Technologues et techniciens en sciences forestières
2223 - Technologues et techniciens/techniciennes en sciences forestières
Textes de la profession
Nature du travail
Les technologues et les techniciens en sciences forestières peuvent travailler indépendamment ou exécuter des tâches techniques et de supervision reliées à la recherche forestière, à la gestion ainsi qu'à l'exploitation des forêts et à la conservation, à la protection des ressources forestières et de l'environnement.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Agent de mise en application - foresterie;
agent de suppression des incendies de;
forêt - foresterie;
conseiller en inventaire forestier;
coordonnateur du cubage - exploitation forestière;
garde forestier spécialiste en vulgarisation;
technicien sur le terrain - foresterie;
technicien en conservation - foresterie;
technicien en foresterie;
technicien en incendies de forêt;
technicien en inventaire forestier;
technicien en mesurage du bois - exploitation forestière;
technicien en ressources forestières;
technicien en sciences forestières;
technicien en sylviculture;
technologue en foresterie.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont limitées.
(Mise à jour : novembre 2010)
Au cours des dernières années, le nombre de technologues et techniciens en sciences forestières a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique principalement par la croissance de l'industrie de la forêt et par l'importance accrue accordée à la gestion durable des forêts et à la planification des coupes et de l'aménagement forestier. Compte tenu de l'éloignement des sources d'approvisionnement, des pressions du public sur les questions environnementales et des perspectives mitigées dans le secteur de la forêt, leur nombre ne devrait augmenter que légèrement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront surtout des postes qui seront libérés par les technologues et techniciens qui prendront leur retraite et par ceux qui obtiendront des promotions à des postes de supervision et de gestion, en passant parfois par des postes liés aux conseils techniques, à la vente et au marketing (voir par exemple : 6221 spécialistes des ventes techniques, vente en gros). Avec la formation nécessaire, l'expérience dans cette profession représente un atout pour accéder à des postes d'ingénieurs forestiers (voir 2122). Par contre, peu de débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie forestière et aux technologues et techniciens en chômage. Pour certains postes moins spécialisés, se rajoutent à ce bassin de candidats les titulaires du diplôme d'études professionnelles (DEP) en aménagement de la forêt. Très peu de débouchés devraient être pourvus par des immigrants. En effet, la proportion d'immigrants est très faible et beaucoup moins élevée que dans l'ensemble des professions (2 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement)
Selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, le taux de placement des diplômés du DEC en technologie forestière et du DEP en aménagement de la forêt est nettement inférieur à la moyenne, et leur taux de chômage beaucoup plus élevé. Toutefois, en raison de la forte saisonnalité de l'emploi dans cette profession, ces résultats sont peu significatifs, puisque ces enquêtes sont tenues en mars, un des mois où le chômage saisonnier est à son maximum. Il est donc difficile de déterminer si le nombre de finissants est suffisant ou non pour répondre aux besoins dans cette profession.
Notons que le nombre de débutants du DEC en technologie forestière a diminué d'environ 80 % entre 1998-1999 et 2007-2008, passant de plus de 400 à 90. Même si la baisse est moins abrupte, le nombre de débutants du DEP en aménagement de la forêt a quand même diminué de 60 % entre 2002-2003 et 2007-2008. Si cette tendance se maintient, la situation sur le marché du travail de ces diplômés devrait s'améliorer en raison de leur rareté.
Industries
Selon les données du recensement, les technologues et techniciens en sciences forestières travaillaient en 2006 dans plusieurs industries différentes, mais leurs tâches sont toujours orientées vers le secteur le secteur de la forêt. Environ 49 % d'entre eux travaillaient dans les industries de la foresterie et du soutien à la foresterie. On en retrouvait aussi en nombre significatif dans l'administration publique (26 %), surtout provinciale (23 %), dans les services professionnels, scientifiques et techniques (6 %), dans la fabrication de produits en bois (6 %) et chez Hydro-Québec (4 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent le secteur de la forêt, mais aussi de tendances organisationnelles.
- Secteur de la forêt
L'évolution de l'emploi dans cette industrie dépend en premier lieu de la demande de matière ligneuse (arbres) et de la disponibilité des sources d'approvisionnement.
- Demande de matière ligneuse
La demande de matière ligneuse provient principalement des industries de la fabrication de produits en bois et de la fabrication du papier. L'industrie de la fabrication du papier a perdu beaucoup de terrain au cours des dernières années, tant face à la concurrence internationale qu'en raison de la baisse de demande de papier journal, surtout aux États-Unis. D'autre part, la demande de papier a au contraire augmenté de façon notable au cours de la même période. Une autre tendance plus récente est la hausse de la demande de papier dans les pays émergents, surtout en Chine et en Inde. Même s'il est un peu tôt pour conclure sur la durabilité et l'ampleur de cette hausse, le fait que la consommation de papier dans ces pays est encore beaucoup plus basse que dans les pays industrialisés permet d'y voir un nouveau débouché prometteur. Compte tenu de l'incertitude dans l'évolution de ces tendances, on s'attend à ce que la demande de matières ligneuses provenant de cette industrie ne diminue que légèrement au cours des prochaines années, soit à un rythme beaucoup moins rapide que par les années passées.
L'industrie de la fabrication de produits en bois a bénéficié fortement de la croissance des exportations aux États-Unis au cours des années 1990 et a pu maintenir et même augmenter sa production jusqu'en 2004 en raison de la vigueur de la construction résidentielle au Québec. Entre 2004 et 2009, la valeur réelle (après inflation) des exportations s'est effondrée (baisse de 70 %), tandis que celle des ventes domestiques a diminué de 30 %, pour une baisse combinée de la valeur de toutes les livraisons de 50 %. Compte tenu de ce niveau de production très faible en termes historiques et de la reprise économique attendue au Québec et aux États-Unis, la valeur des livraisons devrait repartir en faible hausse au cours des prochaines années.
Comme les effets de la diminution de la demande de matières ligneuses par l'industrie de la fabrication du papier devrait atténuer ceux de la hausse de la demande dans l'industrie de la fabrication de produits en bois, on s'attend à ce que cette demande n'avantage que légèrement la production et l'emploi dans le secteur de la forêt au cours des prochaines années.
- Disponibilité des sources d'approvisionnement
Les sources d'approvisionnement sont de plus en plus éloignées des usines de transformation. Malgré cela, les activités de récolte se sont maintenues à un niveau historiquement élevé jusqu'en 2004-2005, selon les données du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Face à cette apparente contradiction et aux pressions du public et des groupes environnementaux pour préserver les forêts et dénoncer le niveau trop élevé de la récolte par rapport aux possibilités de régénération des forêts, le gouvernement a mandaté la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique pour étudier cette situation. Le rapport de la commission, communément appelé rapport Coulombe, a été déposé en décembre 2004 et a recommandé une diminution de la récolte de 10 % dans les forêts et même une réduction de 20 % des allocations de bois résineux aux exploitants de la forêt boréale.
À la fin de 2006, le forestier en chef, fonction créée à la suite des recommandations du rapport Coulombe, a rendu publics les résultats de ses premiers calculs de la possibilité forestière. Ses données indiquent une baisse de 22 % de la possibilité forestière pour les années 2008 à 2013 par rapport à celle établie pour la période 2000-2008, soit une baisse un peu plus élevée que ne l'évaluait le rapport Coulombe. Le niveau de cette baisse varie toutefois énormément d'une région à l'autre.
En fait, la diminution de la demande de matières ligneuses a entraîné une baisse encore plus forte de la récolte que ce que recommandait le forestier en chef. En effet, le volume de récolte a diminué de plus de 45 % entre son niveau de 2004-2005 et celui de 2008-2009. Compte tenu de ce niveau de récolte très bas en termes historiques, il sera possible de satisfaire la légère hausse de la demande de matières ligneuses.
- Conclusion sur le secteur de la forêt
Compte tenu de la légère hausse de la demande de matières ligneuses, le nombre d'emplois dans l'industrie de la forêt devait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
- Tendances organisationnelles
L'éloignement des sources d'approvisionnement, le resserrement de la réglementation et les nouvelles évaluations de la possibilité forestière incitent l'industrie et les instances gouvernementales à adopter des approches plus globales de la gestion de la forêt, davantage axées sur l'intégration des aspects économiques, écologiques et publics de son développement et de son utilisation. La gestion durable des forêts, la planification des coupes et l'aménagement forestier deviennent donc des activités de plus en plus importantes. L'industrie doit en conséquence développer encore plus ses activités d'inventaire, d'établissement et d'entretien des voies d'accès, d'analyse des essences d'arbres (pousse, rendement et utilisation), de recherche en sylviculture, d'aménagement des sites, de techniques de reboisement et d'ensemencement dans les pépinières, de récupération de la biomasse et même de prévention et de lutte contre les incendies. Les pressions du public et des groupes environnementaux pour préserver certaines forêts et pour favoriser la cueillette sélective et le reboisement, accentuent encore l'importance accordée à ces éléments.
Comme les membres de cette profession sont directement sollicités par le développement de ces activités, ils sont moins touchés par la baisse de l'emploi dans cette industrie que les membres des professions axées sur la récolte (voir entre autres 8241, conducteurs de machines d'abattage et 8421, conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage). Puisqu'on prévoit une certaine augmentation de l'emploi dans la foresterie au cours des prochaines années, les membres des professions axées sur la récolte seront moins désavantagées que par le passé. Ainsi, l'emploi dans cette profession ne devrait augmenter qu'un peu plus rapidement que l'emploi dans les professions axées sur la récolte au cours des prochaines années.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de technologues et techniciens en sciences forestières augmentera légèrement au cours des prochaines années.
- Autres tendances
Le développement des activités de gestion durable des forêts, de planification des coupes et d'aménagement forestier font bien sûr appel à de nouvelles technologies, qui obligent les technologues et techniciens à se recycler de façon continue sur les biotechnologies, la génétique, la géomatique, la télédétection et l'informatique en général. Ainsi, l'utilisation de systèmes d'information géographique (SIG), de l'imagerie satellite et de logiciels spécialisés se répand de plus en plus.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient à peine 13 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991. Cette proportion ne devrait pas augmenter significativement au cours des prochaines années, puisque moins 20 % des nouveaux diplômés en technologie forestière sont des femmes. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (44 676 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 38 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 23 483 $ en 2005. La saisonnalité dans l'exercice de cette profession est un facteur très important. Les périodes de chômage correspondent aux mois où la neige est présente dans les forêts. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est six fois plus élevé de janvier à avril que de juin à octobre. Le travail autonome était peu répandu dans cette profession en 2006 (environ 5 % des postes par rapport à 11 % pour l'ensemble des professions).
Exigences
En plus des connaissances techniques déjà mentionnées, les candidats doivent aimer travailler dehors, dans des régions éloignées des zones urbaines, et être en bonne condition physique. L'autonomie, les aptitudes à communiquer, à travailler en équipe, à analyser et à résoudre les problèmes, et la facilité d'apprentissage et d'adaptation sont les principales qualités recherchées.
Études et formation
Les employeurs exigent un diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie forestière (techniques forestières, aménagement forestier ou exploitation forestière). Pour certains postes moins spécialisés, le diplôme d'études professionnelles (DEP) en aménagement de la forêt peut parfois suffire.
L'appartenance à l'Ordre des technologues professionnels du Québec constitue un atout. Elle permet au membre de l'Ordre d'utiliser le titre «technologue professionnel» (T.P.) et d'apposer un sceau qui atteste l'authenticité de ses documents.
On offre parfois une formation en cours d'emploi.
Références utiles
Ordre des technologues professionnels du Québec
Les forêts - Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Comité sectoriel de main-d'œuvre en aménagement forestier
Fédération des coopératives forestières du Québec
Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique
Considérations importantes
Compte tenu de l'éloignement des sources d'approvisionnement, des pressions du public sur les questions environnementales et des perspectives mitigées dans le secteur de la forêt, le nombre de technologues et techniciens en sciences forestières ne devrait augmenter que légèrement au cours des prochaines années.
Le nombre de débutants du diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie forestière et du diplôme d'études professionnelles (DEP) en aménagement de la forêt a diminué fortement au cours des dernières années. Si cette tendance se maintient, la situation sur le marché du travail de ces diplômés devrait s'améliorer en raison de leur rareté.
2223 - Technologues et techniciens/techniciennes en sciences forestières
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2223 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 2 150 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 450 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,7 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 15 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 45 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 60 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2223 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 87,3 % | 52,7 % |
| Femmes | 12,7 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2223 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 10,4 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 52,5 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 37,1 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,0 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2223 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 95,1 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 4,9 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2223 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 38,2 % | 53,2 % |
| Moyen | 44 676 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 7,9 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 59,4 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 32,6 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2223 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 3,5 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 5,8 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 84,4 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 6,2 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2223 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 5,8 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 9,9 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 16,3 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 7,9 % | 5,4 % |
| Estrie | 2,2 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,2 % | 2,9 % |
| Montérégie | 3,1 % | 18,7 % |
| Montréal | 1,7 % | 24,1 % |
| Laval | 0,5 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 1,0 % | 5,8 % |
| Laurentides | 6,5 % | 7,0 % |
| Outaouais | 4,5 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 9,8 % | 1,8 % |
| Mauricie | 7,2 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 16,6 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 5,7 % | 1,7 % |
| 2223 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 5,0 % | 11,2 % |
| 2223 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 1,9 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse | 49,8 % |
| - exploitation forestière | 27,4 % |
| - activités de soutien à la foresterie | 21,6 % |
| Administration publique | 25,7 % |
| - provinciale | 23,4 % |
| Fabrication | 8,1 % |
| - fabrication de produits en bois | 5,6 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 6,2 % |
| Production, transport et distribution d'électricité | 4,1 % |