Diététistes et nutritionnistes
3132 - Diététistes et nutritionnistes
Textes de la profession
Nature du travail
Les diététistes et les nutritionnistes planifient, mettent en oeuvre, supervisent des programmes de nutrition et de services alimentaires.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Chercheur en diététique et en nutrition;
diététicien;
diététiste;
diététiste administratif;
diététiste autorisé;
diététiste clinicien;
diététiste communautaire;
diététiste-conseil;
nutritionniste;
nutritionniste autorisé;
nutritionniste en santé publique.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2010)
Au cours des récentes années, le nombre de diététistes et nutritionnistes a augmenté fortement. Cette augmentation s'explique par le vieillissement de la population, le souci grandissant de la population envers une alimentation saine, la croissance des dépenses gouvernementales dans le secteur de la santé, l'accentuation des problèmes de santé dus à l'obésité et l'utilisation croissante des services de diététistes en matière de prévention et de traitement pour des problèmes de santé. Étant donné que ces tendances devraient se maintenir, le nombre de diététistes et nutritionnistes devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes provenant des besoins de remplacement des diététistes et nutritionnistes qui prendront leur retraite ou qui quitteront la profession pour accéder à des postes de gestion ou pour occuper des postes de techniciens au contrôle de la qualité ou dans le domaine de la vente et du marketing dans l'industrie agroalimentaire.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés universitaires. Il y a en effet peu de diététistes et nutritionnistes expérimentés en chômage qui peuvent postuler les postes vacants, puisque le taux de chômage est très faible dans cette profession. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession. En effet, quoique moins élevée que dans l'ensemble des professions (8 % par rapport à 12 % en 2006), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.
Certains besoins pourraient aussi être comblés par la transformation de postes à temps partiel ou «sur appel» en postes à temps plein. Compte tenu du bon niveau de croissance d'emploi au cours des récentes années, il n'est pas étonnant de constater que la situation des diplômés en diététique et nutrition se compare avantageusement avec celle des autres titulaires de diplômes universitaires du côté des taux de placement et de chômage, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Toutefois, le travail à temps partiel est plus fréquent que pour les autres diplômés universitaires et leur salaire plus bas.
Industries
Selon les données du recensement, la grande majorité des diététistes et les nutritionnistes travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale (82 %), surtout dans les hôpitaux (49 %), mais aussi dans les centres locaux de services communautaires (CLSC, 14 %), dans les cabinets de diététistes et nutritionnistes (8 %), et dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD, 5 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande de services nutritionnels. Cette demande varie en fonction de l'importance de l'alimentation dans les interventions dans le secteur de la santé, du cadre législatif de l'exercice de la profession et du développement de la pratique privée.
- Importance de l'alimentation dans les interventions dans le secteur de la santé
Le nombre de diététistes et nutritionnistes a peu varié au cours de la deuxième moitié des années quatre-vingt-dix. Malgré la reconnaissance de plus en plus répandue de l'importance de l'alimentation dans les interventions dans le secteur de la santé, les compressions budgétaires dans ce secteur ont freiné leur croissance. La situation s'est toutefois améliorée par la suite. Il devrait en être de même au cours des prochaines années.
Le virage ambulatoire et le vieillissement de la population ont depuis quelques années un effet bénéfique pour les diététistes et nutritionnistes. En effet, les problèmes de santé des patients alités sont beaucoup plus lourds qu'auparavant et demandent davantage d'interventions dans le domaine de la nutrition clinique. Le vieillissement de la clientèle dans le réseau de la santé entraîne aussi une hausse des besoins dans ce domaine. Les CLSC ouvrent davantage de postes pour assurer le suivi nutritionnel des personnes âgées et des personnes qui ont subi des chirurgies d'un jour. Ces interventions permettent de diminuer le nombre de patients qui doivent retourner à l'hôpital en raison de rechutes ou de complications. Les données des recensements montrent d'ailleurs un taux de croissance intéressant de l'emploi dans les CLSC (de 8 % de l'emploi en 1996 à 14 % en 2006).
La forte augmentation de la prévalence de l'obésité dans toutes les tranches d'âge, mais surtout chez les jeunes, est devenue récemment un sujet d'inquiétude majeur en matière de santé. Le rôle de l'obésité dans la croissance du nombre de cas de diabète, de maladies cardiaques et de bien d'autres pathologies est démontré depuis longtemps. Or, avec la baisse de l'activité physique, le mode d'alimentation représente la cause principale de l'augmentation de l'obésité dans la population. La sensibilisation de la population aux conséquences de l'obésité et les coûts élevés pour le secteur de la santé qu'elle occasionne favorisent l'embauche de membres de cette profession dans le secteur de la santé et leur ouvrent de nouvelles possibilités dans ceux de l'enseignement et de la restauration.
- Cadre législatif de l'exercice de la profession
Dans le cadre d'une loi modifiant les champs de pratique des principales professions de la santé, les diététistes ont depuis 2003 un champ d'exercice mieux défini et se sont vu reconnaître l'exclusivité de certaines activités. Quoique positifs pour les diététistes et nutritionnistes, et négatifs pour les techniciens en diététique (voir 3219), les effets de ces activités réservées sont de faible ampleur, car elles ne s'appliquent que dans une situation bien définie et qui ne concerne qu'une faible partie des activités réalisées par les membres de ces deux professions, soit lorsqu'une ordonnance individuelle émise par un médecin indique que la nutrition constitue un facteur déterminant du traitement de la maladie.
- Développement de la pratique privée
Le souci grandissant de la population envers une alimentation saine et le vieillissement de la population devrait favoriser le développement de la pratique privée des diététistes. Ce développement est toutefois freiné parce que les régimes d'assurances privés ne remboursent pas les services des diététistes. Ainsi, selon les données des recensements, cette pratique progresse peu et demeure très minoritaire dans cette profession.
- Autres facteurs
Par ailleurs, les services des diététistes sont de plus en plus utilisés en matière de prévention. La pratique de la profession devrait donc s'élargir à long terme et toucher notamment l'intervention en garderie, à l'école, dans les cuisines communautaires, dans les soins à domicile et dans le secteur des communications. Comme mentionné auparavant, la sensibilisation de la population aux conséquences de l'obésité et les coûts élevés pour le secteur de la santé qu'elle occasionne ne pourront qu'accentuer cette tendance.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre de diététistes et nutritionnistes devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient plus de 95 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991. Cette proportion devrait se maintenir au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent au moins 95 % des nouveaux diplômés en diététique et nutrition. Les postes à temps partiel et «sur appel» y sont nombreux. D'ailleurs, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (48 610 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 51 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 28 331 $. On y trouvait en 2006 une proportion légèrement moins élevée de travailleurs autonomes (10 %) que dans l'ensemble des professions (11 %).
Exigences
Les candidats à des postes de diététistes et nutritionnistes doivent démontrer des aptitudes et un intérêt pour les sciences. Ils doivent posséder un esprit d'analyse et de synthèse, avoir de la facilité à communiquer et faire preuve de créativité, d'initiative et de dynamisme. Les diététistes qui ouvrent leur propre cabinet doivent en plus posséder des aptitudes en gestion.
Études et formation
Seuls les membres de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) sont autorisés à utiliser les titres réservés «diététiste», «diététicien» (titre désuet mais toujours réservé) ou «nutritionniste» régis par le Code des professions.
Pour devenir membre de l'OPDQ, il faut être titulaire d'un baccalauréat en nutrition, offert par les universités Laval, de Montréal et McGill. Comme ces programmes sont contingentés, les demandes d'admission ne sont pas toutes acceptées.
Références utiles
Ordre professionnel des diététistes du Québec
Université Laval, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation
McGill University, School of Dietetics and Human Nutrition
Université de Montréal, Faculté de nutrition
Considérations importantes
Le souci grandissant de la population envers une alimentation saine et sa sensibilisation aux problèmes d'obésité, le vieillissement de la population, la croissance des dépenses gouvernementales dans le secteur de la santé et l'utilisation croissante des services de diététistes en matière de prévention et de traitement pour des problèmes de santé devraient entraîner une forte hausse du nombre de diététistes et nutritionnistes au cours des prochaines années.
Compte tenu du bon niveau de croissance d'emploi au cours des récentes années, il n'est pas étonnant de constater que la situation des diplômés en diététique et nutrition se compare avantageusement avec celle des autres titulaires de diplômes universitaires.
3132 - Diététistes et nutritionnistes
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 3132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 1 650 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 10 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 2,4 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 40 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 40 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 80 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 3132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 4,2 % | 52,7 % |
| Femmes | 95,8 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 3132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 4,2 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 59,5 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 35,8 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,5 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 3132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 66,5 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 33,5 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
3132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 51,3 % | 53,2 % |
| Moyen | 48 610 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 4,6 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 47,7 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 47,7 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
3132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,7 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 2,3 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 14,1 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 82,9 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 3132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,5 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 3,7 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 10,5 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 5,4 % | 5,4 % |
| Estrie | 1,4 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,0 % | 2,9 % |
| Montérégie | 16,8 % | 18,7 % |
| Montréal | 28,5 % | 24,1 % |
| Laval | 5,6 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 5,6 % | 5,8 % |
| Laurentides | 6,5 % | 7,0 % |
| Outaouais | 6,5 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,2 % | 1,8 % |
| Mauricie | 1,6 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 1,4 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,6 % | 1,7 % |
| 3132 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 10,3 % | 11,2 % |
| 3132 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 8,3 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Soins de santé et assistance sociale | 81,9 % |
| - hôpitaux | 49,4 % |
| - centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) | 13,9 % |
| - cabinets d'autres praticiens (y compris les cabinets de diététistes) | 8,2 % |
| - établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes (y compris les CHSLD) | 5,4 % |
| Services d'enseignement | 4,0 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 3,3 % |