Optométristes

3121 - Optométristes
Textes de la profession

Nature du travail

Les optométristes examinent les yeux des patients, prescrivent et ajustent des lunettes ou des lentilles cornéennes, et recommandent des traitements tels que des exercices pour corriger les problèmes de vision ou les troubles oculaires.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Docteur en optométrie;
optométriste.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : septembre 2010)

Au cours des dernières années, le nombre d'optométristes a augmenté de façon notable. Cette hausse découle toutefois davantage de la différence entre le nombre de nouveaux venus dans la profession et le nombre de départs que de la croissance de la demande de soins de la vue. Étant donné que le nombre de nouveaux arrivants dans cette profession continuera à surpasser nettement le nombre de retraites et de décès, on prévoit que leur nombre continuera à augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des optométristes qui prendront leur retraite. Quelques débouchés s'ajouteront en raison l'augmentation de l'emploi. Il y a très peu de roulement dans cette profession. Notons toutefois qu'un petit nombre d'optométristes se dirigent vers l'enseignement universitaire (voir 4121, professeurs d'université). Règle générale, les diplômés universitaires intègrent cette profession peu après l'obtention de leur diplôme et y demeurent tout au long de leur carrière.

Bassin de main-d'œuvre

Comme il n'y a pratiquement pas de chômeurs dans cette profession, presque tous les postes vacants seront pourvus par les diplômés en optométrie et, dans une bien moindre mesure, par des immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre des optométristes du Québec. Ceux-ci devraient toutefois être peu nombreux, puisque la proportion d'immigrants dans cette profession est légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (10 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement).

Cette profession attire de nombreux candidats, mais seule une très faible minorité d'entre eux peut accéder à cette profession en raison du contingentement du programme d'optométrie. En outre, une proportion significative de ces diplômés décide d'exercer cette profession dans une autre province ou à l'étranger. D'ailleurs, ces diplômés proviennent souvent d'une autre province et viennent au Québec pour étudier. En effet, l'École d'optométrie de l'Université de Montréal réserve un certain nombre de places pour des francophones hors-Québec. Dans ce contexte, le taux de placement de ces diplômés est excellent et leur taux de chômage presque inexistant, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Industries

Selon les données du recensement, environ 83 % des optométristes travaillaient en 2006 dans des cabinets privés, les autres œuvrant pour des opticiens, à salaire ou à forfait. Même si les optométristes qui travaillaient pour des opticiens demeurent nettement minoritaires, il faut noter que leur importance relative est passée de 2 % en 1991 à 17 % en 2006.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande de services en optométrie et du rythme de croissance du bassin de main-d'œuvre.

- Demande de services en optométrie

La proportion des ménages qui déclarent des dépenses pour les soins de la vue a augmenté de façon significative au cours des vingt dernières années. Cette augmentation fut le résultat de tendances positives et négatives.

L'inclusion de plus en plus fréquente des soins de la vue dans les régimes de soins de santé privés et les besoins accrus en examens dus au vieillissement de la population sont les principales tendances positives. De même, la reconnaissance du rôle des optométristes dans le dépistage précoce du diabète par l'Association diabète Québec a pu stimuler quelque peu la demande de services en optométrie. Par contre, les optométristes ont été touchés par la légalisation de la vente sans ordonnance des lunettes de lecture prêtes à porter. Toutefois, un bon nombre d'acheteurs de ces lunettes prêtes à porter reviennent consulter des optométristes en raison du manque de précision dans la correction de la vue apportées par ces lunettes.

Par ailleurs, la popularité croissante de la chirurgie au laser, qui permet aux ophtalmologistes (voir 3111) de procéder à la correction de certains défauts visuels, pourrait, à moyen ou à long terme, entraîner une légère diminution du nombre de visites chez l'optométriste. Toutefois, les craintes des consommateurs semblent pour l'instant limiter l'impact de cette technologie. En outre, il est fréquent que les personnes ayant subi cette chirurgie continuent à consulter des optométristes pour vérifier leur vue et pour prévenir des complications possibles.

La vente de produits ophtalmiques (lunettes, lentilles cornéennes, etc.) sur Internet menace aussi la demande de services en optométrie. L'augmentation récente de ces achats en ligne a incité l'Ordre des optométristes du Québec, l'Association des optométristes, l'Office des professions ainsi que l'Ordre des opticiens d'ordonnance du Québec à créer une campagne de publicité sur les dangers potentiels d'une telle pratique en vue de protéger le public et de limiter l'ampleur de cette menace.

En résumé, certains facteurs favorisent la croissance de la demande de services en optométrie, tandis que d'autres la désavantagent. Au bout du compte, la demande augmente, mais beaucoup moins que dans la plupart des professions du domaine de la santé.

- Modifications au champ de pratique des optométristes

Les optométristes ont grandement bénéficié des modifications apportés à leur champ de pratique au cours des dernières années. En 1997, ils ont reçu l'autorisation d'administrer des médicaments diagnostiques aux fins de l'examen des yeux, puis quelques années plus tard d'administrer et de prescrire certains médicaments thérapeutiques et finalement, en 2003, de fournir des soins et prescrire des médicaments pour une gamme de problèmes de santé oculaire : conjonctivites, inflammations des paupières, atteintes de la cornée, etc. Ces actes étaient auparavant réservés aux omnipraticiens et aux ophtalmologistes.

En 2007, une décision de la Cour supérieure du Québec, confirmée en 2008 par la Cour d'appel du Québec et en 2009 par la Cour Suprême, concluait que l'évaluation de la santé oculaire des patients qui portent des lentilles cornéennes est réservée aux optométristes et aux ophtalmologistes. Cette décision avantagera bien sûr la demande de services des optométristes et désavantagera celle des opticiens.

- Rythme de croissance du bassin de main-d'œuvre

Ces facteurs ne peuvent à eux seuls expliquer l'augmentation notable du nombre d'optométristes au cours des dernières années. Puisque cette profession est composée d'une forte majorité de travailleurs autonomes (environ 83 %, selon le recensement de 2006, classant à ce chapitre cette profession au troisième rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec), l'évolution de l'emploi chez les optométristes dépend essentiellement de la différence entre le nombre de nouveaux arrivants (surout des diplômés) et le nombre de départs. En effet, rien n'empêche un travailleur autonome de s'établir à son compte, même dans un marché déjà bien desservi, comme celui de l'optométrie. Ainsi, la demande de services en optométrie influence davantage le niveau des revenus des optométristes que la croissance de l'emploi.

Chaque année, environ une quarantaine de diplômés de l'École d'optométrie de l'Université de Montréal intègrent cette profession sur le marché franco-canadien, dont une dizaine à l'extérieur du Québec. En comparaison, la seule université canadienne à offrir cette formation en anglais, la School of Optometry de la University of Waterloo, en forme une soixantaine pour le marché anglo-canadien. Pendant des années, le nombre de diplômés qui s'établissaient au Québec surpassait de beaucoup le nombre de retraites et de décès. Ainsi, le ratio population/optométriste a baissé d'environ 30 % au Québec entre 1981 et 2002 et est devenu beaucoup moins élevé que dans le reste du Canada. Cette disparité a eu des conséquences directes sur le revenu des optométristes. Ainsi, selon les données du recensement de 2006, le revenu annuel moyen des optométristes du reste du Canada qui travaillaient à temps plein et à l'année était plus de 20 % plus élevé que celui des optométristes québécois en 2005.

Il semble toutefois que le nombre de retraites et décès ait augmenté de beaucoup par la suite. En effet, avec le même nombre de diplômés à chaque année, le ratio population/optométriste a cessé de diminuer et est demeuré assez stable entre 2002 et 2008. Étant donné que le nombre de diplômés demeurera stable et que l'âge moyen des optométristes augmente régulièrement, l'écart entre le nombre de diplômés et le nombre de retraites et de décès devrait continuer à diminuer au cours des prochaines années, tout en demeurant nettement positif. Le rythme récent d'augmentation de l'emploi semble beaucoup mieux correspondre à la croissance de la demande de services en optométrie. On peut donc penser que l'écart de revenus entre les optométristes québécois et du reste du Canada cessera de se creuser et même qu'il pourrait diminuer.

Étant donné que le nombre de nouveaux arrivants dans cette profession continuera à surpasser nettement le nombre de retraites et de décès, on prévoit que leur nombre continuera à augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 64 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (48 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent en moyenne entre 75 % et 80 % des nouveaux diplômés, selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. La féminisation de cette profession s'observe également dans les données de l'Ordre des optométristes du Québec. En mars 2008, les femmes formaient en effet 60 % de leurs membres, alors qu'elles n'en représentaient que 33 % en 1988. Notons que les femmes occupant des postes de professionnels dans le secteur de la santé travaillent généralement moins d'heures que les hommes. Reflet de ce phénomène, le nombre d'heures travaillées par semaine était beaucoup moins élevé en 2005 chez les femmes optométristes (32,7) que chez les hommes (38,3). Le travail le soir et le week-end est assez répandu.

La donnée sur le revenu annuel d'emploi (73 466 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 43 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 55 711 $.

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent posséder un excellent dossier scolaire. Ces candidats doivent faire preuve d'empathie, avoir de la facilité à communiquer et à vulgariser. Ils doivent démontrer des aptitudes à l'analyse et à la résolution de problèmes. La capacité de concentration, le sens de l'observation, la patience et l'amabilité sont des qualités importantes. Étant souvent à la tête d'une petite entreprise, ils doivent aussi posséder des compétences en gestion. Le bilinguisme est essentiel, autant pour servir la clientèle que pour pouvoir consulter ou rédiger des documents de recherche.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut être titulaire d'un doctorat en optométrie. L'appartenance à l'Ordre des optométristes du Québec est obligatoire pour exercer la profession et pour porter le titre d'optométriste.

Pour accéder à l'Ordre, il faut soit :

  • détenir un doctorat en optométrie (O.D.) de l'Université de Montréal;

  • détenir un doctorat en optométrie d'une institution accréditée par l'Accreditation Council on Optometric Education;

  • être déjà autorisé à exercer l'optométrie dans une autre juridiction au Canada ou aux États-Unis;

  • se voir reconnaître, par l'Ordre, une équivalence de diplôme ou de formation conformément au Règlement sur les normes d'équivalence aux fins de la délivrance d'un permis de l'Ordre des optométristes du Québec.
    Dans le cas d'une équivalence, il est fréquent qu'un programme de formation complémentaire soit prescrit. Ce programme peut notamment comporter la réussite de stages ou de cours et il requiert généralement la réussite de l'Évaluation canadienne standardisée en optométrie, administrée par les Examinateurs canadiens en optométrie.

Le doctorat en optométrie dure normalement cinq ans, y compris l'année préparatoire. Une maîtrise ès sciences (M.Sc.), un diplôme d'études supérieures spécialisées (D.E.S.S.) en sciences de la vision ainsi qu'en intervention en déficience visuelle, et en orientation et mobilité sont également offerts. Au Québec, seule l'École d'optométrie de l'Université de Montréal offre ces programmes. Au Canada, seule la University of Waterloo, en Ontario, offre ces programmes en anglais.

Compte tenu de l'apparition constante de nouveaux équipements et de nouvelles techniques, la formation continue est obligatoire.

Références utiles

Ordre des optométristes du Québec

Association des optométristes du Québec

École d'optométrie
Université de Montréal
Programme de doctorat en optométrie (O.D)

School of Optometry
University of Waterloo

Considérations importantes

L'évolution de l'emploi dans cette profession découle davantage de la différence entre le nombre de nouveaux venus dans la profession et le nombre de départs que de la croissance de la demande de soins de la vue. Étant donné que le nombre de nouveaux arrivants dans cette profession continuera à surpasser nettement le nombre de retraites et de décès, on prévoit que leur nombre continuera à augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Au cours des dernières années, la demande de services en optométrie a augmenté moins rapidement que le nombre d'optométristes. En conséquence, leur revenu d'emploi est beaucoup moins élevé que celui des autres professionnels de la santé et que celui des optométristes des autres provinces canadiennes.

Seule une très faible minorité des candidats à cette profession peut y accéder en raison du contingentement du programme universitaire d'optométrie. Le taux de placement des diplômés de ce programme est excellent et leur taux de chômage presque inexistant.

3121 - Optométristes
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3121 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 1 150 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 0 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,1 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 15 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 35 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 50 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3121 Ensemble des
professions
Hommes 35,8 % 52,7 %
Femmes 64,2 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3121 Ensemble des
professions
15- 24 ans 1,8 % 14,1 %
25- 44 ans 52,2 % 45,1 %
45- 64 ans 41,5 % 38,8 %
65 ans et plus 4,4 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3121 Ensemble des
professions
Plein temps 77,7 % 79,2 %
Temps partiel 22,3 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3121 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 43,5 % 53,2 %
Moyen 73 466 45 157
0 à 19 999 $ 1,7 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 19,3 % 52,4 %
50 000 $ et plus 79,0 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3121 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 3,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 3,7 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 92,3 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3121 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,7 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 3,0 % 2,5 %
Capitale-Nationale 6,3 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,9 % 5,4 %
Estrie 7,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,3 % 2,9 %
Montérégie 19,6 % 18,7 %
Montréal 22,5 % 24,1 %
Laval 7,4 % 5,0 %
Lanaudière 5,2 % 5,8 %
Laurentides 4,8 % 7,0 %
Outaouais 4,1 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,1 % 1,8 %
Mauricie 3,7 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 5,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,0 % 1,7 %


3121 Ensemble des
professions
Travail autonome 83,2 % 11,2 %


3121 Ensemble des
professions
Immigration 9,6 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Cabinets d'autres praticiens (y compris les cabinets d'optométristes) 82,7 %
Magasins de produits de santé et de soins personnels (y compris les magasins de produits optiques) 17,3 %