Technologues et techniciens en chimie

2211 - Technologues et techniciens/techniciennes en chimie
Textes de la profession

Nature du travail

Les technologues et les techniciens en chimie assurent un soutien et des services techniques, ou peuvent travailler indépendamment, dans les domaines du génie chimique, de la recherche et de l'analyse biochimiques et chimiques, de la chimie industrielle, du contrôle de la qualité chimique et de la protection de l'environnement.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Analyste de laboratoire de chimie;
analyste en chimie;
maître-teinturier - textiles;
qualiticien - traitement des produits chimiques;
technicien au contrôle de la qualité - transformation des aliments;
technicien de recherche en chimie;
technicien des formules;
technicien d'usine-pilote;
technicien en chimie;
technicien en chimie analytique;
technicien en génie chimique;
technicien en géochimie;
technicien en peinture;
technicien en spectrométrie de masse;
technologue des produits alimentaires;
technologue en biochimie;
technologue en génie chimique;
technologue en hygiène industrielle;
technologue-chimiste.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : novembre 2010)

Après avoir augmenté fortement au cours des années 1990, le nombre de technologues et techniciens en chimie est demeuré assez stable. Ces mouvements s'expliquent en premier lieu par les effets des innovations technologiques et des découvertes scientifiques. Compte tenu de ce facteur et de la sensibilisation du public en matière de sécurité environnementale, le nombre de technologues et techniciens en chimie devrait recommencer à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les technologues et techniciens en chimie qui prendront leur retraite. En plus, la formation et l'expérience dans cette profession permettent d'accéder à des postes de spécialistes des ventes techniques (voir 6221), surtout dans les industries chimiques et pharmaceutiques, et à des promotions à des postes de supervision et de gestion, et, pour ceux qui satisfont aux exigences de l'Ordre des chimistes, à des postes de chimistes (voir 2112).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux nouveaux diplômés (voir la section Formation). Peu de débouchés seront pourvus par des technologues et techniciens en chimie en chômage, car le taux de chômage est relativement bas dans cette profession. D'autres débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants qu'on y trouvait en 2006 (15 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement) montre qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants.

Si ce n'est en 2009 en raison de la récession, la situation sur le marché du travail des diplômés des techniques qui mènent à cette profession se compare habituellement avantageusement avec celle de la moyenne des diplômés d'un DEC, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Cette situation s'est d'ailleurs redressée en 2010. Compte tenu de nos prévisions de croissance de l'emploi et de la baisse du nombre de candidats à la profession, la situation des diplômés de ces programmes devrait demeurer assez bonne au cours des prochaines années.

Notons que la situation sur le marché du travail des diplômés de l'attestation d'études collégiales (AEC) en techniques de procédés chimiques est beaucoup moins bonne que celle des diplômés des DEC qui peuvent mener à cette profession.

Pour en savoir plus au sujet des statistiques de l'enquête Relance sur les diplômés des programmes de formation qui mènent à cette profession, vous pouvez consulter leur site Internet. Vous trouverez un lien vers ce site à la section Références.

Industries

Selon les données du recensement, environ 52 % des technologues et techniciens en chimie travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, surtout dans la fabrication de produits chimiques (18 %), industrie qui comprend la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments (9 %) et dans la fabrication d'aliments (14 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les services professionnels, scientifiques et techniques (19 %), services qui comprennent les firmes de chimistes, dans le commerce (8 %) et dans l'administration publique (8 %).

Tendances

La demande de technologues et techniciens en chimie dépend de l'évolution de la législation, du niveau des dépenses gouvernementales, des innovations technologiques et des découvertes scientifiques. À ces facteurs, s'ajoutent les perspectives de l'industrie de la fabrication de produits chimiques, industrie qui embauche environ 18 % des technologues et techniciens en chimie.

- Évolution de la législation

L'adoption de certaines lois peut entraîner une augmentation importante du volume de travail confié aux chimistes et aux technologues et techniciens en chimie. Des lois plus sévères dans le domaine de l'environnement, par exemple, font augmenter la demande de tests pour le traitement des eaux usées dans les entreprises manufacturières et agricoles, l'assainissement des eaux dans les municipalités, le contrôle de la qualité dans les entreprises du secteur manufacturier, la décontamination des sols lors du changement de vocation des terrains, etc. Il en est de même du côté de l'adoption de normes en santé et sécurité au travail et en hygiène publique. Puisque les entreprises touchées par ces lois n'ont pas toujours le volume de travail et les possibilités d'encadrement nécessaires à l'embauche de leurs propres chimistes et technologues et techniciens en chimie, elles font souvent appel à des firmes spécialisées pour effectuer ces travaux. Ce phénomène explique en bonne partie la forte augmentation du nombre de technologues et techniciens en chimie dans les services professionnels, scientifiques et techniques (qui comprennent les firmes de chimistes) entre 1991 et 2006 (de 550 à 1300 emplois, selon les données des recensements).

Au cours des prochaines années, l'évolution de la législation devrait continuer à favoriser l'emploi dans cette profession. En plus, l'augmentation des pressions publiques en matière de salubrité et de protection de l'environnement, surtout suite à des catastrophes écologiques, accentuera sûrement cette tendance.

- Niveau des dépenses gouvernementales

L'évolution des dépenses gouvernementales joue aussi un grand rôle dans la demande de technologues et techniciens en chimie. Les compressions gouvernementales des années 1990 ont entraîné entre autres un ralentissement du financement des programmes d'assainissement des eaux et une pause, sinon une diminution, des mesures de contrôle environnemental. Même si les gouvernements concentrent leurs augmentations de dépenses dans les secteurs de la santé et de l'éducation, la fin de la période de compressions budgétaires, jumelée aux pressions publiques mentionnées plus tôt, a tout de même mis fin à la baisse des dépenses gouvernementales dans les secteurs de l'environnement et de l'hygiène publique, et les a relancées dans le secteur de la santé. Comme cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années, ce facteur devrait avantager quelque peu l'emploi dans cette profession.

- Innovations technologiques et découvertes scientifiques.

Les innovations technologiques et les découvertes scientifiques ont des effets opposés sur la demande de technologues et techniciens en chimie. D'un côté, elles l'influencent positivement en permettant d'étendre le champ de la recherche et du développement, et en rendant possibles des types d'analyses et de tests auparavant impossibles à réaliser. De l'autre, elles l'influencent négativement en automatisant de nombreuses fonctions, par exemple certains tests d'analyse. Par contre, l'automatisation permet aux technologues et techniciens en chimie de réaliser certains travaux auparavant confiés à des chimistes.

- Fabrication de produits chimiques

Cette industrie a connu un fort taux de croissance dans la deuxième moitié des années 1990, tant sur le marché local que grâce à ses exportations. Cette croissance s'est manifestée aussi bien du côté de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments, qui représentait en 2009 environ 40 % de la valeur de la production et des emplois, que du côté des autres secteurs de cette industrie (produits chimiques de base, résines et caoutchouc synthétique, fibres synthétiques, pesticides et engrais, peintures, produits de toilette, etc.).

Les investissements des entreprises ont atteint des sommets en 2001 et 2002. Ces investissements, tant en construction de nouveaux établissements qu'en machines et équipements ont permis d'importants gains de productivité, et ce, dans tous les secteurs de l'industrie. En conséquence, la valeur des livraisons et des exportations a continué à augmenter à un bon rythme depuis le tournant du siècle, mais l'emploi a connu une baisse importante (baisse d'environ 20 %). À partir de 2003, la hausse du dollar canadien et la concurrence internationale ont rendu les entreprises plus prudentes. La valeur des investissements a alors chuté, surtout du côté de la construction de nouveaux établissements (baisse de 85 % entre 2001 et 2010 !).

Les perspectives pour les prochaines années semblent assez mitigées. Si on peut s'attendre à un retour à la croissance de l'emploi en raison de la reprise économique qui suivra la récession de 2009, l'ampleur de cette croissance risque d'être freinée par différents facteurs.

Tout d'abord, la forte baisse des investissements en construction de nouveaux établissements ne laisse présager rien de bon. Ensuite, les prix du pétrole, à la base d'un nombre important de produits chimiques, devraient rebondir avec la reprise économique, ce qui restreindra la croissance de la demande de ces produits. Finalement, le secteur de la fabrication de produits pharmaceutiques, un des moteurs principaux de la croissance de cette industrie dans les années 1990, a connu récemment des fermetures et des mises à pied qui semblent montrer que la période de croissance est maintenant derrière nous. On s'attend en conséquence à ce que le nombre d'emplois dans l'industrie de la fabrication de produits chimiques n'augmente que légèrement au cours des prochaines années.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de technologues et techniciens en chimie augmentera fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 49 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (38 %). Environ 64 % des membres de cette profession travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion nettement plus élevée que pour la moyenne des professions (53 %). Puisque leurs tâches doivent généralement être encadrées par un chimiste, il n'est pas étonnant de constater que le travail autonome était très rare dans cette profession en 2006 (moins de 2 % des postes).

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut avoir l'esprit scientifique et méthodique. Les candidats doivent posséder des aptitudes pour l'analyse, la synthèse et la résolution de problèmes, de la facilité à travailler en équipe et une bonne capacité de concentration. La rigueur, la minutie, la curiosité scientifique et la patience sont parmi les qualités les plus importantes dans cette profession. Le bilinguisme et la connaissance de base des ordinateurs sont souvent essentiels.

Études et formation

De nombreux programmes menant à un diplôme d'études collégiales (DEC) permettent d'accéder à cette profession. Ces programmes sont toutefois associés à des secteurs d'activités ou à des industries bien spécifiques :

  • techniques de laboratoire (chimie analytique);
  • techniques de génie chimique;
  • techniques de procédés chimiques;
  • assainissement de l'eau;
  • techniques de diététique;
  • technologie de la transformation des produits forestiers;
  • technologies des pâtes et papiers;
  • technologie de la transformation des aliments;
  • technologie de la production pharmaceutique.

Il faut noter que ces programmes mènent également à d'autres professions.

Quelques établissements offrent également une attestation d'études collégiales (AEC) en techniques de procédés chimiques qui peut permettre d'accéder à cette profession.

En outre, les diplômes universitaires en chimie ou en biochimie représentent des atouts pour accéder à cette profession et éventuellement à une promotion à un poste de chimiste.

L'appartenance à l'Ordre des technologues professionnels du Québec constitue un atout. Elle permet au membre de l'Ordre d'utiliser le titre «technologue professionnel» (T.P.) et d'apposer un sceau qui atteste l'authenticité de ses documents.

La participation à des activités de formation continue est essentielle dans cette profession.

Références utiles

Comité sectoriel de main-d'œuvre de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage du Québec

Ordre des technologues professionnels du Québec

Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'environnement

Pour consulter les statistiques sur les diplômés des programmes de formation :
Les enquêtes Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport

Considérations importantes

Compte tenu des innovations technologiques, des découvertes scientifiques et de la sensibilisation du public en matière de sécurité environnementale, le nombre de technologues et techniciens en chimie devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

Si ce n'est en 2009 en raison de la récession, la situation sur le marché du travail des diplômés des techniques qui mènent à cette profession se compare habituellement avantageusement avec celle de la moyenne des diplômés d'un DEC. Cette situation s'est d'ailleurs redressée en 2010. Compte tenu de nos prévisions de croissance de l'emploi et de la baisse du nombre de candidats à la profession, la situation des diplômés de ces programmes devrait demeurer assez bonne au cours des prochaines années.

2211 - Technologues et techniciens/techniciennes en chimie
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2211 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 7 200 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 250 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,3 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 200 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 200 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 400 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2211 Ensemble des
professions
Hommes 51,3 % 52,7 %
Femmes 48,7 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2211 Ensemble des
professions
15- 24 ans 12,5 % 14,1 %
25- 44 ans 57,0 % 45,1 %
45- 64 ans 29,9 % 38,8 %
65 ans et plus 0,7 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2211 Ensemble des
professions
Plein temps 93,1 % 79,2 %
Temps partiel 6,9 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2211 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 64,2 % 53,2 %
Moyen 47 408 45 157
0 à 19 999 $ 4,5 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 58,5 % 52,4 %
50 000 $ et plus 36,9 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2211 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 4,9 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 11,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 61,7 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 22,2 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2211 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,5 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,3 % 2,5 %
Capitale-Nationale 7,1 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,0 % 5,4 %
Estrie 3,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,2 % 2,9 %
Montérégie 23,8 % 18,7 %
Montréal 25,6 % 24,1 %
Laval 5,1 % 5,0 %
Lanaudière 5,0 % 5,8 %
Laurentides 7,5 % 7,0 %
Outaouais 3,1 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 2,0 % 1,8 %
Mauricie 3,5 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 2,9 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,4 % 1,7 %


2211 Ensemble des
professions
Travail autonome 1,8 % 11,2 %


2211 Ensemble des
professions
Immigration 15,0 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Fabrication 51,5 %
- fabrication de produits chimiques 18,5 %
- fabrication d'aliments 14,3 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 19,1 %
- services de recherche et de développement scientifiques 13,3 %
- architecture, génie et services connexes 3,7 %
Commerce 8,7 %
Administration publique 7,5 %