Techniciens et mécaniciens d'instruments industriels

2243 - Techniciens/techniciennes et mécaniciens/mécaniciennes d'instruments industriels
Textes de la profession

Nature du travail

Les techniciens et les mécaniciens d'instruments industriels réparent, entretiennent, étalonnent, règlent et posent des instruments industriels de contrôle et de mesure.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Apprenti mécanicien d'instruments industriels;
mécanicien d'équipement de contrôle de processus;
mécanicien d'instruments industriels;
technicien d'instruments industriels;
technicien en instrumentation industrielle.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : novembre 2010)

Au cours des dernières années, le nombre de techniciens et mécaniciens d'instruments industriels a augmenté fortement. Cette forte augmentation s'explique principalement par la croissance du secteur manufacturier et du niveau des investissements dans ce secteur. Étant donné qu'on ne prévoit qu'une faible augmentation de l'emploi et du niveau des investissements dans le secteur manufacturier, le nombre de techniciens et mécaniciens d'instruments industriels devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les membres de cette profession qui prendront leur retraite et par ceux qui accéderont à d'autres professions. Par exemple, la formation et l'expérience de ces techniciens et mécaniciens leur permettent d'accéder à des postes de spécialistes des ventes techniques (voir 6221) et de représentants aux ventes non techniques (voir 6411), et d'obtenir des promotions à des postes de directeurs de la fabrication (voir 0911) et à d'autres postes reliés à la supervision et à la gestion. Avec la scolarité adéquate, ils peuvent également accéder à des postes d'ingénieurs industriels (voir 2141) et d'ingénieurs mécaniciens (voir 2132). Peu de débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés de la formation collégiale (voir la section Formation). Peu de débouchés seront pourvus par des techniciens et mécaniciens en chômage, puisque le taux de chômage est très peu élevé dans cette profession, même si le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a augmenté de façon notable depuis le début de la récession, mais davantage par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession en 2006 montrait qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants (10 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement).

Auparavant excellente, la situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de maintenance industrielle, tout en demeurant acceptable, s'est légèrement détériorée de 2002 à 2006, conséquence du ralentissement du secteur manufacturier et du niveau des investissements dans ce secteur (voir plus loin sur cette page la section Perspectives), selon les données des enquêtes Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Leur situation sur le marché du travail est redevenue aussi bonne qu'auparavant en 2007 et en 2008, en grande partie parce que le nombre de débutants à ce DEC a diminué de plus de 30 % entre 1999-2000 et 2007-2008, puis s'est détériorée à nouveau en 2009 et en 2010 en raison de la récession de 2009. Leur situation sur le marché du travail devrait se redresser au cours des prochaines années.

Industries

Selon les données du recensement, environ 46 % de ces techniciens et mécaniciens travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier. Les autres se répartissaient dans de nombreuses industries, avec une certaine concentration chez Hydro-Québec (12 %), dans le commerce de gros (10 %) et dans les services professionnels, scientifiques et techniques (9 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en bonne partie des tendances qui influencent le secteur manufacturier et du niveau des investissements dans ce secteur.

- Secteur manufacturier

Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois au début des années 1990, le secteur manufacturier a connu une croissance remarquable de 1994 à 2000. Cette croissance s'explique en grande partie par la hausse spectaculaire de la valeur des exportations, surtout vers les États-Unis. La récession aux États-Unis au début des années 2000, la hausse importante de la valeur du dollar canadien en 2003 et l'accentuation de la concurrence des pays à faibles salaires, telle la Chine, ont entraîné un revirement complet de la tendance de la deuxième moitié des années 1990. Entre 2001 et 2008, la valeur réelle (en tenant compte de l'inflation) des livraisons est demeurée stable, pendant que, conséquence des gains en productivité, l'emploi reculait d'environ 15 %. Notons que le maintien de la valeur des livraisons fut le résultat de l'augmentation de la demande intérieure, puisque la valeur des exportations a diminué de 15 % au cours de cette période, tandis que la valeur des livraisons domestiques augmentaient de 12 %. Ainsi, la proportion des exportations sur les livraisons est passée de 48 % en 2001 à 40 % en 2008.

On aurait pu penser que le pire était derrière nous. Toutefois, la récession commencée en décembre 2007 aux États-Unis s'est étendue au Canada au dernier trimestre de 2008 et n'a pris fin qu'au troisième trimestre de 2009. Comme c'est presque toujours le cas, le manufacturier fut un des secteurs industriels les plus touchés par cette récession. Ainsi, la valeur réelle des livraisons et des exportations internationales a diminué de près de 15 % en 2009. Réagissant souvent avec un certain délai, l'emploi a toutefois beaucoup moins reculé. Les nombreux contrats de travail partagés ont sûrement atténué l'impact de la baisse de la valeur réelle des livraisons.

Les effets de la récession devraient perdre beaucoup d'ampleur en 2010 et laisser place à une légère croissance de l'emploi par la suite. Celle-ci demeurera modeste, compte tenu de la vigueur incertaine de la reprise aux États-Unis, de la valeur toujours élevée du dollar canadien et de la concurrence toujours vive des pays à faibles salaires.

La situation sera toutefois bien différente d'une industrie à l'autre. Les industries manufacturières de biens de consommation, comme le vêtement, les textiles, le meuble et les plastiques seront les plus désavantagées. De même, les industries de l'impression et du papier continueront à subir les effets de la faiblesse de la demande de leurs produits. Par contre, les perspectives seront meilleures dans les industries qui reposent sur la demande intérieure, comme celles de la fabrication d'aliments et de la fabrication de produits métalliques, et sur la haute technologie, telles celles de la fabrication de matériel de transport et de matériel, de la fabrication d'appareils et de composants électriques.

- Niveau des investissements dans le secteur manufacturier

En raison du type de tâches accomplis par ces techniciens et technologues (voir la section Nature), la demande varie aussi en fonction de l'évolution du niveau des investissements du secteur manufacturier, surtout en machines et matériel. Si le niveau des investissements en machines et matériel a été particulièrement faible au début des 1990, il a crû très fortement dans sa deuxième moitié.

En raison de la prudence des entreprises face à leurs surinvestissements lors des années précédentes, du ralentissement économique au tournant du siècle et de la forte montée du dollar canadien à compter de 2003, la valeur réelle (après inflation) des investissements dans le secteur manufacturier a diminué de près de 60 % entre 2000 et 2010. Cette baisse fut plus forte du côté de la construction de nouvelles usines (près de 80 %) que du côté des investissements en machines et matériel (entre 50 % et 55 %). Même si elle augmentait quelque peu au cours des prochaines années, la valeur de ces investissements devrait demeurer à un niveau bien inférieur au sommet atteint en 2000. Cette augmentation ne stimulerait donc que légèrement l'emploi dans cette profession.

- Autres tendances

Les changements technologiques influent sur les tâches et sur la demande de techniciens et mécaniciens d'instruments industriels. Les outils de travail comprennent un nombre croissant d'éléments électroniques et informatiques, tels que de nouveaux instruments et systèmes de mesure. Les tâches de ces techniciens et mécaniciens exigent donc de plus en plus de connaissances, entre autres en électronique. Les employeurs ont donc rehaussé leurs exigences pour les travailleurs responsables de l'entretien et de la réparation de ces équipements. Certains préfèrent embaucher des techniciens en génie électrique et électronique (voir 2241) et, dans une moindre mesure, des techniciens et mécaniciens d'instruments industriels (voir 2243) plutôt que des mécaniciens industriels (voir 7311), ce qui favorise quelque peu l'emploi dans cette profession.

Étant donné qu'on ne prévoit qu'une faible augmentation de l'emploi et du niveau des investissements dans le secteur manufacturier, le nombre de techniciens et mécaniciens d'instruments industriels devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient moins de 6 % des postes dans cette profession en 2006, proportion malgré tout en légère hausse depuis 1991 (moins de 2 %). Cette proportion ne devrait pas augmenter au cours des prochaines années, car elles représentaient moins de 5 % des nouveaux diplômés en technologie de maintenance industrielle. Environ 78 % des membres de cette profession travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (53 %). Le travail autonome était en 2006 peu répandu (à peine 4 % des emplois par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut posséder des aptitudes marquées en sciences appliquées. Les candidats doivent démontrer des aptitudes à l'analyse et à la résolution de problèmes et savoir utiliser leurs connaissances concrètement dans l'exercice de leur travail. La capacité de travailler en équipe et de communiquer, l'autonomie, la curiosité, la dextérité, la polyvalence, la rapidité d'exécution et le sens de l'observation sont les principales qualités recherchées. Des aptitudes en gestion représentent un atout, surtout pour obtenir des promotions. Des connaissances et de la facilité en informatique ainsi que le bilinguisme sont souvent essentiels.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, on exige habituellement un diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de l'électronique industrielle ou en technologie de maintenance industrielle. Ces DEC peut aussi mener à d'autres professions. Les autres DEC du secteur Électronique, peuvent également mener à cette profession.

L'appartenance à l'Ordre des technologues professionnels du Québec constitue un atout. Elle permet au membre de l'Ordre d'utiliser le titre de «technologue professionnel» (T.P.) et d'apposer un sceau qui atteste l'authenticité de ses documents.

La participation à des activités de formation continue est essentielle dans cette profession.

Les techniciens et mécaniciens d'instruments industriels qualifiés peuvent obtenir le Sceau Rouge, qui leur permet de travailler en électricité partout au Canada.

Références utiles

Ordre des technologues professionnels du Québec

Considérations importantes

Étant donné qu'on ne prévoit qu'une faible augmentation de l'emploi et du niveau des investissements dans le secteur manufacturier, le nombre de techniciens et mécaniciens d'instruments industriels devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Certains employeurs préfèrent embaucher des techniciens en génie électrique et électronique (voir 2241) et, dans une moindre mesure, des techniciens et mécaniciens d'instruments industriels (voir 2243) plutôt que des mécaniciens industriels (voir 7311), ce qui favorise quelque peu l'emploi dans cette profession.

Historiquement bonne, la situation sur le marché du travail des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de maintenance industrielle s'est quelque peu détériorée entre 2002 et 2006, tout en demeurant acceptable. Compte tenu de la baisse du nombre de débutants dans ce programme, leur situation sur le marché du travail s'est améliorée en 2007 et en 2008, puis s'est détériorée à nouveau en 2009 et en 2010 en raison de la récession de 2009. Leur situation sur le marché du travail devrait se redresser au cours des prochaines années.

2243 - Techniciens/techniciennes et mécaniciens/mécaniciennes d'instruments industriels
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2243 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 1 650 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 70 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,9 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 15 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 35 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 50 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2243 Ensemble des
professions
Hommes 94,1 % 52,7 %
Femmes 5,9 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2243 Ensemble des
professions
15- 24 ans 5,7 % 14,1 %
25- 44 ans 55,7 % 45,1 %
45- 64 ans 38,6 % 38,8 %
65 ans et plus 0,0 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2243 Ensemble des
professions
Plein temps 97,3 % 79,2 %
Temps partiel 2,7 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2243 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 77,6 % 53,2 %
Moyen 62 831 45 157
0 à 19 999 $ 1,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 26,3 % 52,4 %
50 000 $ et plus 72,2 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2243 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 1,1 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 7,4 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 84,3 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 7,1 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2243 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,7 % 2,5 %
Capitale-Nationale 12,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,0 % 5,4 %
Estrie 4,2 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,3 % 2,9 %
Montérégie 17,8 % 18,7 %
Montréal 16,4 % 24,1 %
Laval 5,3 % 5,0 %
Lanaudière 3,6 % 5,8 %
Laurentides 3,3 % 7,0 %
Outaouais 4,2 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 5,0 % 1,8 %
Mauricie 8,9 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 6,1 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,5 % 1,7 %


2243 Ensemble des
professions
Travail autonome 4,2 % 11,2 %


2243 Ensemble des
professions
Immigration 10,5 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Fabrication 45,6 %
- fabrication du papier 18,7 %
- fabrication de produits informatiques et électroniques 5,1 %
- fabrication de produits chimiques 4,0 %
- première transformation de métaux 3,4 %
Production, transport et distribution d'électricité 11,6 %
Commerce de gros 9,9 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 9,3 %
- architecture, génie et services connexes 5,9 %
Construction 4,8 %
Réparation et entretien 4,5 %
Administrations publiques 4,0 %