Estimateurs en construction

Groupe de base 2234

Groupe de compétence : Sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés

Nature du travail

Les estimateurs en construction analysent les coûts et préparent les évaluations des projets de génie civil, d'architecture ou de construction électrique, mécanique ou structurale.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

  • économiste en construction agréé
  • estimateur principal - construction
  • estimateur de coûts de construction
  • évaluateur en chef - construction
  • évaluateur en construction
  • métreur - construction

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : janvier 2014)

Au cours des dernières années, le nombre d'estimateurs en construction a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique principalement par l'évolution du niveau d'activité dans la construction et par l'importance croissante accordée à la planification et au contrôle dans les activités de construction. Étant donné que cette dernière tendance devrait se maintenir et qu'on prévoit une certaine croissance dans la construction, le nombre d'estimateurs en construction devrait continuer à augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les membres de cette profession qui prendront leur retraite ou qui changeront de profession. En effet, l'expérience et la formation dans ce domaine permettent d'occuper des postes de représentant des ventes, de rédacteur technique et de technicien ou technologue en génie civil, en arpentage, en dessin, en évaluation d'immeubles et en contrôle de la qualité, et même d'obtenir des promotions à des postes de gestionnaire, de gérant de chantier, d'entrepreneur en construction, d'inspecteur de chantier et, avec la formation requise, d'ingénieur civil (voir 2131). D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Historiquement, les fonctions des estimateurs en construction (ou techniciens en estimation des coûts de construction) étaient surtout réalisées par des travailleurs de la construction expérimentés et par les entrepreneurs eux-mêmes. Ce fonctionnement existe encore, mais, comme cette phase primordiale dans les activités de construction se complexifie constamment et que de nouveaux logiciels permettent d'améliorer et de systématiser l'évaluation des coûts, la demande d'estimateurs bien formés est en hausse.

En conséquence, les débouchés dans cette spécialité seront accessibles aux diplômés de la formation collégiale, aux estimateurs expérimentés en chômage et à des travailleurs qualifiés dans un des métiers de la construction reliés aux travaux à estimer, tels que la plomberie, la charpenterie ou l'électricité. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession. En effet, quoique légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (9 % par rapport à 12 % en 2006), la proportion d'immigrants montre tout de même que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

Même si les diplômés en technologie du génie civil, en technologie de l'architecture et en technologie de la mécanique du bâtiment peuvent accéder à cette profession, la formation la plus reliée est le diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment. Ce programme attire peu et pas assez de candidats. Il n'est donc pas étonnant de constater que le taux de placement dans un emploi en rapport avec la formation de ces diplômés est plus élevé que celui de l'ensemble des diplômés de la formation technique, et leur taux de chômage plus faible, en fait inexistant pour huit des 12 dernières cohortes de diplômés, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Malgré l'augmentation récente du nombre de débutants à ce programme, la situation sur le marché du travail des diplômés de ce DEC devrait demeurer très bonne au cours des prochaines années.

La situation sur le marché du travail de l'AEC en technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment est relativement bonne. Même si ce programme de formation permet d'accéder à d'autres professions (surtout 1235, estimateurs et évaluateurs, et 2264, inspecteurs en construction), cette profession est celle où travaillaient le plus de diplômés entre 2007 et 2012 (plus de 40 % des diplômés qui travaillent dans un emploi salarié lié à leur formation).

Industries

Selon les données du recensement, environ 67 % des estimateurs en construction travaillaient en 2006 dans l'industrie de la construction. On en retrouvait aussi en nombre significatif dans le secteur manufacturier (13 %) et dans les bureaux d'ingénieurs et d'architectes (5 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement des tendances qui influencent l'industrie de la construction et de l'importance croissante accordée aux activités de planification et de contrôle des coûts.

Industrie de la construction

Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2012 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :

  • des taux d'intérêt peu élevés
  • une croissance importante des investissements privés et publics
  • une création d'emplois soutenue (sauf en 2009, en raison de la récession)
  • quelques baisses de d'impôts
  • l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental.

  • le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).

Ces facteurs ont permis une augmentation d'environ 80 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2012. Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a plus que doublé entre 1998 et 2012 (hausse de plus de 125 %), selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Au cours des prochaines années, la croissance économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter légèrement au cours de notre période de prévision (2013-2017), soit à un rythme moins rapide que lors des 10 dernières années.

Activités de planification et de contrôle

Les estimateurs en construction bénéficieront, comme par les années passées, de l'importance croissante accordée aux activités de planification et de contrôle des coûts, dans un contexte de forte concurrence. D'ailleurs, la demande d'estimateurs de la construction s'est maintenue malgré la décroissance du secteur de la construction dans les années 1990.

En effet, la concurrence et les exigences des donneurs d'ouvrage entraînent une diminution des délais tant pour produire une soumission que pour accorder les contrats aux sous-traitants. Ce travail doit inclure l'ensemble des coûts, tant du côté des matériaux que de la main-d'œuvre, et tenir compte de l'interrelation entre toutes les composantes de la construction : matériaux, main-d'œuvre, équipements et machinerie, méthodes de réalisation, énergie, chauffage, ventilation et climatisation, plomberie, électricité, etc. Même si les fonctions des estimateurs se font surtout à partir des plans et devis préparés par les techniciens, ingénieurs et architectes, on leur demande de plus en plus de travailler en équipe avec eux. Le résultat de leurs travaux peut même influencer ces professionnels dans le choix du design, des méthodes de construction et des matériaux.

Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, le nombre d'estimateurs en construction devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 14 % des postes dans cette profession en 2006. On observe un chômage saisonnier assez important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est en moyenne deux fois plus élevé de janvier à avril que de juin à novembre.

Études et formation

Pour accéder à un poste d'estimateur en construction, on exige habituellement un diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment, en technologie du génie civil, en technologie de l'architecture, ou en technologie de la mécanique du bâtiment. Notons que les diplômés en technologie du génie civil et en architecture peuvent réaliser le programme de technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment de façon accélérée, en moins d'un an.

Quelques cégeps et collèges privés offrent une attestation d'études collégiales (AEC) en estimation en construction.

Une vaste expérience en tant que travailleur qualifié, dans un des métiers de la construction tels que la plomberie, la charpenterie ou l'électricité peut pallier la formation collégiale. Les titres "Économiste en construction agréé" (ECA) et "Estimateur en construction certifié" (ECC) accordés par l'Institut canadien des économistes en construction peuvent représenter un atout. L'Institut offre aussi des cours de perfectionnement.

Références

Considérations importantes

Compte tenu du maintien d'un niveau élevé d'activité dans la construction et de l'importance croissante accordée à la planification et au contrôle dans les activités de construction, le nombre d'estimateurs en construction devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

La situation sur le marché du travail des diplômés du principal programme qui mène à cette profession (diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment) est meilleure que pour la moyenne des diplômés de la formation technique. Ce programme attire peu et pas assez de candidats. Malgré l'augmentation récente du nombre de débutants à ce programme, la situation sur le marché du travail des diplômés de ce DEC devrait demeurer très bonne au cours des prochaines années.

Statistiques 2234 - Estimateurs/estimatrices en construction

Principaux indicateurs du marché du travail

Dans le tableau suivant, les indicateurs de taux de croissance, variation annuelle d'emploi, d'érosion annuelle et des besoins annuels totaux sont des prévisions générées par des économistes de Service Canada, région du Québec. Pour l'emploi la source des données est de Statistique Canada, Enquête sur la population active (EPA). Les volumes des bénéficiaires d'assurance-emploi proviennent des données administratives d'Emploi et Développement social Canada (EDSC). Toutes ces données sont arrondies.

  Groupe de base 2234 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2010-2012 5 050 3 951 050
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2012 100 87 600
Taux de croissance annuel de 2013 à 2017 1,2 % 0,8 %
Variation annuelle d'emploi de 2013 à 20 60 33 400
Érosion annuelle de 2013 à 2017 150 73 500
Besoins annuels totaux de 2013 à 2017 210 106 900

Répartition de l'emploi

Les données des tableaux de répartition d'emploi qui suivent proviennent de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

  Groupe de base 2234 Ensemble des professions
Emploi selon le sexe
Hommes 84,0 % 51,9 %
Femmes 16,0 % 48,1 %
Emploi selon le groupe d'âge
15 - 24 ans 7,4 % 13,3 %
25 - 44 ans 45,5 % 42,7 %
45 - 64 ans 41,1 % 41,1 %
65 ans et plus 6,0 % 2,8 %
Emploi selon le statut
Plein temps 93,3 % 81,2 %
Temps partiel 6,7 % 18,8 %
Emploi selon le revenu annuel
À temps plein et à l'année 60,6 % 54,8 %
Revenu annuel moyen 55 300 $ 50 300 $
0 $ à 19 999 $ 6,9 % 13,3 %
20 000 $ à 49 999 $ 41,7 % 48,0 %
50 000 $ et plus 51,4 % 38,8 %
Emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint
Moins d'un DES 4,2 % 12,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 15,9 % 20,3 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 65,0 % 44,2 %
Baccalauréat et plus 14,9 % 23,4 %
Autres répartitions d'emploi
Travail autonome 9,4 % 10,7 %
Immigration 12,4 % 13,7 %
Emploi selon la région
RégionGroupe de base 2234 Ensemble des professions
Abitibi-Témiscamingue 0,6 % 1,8 %
Bas-Saint-Laurent 2,1 % 2,3 %
Capitale-Nationale 11,4 % 9,4 %
Centre-du-Québec 4,4 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 7,8 % 5,5 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec 0,5 % 1,6 %
Estrie 3,6 % 3,8 %
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,4 % 0,9 %
Lanaudière 10,2 % 6,1 %
Laurentides 8,5 % 7,3 %
Laval 6,9 % 5,2 %
Mauricie 2,6 % 3,0 %
Montérégie 16,9 % 19,2 %
Montréal 14,0 % 22,9 %
Outaouais 5,3 % 4,9 %
Saguenay-Lac-Saint-Jean 5,0 % 3,3 %

Principaux secteurs d'emploi

Les données du tableau suivant ont été préparées par des économistes de Service Canada, région du Québec. La source des données est de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

SecteurGroupe de base 2234
Construction 71,2 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 8,8 %
- architecture, génie et services connexes 6,0 %
Fabrication 8,5 %
Commerce 6,0 %