Médecins spécialistes

3111 - Médecins spécialistes
Textes de la profession

Nature du travail

Ce groupe de base comprend les médecins spécialistes en médecine clinique, en médecine de laboratoire et en chirurgie. Les spécialistes en médecine clinique diagnostiquent et traitent les maladies et les troubles physiologiques ou psychologiques, et exercent des fonctions de consultant auprès des autres médecins. Les spécialistes en médecine de laboratoire étudient la nature, la pathogenèse et l'évolution des maladies chez les humains. Les spécialistes en chirurgie pratiquent des interventions chirurgicales et supervisent les procédures chirurgicales.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

* Spécialistes en médecine clinique
anesthésiste;
cardiologue;
dermatologue;
endocrinologue;
gastroentérologue;
gériatre;
hématologiste;
immunologiste clinicien et allergologiste;
néphrologue;
neurologue;
oncologue;
pédiatre;
physiatre;
pneumologue;
psychiatre;
radiodiagnosticien;
radio-oncologue;
respirologue;
rhumatologue;
urgentologue.

* Spécialistes en médecine de laboratoire
anatomopathologiste;
hématopathologiste;
médecin biochimiste;
médecin microbiologiste;
neuropathologiste;
pathologiste général.

* Spécialistes en chirurgie
chirurgien cardiaque;
chirurgien général;
chirurgien pédiatre;
chirurgien plasticien;
chirurgien thoracique;
chirurgien vasculaire;
neurochirurgien;
obstétricien-gynécologue;
ophtalmologiste;
orthopédiste;
oto-rhino-laryngologiste;
urologue.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : décembre 2010)

Mis à part une légère diminution vers la fin des années 1990 en raison des effets du programme de préretraite du gouvernement provincial, le nombre de médecins spécialistes a augmenté de façon notable au cours des dernières années. Compte tenu de la croissance des besoins en matière de santé, surtout dans certaines spécialités, de la priorité des gouvernements dans le domaine de la santé, mais aussi de l'insuffisance du bassin de main-d'œuvre, leur nombre devrait continuer à augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des médecins spécialistes qui seront assez nombreux à prendre leur retraite, mais aussi de l'augmentation de l'emploi. Il y a très peu de roulement dans cette profession. Notons toutefois qu'un certain nombre de médecins spécialistes se dirigent vers l'enseignement universitaire (voir 4121). D'autres peuvent accéder à des postes de gestion du secteur de la santé (voir 0311). Toutefois, la majorité des diplômés universitaires intègrent cette profession peu après l'obtention de leur diplôme et y demeurent tout au long de leur carrière.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés du doctorat en médecine, aux omnipraticiens (voir 3112) qui ont poursuivi leurs études dans une spécialité et, en moindre nombre aux médecins immigrants. Comme le chômage est presque inexistant dans cette profession, très peu de postes pourront être pourvus par des médecins spécialistes en chômage.

Les programmes universitaires qui mènent à cette profession attirent énormément de candidats, mais, en raison de leur contingentement, seule une faible minorité y accède. Il n'est donc pas étonnant de constater qu'il n'y a pas de chômage chez les diplômés du doctorat en médecine et que tous les diplômés travaillent dans un emploi en rapport avec leur formation, dans des postes d'omnipraticiens ou de médecins spécialistes, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Malgré les conditions d'accès difficiles pour les personnes qui ont obtenu leur diplôme de médecine à l'étranger, les immigrants forment un bassin important pour occuper des emplois de médecins spécialistes. Selon les données du recensement, on retrouvait d'ailleurs en 2006 une proportion d'immigrants près deux fois plus élevée dans cette profession que dans l'ensemble des professions (20 % par rapport à 12 %). Un bon nombre de ces immigrants ont toutefois obtenu leur diplôme au Canada, puisque seulement 12 % d'entre eux l'ont reçu à l'étranger. Pour satisfaire aux exigences du Collège des médecins et pour pouvoir exercer au Québec, une grande proportion de ces médecins doivent reprendre une partie de leur formation et effectuer le programme de résidence universitaire agréé de la province de Québec d'une durée d'un an.

Ce bassin est actuellement insuffisant pour satisfaire à la demande. Pour pouvoir satisfaire à cette demande, divers moyens ont été adoptés :

  • augmentation du contingentement de la formation universitaire;
  • élimination des plafonds de rémunération;
  • révision du partage des activités médicales avec d'autres professions de la santé;
  • augmentation de l'immigration;
  • permis temporaires aux résidents.

- Augmentation du contingentement de la formation universitaire

Le nombre des admissions dans les facultés de médecine a presque doublé entre 1998-1999 et 2008-2009, passant d'environ 400 à près de 800. En conséquence, les effectifs du doctorat en médecine ont augmenté de près de 80 % entre 1998 et 2007, et le nombre de diplômés de plus de 50 % entre 2001 et 2007. Le nombre de diplômés continuera à augmenter au cours des prochaines années, puisque l'augmentation des admissions et des effectifs ne s'est pas encore complètement reflétée sur le nombre de diplômés.

- Élimination des plafonds de rémunération

La rémunération des médecins spécialistes fait l'objet d'un plafond au-dessus duquel la rémunération diminue très rapidement. Pour faire face à la pénurie de médecins spécialistes, le gouvernement a décidé en 2003 de faire diminuer de moitié les pénalités imposées aux médecins spécialistes qui excèdent le plafond de rémunération et l'éliminé pour certains actes.

- Révision du partage des activités médicales avec d'autres professions de la santé

Le gouvernement a adopté en 2002 une loi modifiant quelque peu les champs de pratique des principales professions de la santé. Ainsi, certains actes auparavant réservés aux médecins peuvent maintenant être accomplis par les infirmiers diplômés (voir 3152). Dans le même ordre d'idées, les optométristes sont depuis quelques années autorisés à administrer et à prescrire certains médicaments.

- Augmentation de l'immigration

À cet égard, le Québec subit les effets de la concurrence de nombreux autres pays qui tentent d'attirer des médecins spécialistes chez eux. En plus, les médecins ayant obtenu leur diplôme à l'étranger éprouvent souvent des difficultés à faire reconnaître leurs compétences par le Collège des médecins du Québec. À cet effet, le Collège a adopté un nouveau règlement en 2006 simplifiant quelque peu les démarches pour les médecins ayant obtenu leur diplôme aux États-Unis ou dans une autre province, et en facilitant le transfert des permis restrictifs en permis réguliers. En 2010, le gouvernement a adopté diverses mesures à l'intention des médecins diplômés hors du Canada et des États-Unis en vue de favoriser leur intégration professionnelle au Québec. Un certain nombre de places en résidence leur seront entre autres réservées. Finalement, le Collège a conclu un accord sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles avec l'Ordre national des médecins de France en novembre 2009, accord qui permet de faciliter l'obtention d'un permis d'exercice par les médecins diplômés en France.

- Permis temporaires aux résidents

Le Collège des médecins peut émettre depuis 2007 des permis temporaires d'exercice aux médecins résidents en médecine interne et en pédiatrie qui ont complété quatre années de formation dans ces spécialités.

Industries

Selon les données du recensement, environ 73 % des médecins spécialistes travaillaient en 2006 surtout dans des hôpitaux et 23 % surtout dans des cabinets privés. Ces proportions peuvent toutefois varier considérablement d'une spécialité à l'autre. Par ailleurs, de nombreux médecins spécialistes travaillent à la fois dans un hôpital et dans un ou des cabinets privés.

Cette diversité des lieux de pratique est illustrée dans les données du document Caractéristiques des médecins du Québec et de leur pratique selon le temps consacré à leurs activités professionnelles, produit par le Groupe de recherche interdisciplinaire en santé de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, paru en 2005. Utilisant des données colligées en juin 2003 par le Collège des médecins, les auteurs évaluent que 82 % des heures consacrées aux patients par les médecins spécialistes ont eu lieu dans des hôpitaux, et 17 % en cabinet privé.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend surout de la demande de médecins spécialistes, des décisions gouvernementales et du rythme de croissance du bassin de main-d'œuvre.

- Demande de médecins spécialistes

Le vieillissement de la population et l'accroissement des maladies dégénératives qui y sont reliées, l'apparition de nouvelles maladies et de nouveaux traitements, et la sensibilisation accrue de la population face à la santé soutiennent la demande de médecins spécialistes. En raison de la complexification du domaine de la médecine, ces facteurs ont favorisé davantage l'emploi des médecins spécialistes que des omnipraticiens (voir 3112) au cours des dernières années. Il devrait en être de même au cours des prochaines années.

- Décisions gouvernementales

Les décisions gouvernementales jouent également un rôle important dans l'évolution de l'emploi dans cette profession. Par exemple, le programme de préretraite du gouvernement provincial a entraîné en 1998 le départ à la retraite de nombreux médecins spécialistes.

En 2010, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) évaluait à environ 800 le manque de médecins spécialistes. Malgré les augmentations constantes des effectifs étudiants depuis 2003, la FMSQ estime que le manque de médecins spécialistes ne se résorbe pas en raison de la forte croissance de la demande. De plus, toujours selon la FMSQ, le gouvernement du Québec incite les facultés de médecine à accroître le nombre de places en résidence pour la médecine familiale en raison du manque d'omnipraticiens, ce qui limite du fait même les possibilités d'augmenter le nombre de places en médecine spécialisée.

Cela dit, comme les gouvernements prévoient des augmentations substantielles des budgets dans le secteur de la santé, les décisions gouvernementales devraient favoriser la croissance de l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.

- Rythme de croissance du bassin de main-d'œuvre

Puisque cette profession est composée d'une forte proportion de travailleurs autonomes (48 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions, selon le recensement de 2006), l'évolution de l'emploi dans cette profession dépend aussi de la différence entre le nombre de nouveaux arrivants (voir plus haut le Bassin de main-d'œuvre) et le nombre de retraites et de décès, et ce, dans chaque spécialité. En effet, rien n'empêche un travailleur autonome de s'établir à son compte, peu importe l'état de la demande. Comme le nombre de diplômés du doctorat en médecine devrait augmenter beaucoup plus rapidement que le nombre de retraites, ce facteur devrait favoriser la croissance de l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.

- Autres facteurs

Comme l'offre et la demande dans chacune des spécialités évoluent de façon assez différente, le nombre de postes vacants dans chaque spécialité peut varier considérablement. Il y a 35 spécialités reconnues par le Collège des médecins, qui est responsable de la reconnaissance de nouvelles spécialités. Ainsi, on observe actuellement des besoins importants et même des pénuries dans les spécialités suivantes : radio-oncologie, psychiatrie, anatomopathologie, chirurgie, médecine d'urgence, cardiologie, néphrologie et gériatrie. Cette liste peut changer selon les retraites, les départs, l'immigration, les inscriptions, les déplacements entre les régions, les investissements dans les équipements, les découvertes, etc. Elle peut en outre varier considérablement selon les régions.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de médecins spécialistes augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient plus de 39 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en forte hausse depuis 1991 (23 %). Cette proportion continuera à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent selon les années de 60 % à 70 % des nouveaux diplômés du doctorat en médecine. De façon à première vue étrange, le revenu annuel d'emploi (172 485 $) qui s'applique aux 41 % des médecins spécialistes qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005 est moins élevé que celui des 51 % des médecins spécialistes qui travaillaient à temps plein, mais moins de 49 semaines par année (184 291 $). Ce phénomène s'explique par le fonctionnement du plafond de rémunération. En effet, il semble que les médecins spécialistes qui atteignent rapidement le plafond de rémunération ont tendance à s'arrêter de travailler lorsque ce plafond est atteint. Ils travaillent donc moins de semaines par année que ceux qui n'atteignent pas ce plafond, même s'ils ont un revenu plus élevé.

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut satisfaire aux exigences de la formation (voir cette section). Tous les médecins doivent faire preuve d'empathie, savoir travailler en équipe et avoir de la facilité à communiquer et à vulgariser. Ils doivent démontrer des aptitudes à l'analyse et à la résolution de problèmes et se perfectionner constamment pour être à la fine pointe de la recherche et des développements dans leur spécialité. Étant souvent à la tête d'une petite entreprise, ils doivent aussi posséder des compétences en gestion. Le bilinguisme est essentiel, autant pour servir la clientèle que pour pouvoir consulter ou rédiger des documents de recherche.

Études et formation

Les diplômés d'écoles de médecine canadiennes qui désirent obtenir un permis d'exercice comme médecin spécialiste au Québec doivent remplir les conditions suivantes :

  • être un citoyen canadien ou un résident permanent au Canada;
  • être un diplômé d'une école de médecine canadienne agréée;
  • avoir une connaissance d'usage de la langue française en conformité avec les exigences de la Charte de la langue française en moins de quatre ans après l'obtention du permis d'exercice au Québec;
  • avoir complété un programme de formation dans une des spécialités reconnues;
  • avoir réussi l'examen du Collège des médecins du Québec dans la spécialité;
  • avoir complété de quatre à six ans de stage en spécialité, dont au moins une au Québec;
  • avoir réussi l'examen portant sur les «Aspects législatifs, déontologiques et organisationnels de la pratique médicale au Québec» (ALDO-Québec).

Les diplômés des écoles de médecine situées hors du Canada peuvent faire une demande d'admissibilité seulement si une année de résidence a été complétée avec succès dans un programme de résidence universitaire agréé de la province de Québec.

L'adhésion au Collège des médecins est obligatoire pour porter le titre et exercer la profession. L'inscription au tableau du Collège est annuelle.

Le code de déontologie médicale oblige les médecins à une formation médicale continue.

Dans le but d'harmoniser leur formation à celle des médecins des autres provinces en vertu de l'Accord sur le commerce intérieur, le Collège des médecins a adopté en novembre 2010 un règlement qui réduit de 5 à 4 ans la formation des médecins internistes.

Références utiles

Collège des médecins du Québec

Fédération des médecins spécialistes du Québec

Fédération des médecins résidents du Québec

Association médicale du Québec

Considérations importantes

Compte tenu de la croissance des besoins en matière de santé, surtout dans certaines spécialités, de la priorité des gouvernements dans le domaine de la santé, mais aussi de l'insuffisance du bassin de main-d'œuvre, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

La demande de médecins spécialistes peut varier beaucoup selon la région et la spécialité.

3111 - Médecins spécialistes
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 3111 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 8 550 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 5 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,4 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 100 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 300 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 400 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 3111 Ensemble des
professions
Hommes 61,3 % 52,7 %
Femmes 38,7 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 3111 Ensemble des
professions
15- 24 ans 0,8 % 14,1 %
25- 44 ans 49,7 % 45,1 %
45- 64 ans 40,2 % 38,8 %
65 ans et plus 9,3 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 3111 Ensemble des
professions
Plein temps 92,9 % 79,2 %
Temps partiel 7,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
3111 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 41,0 % 53,2 %
Moyen 172 485 45 157
0 à 19 999 $ 2,7 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 16,9 % 52,4 %
50 000 $ et plus 80,4 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
3111 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,1 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 0,4 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 2,4 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 97,1 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 3111 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,8 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,4 % 2,5 %
Capitale-Nationale 15,6 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 2,3 % 5,4 %
Estrie 5,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,2 % 2,9 %
Montérégie 11,4 % 18,7 %
Montréal 42,9 % 24,1 %
Laval 2,4 % 5,0 %
Lanaudière 2,2 % 5,8 %
Laurentides 6,0 % 7,0 %
Outaouais 2,7 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,2 % 1,8 %
Mauricie 1,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 2,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,6 % 1,7 %


3111 Ensemble des
professions
Travail autonome 48,4 % 11,2 %


3111 Ensemble des
professions
Immigration 20,2 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Soins de santé et assistance sociale 98,3 %
- hôpitaux 73,3 %
- cabinets de médecins 22,8 %