Omnipraticiens et médecins en médecine familiale
3112 - Omnipraticiens/omnipraticiennes et médecins en médecine familiale
Textes de la profession
Nature du travail
Les omnipraticiens et les médecins en médecine familiale diagnostiquent et traitent les maladies, les troubles physiologiques et les traumatismes de l'organisme humain. Ils sont des professionnels de la santé de première ligne et ils dispensent des soins de santé aux patients.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Docteur en médecine (M.D.);
médecin de famille;
omnipraticien;
résident en médecine générale.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : décembre 2010)
Mis à part une légère diminution vers la fin des années 1990 en raison des effets du programme de préretraite du gouvernement provincial, le nombre d'omnipraticiens et médecins en médecine familiale a augmenté de façon notable au cours des dernières années. Compte tenu de la croissance des besoins en matière de santé, de la priorité des gouvernements dans le domaine de la santé, mais aussi de l'insuffisance du bassin de main-d'œuvre, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des omnipraticiens et médecins en médecine familiale qui seront assez nombreux à prendre leur retraite, mais aussi de l'augmentation de l'emploi. Il y a très peu de roulement dans cette profession. Notons toutefois qu'un certain nombre de d'omnipraticiens et de médecins en médecine familiale se dirigent vers l'enseignement universitaire (voir 4121). D'autres peuvent accéder à des postes de gestion du secteur de la santé (voir 0311) et, avec la formation adéquate, de médecins spécialistes (voir 3111). Toutefois, la majorité des diplômés universitaires intègrent cette profession peu après l'obtention de leur diplôme et y demeurent tout au long de leur carrière.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles aux diplômés du doctorat en médecine et, en moindre nombre, aux médecins immigrants. Comme le chômage est presque inexistant dans cette profession, très peu de postes pourront être pourvus par des omnipraticiens en chômage.
Les programmes universitaires qui mènent à cette profession attirent énormément de candidats, mais, en raison de leur contingentement, seule une faible minorité y accède. Il n'est donc pas étonnant de constater qu'il n'y a pas de chômage chez les diplômés du doctorat en médecine et que tous les diplômés travaillent dans un emploi en rapport avec leur formation, dans des postes d'omnipraticiens ou de médecins spécialistes, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Malgré les conditions d'accès difficiles pour les personnes qui ont obtenu leur diplôme de médecine à l'étranger, les immigrants forment un bassin important pour occuper des emplois d'omnipraticiens et de médecins en médecine familiale. Selon les données du recensement, on retrouvait d'ailleurs en 2006 une proportion d'immigrants nettement plus élevée dans cette profession que dans l'ensemble des professions (18 % par rapport à 12 %). Un bon nombre de ces immigrants ont toutefois obtenu leur diplôme au Canada, puisque seulement 11 % des membres du Collège des médecins l'ont reçu à l'étranger. Pour satisfaire aux exigences du Collège des médecins et pour pouvoir exercer au Québec, une grande proportion de ces médecins doivent reprendre une partie de leur formation et effectuer le programme de résidence universitaire agréé de la province de Québec d'une durée d'un an.
Ce bassin est actuellement insuffisant pour satisfaire à la demande. Pour pouvoir satisfaire à cette demande, divers moyens ont été adoptés :
- augmentation du contingentement de la formation universitaire;
- élimination des plafonds de rémunération;
- révision du partage des activités médicales avec d'autres professions de la santé;
- augmentation de l'immigration.
- Augmentation du contingentement de la formation universitaire
Le nombre des admissions dans les facultés de médecine a presque doublé entre 1998-1999 et 2008-2009, passant d'environ 400 à près de 800. En conséquence, les effectifs du doctorat en médecine ont augmenté de 80 % entre 1998 et 2007, et le nombre de diplômés de 50 % entre 2001 et 2007. Le nombre de diplômés continuera à augmenter au cours des prochaines années, puisque l'augmentation des admissions et des effectifs ne s'est pas encore complètement reflétée sur le nombre de diplômés.
- Élimination des plafonds de rémunération
La rémunération des médecins fait l'objet d'un plafond au-dessus duquel la rémunération diminue de façon très rapide. Vers la fin des années 1990, le gouvernement a d'ailleurs éliminé les plafonds de rémunération pour le travail dans les hôpitaux, les centres d'hébergement et les soins à domicile. En 2006, il les a aussi éliminés pour les services dispensés auprès de clientèles vulnérables (personnes âgées et malades chroniques).
- Révision du partage des activités médicales avec d'autres professions de la santé
Le gouvernement a adopté en 2002 une loi modifiant quelque peu les champs de pratique des principales professions de la santé. Ainsi, certains actes auparavant réservés aux médecins peuvent maintenant être accomplis par les infirmiers autorisés (voir 3152). Ce nouveau partage des activités médicales a réduit quelque peu la demande d'omnipraticiens et de médecins en médecine familiale.
- Augmentation de l'immigration
À cet égard, le Québec subit les effets de la concurrence de nombreux autres pays qui tentent d'attirer des médecins chez eux. En plus, les médecins ayant obtenu leur diplôme à l'étranger éprouvent souvent des difficultés à faire reconnaître leurs compétences par le Collège des médecins du Québec. À cet effet, le Collège a adopté un nouveau règlement en 2006 simplifiant quelque peu les démarches pour les médecins ayant obtenu leur diplôme aux États-Unis ou dans une autre province, et en facilitant le transfert des permis restrictifs en permis réguliers. En 2010, le gouvernement a adopté diverses mesures à l'intention des médecins diplômés hors du Canada et des États-Unis en vue de favoriser leur intégration professionnelle au Québec. Un certain nombre de places en résidence leur seront entre autres réservées. Finalement, le Collège a conclu un accord sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles avec l'Ordre national des médecins de France en novembre 2009, accord qui permet de faciliter l'obtention d'un permis d'exercice par les médecins diplômés en France.
Industries
Selon les données du recensement, environ 51 % des omnipraticiens et médecins en médecine familiale travaillaient en 2006 surtout dans des cabinets privés et 42 % surtout dans des hôpitaux. On en retrouvait également 7 % dans les centres locaux de services communautaires (CLSC), proportion en forte hausse depuis 1991 (4 %). Cette forte croissance dans les CLSC s'explique par la réorganisation des soins et des services de santé, par le virage ambulatoire et par l'augmentation des soins à domicile.
Par ailleurs, de nombreux omnipraticiens travaillent dans au moins deux lieux de pratique. Cette diversité des lieux de pratique est illustrée dans les données du document Caractéristiques des médecins du Québec et de leur pratique selon le temps consacré à leurs activités professionnelles, produit par le Groupe interdisciplinaire en santé de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, paru en février 2005. Utilisant des données colligées en juin 2003 par le Collège des médecins, les auteurs évaluent que 50 % des heures consacrées aux patients par les omnipraticiens ont eu lieu en cabinet privé, 31 % dans des hôpitaux, 14 % dans des CLSC et 5 % dans des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de nombreux facteurs.
- Demande d'omnipraticiens
Le vieillissement de la population et l'accroissement des maladies dégénératives qui y sont reliées, l'apparition de nouvelles maladies et de nouveaux traitements, et la sensibilisation accrue de la population face à la santé soutiennent la demande d'omnipraticiens et de médecins en médecine familiale. En raison de la complexification du domaine de la médecine, ces facteurs ont favorisé davantage l'emploi des médecins spécialistes (voir 3111) que des omnipraticiens au cours des dernières années. Il devrait en être de même au cours des prochaines années.
- Décisions gouvernementales
Les décisions gouvernementales jouent également un rôle important dans l'évolution de l'emploi dans cette profession. Par exemple, le programme de préretraite du gouvernement provincial a entraîné en 1998 le départ à la retraite de nombreux omnipraticiens et médecins en médecine familiale.
En 2010, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) évaluait à environ 1000 le manque d'omnipraticiens (médecins de famille). Malgré les augmentations constantes des effectifs étudiants depuis 2003, la FMOQ estime que le manque d'omnipraticiens ne se résorbe pas en raison de la forte croissance de la demande. Elle entrevoit même une aggravation de la situation si rien n'est fait à court terme. En accord avec cette estimation, le gouvernement du Québec incite les facultés de médecine à accroître le nombre de places en résidence pour la médecine familiale, ce qui limite du fait même les possibilités d'augmenter le nombre de places en médecine spécialisée.
Cela dit, comme les gouvernements prévoient des augmentations substantielles des budgets dans le secteur de la santé, les décisions gouvernementales devraient favoriser la croissance de l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.
- Rythme de croissance du bassin de main-d'œuvre
Puisque cette profession est composée d'une majorité de travailleurs autonomes (53 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions, selon le recensement de 2006), l'évolution de l'emploi dans cette profession dépend aussi de la différence entre le nombre de nouveaux arrivants (voir plus haut le Bassin de main-d'œuvre) et le nombre de retraites et de décès. En effet, rien n'empêche un travailleur autonome de s'établir à son compte, peu importe l'état de la demande. Comme le nombre de diplômés du doctorat en médecine devrait augmenter beaucoup plus rapidement que le nombre de retraites, ce facteur devrait favoriser la croissance de l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'omnipraticiens et de médecins en médecine familiale augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 43 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (31 %). Cette proportion continuera à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent selon les années de 60 % à 70 % des nouveaux diplômés du doctorat en médecine. De façon à première vue étrange, le revenu annuel d'emploi (139 681 $) qui s'applique aux 38 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005 est un peu moins élevé que celui des 53 % d'entre eux qui travaillaient à temps plein, mais moins de 49 semaines par année (140 144 $). Ce phénomène s'explique par le fonctionnement du plafond de rémunération. En effet, il semble que les omnipraticiens et médecins en médecine familiale qui atteignent rapidement le plafond de rémunération ont tendance à s'arrêter de travailler lorsque ce plafond est atteint. Ils travaillent donc moins de semaines par année que ceux qui n'atteignent pas ce plafond, même s'ils ont un revenu plus élevé.
Exigences
Pour accéder à cette profession, il faut satisfaire aux exigences de la formation (voir cette section). Les médecins doivent faire preuve d'empathie, savoir travailler en équipe et avoir de la facilité à communiquer et à vulgariser. Ils doivent démontrer des aptitudes à l'analyse et à la résolution de problèmes et se perfectionner constamment pour être à la fine pointe de la recherche et des développements en médecine. Étant souvent à la tête d'une petite entreprise, ils doivent aussi posséder des compétences en gestion. Le bilinguisme est essentiel, autant pour servir la clientèle que pour pouvoir consulter des documents de recherche.
Études et formation
Les diplômés d'écoles de médecine canadiennes qui désirent obtenir un permis d'exercice comme omnipraticien ou médecin en médecine familiale au Québec doivent remplir les conditions suivantes :
- être un citoyen canadien ou un résident permanent au Canada;
- être un diplômé d'une école de médecine canadienne agréée;
- avoir une connaissance d'usage de la langue française en conformité avec les exigences de la Charte de la langue française en moins de quatre ans après l'obtention du permis d'exercice au Québec;
- avoir complété deux ans de stage en médecine familiale;
- avoir réussi l'examen de médecine familiale.
En plus, les diplômés des écoles de médecine situées hors du Canada peuvent faire une demande d'admissibilité seulement si une année de résidence a été complétée avec succès dans un programme de résidence universitaire agréé de la province de Québec.
L'adhésion au Collège des médecins est obligatoire pour porter le titre et pratiquer. L'inscription au tableau du Collège est annuelle.
Le code de déontologie médicale oblige les médecins à une formation médicale continue.
Dans le but d'harmoniser leur formation à celle des médecins des autres provinces en vertu de l'Accord sur le commerce intérieur, le Collège des médecins a adopté en novembre 2010 un règlement qui réduit de 5 à 4 ans la formation des médecins internistes.
Références utiles
Collège des médecins du Québec
Fédération des médecins omnipraticiens du Québec
Association médicale du Québec
Considérations importantes
Compte tenu de la croissance des besoins en matière de santé, de la priorité des gouvernements dans le domaine de la santé, mais aussi de l'insuffisance du bassin de main-d'œuvre, le nombre d'omnipraticiens et de médecins en médecine familiale devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Les besoins varient énormément d'une région à l'autre.
3112 - Omnipraticiens/omnipraticiennes et médecins en médecine familiale
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 3112 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 11 050 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 15 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,2 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 150 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 450 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 600 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 3112 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 56,6 % | 52,7 % |
| Femmes | 43,4 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 3112 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 2,4 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 41,8 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 47,6 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 8,2 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 3112 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 91,0 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 9,0 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
3112 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 37,8 % | 53,2 % |
| Moyen | 139 681 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 4,7 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 12,9 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 82,5 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
3112 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,0 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 0,0 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 0,7 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 99,3 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 3112 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,9 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,6 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 13,3 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,1 % | 5,4 % |
| Estrie | 6,1 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,6 % | 2,9 % |
| Montérégie | 13,9 % | 18,7 % |
| Montréal | 36,0 % | 24,1 % |
| Laval | 2,9 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,9 % | 5,8 % |
| Laurentides | 4,4 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,2 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,2 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,8 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 2,8 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,3 % | 1,7 % |
| 3112 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 52,7 % | 11,2 % |
| 3112 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 18,4 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Soins de santé et assistance sociale | 100,0 % |
| - cabinets de médecins | 50,7 % |
| - hôpitaux | 41,7 % |
| - centres de soins ambulatoires (y compris les CLSC) | 6,9 % |