Technologues et techniciens - génie industriel et génie de fabrication
2233 - Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel et en génie de fabrication
Textes de la profession
Nature du travail
Les technologues et les techniciens en génie industriel et en génie de fabrication peuvent travailler indépendamment ou offrir de l'aide et des services techniques pour l'élaboration des méthodes, des installations et des systèmes de production et contribuer à la planification, à l'évaluation, à la mesure et à l'organisation du travail.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Analyste de l'étude des temps;
programmeur CFAO (conception et fabrication assistées par ordinateur);
technicien en fabrication;
technicien en fabrication de plastiques;
technicien en génie industriel;
technicien en ordonnancement - fabrication;
technicien en planification;
technologue des textiles;
technologue en assurance de la qualité;
technologue en fabrication;
technologue en génie industriel;
technologue en prévention des sinistres;
technologue en transformation des pâtes et papiers.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : novembre 2010)
Au cours des dernières années, le nombre de technologues et techniciens en génie industriel et en génie de fabrication a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique principalement par la croissance du secteur manufacturier et du niveau des investissements dans ce secteur, et par l'importance grandissante accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières. Même si on prévoit que l'emploi dans le secteur manufacturier n'augmentera que légèrement, le nombre de technologues et techniciens en génie industriel et en génie de fabrication devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les membres de cette profession qui prendront leur retraite ou qui changeront de profession. Par exemple, la formation et l'expérience de ces technologues et techniciens leur permettent d'accéder à des postes de spécialistes des ventes techniques (voir 6221) et de représentants aux ventes non techniques (voir 6411), et d'obtenir des promotions à des postes de directeurs de la fabrication (voir 0911) et à d'autres postes reliés à la gestion. Avec la scolarité adéquate, ils peuvent également accéder à des postes d'ingénieurs d'industrie et de fabrication (voir 2141). D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés de la formation collégiale (voir la section Formation). Peu de débouchés seront pourvus par des techniciens et technologues en chômage, puisque le taux de chômage est relativement bas dans cette profession, même si le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a augmenté assez fortement depuis le début de la récession de 2009. Historiquement, un certain nombre de ces postes étaient pourvus par des ouvriers expérimentés, mais, en raison de la complexification des tâches et des procédés de production, ce phénomène est de plus en plus rare. Reflet de l'importance croissante de posséder une formation postsecondaire pour accéder à cette profession, près de 80 % de ces technologues et techniciens étaient titulaires d'un diplôme postsecondaire en 2006, proportion nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (64 %) et en forte hausse depuis 1991 (67 %). Une telle hausse signifie que la très grande majorité des personnes qui ont accédé à cette profession entre 1991 et 2006 étaient titulaires d'un diplôme d'études postsecondaires. Mentionnons finalement que d'autres débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants qu'on y trouvait en 2006 (15 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement) montre qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants.
Sauf en 2009 et, dans une moindre mesure, en 2010, en raison de la récession de 2009, la situation sur le marché du travail des diplômés des programmes collégiaux qui mènent à cette profession est habituellement bonne, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Il faut toutefois noter qu'une bonne proportion des diplômés obtient des emplois dans d'autres professions (par exemple, contremaîtres) ou poursuit ses études à l'université, souvent en génie.
Par ailleurs, le nombre de débutants dans la plupart de ces programmes a diminué fortement au cours des récentes années. On peut donc s'attendre à ce que le nombre de diplômés suffise à peine à satisfaire à la demande de main-d'œuvre dans cette profession au cours des prochaines années. Par contre, la situation sur le marché du travail de ces diplômés devrait s'améliorer en raison de leur rareté.
Certaines attestations d'études collégiales (AEC) peuvent également permettre d'accéder à cette profession. La situation sur le marché du travail de l'AEC qui est le plus directement liée à cette profession, soit celle en technologie du génie industriel, est relativement bonne. Par contre, seulement 30 % des diplômés de ce programme se sont joints à la présente profession entre 2007 et 2009.
Industries
Selon les données du recensement, environ 69 % de ces techniciens et technologues travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier. Les autres se répartissaient dans de nombreuses industries, avec une certaine concentration dans les services professionnels, scientifiques et techniques (10 %). Mais, quelle que soit l'industrie dans laquelle ils travaillent, leurs fonctions sont directement reliées à la production manufacturière.
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent le secteur manufacturier, du niveau des investissements dans ce secteur et de l'importance accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières.
- Secteur manufacturier
Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois au début des années 1990, le secteur manufacturier a connu une croissance remarquable de 1994 à 2000. Cette croissance s'explique en grande partie par la hausse spectaculaire de la valeur des exportations, surtout vers les États-Unis. La récession aux États-Unis au début des années 2000, la hausse importante de la valeur du dollar canadien en 2003 et l'accentuation de la concurrence des pays à faibles salaires, telle la Chine, ont entraîné un revirement complet de la tendance de la deuxième moitié des années 1990. Entre 2001 et 2008, la valeur réelle (en tenant compte de l'inflation) des livraisons est demeurée stable, pendant que, conséquence des gains en productivité, l'emploi reculait d'environ 15 %. Notons que le maintien de la valeur des livraisons fut le résultat de l'augmentation de la demande intérieure, puisque la valeur des exportations a diminué de 15 % au cours de cette période, tandis que la valeur des livraisons domestiques augmentaient de 12 %. Ainsi, la proportion des exportations sur les livraisons est passée de 48 % en 2001 à 40 % en 2008.
On aurait pu penser que le pire était derrière nous. Toutefois, la récession commencée en décembre 2007 aux États-Unis s'est étendue au Canada au dernier trimestre de 2008 et n'a pris fin qu'au troisième trimestre de 2009. Comme c'est presque toujours le cas, le manufacturier fut un des secteurs industriels les plus touchés par cette récession. Ainsi, la valeur réelle des livraisons et des exportations internationales a diminué de près de 15 % en 2009. Réagissant souvent avec un certain délai, l'emploi a toutefois beaucoup moins reculé. Les nombreux contrats de travail partagés ont sûrement atténué l'impact de la baisse de la valeur réelle des livraisons.
Les effets de la récession devraient perdre beaucoup d'ampleur en 2010 et laisser place à une légère croissance de l'emploi par la suite. Celle-ci demeurera modeste, compte tenu de la vigueur incertaine de la reprise aux États-Unis, de la valeur toujours élevée du dollar canadien et de la concurrence toujours vive des pays à faibles salaires.
La situation sera toutefois bien différente d'une industrie à l'autre. Les industries manufacturières de biens de consommation, comme le vêtement, les textiles, le meuble et les plastiques seront les plus désavantagées. De même, les industries de l'impression et du papier continueront à subir les effets de la faiblesse de la demande de leurs produits. Par contre, les perspectives seront meilleures dans les industries qui reposent sur la demande intérieure, comme celles de la fabrication d'aliments et de la fabrication de produits métalliques, et sur la haute technologie, telles celles de la fabrication de matériel de transport et de matériel, de la fabrication d'appareils et de composants électriques.
- Niveau des investissements dans le secteur manufacturier
S'il est évident que la demande de techniciens et technologues en génie industriel et en génie de fabrication dépend beaucoup du niveau d'activités dans le secteur manufacturier, elle est aussi reliée à l'évolution du niveau des investissements du secteur manufacturier. En effet, lors de l'implantation d'une nouvelle usine ou d'une nouvelle machinerie dans une usine existante, tout est à faire. Déjà avant l'achat proprement dit, ces techniciens et technologues, souvent sous la supervision d'ingénieurs, doivent évaluer les options, planifier les méthodes de production, prévoir l'utilisation optimale des ressources humaines, de la machinerie et des matériaux qui seront utilisés. Après l'achat, il faut analyser l'efficacité des solutions retenues et apporter des ajustements pour atteindre le meilleur niveau possible de productivité, par exemple par des études de temps et mouvements. Si ce niveau d'investissement a été particulièrement faible au début de la décennie 1990, il a crû très fortement dans la deuxième moitié de cette décennie.
En raison de la prudence des entreprises face à leurs surinvestissements lors des années précédentes, du ralentissement économique au tournant du siècle et de la forte montée du dollar canadien à compter de 2003, la valeur réelle (après inflation) des investissements dans le secteur manufacturier a diminué de près de 60 % entre 2000 et 2010. Cette baisse fut plus forte du côté de la construction de nouvelles usines (près de 80 %) que du côté des investissements en machines et matériel (entre 50 % et 55 %). Même si elle augmentait quelque peu au cours des prochaines années, la valeur de ces investissements devrait demeurer à un niveau bien inférieur au sommet atteint en 2000. Cette augmentation ne stimulerait donc que légèrement l'emploi dans cette profession.
- Importance accordée à la productivité
Puisque ces techniciens et technologues travaillent à l'élaboration des méthodes de production, la demande dans cette profession dépend aussi de l'importance accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières. A cet égard, ces dirigeants accordent de plus en plus d'importance à la gestion de la qualité, à la logistique de la production et de la livraison, et à l'utilisation et à l'application de l'informatique dans la production manufacturière comme facteurs de croissance de la productivité. Ainsi, l'implantation des normes ISO et Qualimètre et des programmes d'amélioration continue représente une activité souvent essentielle pour conserver ou accroître ses parts des marchés local et international. La gestion du «juste-à-temps» (diminution des coûts reliés au maintien des stocks, en commandant plus souvent et en plus petite quantité les matières premières, et en livrant plus souvent et en plus petite quantité les produits finis) constitue un outil de plus en plus utilisé pour faire croître la productivité. L'importance accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières favorise aussi l'emploi de ces technologues et techniciens. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.
Même si on prévoit que l'emploi dans le secteur manufacturier n'augmentera que légèrement, la croissance du niveau des investissements dans ce secteur, et l'importance grandissante accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières devrait mener à une augmentation notable du nombre de technologues et techniciens en génie industriel et en génie de fabrication au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 24 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse depuis 1991 (16 %). Environ 66 % des technologues et techniciens en génie industriel et en génie de fabrication travaillaient à temps plein et à l'année en 2000, proportion beaucoup plus élevée que pour la moyenne des professions (53 %). Le travail autonome était en 2006 peu répandu (à peine 4 % des emplois par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).
Exigences
Pour accéder à cette profession, il faut avoir l'esprit logique et méthodique. Les candidats doivent être à l'affût des innovations technologiques, démontrer des aptitudes à la synthèse, à l'analyse et à la résolution de problèmes et savoir utiliser leurs connaissances concrètement dans l'exercice de leur travail. Ils doivent savoir planifier, organiser, superviser et évaluer le travail. La capacité de travailler en équipe et de communiquer, l'autonomie, la curiosité et l'efficacité sont des qualités recherchées. Des connaissances et de la facilité en informatique ainsi que le bilinguisme sont souvent essentiels. Des aptitudes en gestion représentent un atout, surtout pour obtenir des promotions.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, on exige habituellement un diplôme d'études collégiales (DEC) en :
- technologie de génie industriel;
- techniques de transformation des matières plastiques;
- technologie des matières textiles;
- technologie de la transformation des produits forestiers;
- technologie de la production pharmaceutique.
Il faut noter que ces DEC peuvent aussi mener à d'autres professions, contremaîtres, par exemple. Certaines attestations d'études collégiales (AEC), en général appliquées à des industries spécifiques, peuvent également permettre d'accéder à cette profession.
L'appartenance à l'Ordre des technologues professionnels du Québec constitue un atout. Elle permet au membre de l'Ordre d'utiliser le titre de «technologue professionnel» (T.P.) et d'apposer un sceau qui atteste l'authenticité de ses documents.
La participation à des activités de formation continue est essentielle dans cette profession.
Références utiles
Ordre des technologues professionnels du Québec
Pour plus d'information sur les statistiques des programmes de formation, consultez le site Internet des enquêtes Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Considérations importantes
Même si on prévoit que l'emploi dans le secteur manufacturier n'augmentera que légèrement, la croissance du niveau des investissements dans ce secteur, et l'importance grandissante accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières devrait mener à une augmentation notable du nombre de technologues et techniciens en génie industriel et en génie de fabrication au cours des prochaines années.
Sauf en 2009 et, dans une moindre mesure, en 2010, en raison de la récession de 2009, la situation sur le marché du travail des diplômés des programmes collégiaux qui mènent à cette profession est habituellement bonne. Comme le nombre de débutants dans la plupart de ces programmes a diminué fortement au cours des récentes années, cette situation devrait s'améliorer au cours des prochaines années en raison de leur rareté.
2233 - Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel et en génie de fabrication
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 4 500 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 200 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,7 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 80 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 100 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 180 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 76,1 % | 52,7 % |
| Femmes | 23,9 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 11,4 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 56,8 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 31,5 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,2 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 93,5 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 6,5 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 66,1 % | 53,2 % |
| Moyen | 47 872 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 5,9 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 56,0 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 38,0 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 5,8 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 15,4 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 63,2 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 15,6 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2233 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,2 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,6 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 6,8 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 9,2 % | 5,4 % |
| Estrie | 6,9 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 4,4 % | 2,9 % |
| Montérégie | 21,9 % | 18,7 % |
| Montréal | 21,2 % | 24,1 % |
| Laval | 4,8 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 5,4 % | 5,8 % |
| Laurentides | 7,4 % | 7,0 % |
| Outaouais | 1,8 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,9 % | 1,8 % |
| Mauricie | 3,1 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 2,9 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,5 % | 1,7 % |
| 2233 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 3,6 % | 11,2 % |
| 2233 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 15,4 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Fabrication | 68,6 % |
| - fabrication de matériel de transport | 12,0 % |
| - fabrication de produits en caoutchouc et en plastique | 7,6 % |
| - fabrication de produits métalliques | 6,0 % |
| - fabrication de machines | 5,4 % |
| - première transformation des métaux | 4,2 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 9,9 % |
| - architecture, génie et services connexes | 4,6 % |
| Commerce de gros | 5,1 % |
| Construction | 4,6 % |