Technologues et techniciens en génie civil
2231 - Technologues et techniciens/techniciennes en génie civil
Textes de la profession
Nature du travail
Les technologues et les techniciens en génie civil assurent un soutien et des services techniques aux scientifiques, aux ingénieurs et autres professionnels dans les domaines du génie des structures, du génie municipal, de la conception et de la supervision de travaux de construction, du génie routier, du génie des transports, du génie hydro-économique, du génie géotechnique et de la protection de l'environnement.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP
Exemples de titres professionnels
Adjoint en génie municipal;
inspecteur de structures;
rédacteur de devis de construction;
technicien de routes;
technicien en conception de ponts;
technicien en génie civil;
technicien en matériaux de construction;
technologue des sols - génie civil;
technologue en conception de structures;
technologue en construction;
technologue en fondations;
technologue en génie civil.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : novembre 2010)
Malgré la forte baisse de l'emploi dans le secteur de la construction lors de la récession du début des années 1990 et des années qui l'ont suivie, le nombre de technologues et techniciens en génie civil est demeuré assez stable à l'époque avant d'augmenter de façon notable par la suite. Ces mouvements s'expliquent principalement par l'évolution du niveau d'activité dans la construction et par l'importance croissante accordée à la planification et au contrôle dans les activités de construction. Compte tenu du maintien de ces tendances, leur nombre devrait continuer à augmenter de façon notable après la récession actuelle.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les membres de cette profession qui prendront leur retraite ou qui changeront de profession. En effet, l'expérience et la formation dans ce domaine permettent d'occuper des postes de représentant des ventes, de rédacteur technique et de technicien ou technologue en arpentage, en dessin, en évaluation d'immeubles et en contrôle de la qualité, et même d'obtenir des promotions à des postes de gestionnaire, de gérant de chantier, d'entrepreneur en construction, d'inspecteur de chantier et, avec la formation requise, d'ingénieur civil (voir 2131). D'autres débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Les débouchés dans cette profession seront accessibles en premier lieu aux titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie du génie civil et, dans une moindre mesure, aux diplômés de l'attestation d'études collégiales (AEC) en technologie du génie civil et aux technologues et techniciens expérimentés en chômage. Le chômage peut à première vue sembler élevé dans cette profession, mais il est en fait concentré en hiver, au moment où la demande est très faible. Au cours des mois d'été, période où la demande est la plus forte sur le marché du travail, le taux de chômage est au contraire très faible, ne pouvant fournir qu'un nombre peu élevé de candidats aux postes à pourvoir, même si le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a augmenté nettement depuis le début de la récession de 2009. Peu de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 relativement faible, selon les données du recensement (7 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions).
Le nombre de diplômés du DEC en technologie du génie civil semble à peine suffisant pour satisfaire à la demande. En effet, même si l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport se tient au moins de mars, mois au cours duquel le nombre de bénéficiaires est, selon les années, de cinq à six fois plus élevé que durant l'été et l'automne, leur taux de chômage et leur taux de placement dans des emplois en rapport avec la formation sont meilleurs que pour la moyenne des diplômés de la formation technique, selon les données de l'enquête Relance. Notons que cette profession n'accueille en moyenne que les deux tiers des diplômés, les autres se joignant à d'autres professions, surtout du secteur de la construction : estimateurs, techniciens en arpentage, techniciens en dessin, etc. En outre, un plus du tiers de ces diplômés poursuivent leurs études (environ de 35 % en 2009 et 46 % en 2010), surtout à l'université, sûrement en génie civil, de la construction et du transport. Il semble que la forte saisonnalité dans cette profession les pousse à poursuivre leurs études pour pouvoir accéder à des emplois plus stables et mieux rémunérés.
La bonne performance de ces diplômés et la croissance de l'emploi dans la construction depuis quelques années ont permis de faire plus que doubler le nombre de débutants du DEC en technologie du génie civil entre 1999-2000 et 2007-2008, ce nombre passant d'environ 300 à 670. Compte tenu de nos prévisions de croissance et de la forte augmentation du nombre de débutants à ce programme, on peut s'attendre à ce que la situation sur le marché du travail de ces diplômés demeure bonne au cours des prochaines années.
La situation sur le marché du travail des diplômés de l'AEC en technologie du génie civil, qui sont environ deux fois moins nombreux que ceux du DEC correspondant, est beaucoup moins bonne que celle des diplômés de ce DEC.
Industries
Selon les données du recensement, les technologues et techniciens en génie civil travaillaient en 2006 dans de nombreuses industries, mais leurs tâches étaient directement reliées aux activités de la construction. On en retrouvait en premier lieu dans les bureaux d'ingénieurs et d'architectes (40 % et dans l'administration publique (23 %), mais aussi en nombre significatif dans l'industrie de la construction (13 %), à Hydro-Québec (9 %) et dans le secteur manufacturier (4 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement des tendances qui influencent l'industrie de la construction et de l'importance croissante accordée aux activités de planification et de contrôle des coûts.
- Industrie de la construction
Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :
- des taux d'intérêt peu élevés;
- une croissance importante des investissements privés et publics;
- une création d'emplois soutenue;
- quelques baisses de taxes et d'impôts;
- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;
- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).
Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.
Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).
Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009.
- Activités de planification et de contrôle
Les technologues et techniciens en génie civil bénéficieront, comme par les années passées, de l'importance croissante accordée aux activités de planification et de contrôle des coûts, dans un contexte de forte concurrence. D'ailleurs, la demande de technologues et techniciens en génie civil s'est maintenue malgré la décroissance du secteur de la construction dans les années quatre-vingt-dix. Leurs interventions touchent principalement la qualité, les essais et le recyclage des matériaux, la réutilisation des produits, la recherche des meilleurs produits et services au meilleur coût, la surveillance des chantiers et le contrôle des travaux.
Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, le nombre de technologues et techniciens en génie civil devrait augmenter de façon notable après la récession actuelle.
- Autres tendances
La multiplication et le perfectionnement des programmes informatiques touchant de nombreuses tâches permettent d'augmenter le rendement des technologues et techniciens en génie civil. La conception, la gestion de projets, l'analyse des risques, l'optimisation de systèmes, le contrôle de la production, entre autres, peuvent être exécutés avec plus de fiabilité et de rapidité.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 12 % des postes dans cette profession en 2006. Cette proportion devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent depuis quelques années près de 20 % des nouveaux diplômés du programme qui forme le plus de candidats à cette profession, soit le DEC en technologie du génie civil. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (51 789 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 58 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 27 970 $ en 2005. Le travail autonome n'était pas courant (à peine 2 % par rapport à 11 % pour l'ensemble des professions), puisque la plupart des membres de cette profession doivent travailler sous la supervision d'un ingénieur. On observe un chômage saisonnier très important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est en moyenne cinq fois plus élevé de janvier à avril que de juin à novembre.
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent de bonnes aptitudes en mathématiques et en sciences, de la facilité à communiquer et à travailler en équipe, des compétences en négociation, un esprit méthodique et le sens de l'organisation. Ils doivent connaître les normes environnementales, pour les travaux d'assainissement des eaux ou de décontamination des sols, et maîtriser les nouvelles technologies, dont l'utilisation poussée de l'ordinateur et de certains logiciels, par exemple, de dessin assisté par ordinateur. La capacité à analyser et à résoudre des problèmes, la minutie, la créativité et la débrouillardise sont les autres qualités les plus recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé. Des capacités en gestion et en supervision sont parfois exigées et sont essentielles pour obtenir des promotions.
L'évolution constante des technologies, des matériaux et des méthodes de travail rendent essentielle la mise à jour des connaissances.
Études et formation
Pour accéder à un poste de technicien ou technologue en génie civil, on exige habituellement un diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie du génie civil. L'attestation d'études collégiales (AEC) en technologie du génie civil peut dans certain cas être suffisant. L'appartenance à l'Ordre des technologues professionnels du Québec constitue un atout. Elle permet au membre de l'Ordre d'utiliser le titre «technologue professionnel» (T.P.) et d'apposer un sceau qui atteste l'authenticité de ses documents.
Le DEC en techniques d'aménagement et d'urbanisme est un atout pour accéder à des postes de techniciens en aménagement urbain.
Références utiles
Ordre des technologues professionnels du Québec
Commission de la construction du Québec
Considérations importantes
Compte tenu du maintien d'un niveau élevé d'activité dans la construction et de l'importance croissante accordée à la planification et au contrôle dans les activités de construction, le nombre de technologues et techniciens en génie civil devrait augmenter de façon notable après la récession actuelle.
La situation sur le marché du travail des diplômés du principal programme qui mène à cette profession, soit le diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie du génie civil, est habituellement meilleure que pour la moyenne des diplômés de la formation technique. Compte tenu de nos prévisions de croissance et de la forte augmentation du nombre de débutants à ce programme, on peut s'attendre à ce que la situation sur le marché du travail de ces diplômés demeure bonne au cours des prochaines années.
2231 - Technologues et techniciens/techniciennes en génie civil
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2231 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 6 550 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 400 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,9 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 150 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 250 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 400 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2231 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 88,3 % | 52,7 % |
| Femmes | 11,7 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2231 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 13,4 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 46,5 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 39,1 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,0 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2231 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 93,9 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 6,1 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2231 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 57,9 % | 53,2 % |
| Moyen | 51 789 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 2,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 49,2 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 48,8 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2231 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 1,4 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 10,1 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 79,9 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 8,7 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2231 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,5 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 3,7 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 18,6 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,5 % | 5,4 % |
| Estrie | 3,3 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,4 % | 2,9 % |
| Montérégie | 14,9 % | 18,7 % |
| Montréal | 14,0 % | 24,1 % |
| Laval | 4,6 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 5,2 % | 5,8 % |
| Laurentides | 5,7 % | 7,0 % |
| Outaouais | 5,0 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 2,6 % | 1,8 % |
| Mauricie | 5,7 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 5,8 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 2,5 % | 1,7 % |
| 2231 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 2,1 % | 11,2 % |
| 2231 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 6,9 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Architecture, génie et services connexes | 39,6 % |
| Administration publique | 22,9 % |
| - locale | 12,6 % |
| - provinciale | 8,4 % |
| Construction | 12,9 % |
| - travaux de génie civil | 6,3 % |
| Production, transport et distribution d'électricité | 8,6 % |
| Fabrication | 3,9 % |