe aussi des listes d'attente, la demande de services en audiologie est un peu mieux satisfaite qu'en orthophonie.
- Conclusion
Avant même le rehaussement du nombre d'étudiants dans les programmes de maîtrise en audiologie et en orthophonie, le nombre de nouveaux diplômés qui intégraient la profession chaque année permettait déjà un fort taux de croissance de l'emploi au cours des dernières années. Compte tenu de la croissance des besoins en orthophonie et en audiologie, de l'apport de l'immigration et de l'augmentation du nombre de places dans les universités, le nombre d'audiologistes et orthophonistes devrait augmenter encore plus fortement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient plus de 95 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (93 %). Cette proportion devrait à tout le moins se maintenir au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent au moins 95 % des nouveaux diplômés des programmes de maîtrise en audiologie et en orthophonie. Les postes à temps partiel y sont nombreux. D'ailleurs, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (54 439 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 42 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 37 495 $. Profession auparavant essentiellement salariée, la proportion de travailleurs autonomes dans cette profession était en 2006 plus élevée que celle de l'ensemble des professions (14 % par rapport à 11 %).
Exigences
Pour accéder à cette profession, les candidats doivent posséder un excellent dossier scolaire. Ces candidats doivent faire preuve d'empathie, avoir beaucoup de facilité à communiquer et à vulgariser. Ils doivent démontrer des aptitudes au travail d'équipe et à l'analyse et à la résolution de problèmes. La capacité de concentration, le sens de l'observation, la patience et l'amabilité sont des qualités importantes. Selon les caractéristiques de la clientèle, le bilinguisme est parfois essentiel.
Études et formation
L'appartenance à l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec est obligatoire pour porter les titres d'orthophoniste et d'audiologiste. Pour ce, les candidats doivent habituellement être titulaires respectivement d'une maîtrise en orthophonie ou en audiologie . On peut consulter les conditions d'admission à l'Ordre sur son site Internet (voir l'adresse à la section «Références»).
Seule l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal offre la maîtrise en audiologie au Québec. Cette même école ainsi que l'Université Laval offrent la maîtrise en orthophonie et l'Université du Québec à Trois-Rivières l'offrira sous peu.
Toujours au Québec, seule la School of Communication Sciences and Disorders de l'Université McGill offre la maîtrise en orthophonie en anglais.
La section «Références» contient des liens vers les programmes de ces universités.
Compte tenu de l'amélioration des techniques d'intervention, la formation continue est essentielle.
Références utiles
Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec
École d'orthophonie et d'audiologie
Faculté de médecine de l'Université de Montréal
School of Communication Sciences and Disorders
McGill University
Université Laval
Maîtrise en orthophonie
Université du Québec à Trois-Rivières
Maîtrise en orthophonie
Considérations importantes
Compte tenu de la croissance des besoins en orthophonie et en audiologie, de l'apport de l'immigration et de l'augmentation du nombre de places dans les universités, le nombre d'audiologistes et orthophonistes devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.
Malgré l'apport de l'immigration et l'augmentation du nombre de places dans les universités, le nombre de nouveaux diplômés ne suffit pas à satisfaire à la demande, surtout en orthophonie.
3141 - Audiologistes et orthophonistes
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 3141 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 2 200 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 5 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 5,2 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 150 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 90 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 240 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 3141 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 4,3 % | 52,7 % |
| Femmes | 95,7 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 3141 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 5,8 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 60,6 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 33,0 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,6 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 3141 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 67,2 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 32,8 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
3141 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 42,3 % | 53,2 % |
| Moyen | 54 439 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 3,5 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 36,4 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 60,1 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
3141 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,0 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 0,0 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 0,0 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 100,0 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 3141 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 2,1 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,4 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 10,8 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 3,6 % | 5,4 % |
| Estrie | 2,4 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,5 % | 2,9 % |
| Montérégie | 17,4 % | 18,7 % |
| Montréal | 34,8 % | 24,1 % |
| Laval | 5,4 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 3,6 % | 5,8 % |
| Laurentides | 4,5 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,9 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,2 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,7 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,6 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,0 % | 1,7 % |
| 3141 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 13,8 % | 11,2 % |
| 3141 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 8,8 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Percentage |
|---|---|
| Soins de santé et assistance sociale | 71,8% |
| - hôpitaux | 29,7% |
| - cabinets d'autres praticiens (y compris les bureaux d'orthophonistes et d'audiologistes) | 17,9% |
| - établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les CHSLD) | 10,9% |
| - centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) | 8,8% |
| Écoles primaires et secondaires | 28,2% |