Chiropraticiens

3122 - Chiropraticiens/chiropraticiennes
Textes de la profession

Nature du travail

Les chiropraticiens diagnostiquent et traitent les troubles neuromusculosquelettiques liés à la colonne vertébrale et aux autres articulations du corps, en redressant la colonne ou en effectuant d'autres manipulations correctives.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

chiropraticien;
docteur en chiropratique (D.C.).

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : septembre 2010)

Au cours des dernières années, le nombre de chiropraticiens a augmenté fortement. Cette augmentation s'explique par la croissance de la demande de soins chiropratiques et par le nombre élevé de nouveaux venus dans la profession. Étant donné que la demande de soins chiropratiques est en hausse et que le nombre de diplômés du doctorat en chiropratique surpasse nettement le nombre de retraites et de décès, le nombre de chiropraticiens devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier des postes qui seront libérés par les chiropraticiens qui prendront leur retraite, mais aussi de l'augmentation de l'emploi. Il y a très peu de roulement dans cette profession. Règle générale, les diplômés universitaires intègrent cette profession peu après l'obtention de leur diplôme et y demeurent tout au long de leur carrière.

Bassin de main-d'œuvre

Comme il n'y a pratiquement pas de chômeurs dans cette profession, les débouchés seront presque tous pourvus par des diplômés du doctorat en chiropratique. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession. En effet, quoique moins élevée que dans l'ensemble des professions (7 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

Historiquement, ces nouveaux diplômés étaient en forte majorité des Québécois qui allaient étudier à Toronto ou aux États-Unis. Depuis 1993, ce doctorat est offert à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Cette profession attire de nombreux candidats, mais seule une faible minorité d'entre eux peut accéder à cette profession en raison du contingentement de ce programme à l'UQTR (environ 45 places par année). Dans ce contexte, le taux de placement de ces diplômés est excellent et leur taux de chômage presque inexistant, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Certains candidats vont se former dans des établissements situés à l'extérieur du Québec, mais les critères d'admission, l'éloignement et le coût élevé de ces formations en limitent grandement le nombre. Notons en plus que les personnes qui étudient à l'extérieur du Québec ne sont plus admissibles aux bourses d'études du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

Industries

Selon les données du recensement, environ 94% des chiropraticiens travaillaient en 2006 dans des cabinets de chiropraticiens.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande de soins chiropratiques et du rythme d'intégration des nouveaux venus dans la profession.

- Demande de soins chiropratiques

Le vieillissement de la population et la sensibilisation accrue de la population face à la santé favorisent la croissance de l'emploi dans l'ensemble des professions de la santé. La demande de soins chiropratiques bénéficie en plus de la tendance à la recherche de solutions de remplacement à la médecine traditionnelle, quoique la chiropratique doive faire face à la concurrence des autres médecines douces.

En outre, la couverture des soins chiropratiques par plusieurs régimes d'assurances privées favorise l'emploi dans cette profession. En plus, les médecins de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) et de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) orientent au besoin leurs clients vers les soins chiropratiques.

Par ailleurs, le gouvernement a adopté en 2002 une loi modifiant quelque peu les champs de pratique des principales professions de la santé. Dans cette loi, le droit des physiothérapeutes de procéder à manipulations vertébrales et articulaires est maintenant clairement énoncé. La perte de cette exclusivité par les chiropraticiens a bien sûr influencé à la baisse la demande de soins chiropratiques. L'ampleur de cette baisse est toutefois impossible à quantifier.

Dans le même ordre d'idées, la Cour d'appel du Québec a reconnu aux chiropraticiens en 2005 le droit de diagnostiquer les problèmes de santé qu'ils sont autorisés à traiter. Cette décision a stimulé quelque peu la croissance de la demande de soins chiropratiques.

- Rythme d'intégration des nouveaux venus

Le rythme d'intégration des nouveaux venus influence grandement l'évolution de l'emploi dans cette profession. Puisque cette profession est composée essentiellement de travailleurs autonomes (environ 90 %, selon le recensement de 2006, classant à ce chapitre cette profession au deuxième rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec), l'évolution de l'emploi chez les chiropraticiens dépend essentiellement de la différence entre le nombre de nouveaux arrivants et le nombre de retraites et de décès. En effet, rien n'empêche un travailleur autonome de s'établir à son compte, même dans un marché déjà bien desservi. Ainsi, la demande de soins chiropratiques influence davantage le niveau des revenus des chiropraticiens que la croissance de l'emploi.

Il commencera alors sa carrière avec une clientèle et des revenus limités. Cela lui prendra en général quelques années avant de se bâtir une clientèle suffisante, souvent grâce au bouche à oreille. D'autres commencent leur carrière dans une clinique existante avant de s'établir à leur compte avec une base plus solide de clientèle, seuls ou avec des associés. La clientèle recrutée par ces nouveaux venus peut aussi bien s'ajouter à la clientèle existante que provenir d'un autre chiropraticien. Dans ce contexte, le rythme d'intégration des nouveaux venus influence en partie la demande de soins chiropratiques, mais aussi le niveau des revenus des chiropraticiens, comme nous allons le voir.

Au cours des dernières années, la demande de services chiropratiques ne semble pas avoir suivi le rythme d'augmentation du nombre de chiropraticiens. En effet, selon les données des recensements, le revenu annuel moyen des chiropraticiens qui travaillaient à temps plein et à l'année a diminué de 6 % entre 1990 et 2005, tandis qu'il augmentait de plus de 40 % dans l'ensemble des professions. Avec l'arrivée sur le marché du travail d'une quarantaine de diplômés par année provenant du module du doctorat en chiropratique de l'UQTR depuis 1998 et au cours des prochaines années, le rythme d'intégration des nouveaux venus devrait s'accélérer, tandis que le marché des services chiropratiques risque de ne pas suivre ce rythme de croissance. Bref, on peut prévoir que le revenu moyen d'emploi des chiropraticiens continuera à augmenter moins vite que la moyenne au cours des prochaines années.

Étant donné que la demande de soins chiropratiques est en hausse et que le nombre de diplômés du doctorat en chiropratique surpasse nettement le nombre de retraites et de décès, le nombre de chiropraticiens devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 39 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (23 %). Cette proportion devrait augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent selon les années entre 60 % et 80 % des nouveaux diplômés du doctorat en chiropratique. Ce phénomène s'observe également dans les données de l'Ordre des chiropraticiens du Québec. En effet, les femmes formaient en mars 2008 environ 38 % de leurs membres, alors qu'elles n'en représentaient que 13 % en 1989. Comme les femmes occupant des postes de professionnels dans le secteur de la santé travaillent généralement moins d'heures que les hommes, l'augmentation de la proportion de femmes dans cette profession pourrait atténuer considérablement les effets de la croissance trop rapide du nombre de chiropraticiens.

Le revenu annuel d'emploi des membres de cette profession qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année en 2005 était presque le même que celui des membres qui travaillaient à temps plein et à l'année (un peu plus de 58 000 $ dans les deux cas). Les chiropraticiens commencent souvent leur carrière avec une clientèle et des revenus limités. Cela leur prendra en général quelques années avant de se bâtir une clientèle suffisante, souvent grâce au bouche à oreille, seuls ou avec des associés. Le travail le soir et le week-end est assez répandu.

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent posséder un excellent dossier scolaire. Ces candidats doivent faire preuve d'empathie, avoir de la facilité à communiquer et à vulgariser. Ils doivent démontrer des aptitudes à l'analyse et à la résolution de problèmes. La capacité de concentration, le sens de l'observation, la dextérité, la patience, la motivation et l'amabilité sont des qualités importantes. Étant généralement à la tête d'une petite entreprise, ils doivent aussi posséder des compétences en gestion. Le bilinguisme est essentiel, autant pour servir la clientèle que pour pouvoir consulter ou rédiger des documents sur l'évolution de la chiropratique.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut être titulaire d'un doctorat en chiropratique. Seule l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) offre cette formation de cinq ans au Québec. Le Canadian Memorial Chiropractic College de Toronto est le seul établissement canadien à offrir ce programme en anglais. L'appartenance à l'Ordre des chiropraticiens du Québec est obligatoire pour exercer la profession et pour porter le titre de chiropraticien ou de docteur en chiropratique.

Le chiropraticien peut également se spécialiser dans certains domaines spécifiques de la profession chiropratique, tels l'orthopédie chiropratique, la radiologie diagnostique, la nutrition, les sciences cliniques et le traitement des blessures sportives. Ces spécialisations sont offertes dans les collèges de spécialités chiropratiques.

Références utiles

Ordre des chiropraticiens du Québec

 Association des chiropraticiens du Québec

 Association chiropratique canadienne

 Département de chiropratique
Université du Québec à Trois-Rivières

 Canadian Memorial Chiropractic College (CMCC)
Toronto (Ontario)

Considérations importantes

Étant donné que la demande de soins chiropratiques est en hausse et que le nombre de diplômés du doctorat en chiropratique surpasse nettement le nombre de retraites et de décès, le nombre de chiropraticiens devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Il semble que le nombre de chiropraticiens risque d'augmenter plus rapidement que la demande de soins chiropratiques au cours des prochaines années, entraînant la stagnation des revenus des chiropraticiens.

3122 - Chiropraticiens/chiropraticiennes
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3122 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 1 250 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 0 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,1 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 25 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 45 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 70 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3122 Ensemble des
professions
Hommes 60,7 % 52,7 %
Femmes 39,3 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3122 Ensemble des
professions
15- 24 ans 1,2 % 14,1 %
25- 44 ans 59,9 % 45,1 %
45- 64 ans 35,1 % 38,8 %
65 ans et plus 3,7 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3122 Ensemble des
professions
Plein temps 77,7 % 79,2 %
Temps partiel 22,3 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3122 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 46,4 % 53,2 %
Moyen 58 073 45 157
0 à 19 999 $ 15,7 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 36,1 % 52,4 %
50 000 $ et plus 48,1 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3122 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,0 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 1,2 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 6,2 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 92,6 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3122 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,6 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 4,1 % 2,5 %
Capitale-Nationale 9,5 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,1 % 5,4 %
Estrie 4,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,2 % 2,9 %
Montérégie 15,2 % 18,7 %
Montréal 14,8 % 24,1 %
Laval 3,3 % 5,0 %
Lanaudière 4,5 % 5,8 %
Laurentides 13,6 % 7,0 %
Outaouais 8,2 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 3,3 % 1,8 %
Mauricie 4,1 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 4,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 3,3 % 1,7 %


3122 Ensemble des
professions
Travail autonome 90,1 % 11,2 %


3122 Ensemble des
professions
Immigration 7,1 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Cabinets d'autres praticiens (y compris les cabinets de chiropraticiens) 94,2 %